Evangelion

Pour nous faire découvrir un animé, un film asiatique ou donner des informations relatives à ces univers.

Evangelion, c'est...

une série absolument cultissime, rien de moins !
8
50%
un très bon anime, mais son côté révolutionnnaire est exagéré
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25%
moyen, je ne suis pas fan mais je ne crache pas dessus
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une grosse m****
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j'en sais rien car j'ai rien compris, surtout à la fin
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une série que je n'ai jamais vue. Sur ce, je pars m'auto-flageller pour expier cette faute.
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Takato
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Re: Evangelion

Message non lu par Takato » 14 juin 2015, 19:16

Allez, je me met enfin à Evangelion, et ça commence avec la série d'origine. :mrgreen:

Coffret Gold :

Rares sont les anime qui peuvent se targuer d’avoir marqué leur temps, au point d’être devenus des œuvres cultes que chacun connaît, au moins de nom. Evangelion est l’une d’elles, arrivant en 1995 et apportant son lot d’innovation dans l’animation japonaise : Un scénario complexe, des personnages torturés, une animation incroyable et des thématiques d’ordres religieuses et psychologiques. Ce qui a aussi rendu célèbre Evangelion, c’est d’avoir fait comme Gundam : Permettre aux anime de type mécha de s’étendre vers de nouveaux horizons grâce à une dimension ésotérisme. En 1995, Gainax signait l’un de ses plus grands succès, et l’un des anime les plus percutants qui soit et qui continue d’entretenir les débats. Mais en 2015, heure où l’animation japonaise a évolué, que vaut Evangelion ? Et que peut-on penser de l’ambition de Hideaki Anno ?

D’abord, parlons du synopsis, très simple en soit et qui pourrait même s’avérer classique à l’heure actuelle, ne permettant pas de refléter tout le potentiel de la série. Le monde a connu un grand choc avec le « Second impact » causé par les Anges, des entités hostiles mais d’origine inconnue qui s’est présentée comme un ennemi de l’humanité. Afin de les combattre, la Nerv a été mise au point, un institut militaire développant des robots organiques aux facultés incroyables, les Evangelion. Shinji Ikari, adolescent de 14 ans très sociopathe, est appelé par son père, dirigeant de la Nerv, pour piloter l’une de ces Eva.

L’histoire d’Evangelion part d’un postulat somme toute très classique, la lutte entre le genre humain et des entités aux origines inconnues. En 1995, le synopsis brillait d’inventivité, notamment grâce à la complexité que Hideaki Anno a su apporter à son intrigue qui va bien au-delà du simple affrontement entre des robots et leurs ennemis. De l’histoire, nous retenons différentes intrigues complexes et bien ficelées, que ce soit la Nerv et ses véritables objectifs, le fameux « Plan de complémentarité de l’Homme », ou encore l’origine des Anges et des Eva. Le tout passe par de nombreux symboles ésotériques, souvent bibliques, qui apportent de la consistance et donnent cette sensation de complexité à l’œuvre, une sorte de faux-ami finalement puisque certains signes sont là pour nous induire en erreur et seule l’interprétation du spectateur (dont les nerfs sont l’instrument de torture favori d’Anno) peut permettre d’aboutir à certaines explications. Evangelion est ainsi bien connu pour ses fameux épisodes 25 et 26 qui n’apportent pas de véritable fin de se contentent de jouer la carte de l’introspection des personnages (passionnante au passage) en plus de faire un joli pied de nez au spectateur que l’on considère comme un pur otaku. Non fin certes, mais des plus audacieuses, et c’est en partie pour ce parti-pris qu’Evangelion a marqué les esprits, mais pas que.

L’œuvre a eu un impact conséquent sur les séries méchas au point de former le « troisième impact » des œuvres de robots. Le premier fut l’émergence des titres type Go Nagai avec ses robots surpuissants dégommant une horde d’extra-terrestres à lui seul. Le second est le real robot que nous devons principalement à Gundam et a donné au mécha une simple place de véhicule de guerre dans un univers futuriste ou purement de Science-fiction, la belle part étant faite aux drames humains et aux scénarios géopolitiques. Vient alors Evangelion qui a orienté les œuvres de robots vers une réflexion psychologique plus poussée et un ennemi d’origine mystique en puisant dans l’ésotérisme. Les engins eux-mêmes sont difficilement qualifiables de robots puisque l’Eva de Shinji nous apparaît davantage comme un titan organique, une innovation à l’époque et qui ne manque pas de charme à l’heure actuelle où le real robot reste dominant. Les combats s’appuient ainsi sur les capacités des Eva et la nature de leurs ennemis mais aussi de la qualité de l’animation. Bien qu’un manque de budget est de plus en plus flagrant au fil des épisodes, la mise en scène des affrontements, leur violence et la richesse visuelle des actions permet de placer Evangelion dans le haut du panier des œuvres de d’animation de Science-fiction.
Notons qu’à l’heure actuelle, les candidats au titre de successeur d’Evangelion sont nombreux : RahXephon, Sôkyû no Fafner (inédit en France)… Et le fait que l’un des élèves ai surpassé le maître est un débat sans fin mais dont le succès de l’œuvre de Gainax permet d’apporter une réponse claire.

Autre facteur clef de la série et pas des moindres, les personnages. Les têtes d’affiche sont Shinji, Rei et Asuka, des figures que nombre connaissent et même ceux qui n’ont pas forcément vu la série étant donné leur popularité. Pour bien comprendre ces protagonistes, il faut se replacer dans le contexte de 1995 où ce type de caractère n’était pas courant. On se retrouve ainsi avec un jeune homme solitaire et lâche en guise de héros, accompagné par une Rei sans aucun caractère ni aucune attache (ou presque) dans ce monde tandis qu’Asuka représente la pimbêche de service. Seulement, là où la série aurait dû miser dans le développement de chacun ou dans leurs rapports avec Shinji, elle ne fait pas grand-chose de tout ça. Hormis quelques rares séquences où les échanges sont plus palpables, ils n’ont aucun impact sur le relationnel sur le long terme. Ainsi, on a du mal à comprendre la volonté de faire de Shinji, héros volontairement détestable au point d’être un anti-héros, une figure qui finit par s’ouvrir au monde, ce qu’elle ne semble pas faire. On finit alors par préférer les personnages secondaires, notamment Misato et ses airs de fausse cougar ou même les camarades de Shinji dont le regard face au monde évolue vraiment durant la série. Ce qui sauve les personnages principaux est alors le sens de l’introspection de la série que nous devons à de nombreuses séquences très psychédéliques où la mise en scène permet de pallier au manque de budget de la Gainax tout en mettant en avant la complexité de chaque personnage et les thématiques psychologiques qui leurs sont liés.

Ce qu’il est important de prendre en compte lors de ou après visionnage d’Evangelion, ce sont les volontés de Hideaki Anno. La série n’a pas de fin et nombres sont les développements qui n’aboutissent pas, ce qui peut rebuter le spectateur contraint de chercher quelques explications après visionnage de l’épisode 26, comme votre serviteur qui ne demandait qu’à comprendre le travail d’Anno. Œuvre ciblant les otaku, Evangelion a la prétention de vouloir les « soigner », nous parlons évidemment du modèle de passionné d’animation typiquement japonais est qui est capable de se couper du monde pour s’enfermer dans son loisir. Shinji en est la représentation, celle d’un individu socialement malade et qui peine à s’ouvrir aux autres, justifiant le discours du dernier épisode (bien que comme dit précédemment, le manque de traitement de Shinji rend ce discours bancal). Discours audacieux et intelligent faisant d’Evangelion une œuvre d’auteur plus qu’un simple anime de mécha, mais notons un manque de cohérence entre la volonté de Hideaki Anno et le produit final qui n’a fait que soulever les foules et engendrer pléthore de produits dérivés et d’œuvre annexes, que ce soit en anime ou en manga… Aussi, n’est-il pas regrettable que l’intrigue complexe et sa multitude de symboles ésotériques ne sont là que pour la figuration plus que pour générer une intrigue aboutie, ce que nombre de spectateurs sont en droits de réclamer ? Le parti-pris de la série se défend évidemment, et c’est alors au spectateur de se plier à la volonté de Hideaki Anno plus que Hideaki Anno de se plier aux attentes du spectateur. Raison pour laquelle –et vous l’aurez remarqué– votre serviteur adulera moins Evangelion que nombre de fans, et ce bien qu’il ait aimé la série dans son ensemble.

L’édition Gold de Dybex répond aux standards de la gamme de coffrets : Le tout est sobre mais réussi et luxueux grâce au carton épais utilisé et aux artworks utilisés sur chaque rabat. Le petit livret a ses limites sur une série si dense qu’Evangelion mais reste agréable à lire et peut toujours apporter quelques informations supplémentaires au spectateur novice.
Le doublage français fut réalisé en 1998 et s’avère maintenant daté, il paraît évident qu’on prenait l’animation japonaise de manière moins sérieuse qu’à l’heure actuelle. Cela se ressent sur le jeu souvent monotone des personnages malgré des comédiens bien choisis pour leur voix et le talent actuel de certains, citons par exemple Donald Reignoux qui incarne Shinji Hikari et qui est maintenant célèbre pour pléthore de rôles vocaux, de Titeuf au Peter Parker des films Amazing Spider-Man en passant par Tai Yagami de Digimon.

Quoi qu’on en dise, Evangelion est une œuvre riche et complexe qui a énormément apporté à l’animation japonaise, notamment par ses thématiques, son animation et son sens de la mise en scène, même si on peut reprocher à l’œuvre d’être un poil prétentieuse et d’avoir des personnages insupportables en tête d’affiche, qu’ils soient voulus ou non. Mais le simple fait que chaque élément de l’intrigue soit sujet à débat et que la franchise s’enrichit encore à l’heure actuelle montre que la Gainax a gagné son pari, celui de vouloir marquer les spectateurs d’animation japonaise.
Gageons que pour ceux qui souhaiteraient une « vraie » fin, il existe plusieurs alternatives. La première est le film « The end of Evangelion » dont la conclusion est retranscrite dans l’adaptation manga de Sadamoto, ou encore la série de quatre films encore en cours, un projet nommé « Rebuild of Evangelion » qui, comme son nom l’indique, apporter une vision nouvelle de l’histoire.
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