Gundam la saga!

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Takato
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Takato » 02 févr. 2014, 17:35

Je ne lui mettrais pas la moyenne pour ma part, je ne vois rien à sauver dans ce massacre à part les génériques des Two-Mix (excellents)
Je ne sais même pas pourquoi j'ai mis la moyenne. A la limite, la première partie est regardable je trouve, j'accorderai plus un 12/20. Par contre, pour la suite... C'est désastreux.
Comme tu l'as dit, les génériques des Two-Mix sont vraiment excellents, j'ai cependant une petite préférence pour Rythm Emotion. :)
C'est pour ça que je dis qu'en comparaison Gundam Seed Destiny m'a bien diverti: la série accuse de nombreuses failles mais elle ne se prend pas trop au sérieux avec une ambiance assez légère et un second degré plus ou moins involontaire. LA série mise tout sur le fun et ne prend pas la tête. Pas une grande série ni une œuvre ambitieuse, juste du bon gros divertissement ciné-McDo bien efficace dopé à l'ambiance J-Pop.
Par contre, j'ai un autre avis sur Gundam SEED Destiny. Depuis SEED, je pense que Mitsuo Fukuda souhaitait rajeunir la saga en créant un nouvel Universal Century ciblant d'avantage les adolescents. Il avait cependant de réelles ambitions de faire un univers riche, Gundam SEED est d'ailleurs une bonne série appréciée de beaucoup. Seulement, Destiny part dans tous les sens. Fukuda voulait s'approprier Zeta comme il s'était approprié MSG mais là, ça ne passe pas pour moi. Ça reste une série bien bourrine et divertissante mais qui fait grincer des dents lorsqu'on lit "Gundam" au générique.
D'ailleurs, j'ai entendu une rumeur comme quoi la femme de Fukuda était en charge des scripts mais ne les rendait jamais à temps. Son mari a donc souvent dû improviser certains trucs, rendant le scénario bancal par moment. Enfin ce sont juste des bruits de couloir. :)
Au passage, une petite précision mais, si cela n'est jamais évoqué clairement dans la série, les newtypes existent dans l'univers de Gundam Seed et Gundam Seed Destiny (ça a été confirmé par le réalisateur) mais ils sont très peu nombreux et ça n'arrange rien que leur existence soit ignorée. Mu La Fraga, Rau Le Creuset et Kira Yamato font partie des quelques personnages reconnus comme des newtypes.
J'avais eu vent de cette information qui est très intéressante ! Bon, après, c'est quand même de l'ordre du gadget pour caresser les fans de la première heure dans le sens du poil. :lol:

Très belle chronologie en tout cas Glass ! C'est vrai que pour celui qui aimerait découvrir Gundam, c'est vraiment un bordel décourageant. :)

Si tu veux, je peux te donner les indications concernant les manga sortis en France, ça pourrait être un bon complément pour la chronologie. ;)

D'ailleurs, au niveau des manga, il me reste quelques chroniques à faire. J'ai à finir celles d'Ecole du Ciel, puis les deux one-shot que sont Blue Destiny et Gundam Wing : Episode 0. Mon tome 16 de Gundam The Origin devrait arriver demain, j'ai vraiment hâte de le lire.
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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 02 févr. 2014, 18:08

D'ailleurs, j'ai entendu une rumeur comme quoi la femme de Fukuda était en charge des scripts mais ne les rendait jamais à temps. Son mari a donc souvent dû improviser certains trucs, rendant le scénario bancal par moment. Enfin ce sont juste des bruits de couloir.
La production de Gundam SEED Destiny était chaotique. L'équipe du film n'était pas d'accord sur la direction de la série, entre la ligne officielle qui était que Shinn Asuka devait être le personnage principal et la scénariste (la femme du réalisateur) qui détestait littéralement Shinn et voulait remettre Kira Yamato au premier plan. Le résultat on le connait, c'est finalement le personnage d'Athrun Zala (donc aucun des deux suscités :lol: ) qui a été mis en avant par le scénario sans pour autant obtenir le statut de personnage phare de la série (qui passe de Shinn à Kira dans la dernière ligne droite). Mais au final, c'est pas plus mal parce que c'est de loin le plus intéressant des trois.

Ajoutons à cela que la scénariste était apparemment déjà malade ce qui a retardé la production, entraînant l'intégration d'épisodes résumés et, ultimement, la nécessité de retravailler le dernier acte sous la forme d'un OAV pour conclure correctement l'histoire de la série.

Il est également bien connu qu'il y avait de très vives tensions entre le réalisateur et les seiyus de la série sur Destiny, notamment Rie Tanaka (Lacus Clyne et Meer Campbell) qui l'évoquait dans des interviews comme son plus mauvais souvenir de doublage et Naomi Shindo (Cagalli Yula Athha) qui serait entrée en conflit direct avec le réalisateur.
Si tu veux, je peux te donner les indications concernant les manga sortis en France, ça pourrait être un bon complément pour la chronologie. ;)

D'ailleurs, au niveau des manga, il me reste quelques chroniques à faire. J'ai à finir celles d'Ecole du Ciel, puis les deux one-shot que sont Blue Destiny et Gundam Wing : Episode 0. Mon tome 16 de Gundam The Origin devrait arriver demain, j'ai vraiment hâte de le lire.
Niveau mangas, c'est le bordel. J'adorerais lire Ecole du Ciel mais les tomes sont littéralement introuvables. Quant à Gundam The Origin, dû à l'impossibilité de trouver les premiers tomes en France, je me suis engagé à la fois sur l'édition française de Pika (les tomes 9 à 16) et sur l'édition deluxe américaine de Vertical. Mais c'est un gros regret aussi de ne pouvoir trouver les huit premiers tomes français, j'aimerais bien avoir les deux éditions complètes dans l'idéal.
Je ne sais même pas pourquoi j'ai mis la moyenne. A la limite, la première partie est regardable je trouve, j'accorderai plus un 12/20. Par contre, pour la suite... C'est désastreux.
A première vue, j'accorderais un 7/20 pour l'ensemble de la série vu sa nullité, mais j'attends quand même de la revoir. Il me semble aussi que le tout début de la série était passable, loin de la calamité de la suite. Il me semble même que je m'étais fait l'illusion que ça pouvait être une série sympathique sur les deux premiers épisodes, avant de réaliser que l'intrigue tournait complètement en rond et que les personnages... sont littéralement cons (et ça ne cesse d'empirer à mesure que la série avance).

Ah, l'humanité ! Suffisamment conne pour confier fièrement son avenir entre les mains d'une gamine utopiste de 16 ans suffisamment masochiste pour tomber éperdument amoureuse d'un psychopathe qui essaie de la buter et suffisamment suicidaire pour partir le stalker aux quatre coins du monde en foutant en l'air ses études ! :mrgreen:

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Takato
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Takato » 02 févr. 2014, 18:53

La production de Gundam SEED Destiny était chaotique. L'équipe du film n'était pas d'accord sur la direction de la série, entre la ligne officielle qui était que Shinn Asuka devait être le personnage principal et la scénariste (la femme du réalisateur) qui détestait littéralement Shinn et voulait remettre Kira Yamato au premier plan. Finalement, le résultat on le connait, c'est finalement le personnage d'Athrun Zala qui a été mis en avant par le scénario sans pour autant devenir le personnage principal de la série (qui passe de Shinn à Kira dans la dernière ligne droite de la série).

Ajoutons à cela que la scénariste était apparemment déjà malade et a retardé la production, entraînant l'intégration d'épisodes résumés et, ultimement, la nécessité de retravailler le dernier acte sous la forme d'un OAV pour conclure correctement l'histoire de la série.

Il est également bien connu qu'il y avait de très vives tensions entre le réalisateur et les seiyus de la série sur Destiny, notamment Rie Tanaka (Lacus Clyne, Meer Campbell) qui l'évoquait dans des interviews comme son plus mauvais souvenir de doublage et Naomi Shindo (Cagalli Yula Athha) qui serait entrée en conflit direct avec le réalisateur.
Je n'étais pas au courant pour les rixes entre les seiyus et le réalisateur ! Tu as une source ? Je serai curieux de lire ça plus en détail. :)
Niveau mangas, c'est le bordel. J'adorerais lire Ecole du Ciel mais les tomes sont littéralement introuvables. Quant à Gundam The Origin, dû à l'impossibilité de trouver les premiers tomes en France, je me suis engagé à la fois sur l'édition française de Pika (les tomes 9 à 16) et sur l'édition deluxe américaine de Vertical. Mais c'est un gros regret aussi de ne pouvoir trouver les huit premiers tomes français, j'aimerais bien avoir les deux éditions complètes dans l'idéal.
C'est clair que c'est pas évident de dégoter les manga. A part les derniers tomes en date de The Origin, tous les autres sont en arrêt de commercialisation. Il faut nécessairement passer par le marché de l'occasion (et de préférence via des boutiques en ville. Avec de la chance, tu tombera sur quelques opus à bon prix. Par contre, sur internet, tu auras affaire à des roublards les refourguant à des prix malhonnêtes). En gros, voici ce qui est disponible en France :

Universal Century :
- Gundam the Origin (16 tomes, en cours) - Pika
- Gundam - École du ciel (10 tomes, en cours) - Pika
- Gundam - Blue Destiny (one-shot) - Panini

After Colony :
- Gundam Wing : Episode 0 (one-shot) - Panini
- Gundam Wing (3 tomes, terminé) - Pika
- Gundam Wing : Battlefield of pacifist (one-shot) - Pika
- Gundam Wing : Blind Target (one-shot) - Panini
- Gundam Wing : Endless Waltz (one-shot) - Pika
- Gundam Wing : G-Unit (3 tomes, terminé) - Pika

Cosmic Era :
- Gundam SEED (5 tomes, terminé) - Pika
Suffisamment conne pour confier fièrement son avenir entre les mains d'une gamine utopiste de 16 ans suffisamment masochiste pour tomber éperdument amoureuse d'un psychopathe qui essaie de la buter et suffisamment suicidaire pour partir le stalker aux quatre coins du monde en foutant en l'air ses études ! :mrgreen:
Cette même gamine qui te fait des discours de 5 minutes sur la paix, qui n'ont aucun sens et prouvent l'incroyable connerie des personnages de gober de pareilles inepties. Ah, ça, ils ont pas la lumière à tous les étages dans Wing. :mrgreen:
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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 02 févr. 2014, 19:16

Je n'étais pas au courant pour les rixes entre les seiyus et le réalisateur ! Tu as une source ? Je serai curieux de lire ça plus en détail.
Je ne retrouve pas la source (ça remonte à l'époque où j'avais découvert les deux séries). Mais pour Naomi Shindo, la plupart des fans sont au courant vu que c'est la raison pour laquelle Cagalli est absente dans pas mal de jeux vidéo. La seiyu était très mécontente du traitement de son personnage par les scénaristes dans Destiny et par la difficulté de travailler avec Fukuda (il parait qu'il est très dur avec ses acteurs et qu'il leur demandait beaucoup) et elle a décidé de boycotter le rôle depuis en guise de protestation (mais je crois qu'ils utilisaient parfois des enregistrements à la place).

Il y a aussi Kenichi Suzumura (Shinn Asuka) qui détestait son personnage et qui a déclaré publiquement qu'il préférait de loin sa représentation dans les jeux Super Robot Wars, le "vrai" Shinn à ses yeux. Mitsuo Fukuda a quant à lui tenu le discours inverse, furieux de la représentation des séries Gundam Seed (en général) dans les Super Robot Wars.

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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Takato » 02 févr. 2014, 20:03

En même temps, Shinn et Cagalli sont, à mes yeux, deux personnages au potentiel gâchés. D'une part, Shinn se fait voler la vedette par Asran et Kira en plus de se montrer antipathique un peu plus à chaque épisode. Et Cagalli bah... Je cherche comment le garçon manqué sympathique de SEED est devenue une chouineuse de première, incapable de faire face à un seul obstacle.

En tout cas, merci pour ces infos Glass, ça m'aide à comprendre pourquoi Gundam SEED Destiny est un ratage. :)
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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 04 févr. 2014, 01:10

Mobile Suit Zeta Gundam - A New Translation - Film 1: Heirs to the Stars

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Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 2005.
Durée: 1h35.
Univers: Universal Century 0087.


Casting:

Kamille Bidan : Nobuo Tobita
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Emma Sheen : Maya Okamoto
Reccoa Londe : Masako Katsuki
Henken Bekkener : Jurota Kosugi
Blex Forer : Koji Ishii
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Jerid Messa : Kazuhiko Inoue
Basm Om : Daisuke Gori
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Amuro Ray : Toru Furuya
Katz Kobayashi : Daisuke Namikawa
Hayato Kobayashi : Nobuyuki Hiyama
Fa Yuiry : Satomi Arai
Frau Kobayashi : Rumiko Ukai
Lila Mira Rira : Mayumi Asano
Paptimus Scirocco : Bin Shimada



L'Histoire

Universal Century 0087.

Sept années se sont écoulées depuis la fin de la Guerre d'Un An. Le Duché de Zeon n'est plus et la Fédération Terrestre a perdu tout intérêt pour les colonies de l'espace, trop attachée à la gravité terrestre. Un groupe de mercenaires d'élite affilié à la Fédération, les Titans, ont pour mission de traquer les rescapés de Zeon mais ils usent de ce prétexte pour imposer leur tyrannie aux colonies. Au sein de l'armée régulière, un groupe dissident, l'AEUG (Anti-Earth Union Group), se constitue comme une force d'opposition à leur hégémonie sur l'espace. Dans leurs rangs, le lieutenant Quattro Bajeena est chargé d'enquêter sur les rumeurs concernant l'existence d'une base secrète sur la colonie Green Noa 2 où serait conçu un nouveau prototype de Mobile Suit, le Gundam Mk-II. Kamille Bidan, un jeune adolescent révolté par les agissements des Titans, se joint à lui et l'aide à dérober le fameux Gundam. Les Titans décident alors d'user d'arguments de persuasion en prenant ses parents en otage comme garantie du retour du Mk-II.

Alors que Kamille tente de sauver ses parents de l'emprise des Titans, sa destinée emprunte un premier tournant tragique. Peut-être est-ce le prix de l'existence d'un newtype, condamné à la solitude tout en cherchant sa place en ce monde...



Commentaires

Mobile Suit Zeta Gundam - A New Translation est l'adaptation cinématographique de la série télévisée Mobile Suit Zeta Gundam, généralement considérée comme la meilleure série de la franchise et comme l'une des oeuvres les plus influentes de l'animation japonaise de science-fiction. Ces films furent produits à l'occasion du 20ème anniversaire de la série et ils parurent dans les salles japonaises au cours de l'année 2005 où ils connurent un joli succès commercial, surfant sur la vague nostalgique de l'époque.

Ce premier film adapte le début de la série jusqu'à l'épisode 14. On retrouve donc l'Universal Century sept ans après la Guerre d'Un An. Le Duché de Zeon n'est plus mais quelques rescapés continuent d'agir dans l'ombre et la Fédération Terrestre, qui n'a guère plus d'intérêt pour les colonies de l'espace, mandate les Titans, un groupe de mercenaires d'élite rattaché à leur armée, afin de les traquer. Seulement les Titans sont une organisation avide de pouvoir et ils n'hésitent pas à profiter de l'occasion pour imposer leur domination tyrannique sur les colonies. Face à leurs agissements, l'organisation militaire AEUG (Anti-Earth Union Group) fait son apparition afin de lutter contre leur oppression.

Le film commence alors que le lieutenant Quattro Bajeena, un pilote d'élite de l'AEUG, infiltre la colonie Green Noa 2 à la recherche d'un nouveau prototype de Gundam conçu en secret par la Fédération, le Mk-II. Il découvre que les Titans ont établi une base sur la colonie et une bataille éclate entre les deux camps. Le jeune Kamille Bidan, un étudiant pris dans le feu de la bataille après s'être rebellé contre les Titans, s'empare du Gundam et décide d'accompagner Quattro pour rejoindre l'AEUG, voulant fuir ce monde tombé sous l'emprise des ennemis de l'humanité. Les Titans décident alors de se servir des parents de Kamille, tout deux scientifiques de l'armée, en tant qu'otages comme garantie de récupération du Mk-II. N'étant pas en mesure de sauver ses parents qui meurent sous ses yeux, Kamille prend violemment conscience des horreurs réellement perpétrées par les Titans et de la terreur qu'ils imposent à ceux qui osent se rebeller contre eux. Dorénavant, son combat sera celui visant à libérer à jamais l'humanité de ce fléau.

Cette version cinématographique ne s'attarde pas à nous introduire le personnage de Kamille dans les détails contrairement à la série, le début du film étant particulièrement expédié. On sait simplement qu'il est un jeune étudiant arrêté par les Titans pour acte de rébellion et qu'il n'a pas eu la chance de grandir au sein d'une famille soudée entre un père qui découche pour aller dans les bras de sa maîtresse et une mère dépressive devenue boulimique de travail sans qu'aucun ne lui prête l'attention qu'il recherche. En conséquence, il ne tient pas ses parents en haute estime, en colère contre eux, considérant son père comme un salaud et sa mère comme une lâche. Des relations familiales difficiles qui expliquent le contexte dans lequel cet adolescent a grandi et les émotions contradictoires qui l'envahissent au moment de sauver sa mère et de faire face à son père. Après avoir rejoint l'AEUG, il se trouve une figure de mentor en la personne du charismatique lieutenant Quattro Bajeena, un être mystérieux qui se dissimule en permanence derrière une paire de lunettes de soleil et qui ne serait autre que le légendaire Char Aznable, la Comète Rouge de l'armée du Duché de Zeon au cours de la Guerre d'Un An, selon les rumeurs.

L'un des gros problèmes de ce film, c'est que l'histoire est loin d'être aussi riche et développée que dans la série. On ne peut bien sûr pas raconter autant en un film de 1h35 qu'en 14 épisodes de 25 minutes, le problème justement étant que l'ensemble de la série constituait une seule grande histoire ambitieuse dont l'ensemble des éléments étaient indissociables, créant une oeuvre d'une richesse incroyable. Ici, on a droit à un résumé dans les (très) grandes lignes et on perd énormément de développements, tant du point de vue de l'histoire que des personnages. Kamille, par exemple, est vraiment très mal introduit alors qu'il est censé être le héros du film. Sans prendre le temps de nous raconter son histoire pour mieux faire connaissance avec son personnage, il nous est balancé d'entrée de jeu dans une scène d'action sans qu'on ne sache rien de lui et presque aussi vite qu'il est apparu à l'écran. Cela nuit à ses développements plus tard lorsque les Titans se servent de ses parents pour le menacer alors que le film n'a pas pris le temps de définir leur relation, rendant incompréhensible la nature des émotions complexes qui l'assaillent alors (au point qu'il devient indispensable de connaître la série pour ne pas finir complètement largué). Ces raisons ne nous sont expliquées qu'après, lorsque Kamille se morfond sur le décès de ses parents, mais ça arrive trop tard car la situation est déjà passée et ça n'a plus un grand impact dramatique de le faire après coup. Et puis, le film tourne trop vite la page, l'adolescent décidant dès lors de combattre les Titans aux côtés de l'AEUG et s'embarquant assez rapidement pour sa première mission importante. Un gros raccourci qui ne sert ni le développement du personnage de Kamille, ni ses relations avec ses nouveaux compagnons d'armes qui ne sont quasiment jamais abordées au cours du film contrairement à la série qui s'attardait énormément à développer cet aspect, très attachée à ses personnages, et qui permettait ainsi au héros de trouver peu à peu sa place au sein de l'équipage.

Le reste des personnages n'est guère plus développé, la plupart faisant presque partie du décor tant le film ne prend pas vraiment le temps de s'y intéresser. C'est même une hérésie de voir le lieutenant Quattro - qui s'avère pourtant être le personnage central de la série autour duquel les grands enjeux de l'histoire gravitaient - être aussi délaissé par cette trilogie cinématographique, n'ayant aucun développement. On devine alors qu'il ne faudra pas espérer grand chose de cette adaptation qui ignore carrément l'un des meilleurs éléments au coeur de la mythologie de la série (et un animé Gundam qui crache sur Char Aznable, fallait oser !). Mais pour en revenir au film, des personnages secondaires, on retient surtout celui d'Emma Sheen, une jeune Titan qui décide de changer de camp après avoir pris conscience des atrocités perpétrées par ses supérieurs et qui décide de rejoindre l'AEUG afin de les combattre. Cherchant sa place au sein de sa nouvelle organisation après sa trahison, elle se lie d'amitié avec l'enseigne Reccoa Londe qui nourrit sa curiosité sur la face cachée des Titans en lui montrant une vidéo témoignant de l'utilisation d'un gaz mortel sur une colonie afin de réprimer une manifestation hostile. Ceux qui connaissent l'histoire de la série réalisent à quel point cette scène inédite à la version cinématographique est essentielle dans le développement de ces deux personnages, l'un des rares moments du film où on retrouve un peu l'ironie dramatique de la série originale. Seulement, dans les films ça ne mène à rien puisque cet événement ne s'y déroule tout simplement pas, ce qui fait perdre du coup beaucoup de l'intérêt de cette scène.

Du côté des adversaires, difficile de ne pas parler du massacre unilatéral de Jerid Messa, le grand rival de Kamille parmi les Titans dans la série et l'assassin de sa mère. Autant ne rien en attendre car son personnage perd littéralement tout son intérêt, complètement bâclé et n'ayant plus vraiment de rôle à tenir dans l'histoire. Tout comme Quattro Bajeena perd toute sa richesse et sa consistance dans ces films, Jerid est un autre personnage qui a été entièrement sacrifié et dont l'évolution n'a plus aucun sens, devenant plus ridicule qu'autre chose. Il y perd jusqu'à son statut de rival de Kamille, leur relation n'étant guère plus abordée que ça par les films alors qu'elle était l'un des moteurs dramatiques de la série.

Enfin, on ne peut pas ne pas évoquer le personnage d'Amuro Ray, le héros de la série Mobile Suit Gundam d'origine, qui n'apparait que durant la dernière demie-heure et dont le développement est pourtant l'un des plus aboutis du film. Assigné à résidence par le gouvernement de la Fédération Terrestre, Amuro s'est retrouvé enfermé dans une cage dorée, finissant par s'habituer à sa petite vie tranquille et sans surprise et devenant un individu lâche et paresseux qui a perdu toute volonté de lutter. Quand ses anciens camarades du White Base lui rendent visite, Amuro n'est plus que l'ombre de l'homme qu'ils ont connu mais le spectre du héros de la Guerre d'Un An continue de planer sur lui. Alors que le monde sombre dans une nouvelle guerre, Amuro entend à nouveau l'appel du champ de bataille, sortant enfin de sa léthargie des sept dernières années, mais il n'est plus aussi sûr de pouvoir redevenir celui qu'il était autrefois. Cette intrigue pose ainsi les bases de son évolution à venir dans le film suivant et c'est probablement le personnage le mieux retranscrit par rapport à la série, même si ça ne va pas durer malheureusement.

De manière générale, le scénario se limite à retranscrire dans les grandes lignes les événements principaux de la série et les personnages n'ont plus vraiment la place d'exister dans un film déjà surchargé d'éléments et qui sacrifie déjà énormément de développements. Ayant perdu toute leur consistance, ils se contentent de reprendre les fonctions voulues par l'intrigue mais ils n'ont plus vraiment d'existence au-delà là où la série prenait bien son temps pour les développer dans toute leur richesse et leurs relations, ce qui permettait ensuite de vivre les grands événements de l'histoire à travers leurs yeux et leurs émotions, donnant toute leur puissance aux grands enjeux dramatiques. Malheureusement, ici les développements des personnages passent à la trappe afin de privilégier davantage l'action, au coeur du film.

Car il faut bien l'admettre: tout tourne ou presque autour des scènes de batailles. La raison qui fait que l'histoire est si souvent expédiée et que le film ne s'attarde guère plus à la développer est que la cohérence narrative du film a été entièrement repensée autour de ces scènes, la narration n'ayant donc plus pour autre objectif que d'entraîner le spectateur d'une scène d'action à une autre tout en veillant à préserver le rythme du montage. De plus, le film n'a pas hésité à remanier le scénario de la série afin de condenser des éléments de plusieurs épisodes en une seule scène afin de gagner du temps, ce qui nuit parfois considérablement en terme de cohérence ou de traitement. Ces aménagements ont aussi parfois amené à retravailler certains plans, voire des séquences entières, pour des raisons de montage et c'est là aussi un élément technique important du film.

Il faut savoir que pas moins de vingt années se sont écoulées depuis la série animée, que les techniques d'animation modernes ne sont plus du tout les mêmes que celles de l'époque et que tout ou presque est conçu par ordinateur à présent. Donc, plutôt que de monter un film résumé en n'utilisant que les extraits d'époque ou de refaire tout le film avec une animation par ordinateur, ce que le bon sens aurait voulu, le réalisateur Yoshiyuki Tomino a opté pour une troisième option incompréhensible: alterner entre les deux. Ce qui veut dire qu'on passe sans cesse d'une animation à l'autre au cours du film, y compris d'un plan à l'autre dans des transitions visuelles souvent brutales. Ca devient un peu n'importe quoi et ça donne un bon coup de vieux inutile aux images d'époque, la série n'ayant pourtant pas si mal vieillie en réalité, alors que l'animation des nouvelles images est tout simplement ratée. De plus, certaines scènes phares de la série ont été complètement refaites à cette occasion et elles y perdent cruellement au change. Tout au plus, le spectateur pourrait s'amuser de l'inclusion de quelques situations inédites qui varient un peu de celles que l'on connait mais ça ne change pas grand chose et ces films s'imposent clairement comme un échec esthétique, personne ne comprenant vraiment ce qui a bien pu prendre à Tomino qui massacre ici son propre travail au lieu de lui rendre l'hommage qu'il méritait. Il est triste de voir que ce qui avait été avancé comme un argument marketing à l'époque de la promotion du film joue finalement en sa défaveur, mais ce long-métrage tout entier n'est quasiment qu'une succession de mauvais choix de toute façon.

Mais si les films de Zeta Gundam perdent énormément de ce qui faisait la saveur et la richesse de la série, ils retrouvent aussi heureusement quelques unes de ses qualités comme d'avoir rappelé une grande partie des seiyus qui officiaient à l'époque, lesquels sont toujours aussi investis par leurs rôles et nous garantissent un doublage japonais sans faille, ou d'avoir repris les musiques originales, lesquelles confèrent de nouveau à cet animé sa dimension épique et lyrique d'origine (ce sont bien les seules), bien qu'on s'interrogera sérieusement sur le fait d'avoir confié les génériques au rockeur Gackt, un contre-sens total pour une oeuvre qui brille avant tout par sa dimension romanesque. On regrette vraiment que les génériques originaux ou des thèmes musicaux proches n'aient pas été privilégiés à la place mais, d'un autre côté, les chansons de Gackt collent peut-être davantage à la nature "blockbuster" de cette version cinématographique de Zeta Gundam qui est davantage portée sur l'action que sur les émotions contrairement à la série.

Car c'est bien cela que l'on retient au final de ce premier film de Zeta Gundam: une blockbusterisation de l'univers de la série qui lui fait perdre énormément de sa saveur et de sa consistance et qui l'abaisse au niveau de n'importe quel film d'action à grand spectacle du dimanche soir, tout en enchaînant les mauvais choix narratifs et techniques. Or pour les fans, ce n'est pas cela Zeta Gundam et il est triste de constater qu'une oeuvre aussi riche et tragique ait pu être dégradée à ce point par celui-là même qui avait fait de la série le chef d'oeuvre que l'on connait. Le film reste au demeurant assez divertissant à regarder mais cela revient finalement au même que de lire le résumé d'un film sans le voir de visu: on passe complètement à côté de l'oeuvre réelle, de sa richesse et de ses nombreuses qualités. Et c'est d'autant plus triste dans le cas d'un chef d'oeuvre avéré qui est considéré comme l'un des plus grands animés de science-fiction existants. D'autant que le film se révèle difficilement accessible à un public qui n'aurait pas préalablement les repères de la série tant la narration est expédiée à tout va et tant le traitement de l'histoire révèle du bâclage monumental. Je m'interroge toujours sur l'intérêt d'avoir produit cette trilogie de films et ce n'est assurément pas le résultat final qui me fera changer d'avis ou qui me convaincra de la pertinence de cette adaptation. Mieux vaut passer son chemin car Zeta Gundam est et reste à jamais une série animée mythique et il n'y a que sous cette forme qu'on puisse réellement découvrir et profiter de ce chef d'oeuvre.

Verdict: Passable (11/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:43, modifié 11 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 04 févr. 2014, 20:45

Mobile Suit Zeta Gundam - A New Translation - Film 2: Lovers

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Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 2005.
Durée: 1h37.
Univers: Universal Century 0087.


Casting:

Kamille Bidan : Nobuo Tobita
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Four Murasame : Yukana
Sarah Zabiarov : Chizuru Ikewaki
Paptimus Scirocco : Bin Shimada
Katz Kobayashi : Daisuke Namikawa
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Emma Sheen : Maya Okamoto
Reccoa Londe : Masako Katsuki
Amuro Ray : Toru Furuya
Hayato Kobayashi : Nobuyuki Hiyama
Fa Yuiry : Satomi Arai
Henken Bekkener : Jurota Kosugi
Beltorchika Irma : Maria Kawamura
Mirai Noa : Furumi Shiraishi
Haman Karn : Yoshiko Sakakibara



L'Histoire

L'invasion de la base de Jaburo s'est soldée par un échec. Aidés par l'organisation Karaba menée par Hayato Kobayashi, les membres de l'AEUG doivent à présent rejoindre l'Argama dans l'espace. Amuro Ray, qui vient juste de rejoindre le champ de bataille, est chargé de protéger la navette jusqu'au décollage mais, face aux forces ennemies, Kamille Bidan décide de laisser passer sa chance pour lui prêter main-forte et permettre aux autres de s'envoler pour l'espace. Il lui faut maintenant attendre la prochaine occasion. En attendant, l'Audhamla rejoint la ville de New Hong-Kong où Kamille fait la connaissance de la jeune et mystérieuse Four Murasama, une jeune cyber-newtype victime d'expériences de laboratoires et en quête de sa mémoire perdue. Bien qu'étant ennemis, Kamille rencontre pour la première une personne capable de le comprendre et tout deux deviennent amants. Mais l'emprise des Titans sur le destin de Four va mener à une nouvelle tragédie dans la vie de l'adolescent...


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Après la déception du premier film, on n'attendait presque rien de ce second opus de l'adaptation cinématographique de la série mythique Mobile Suit Zeta Gundam. A tort peut-être car c'est avec ce film-ci que l'adaptation va enfin réussir à décoller pour atteindre un niveau honorable.

La première grosse surprise du film, c'est que le parti-pris de ce second opus est totalement différent de son prédécesseur. Les scènes d'action sont moins mises en avant et le film s'attarde ENFIN à développer ses personnages. Et comme l'indique le sous-titre du film, "Lovers", ce sont les femmes et l'ambiance romantique qui dominent. Tout de suite, on reconnait déjà bien davantage l'esprit de l'oeuvre originale et, contrairement au premier opus qui était un désastre, ce second parvient enfin à s'imposer comme une adaptation correcte des épisodes 15 à 32 de la série d'époque.

On commence par une première partie qui nous dépeint la relation entre Kamille Bidan, notre héros adolescent, et la jeune Four Murasame, une cyber-newtype "conçue" par le laboratoire Murasame pour devenir une arme des Titans dans sa guerre contre l'AEUG. L'existence de Four est tragique car sa mémoire lui a été retirée et la jeune femme ne se connait donc pas vraiment, tout en haïssant son existence actuelle et le nom qu'on lui a attribué ("Number Four"). Cela la rapproche de Kamille qui a aussi vécu une existence difficile et qui est tout aussi incapable qu'elle de s'accepter. A l'image des adultes qui les entourent, ces deux êtres vont se réconforter mutuellement et la présence de Four va permettre à Kamille d'apprendre enfin à s'aimer, mais la guerre et l'emprise des Titans sur le destin de Four vont reprendre leurs droits. Ennemis sur le champ de bataille, Kamille est forcé d'affronter la femme qu'il aime pour protéger la ville de New Hong-Kong de la destruction, mais peut-il encore la sauver de sa tragique existence ? Ou est-ce au contraire Four qui parviendra à sauver Kamille dans tous les sens du terme en faisant le plus grand des sacrifices par amour ?

Le film commence donc très fort avec une première partie très émouvante et poignante. Si bien sûr le film ne s'attarde pas autant que la série à développer la relation entre les deux personnages, l'essentiel est bien là pour servir l'évolution du personnage de Kamille et c'est dans l'ensemble bien traité. Bien sûr, on regrette que la dernière partie de l'histoire de Four, celle qui apporte tout un tas de révélations sur le personnage et qui lui donne toute sa dimension tragique, soit absente des films, mais on a enfin là un character development d'un niveau honorable et, franchement, on revient de trop loin pour s'en plaindre.

Suite à cela, on enchaîne avec une seconde partie se déroulant intégralement dans l'espace. Kamille rejoint le reste de l'Argama à temps pour se voir remettre les commandes du Zeta Gundam, le tout nouveau Mobile Suit de l'AEUG, et pour faire la connaissance de Sarah Zabiarov, une jeune Titan qui informe l'Argama de leur intention de faire tomber une colonie abandonnée sur la base de Granada située sur la Lune. Cette seconde partie tourne donc essentiellement autour du personnage de Sarah Zabiarov qui se dévoile dans toute sa magnifique complexité, très fidèle à son évolution dans la série. On découvre une jeune femme tragique dont la bonté évidente est sans cesse contrebalancée par l'emprise terrifiante de Paptimus Scirocco sur son esprit qui trouble complètement son jugement. Elle voue une admiration sans borne à Scirocco qu'elle considère comme une personne gentille et cette sincérité se retourne contre elle, la rendant quasiment aveugle (mais pas insensible) à tout le mal qui peut découler de ses actions, en dépit des efforts de Kamille pour la sauver de son emprise. Katz est l'une des rares personnes qui étaient prêtes à lui accorder sa confiance, ressentant quelque chose pour elle. Tout ce à quoi il a eu droit en retour, c'est de voir ses sentiments manipulés et d'être trompé et rejeté par son premier amour, une humiliation qui lui fait perdre toute confiance en soi et qui le rend tout aussi incapable de faire confiance à autrui dorénavant.

Cette deuxième partie n'est pas non plus exempt de quelques moments d'action. En premier lieu, on assiste à la fameuse bataille où l'AEUG tente d'empêcher de faire tomber une colonie spatiale sur la base de Granada. Puis Kamille découvre peu après que Sarah a planté une bombe quelque part dans Van Braun City sur les ordres de Scirocco afin de détruire l'Argama ancré au port. La bombe étant suffisamment puissante pour détruire la ville entière et d'innombrables victimes, tout deux tentent de la désamorcer alors que l'évacuation est en cours et que le temps presse. Deux situations qui permettent de mettre Sarah en relation avec ses ennemis, développant des liens d'affection avec eux qui mettent en avant la nature ambigue de son personnage: une jeune fille comme toutes les autres dans le fond, qui ne veut faire du mal à personne mais qui est prête à suivre tous les ordres que lui donnera Scirocco, pensant qu'il est la seule personne à comprendre vers quelle direction se dirige l'humanité et à pouvoir la guider vers un avenir radieux. Ces séquences d'actions remettent ainsi enfin le facteur humain au coeur des enjeux mais n'en restent pas moins plaisantes et spectateurs, retrouvant même enfin l'aura épique de la série.

Le film s'attarde aussi davantage à dépeindre la dimension politique de l'histoire. La guerre entre l'AEUG et les Titans commence à atteindre un point critique: la Fédération Terrestre envisage de plus en plus de rejoindre les rangs des Titans et l'AEUG est acculée de toute part. L'apparition d'un troisième acteur, l'astéroïde Axis mené par des rescapés de Zeon, vient encore complexifier davantage les choses. Placé sous l'égide d'Haman Karn, Axis Zeon incarne la renaissance d'un ennemi du passé que l'on croyait mort depuis longtemps et qui semble avoir reconstruit ses forces dans l'ombre de la guerre entre l'AEUG et les Titans. Alors que ce conflit a considérablement affaibli les deux camps, l'intervention d'Axis Zeon risque de s'avérer déterminante sur la suite des événements. Quelles sont les intentions d'Haman Karn ?

De manière générale, on retrouve enfin une histoire riche et prenante et portée essentiellement sur le character development, ce qui est un énorme progrès depuis le film précédent. On prend enfin un vrai plaisir à suivre cette histoire et à découvrir ces personnages et la narration est enfin travaillée avec un aspect "résumé" beaucoup moins prononcé. Cela aide aussi considérablement que la direction technique du film soit beaucoup moins floue que dans le précédent: si on regrettera toujours que le montage cumule deux types d'animations différentes (l'animation d'époque et une animation moderne par ordinateur), le réalisateur Yoshiyuki Tomino semble avoir enfin choisi de refaire la plupart du film et de retravailler complètement la narration en fonction des nouvelles séquences, ce qui la rend bien plus fluide. Beaucoup d'intrigues et d'éléments sont tenus à l'écart par rapport à la série mais le film se suffit enfin à lui-même sans avoir besoin de se référer à la série pour trouver ses repères.

Du côté de l'animation, il y a aussi un gros plus. Comme les séquences en animation par ordinateur sont beaucoup plus présentes que dans le film précédent, on pouvait craindre le résultat vu que ces séquences étaient souvent fades dans le premier opus et que leur animation était loin d'exceller. Il faut croire que Tomino et son équipe ont décidé de travailler davantage cet aspect car il y a un véritable fossé technique entre les deux films: l'animation par ordinateur s'avère beaucoup plus maîtrisée, beaucoup plus belle, les designs des personnages ont été améliorés et l'ensemble est enfin à la hauteur des attentes, bien plus vivant et agréable. Les séquences d'action se paie même le luxe de retrouver leur intensité épique d'origine et les autres retrouvent enfin l'aura poétique et sensible de la série qui manquait cruellement au film précédent. Une agréable surprise donc de ce côté là car, en dépit d'un choix de base toujours aussi douteux, la qualité technique est enfin bien présente. Quant aux musiques, elles contribuent directement à l'ambiance de nombreuses scènes, véhiculant de nombreuses émotions. On retrouve là-encore avec plaisir de nombreuses musiques tirées de la série, même si on reste toujours aussi dubitatif face au choix du rockeur Gackt pour interpréter le générique de fin tant son style est toujours aussi hors-sujet pour une oeuvre portée sur la romance, la poésie et la tragédie.

Au final, ce second opus de l'adaptation de Zeta Gundam est une excellente surprise qui relève considérablement le niveau par rapport à un premier opus désastreux et qui permet aux fans de retrouver enfin en partie ce qui faisait la beauté, la force et l'humanité de l'oeuvre d'origine: la richesse de ses personnages, la profondeur de leurs émotions, les tragédies qui se succèdent, et enfin une dimension spectaculaire qui renoue enfin avec l'aura de grande épopée épique de la série. Sans être aussi aboutie que cette dernière qui demeure une très grande oeuvre, ce film réussit en 1h37 à replonger le spectateur dans toute la magie de cet univers, dans sa beauté poétique et lyrique, offrant un vrai moment de nostalgie pour les fans. C'est dans le fond tout ce que l'on attendait de cette adaptation cinématographique depuis le premier opus et ce second film intitulé "Lovers" ne manque assurément pas de charme pour raviver la flamme d'un vieil amour passionnel.

Verdict: Très Bon (16/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:43, modifié 4 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 06 févr. 2014, 23:02

Mobile Suit Zeta Gundam - A New Translation - Film 3: Love is the Pulse of the Stars

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 2006.
Durée: 1h39.
Univers: Universal Century 0087.


Casting:

Kamille Bidan : Nobuo Tobita
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Haman Karn : Yoshiko Sakakibara
Paptimus Scirocco : Bin Shimada
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Emma Sheen : Maya Okamoto
Reccoa Londe : Masako Katsuki
Sarah Zabiarov : Chizuru Ikewaki
Katz Kobayashi : Daisuke Namikawa
Fa Yuiry : Satomi Arai
Henken Bekkener : Jurota Kosugi
Mineva Lao Zabi : Ayu Hiramoto
Amuro Ray : Toru Furuya
Frau Kobayashi : Rumiko Ukai
Mirai Noa : Furumi Shiraishi
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Sayla Mass : You Inoue



L'Histoire

Avec l'émergence inattendue d'Axis Zeon au coeur du conflit, la guerre opposant l'AEUG et les Titans entre dans une nouvelle phase décisive. Très affaiblis, les deux camps tentent de rallier le nouveau Zeon à leur cause, mais la régente Haman Karn n'a qu'un seul objectif: récupérer le contrôle de Side 3 (anciennement le Duché de Zeon) des mains de la Fédération Terrestre et rebâtir la dynastie de la famille Zabi autour de sa dernière survivante, la princesse Mineva Zabi, une gamine âgée de huit ans et élevée pour se retrouver au centre d'enjeux politiques qui la dépassent totalement. Alors que le pouvoir et l'influence d'Haman Karn vont grandissants dans le conflit, les complots politiques s'enchaînent dans les trois camps. Qui des Titans de Paptimus Scirocco, de l'AEUG de Char Aznable ou du Neo Zeon d'Haman Karn sortira victorieux de cette guerre ?


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Nous voilà enfin à la fin de l'adaptation cinématographique de la mythique série Zeta Gundam ! Une adaptation très inégale mais qui avait su séduire notamment par son deuxième opus tourné vers la romance, la poésie et l'émotion. Alors, cette tendance se confirme t-elle avec ce troisième volet de conclusion ? Malheureusement c'est la déception qui prime et elle est d'autant plus amère quand on réalise l'ampleur du désastre !

Nous reprenons donc l'histoire avec l'apparition d'Haman Karn et d'Axis Zeon. Haman tente de ressusciter Zeon autour du mythe de la famille Zabi par le biais de sa dernière survivante, la très jeune princesse Mineva Zabi. Démarre alors toute une intrigue d'alliances et de trahisons qui se joue entre l'Axis Zeon d'Haman, l'AEUG désormais dirigé par Char Aznable, et enfin les Titans qui mènent eux-mêmes une lutte interne de pouvoir avec Paptimus Scirocco qui manie brillamment ses cartes pour manipuler les événements dans l'ombre.

Cette partie, dans la série, était absolument dantesque, menée par un scénario et une narration brillants, trois leaders fascinants et ambigus et surtout de très nombreuses morts de personnages que nous avions appris à connaître au fil des épisodes avec des characters developments très poussés et crédibles. Que reste t-il de ça dans cette adaptation cinématographique ? Pas grand chose, il faut le dire ! L'erreur monumentale du film est de tenter de réduire l'histoire des épisodes 33 à 50 à une succession de batailles sans fin en passant complètement à côté des nombreuses intrigues de cette période qui leur donnaient à la fois leur cohérence, mais surtout leur dimension humaine et tragique.

En gros, le scénario entier du film en deux lignes: Haman Karn mène le jeu, bataille, Haman Karn s'allie à l'AEUG, bataille, Haman Karn retourne sa veste, bataille... et ainsi de suite. Tout le scénario du film tourne autour d'un étrange "Haman Show" sur les mille et une façon de planter un poignard dans le dos et souvent réduit au statut de transition entre deux scènes de batailles. Au bout du compte, on s'en fout de ce que fait Haman, ça revient toujours au même et on ne sent même plus l'impact de ces rebondissements tellement ça devient ridicule, gratuit et complètement sorti de nulle part (forcément lorsque l'on coupe 90% de l'intrigue de la série). Idem du côté des personnages, il n'y a quasiment aucun character-development de tout le film et, de ce fait, les personnages ont beau mourir en masse, ça reste tellement dépourvu d'émotions et d'humanité que ça n'a pas plus d'impact dramatique que la mort de Kenny dans un épisode de South Park.

C'est d'autant plus triste que les développements des personnages sont absents que cela nuit à l'histoire. Là où, dans la série, on avait droit à des affrontements d'envergure monumentale entre Haman Karn, Char Aznable et Paptimus Scirocco avec de nombreux rebondissements à couper le souffle, ici tout tombe à plat. On ne peut espérer convaincre le spectateur de la force et l'importance de ce duel quand deux des trois personnages concernés ont été complètement sous-exploités par le scénario de la trilogie, et c'est d'autant plus le cas pour Char Aznable. Le personnage était au centre des enjeux de la série avec une intrigue personnelle qui consistait à le voir accepter son passé et revendiquer son héritage au nom du combat mené par l'AEUG dont il était devenu le leader. Dans les films, le personnage n'a aucun enjeu personnel, il est simplement là et il fait rien à part se battre. Du coup, on passe complètement à côté de ce qui fait l'intérêt du personnage, mais aussi à côté des véritables implications des enjeux de cette grande bataille finale.

Pareil du côté de la rivalité entre Kamille et Jerid qui a été complètement sacrifié dans les films: Jerid devient un simple adversaire lambda totalement inintéressant (malgré que l'un et l'autre avaient des motifs pour se haïr dans le premier film, même s'ils étaient très mal traités) et il n'est plus responsable de la mort du premier grand amour de Kamille. On passe encore une fois complètement à côté de ce qui fait la dimension humaine et tragique de l'histoire et qui porte les enjeux implicites des batailles de la série. Mais le summum reste atteint par la chute du côté obscur d'un personnage important qui, faute d'un character-development digne de ce nom, y perd tout son impact dramatique en plus de sortir un peu de nulle part et d'être quasiment incompréhensible pour ceux qui n'auraient pas vu la série au préalable. Au niveau des personnages, ce film est donc une catastrophe: aucun personnage auquel s'intéresser, aucune évolution digne de ce nom à suivre et surtout rien qui puisse véritablement porter les enjeux de l'intrigue. Les personnages sont juste là pour se battre et se faire tuer, des pions à sacrifier au détour des scènes d'actions et non de véritables "personnages" dignes de ce nom pour porter l'intrigue et la vivre à travers leurs expériences (souvent douloureuses). Ce qui faisait la force de la série a totalement disparu de ce film au profit d'une médiocrité narrative insondable.

Les fans de la série auront tout de même le coeur à tenir jusqu'au bout de ce massacre narratif, ne serait-ce que pour profiter de la formidable fin de la série, assurément l'une des plus noires et des plus mélancoliques vues dans un animé avec The End of Evangelion ! Une fin mythique et très fidèle à la nature de la série qui la concluait de superbe manière sans la moindre fausse note ! Il faut croire toutefois que Tomino trouvait cette fin trop noire pour être appropriée à cette adaptation cinématographique puisqu'il nous l'a carrément remplacé par une bonne grosse happy end hollywoodienne allant totalement à l'opposé de tout ce qui faisait l'esprit de la série Zeta Gundam. Adieu Kamille abandonné à un triste sort plus terrible encore que la mort, bonjour les gros câlins en apesanteur avec sa copine ! Au revoir l'image finale d'un champ de bataille dévasté avec quantité de vies perdues, bonjour la réunion des héros de la série Mobile Suit Gundam originale qui contemplent la fin des hostilités depuis la Terre en levant les yeux vers les étoiles.

Du coup, avec un scénario et des characters developments aux abonnés absents, que reste t-il ? Bah, des scènes de bataille ! Pendant 1h30, avec parfois de petits interludes qu'on aurait tout aussi bien pu supprimer aussi tellement ça ne change plus rien à présent (le réalisateur Yoshiyuki Tomino a déjà complètement foutu le scénario de sa série en l'air). Et avec des batailles qui s'étirent de longueur en longueur sans véritable enjeu dramatique derrière, on a bien de quoi les sentir passer ces 90 minutes !

Du côté de la réalisation, on retrouve encore une fois cette alternance entre les images remasterisées de la série d'époque et une animation moderne réalisée par ordinateur. Là-dessus, le verdict est sans ambiguité: la réalisation d'époque est tout simplement grandiose avec une animation magnifique et ultra-dynamique. En ce qui concerne l'animation par ordinateur, par contre, les séquences concernées sont plus dénuées d'âmes que jamais et la réalisation en elle-même est très nettement un cran en dessous de celle du film précédent, ce qui est gênant pour un long-métrage constitué quasi-intégralement de séquences de bataille. A croire que tout le budget de ce côté-là a été investi dans le dernier acte du film avec les ultimes affrontements qui sont les seuls à bénéficier d'une animation véritablement spectaculaire. En d'autres termes, les scènes d'actions de ce film n'ont même pas vraiment d'envergure spectaculaire pour la plupart (sauf pour les séquences reprises de la série), ce qui démontre encore une fois l'ampleur de l'échec.

Tout ce qu'il y a à sauver de ce film finalement, c'est toute la dimension sonore. On retrouve encore une fois un doublage japonais de grande qualité avec la plupart des comédiens de la série (à noter que ce fut le dernier rôle du regretté Hirotaka Suzuoki, le seiyu original de Bright Noa, décédé la même année) et bien sûr une bande originale toujours au top avec de nombreuses musiques directement reprises de la série pour le grand plaisir des fans. On notera qu'encore une fois le générique final est signé par le chanteur Gackt et on s'interroge toujours sur la pertinence du choix d'une musique rock totalement aux antipodes de l'identité de la série. Même si, pour le coup, vu le film totalement dénué d'identité qui a précédé ce générique, on pourrait coller n'importe quel autre style de musique que ça passerait tout autant.

Au final, si je voyais difficilement comment retranscrire toute la magnificence, l'intensité, le drame et l'humanité de cette partie monumentale de la série en un film de 90 minutes, le réalisateur Yoshiyuki Tomino a le mérite de nous apporter une réponse claire: ce n'est tout simplement pas possible. Ce dernier film de la trilogie Zeta Gundam ne ressemble à rien, massacre littéralement TOUT ce qui faisait la force de la série et fait littéralement n'importe quoi pendant plus d'1h30. Ca part dans tous les sens, il n'y a rien, pas d'enjeu, pas de personnage auquel s'attacher avant de le voir inévitablement crever (adieu les nombreuses morts traumatisantes du dernier acte de la série !), pas même réellement d'histoire à suivre puisqu'il n'y a pas de personnage suffisamment consistant pour la porter, à part une sorte d'Haman Show qui vire vite au ridicule. En tant que fan de la série que je considère comme un réel chef d'oeuvre et qui est généralement reconnue comme telle par les critiques et par de nombreux fans d'animés, je ne vois qu'un seul terme pour qualifier le massacre de ce film: un meurtre artistique. Tomino aurait voulu tuer son oeuvre qu'il ne s'y serait pas mieux pris, c'est une horreur dans tous les sens du terme et assurément l'une des plus grosses daubes de la franchise avec la série Gundam Wing. Et le plus triste dans tout ça, c'est de se rappeler qu'à l'origine de ce massacre sans nom, il y a une série grandiose et une oeuvre magnifique qui a su conquérir le coeur des fans d'animés de toutes générations et qui est devenue une vraie légende de l'animation japonaise.

Verdict: Très Mauvais (07/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 02:13, modifié 6 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 07 févr. 2014, 19:59

Mobile Suit Gundam Double Zeta

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1986-1987.
Episodes: 47.
Univers: Universal Century 0088.


Casting:

Judau Ashta : Kazuki Yao
Elpeo Puru : Chieko Honda
Puru Two : Chieko Honda
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Roux Louka : Naoko Matsui
Beecha Oleg : Shingo Hiromori
Elle Vianno : Eriko Hara
Mondo Agake : Kozo Shioya
Iino Abbav : Masami Kikuchi
Leina Ashta : Maya Okamoto
Glemy Toto : Tsutomu Kashiwakura
Haman Karn : Yoshiko Sakakibara
Mashymre Cello : Kenyu Horiuchi
Chara Soon : Hazuki Kadoma
Mineva Lao Zabi : Miki Ito
Fa Yuiry : Miyuki Matsuoka
Kamille Bidan : Nobuo Tobita



L'Histoire

Universal Century 0088.

Le Conflit de Gryps entre les Titans et l'AEUG s'est achevée mais la Fédération Terrestre sort très affaiblie du conflit. La flotte d'Axis Zeon a retrouvé sa puissance d'autrefois et Haman Karn en profite pour déclarer la renaissance de Neo Zeon et revendiquer son indépendance avec l'intention de mener une guerre contre la fédération. Celle-ci n'est plus de taille à lui faire face et, dirigée par des politiciens véreux, entend tout simplement baisser les armes et se rendre en espérant passer des accords avec la nouvelle dirigeante de Neo Zeon, la jeune princesse Mineva Zabi, sur les matières premières exploitées par les colonies. Mais il reste encore une sérieuse épine dans le pied des gens de la fédération: l'existence de l'AEUG, ce groupe paramilitaire dissident né des opposants aux Titans, qui refuse toujours de se rendre et qui continue la lutte contre Neo Zeon dans l'espace. Le seul moyen d'assurer la paix semble être de sacrifier ceux qui incarnent à ce jour le dernier espoir des terriens.

L'Argama, le vaisseau du capitaine Bright Noa, a subi de lourdes pertes humaines et d'importants dégâts matériels suite à la bataille finale contre les Titans. Avec un équipage très réduit, le vaisseau s'installe au port de la colonie Shangri-La pour se préparer aux batailles à venir et faire soigner ses blessés. Malheureusement, un vaisseau de Neo Zeon commandé par Mashymre Cello, un fervent serviteur (ou plutôt une groupie) de son excellence Haman Karn, arrive à son tour dans la colonie. Ne restant plus que Fa Yuiry pour les protéger comme pilote, l'Argama semble très désavantagé. C'est alors qu'une bande de jeunes adolescents intrépides des rues de Shangri-La fait son apparition pour prendre d'assaut le vaisseau et leur dérober leurs Mobile Suits qu'ils espèrent revendre à bon prix. Parmi eux, le jeune Judau Ashta s'empare du Zeta Gundam au nez et à la barbe de Bright Noa. Très vite, Judau se retrouve impliqué malgré lui dans le conflit qui oppose l'Argama au vaisseau de Neo Zeon...



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Mobile Suit Gundam Double Zeta (ou tout simplement Gundam ZZ) est la troisième série de la franchise Gundam, toujours réalisée par Yoshiyuki Tomino. Il s'agit de la suite directe de la mythique série Zeta Gundam, prenant ainsi place juste après cette dernière dans la chronologie de l'Universal Century, et leurs diffusions télévisées se sont directement succédées. On pouvait donc s'attendre à une nouvelle série dans la droite lignée de Zeta Gundam. On en est bien loin malheureusement...

Le paradoxe de Double Zeta s'illustre dès le début de la série. L'histoire reprend quasiment là où Zeta Gundam s'en était arrêté avec l'Argama en piteux état suite à la bataille finale du conflit de Gryps: la plupart des pilotes et des membres d'équipage sont soit morts soit bons pour un long séjour à l'hôpital, leurs Mobile Suits sont tous sérieusement endommagés et il ne leur reste de toute façon plus que Fa Yuiry comme pilote disponible, le vaisseau ressemble plus à une épave qu'à un croiseur de guerre, et pour parachever le tout le leader de l'AEUG, le lieutenant Quattro Bajeena alias Char Aznable, est porté disparu suite à son ultime bataille contre Haman Karn et présumé mort. C'est donc la fin d'une époque et le vaisseau s'arrime sur la colonie de Shangri-La en vue de se remettre de la bataille et de prendre un nouveau départ avec un équipage flambant neuf. Ce n'est donc pas vraiment la joie.

Là-dessus arrivent Judau Ashta, le nouveau héros de la série âgé d'à peine 14 ans (donc plus jeune que ses prédécesseurs), et sa bande d'amis qui passent leur journée à sécher l'école pour traîner dans les rues et chercher des vestiges de Mobile Suits de la bataille en vue de les refourguer à des ferrailleurs pour un bon prix. Manque de pot pour Bright Noa, la bande a repéré l'arrivée de l'Argama et n'hésite pas à prendre d'assaut le vaisseau en leur jetant des oranges et des choux à la figure pour leur dérober leurs Mobile Suits. Tout de suite, le ton est donné: l'ambiance de la série est légère, pas très sérieuse et surtout axée sur l'humour, à l'opposé complet de la noirceur et de la mélancolie de Zeta Gundam. Et les épisodes suivants ne cessent d'accentuer le tout: pendant la première dizaine d'épisodes, la bande multiplie les tentatives pour voler le Zeta Gundam à l'Argama, Judau parvient toujours à prendre les commandes de l'appareil mais il se retrouve toujours aussitôt à devoir combattre pour protéger le vaisseau ou la colonie. Finalement, peu satisfait de la manière dont il a dérobé le Zeta, il finit toujours par leur rendre en promettant de leur dérober dans les règles de l'art plus tard.

L'antagoniste de ce début de série est le commandant Mashymre Cello dont le vaisseau s'est arrimé également dans la colonie de Shangri-La. Loin d'être aussi redoutable que les ennemis des deux premières série, Mashymre est un véritable clown qui ne manque pas une occasion de se tourner en ridicule et qui, en véritable groupie d'Haman Karn, passe son temps à prêcher la divine parole de "Haman-sama" pour appuyer la moindre de ses décisions. Heureusement pour lui, ses hommes sont presque tous aussi idiots, si ce n'est plus, et ce début de série est une véritable farce avec des confrontations qui virent en permanence à la parodie, où les ennemis sont en permanence des débiles et où l'intrépide Judau et sa bande battent leurs adversaires avec un humour qui ressemble plus à une intrigue de la série Captain Planet qu'à du Gundam. Même Yazan Gable, le serial-killer par excellence de Zeta Gundam, responsable de la mort de nombreux personnages importants de la série, est tourné en ridicule, devenant un incompétent de première qui tombe dans les bouches d'égouts ou qui kidnappe un malheureux cochon pour ensuite se trimballer son os entre les dents en permanence dans les épisodes suivants. Oui, même ce pur psychopathe dont la venue sur le champ de bataille était annonciatrice de mort a trouvé le moyen de devenir un gros guignol dans cette suite. Ca en ridiculise presque aussi ses victimes pour le coup, ce qui est tout de même triste pour des personnages auxquels le spectateur s'était attaché le temps d'une cinquantaine d'épisodes avant de les voir périr de manière atroce.

Mais ce qui choque peut-être le plus, c'est que, pour une série d'une telle importance mythologique au sein de l'Universal Century, on nous demande d'oublier tout semblant de cohérence et de nous laisser porter par le délire. Certes l'humour est amusant, mais les intrigues ne volent franchement pas haut et la caractérisation des personnages est quasiment anecdotique, se résumant aux débiles supporters d'Haman Karn d'un côté et à une bande d'adolescents unidimensionnels et agaçants de l'autre. Judau n'a initialement pas vraiment de but, il se trouve à piloter le Zeta Gundam par une série de coïncidence mais ça n'a aucun rapport avec son intention directe qui est de voler le Mobile Suit pour le revendre et utiliser l'argent pour envoyer sa petite soeur Leina dans une bonne école afin qu'elle ne finisse pas comme lui. Le reste de ses amis n'est guère plus développé et ils n'ont pas vraiment de psychologie que l'on puisse voir évoluer telles qu'en avaient les personnages de Zeta Gundam (qui étaient tous des modèles d'écriture et de caractérisation), très unidimensionnels. Une absence de logique qui semble aussi avoir touché les quelques revenants de Zeta Gundam qui réagissent parfois de manière très puérile (Astonaige qui prend les commandes du Zeta Gundam pour prouver qu'ils n'ont pas besoin d'un sale gosse arrogant comme Judau), ou même Bright Noa qui, après avoir dirigé un équipage composé essentiellement d'adultes qui sont à présent quasiment tous morts, porte un intérêt curieux à Judau et à sa bande au point de vouloir en faire le nouvel équipage de son vaisseau. On pourrait se dire qu'il est touché par la nostalgie et qu'il tente de créer un second "White Base" avec des membres d'équipage très jeunes, mais ces derniers étaient contraints d'agir comme des soldats. Là, on a juste une bande de jeunes adolescents qui agissent... comme de jeunes ados.

Alors que l'Argama repart dans l'espace et que la dernière pilote de Zeta Gundam, Fa Yuiry, quitte le vaisseau à son tour (marquant la fin d'une ère), le concept de la série commence enfin à se développer (une dizaine d'épisodes sont déjà passés à ce stade). Si les séries précédentes mettaient en avant un ou deux Gundam phares appuyés par d'autres Mobile Suits, on parle à présent d'une véritable "Team Gundam" composée de Judau et de ses amis. Si Judau a généralement la priorité sur le Double Zeta éponyme, la bande se partage en fait le pilotage des différents Mobile Suits de la série précédente: le Zeta Gundam, le Hyaku Shiki, le Gundam Mk-II et le Core Booster. Si chacun a plus ou moins son Mobile Suit de prédilection, les pilotes changent régulièrement selon les situations. Judau reprend ainsi assez régulièrement les commandes du Zeta Gundam, tandis que le Double Zeta est occasionnellement piloté par l'un de ses amis. Un concept assez intéressant mais qui présente une faille considérable: aucun des amis de Judau n'a la force ou le charisme des anciens pilotes de la série précédente. Le pilotage du Hyaku Shiki passe ainsi des mains du légendaire Char Aznable, la classe incarnée, à un ado boutonneux fagotté comme Poil de Carottes, ou un Gundam Mk-II passe de la charismatique Emma Sheen à une petite ado blonde qui incarne la bonne copine amoureuse du héros. Un renouvellement qui incarne assez la direction totalement différente et... très légère de la série. Enfin, le Gundam Double Zeta éponyme est en fait le premier Gundam en parties détachables de la franchise, se composant de trois appareils distincts nécessitant trois pilotes différents, ce qui est un départ radical par rapport aux séries précédentes qui ne sera pas forcément bien accueilli par les puristes de l'Universal Century. Personne n'aura vraiment compris pourquoi Tomino, qui avait crée toute la franchise autour du concept révolutionnaire de "real-robot", a fait soudainement machine arrière pour nous sortir un gros Megazord, mais j'imagine que ça arrangeait bien les ventes de produits dérivés.

Après avoir passé une dizaine d'épisodes à... rien faire en terme d'évolutions des personnages, Yoshiyuki Tomino semble enfin décidé à développer un peu plus les intrigues de ses personnages mais ils ont tellement peu de personnalités que ces intrigues demeurent assez superficielles. Après une dizaine d'épisodes à se battre sans trop de raison, Judau trouve enfin une raison de se battre suite à l'enlèvement de sa soeur Leina par Neo Zeon. Dès lors, il n'a plus qu'un seul objectif: sauver Leina et botter le cul à l'enfoiré qui a kidnappé sa petite soeur chérie, allant même jusqu'à ignorer les ordres de ses supérieurs pour tenter de la récupérer, et c'est cela qui le guide pour les intrigues à venir. Des intrigues qu'il prend désormais un peu plus au sérieux et qui lui font réaliser la véritable nature de Neo Zeon, affermissant peu à peu sa décision de les combattre au delà du simple fait de sauver sa soeur. Ce n'est pas franchement développé, ça reste très classique, mais au moins on a enfin des repères fixés concernant ce personnage et Tomino s'y tient. Même si, pour le coup, le personnage de Judau se démarque radicalement de ses prédécesseurs en ce que ses relations avec les femmes tournent essentiellement autour de l'image de la soeur, là où les relations de Kamille avec les femmes étaient essentiellement d'ordre romantique. Mais ces préoccupations affectives sont peut-être plus en accord avec l'âge du personnage qui est quand même bien plus jeune que Kamille.

Cette intrigue personnelle trouve un écho avec l'apparition du personnage de Elpeo Ple, initialement introduite comme une jeune pilote "cyber-newtype" de Neo Zeon âgée de 10 ans à peine. Ayant grandi comme un rat de laboratoire, séparée de sa famille très jeune, Elpeo Ple a développé un manque affectif qu'elle tente de combler. En rencontrant Judau, elle se prend d'affection pour le jeune garçon et décide d'agir avec lui comme si elle était sa petite soeur, Judau venant juste d'être séparée de la sienne à ce stade. Ce statut de soeur de substitution hante le personnage d'Elpeo Ple, sachant qu'ils ne seront jamais vraiment frère et soeur mais voulant que son affection à son égard soit sincère et développant un sérieux complexe d'infériorité et de la jalousie à l'égard de Leina Ashta qu'elle voit comme une rivale. Tant que Judau est séparé de sa soeur, elle sait qu'elle peut combler un vide mais, s'il venait à la sauver, elle redoute que Leina reprenne sa place légitime et qu'elle ne soit rejetée, à nouveau sans famille. De ce fait, elle devient extrêmement possessive à l'égard de Judau et agit comme une gamine immature en vue de s'approprier son affection, mais elle sait que le seul moyen pour elle de maintenir ce statut-quo est à terme d'éliminer Leina Ashta, tout en craignant de faire souffrir son "frère", voire qu'il se mette à la détester. Qu'on aime ou non ce personnage (qui se comporte parfois comme une gamine insupportable et capricieuse), sa relation avec Judau est de loin la plus développée et la plus intéressante de cette série, devenant même le coeur de cette dernière, et cela sert aussi son statut "d'amante" tragique car, bien que leur relation soit différente, Elpeo Ple incarne pour Judau ce que Lalah Sune et Four Murasame incarnaient pour Amuro Ray et Kamille Bidan.

Le rival de Judau et l'antagoniste principal de la série est Glemy Toto, un jeune aristocrate qui est à la fois l'homme qui a kidnappé la jeune Leina Ashta et l'homme responsable du traitement d'Elpeo Ple. On pourrait donc s'attendre à une véritable ordure. En vérité, c'est surtout un incompétent qui ne manque pas une occasion de se tourner en ridicule. Très naïf et sensible, il tombe éperdument amoureux de Roux Louka (une des amies de Judau) après que celle-ci lui ait sorti son numéro de charme, en dépit du coup de traîtrise qui s'en est aussitôt suivi. Faisant une véritable fixation sur la jeune femme, il ne cesse de pourchasser l'Argama dans le but de la retrouver et de la "sauver" de l'AEUG qui manipulerait son esprit. Quand il capture des membres de l'Argama et qu'il doit les soumettre à un interrogatoire, ce n'est bien sûr pas pour obtenir des informations capitales sur le vaisseau mais pour savoir si Roux Louka a un petit ami. Quand il s'illustre aux commandes d'un Mobile Suit, il ne finit pas par perdre parce que la chance ou le talent lui ont fait défaut mais parce que l'Argama utilise de manière lâche les sentiments qu'il a à l'égard de Roux Louka pour le réduire à l'impuissance et lui infliger une défaite humiliante. Enfin, lorsqu'il kidnappe la soeur du héros et justifie ainsi la quête de ce dernier, ce n'est absolument pas dans l'intention de nuire à Judau mais parce que ce crétin pensait récupérer Roux Louka et qu'il s'est trompé de personne avec la combinaison de pilote. Et plutôt que de s'en servir comme otage, il la protège des autres militaires en la prenant sous son aile et en l'instruisant pour devenir une vraie petite dame de la société afin de lui garantir un avenir dans la haute société de Neo Zeon. Son rôle de rival lui a finalement été plus imposé par une série de malheureuses coïncidences et par sa propre naïveté que par une vraie volonté de nuire aux héros.

Parmi les autres adversaires récurrents, on trouve Mashymre Cello, la groupie d'Haman Karn suscitée, et Chara Soon, une tarée nymphomane qui ne manque pas une occasion de presser la tête des autres personnages contre sa grosse poitrine (fan-service, quand tu nous tiens !). Deux méchants parodiques et déjantés qu'il est bien difficile de prendre au sérieux. Heureusement, à côté de tout ça, il y a le personnage d'Haman Karn qui est assurément la grande méchante de la série, aussi charismatique que redoutable. La seule aussi qui ne soit pas tournée en ridicule et qui arrive à incarner efficacement la menace de la série face à Judau et à sa bande. Une menace toutefois assez différente de celle qu'elle incarnait dans Zeta Gundam car la série s'attarde aussi en grande partie sur la relation unissant Judau et Haman, deux puissants newtypes qui développent une attirance inextricable l'un pour l'autre malgré le dégoût qu'ils s'inspirent mutuellement, campant ainsi l'une des romances les plus ambigus et troublées de la franchise. Ces deux-là sont ennemis jurés et ils se détestent en théorie, toujours prêt à dégainer l'arme sur l'autre, mais quoi qu'ils fassent ils s'attirent toujours comme des aimants (ou comme la peste) et leur relation n'est pas dénuée d'ambiguités, tout deux se sentant concernés par l'autre. Reconnaissant le potentiel de newtype de Judau et désirant l'avoir à ses côtés plutôt que contre lui, Haman ne manquera d'ailleurs pas d'enchaîner les tentatives, parfois provoquées, pour le convaincre de la rejoindre du côté obscur et de gouverner la galaxie ensemble comme... comme... une cougar et un garçon de 14 ans ? Bon, cela dit, cette intrigue qui avait un véritable potentiel en terme de caractérisation ne fait au fond que tourner en rond sans jamais véritablement aboutir sur quoi que ce soit, ce qui est un peu le cas de la série entière en fait.

Parce que, finalement, la série soulève de vagues pistes de développements pour certains personnages mais rien n'est vraiment travaillé. Des amis de Judau ne se plaisent pas sur l'Argama ? Ils révèlent sa position afin de rejoindre le vaisseau de Neo Zeon, trahissant l'équipage. Puis, comme ils ne se plaisent pas chez Neo Zeon et qu'ils trouvent finalement qu'ils se plaisaient mieux sur l'Argama, ils retournent leur veste à nouveau et espèrent qu'on leur pardonnera leurs conneries. Voilà, les développements des personnages principaux de la série (hormis Judau et Elpeo Ple) se résume à ce genre d'exemple. Il y a des pistes soulevées, parfois même de bons moments (parfois), mais rien n'est vraiment traité comme il faudrait. Un autre exemple est le personnage de Bright Noa dont le plus gros soucis personnel est de savoir, comme il n'a plus revu sa famille depuis longtemps, s'il succombera le temps d'un adultère (avec un personnage pareil, ils ne pouvaient pas trouver une meilleure idée d'intrigue ?). Il rencontre ainsi une femme qui l'attire à plusieurs reprises sans jamais que rien n'évolue vraiment entre eux dans un sens ou dans l'autre. Et ce manège dure jusqu'à ce que la femme en question meurt et la série ne daigne même pas nous montrer la réaction de Bright en apprenant la nouvelle de sa mort, preuve que cette intrigue ne servait littéralement à rien. Pour le reste, il se contente de jouer le rôle de père de substitution de la bande à Judau, un rôle totalement aux antipodes du personnage des deux premières séries.

La série se compose essentiellement de quatre parties. La série débute vraiment très mal avec une première partie assez horrible et entièrement parodique se déroulant sur la colonie de Shangri-La. Puis s'ensuit une seconde partie d'odyssée dans l'espace avec de petites intrigues essentiellement portées sur la dimension aventure, comme la visite d'une colonie "aztèque". La troisième partie, de loin la plus réussie, voit nos héros arriver sur Terre avec des intrigues plus sombres et plus humaines qui voient le retour à une ambiance dramatique ressemblant à celle de la première série Gundam avant de culminer sur un véritable pic de noirceur sur une magnifique intrigue apocalyptique tournant autour de la chute d'une colonie spatiale sur la ville de Dublin, véritable spectacle de mort et de dévastation qui voit le retour de quelques personnages phares de la mythologie Gundam avec certaines morts très marquantes. Enfin, une dernière partie voit le retour de nos héros dans l'espace pour mener la grande bataille finale contre Neo Zeon. Une partie qui aurait pu être prometteuse si elle ne marquait pas autant le retour vers la légèreté de la série avec la bande à Judau qui prend elle-même le commandement d'un nouveau vaisseau, le Nahel Argama (sans l'aide de Bright Noa et des adultes), et qui livre finalement l'ultime bataille de la Première Guerre de Neo Zeon à elle seule. Là où le Conflit de Gryps a vu de nombreux vaisseaux sombrer et de valeureux soldats tomber dans les trois camps, la Première Guerre de Neo Zeon prend fin avec la victoire d'un unique vaisseau piloté par une bande de gamins sur tout un empire.

A noter l'étrangeté de cette dernière partie qui voit Glemy Toto opérer une transformation radicale assez inattendue et qui nous sort complètement de nulle part. Lui, l'antagoniste gaffeur et maladroit entièrement dévoué à la cause d'Haman Karn, devient subitement et sans explication un être diabolique qui manipule les êtres humains et qui décide brusquement de se soulever contre Haman, ne partageant pas sa vision pour l'avenir de Neo Zeon. On se retrouve ainsi dans le même contexte que Zeta Gundam: trois camps qui s'affrontent, donc deux appartenant au même groupe pris dans les affres d'un conflit interne. D'un côté, l'AEUG (Judau et sa bande) qui tentent de mettre un terme à la guerre en triomphant de Neo Zeon, de l'autre le Neo Zeon d'Haman Karn qui aspire à reconstruire Zeon autour du mythe de la famille Zabi, et enfin Glemy Toto qui rejette l'héritage maudit des Zabi et qui souhaite créer une nouvelle Zeon autour de l'idéologie newtype de Zeon Daikun, prêchant un éveil massif des newtypes pour permettre à l'humanité de prendre son destin en main. Bizarrement, ce dernier rôle ressemble bien davantage au personnage de Char Aznable, dont c'était l'intention avouée à la fin de Zeta Gundam, qu'à celui de Glemy Toto qui nous sort ça complètement de nulle part. Il est possible que Tomino prévoyait initialement de faire tenir ce rôle par Char Aznable mais que la mise en chantier du film Char's Counterattack l'ait forcé à revoir ses plans. Quoiqu'il en soit, si cette bataille à trois avait le potentiel pour devenir aussi mémorable que celle de Zeta Gundam, ce n'est finalement pas le cas et l'ultime épisode achève cette guerre de manière un brin décevante pour ceux qui espéraient une grande bataille finale dantesque à la manière de Zeta Gundam.

Du côté de la réalisation, rien à redire, la série s'en tire généralement très bien. L'animation n'est certes pas vraiment au niveau de celle de Zeta Gundam qui était absolument magnifique pour l'époque, la mise en scène est aussi moins bonne et les characters designs des nouveaux personnages sont plutôt décevants, sans grande personnalité (exception faite de Judau et de Elpeo Ple), mais la réalisation reste dans sa globalité d'un très bon niveau pour l'époque, bien supérieure à celles des séries Gundam des années 90. Les musiques sont également une réussite, reprenant quelques thèmes de Zeta Gundam (du même compositeur) mais créant pour le reste de nouveaux thèmes plus en accord avec l'identité légère et comique de la série. On regrettera peut-être l'absence de cette identité musicale pleine de charme qui portait Zeta Gundam, mais il faut bien admettre que ces musiques n'auraient pas fonctionné avec l'ambiance radicalement différente de Double Zeta. Enfin, le doublage japonais est assez bon, malgré quelques voix qui manquent cruellement de personnalité (mais il faut voir les personnages concernés). On retient notamment la prestation toujours excellente de Hirotaka Suzuoki en Bright Noa ou l'interprétation très sympathique de Kazuki Yao dans le rôle de Judau Ashta (plus connu pour être la voix de Franky dans la série One Piece). Une pensée aussi pour la regrettée Chieko Honda qui interprétait magnifiquement le double-rôle d'Elpeo Ple et de son double maléfique Ple Two.

Au final, que penser de ce Double Zeta ? Ce n'est ni une bonne série Gundam de l'Universal Century, ni une vraie suite digne de ce nom au mythique Zeta Gundam tant la série n'est à la hauteur de son prédécesseur à aucun niveau. On ne retrouve en rien l'ambiance de cette dernière et les intrigues qui se poursuivent sont généralement exploitées sans réelle originalité ni sans vraies intentions, d'où une seconde partie décevante à l'histoire débutée dans Zeta Gundam. Cette série reste d'une certaine importance mythologique pour les fans de l'Universal Century par rapport à ses éléments, mais en tant que série même, elle demeure assez pauvre narrativement et les personnages sont loin d'être particulièrement intéressants, souvent anecdotiques et plus agaçants qu'autre chose. Finalement, c'est une série correcte mais sans prétention qui ne nous propose rien d'autre qu'un sympathique divertissement tout public. C'est sûr que, pour les habitués de la franchise, ce n'est pas tout à fait ce à quoi on s'attend d'une série Gundam, notamment de la part d'un réalisateur et d'un univers réputés pour leurs oeuvres ambitieuses, mais ici la série n'a vraiment pas grand chose d'autre à proposer qu'une série légère avec de l'humour, malgré quelques intrigues occasionnellement plus sombres (notamment dans la partie se déroulant sur la Terre). Cela donne à Double Zeta un statut de vilain petit canard dans la franchise, souvent ignorée par les fans de l'Universal Century qui préfèrent passer directement de Zeta Gundam au film Char's Counterattack, et il faut dire qu'elle n'a rien vraiment fait pour leur donner tort. Agréable pour se divertir à l'occasion sans trop se prendre la tête mais loin d'être une série incontournable de la grande saga de l'Universal Century !

A noter que certaines intrigues de Double Zeta ne trouveront leur conclusion que dans le film Char's Counterattack (qui conclut l'histoire des trois premières séries) et dans la série d'oav Gundam Unicorn (qui apporte une conclusion définitive à la période phare de l'Universal Century, revenant sur les quelques zones d'ombres laissées par l'histoire).

Verdict: Bon (13/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:50, modifié 5 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 10 févr. 2014, 22:52

Mobile Suit Gundam: Char contre-attaque

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1988.
Durée: 2h00.
Editeur: Beez.
Univers: Universal Century 0093.


http://www.manga-news.com/index.php/vol ... er-Attack/

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Casting:

Amuro Ray : Toru Furuya
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Quess Paraya : Maria Kawamura
Hathaway Noa : Nozomu Sasaki
Nanai Miguel : Yoshiko Sakakibara
Gyunei Guss : Koichi Yamadera
Chan Agi : Mitsuki Yayoi
Mirai Noa : Fuyumi Shiraishi
Cheimin Noa : Mayumi Shou
Lalah Sune : Keiko Han



L'Histoire

Universal Century 0093.

Quatre années ont passé depuis la précédente défaite de Neo Zeon face à l'AEUG, aujourd'hui défunte, mais la rancoeur des habitants des colonies de l'espace à l'égard de la Fédération Terrestre ne s'est jamais éteinte. Aujourd'hui, Neo Zeon fait sa surprenante résurgence autour de la personnalité de Char Aznable, le héros de la Guerre d'Un An et le nouveau leader emblématique de la lutte anticoloniale, qui se revendique de l'héritage de son père Zeon Daikun et qui entend poursuivre son combat pour l'indépendance des colonies. Ce retour surprise prend de court les dirigeants de la Fédération qui étaient persuadés que Char Aznable avait péri à l'issue de la bataille finale contre les Titans et qui n'arrivent pas à croire que Neo Zeon puisse à nouveau se soulever contre eux.

Alors que Char projette de faire tomber un astéroïde sur la Terre afin de provoquer un hiver nucléaire et de forcer ainsi les survivants à quitter leur planète devenue inhabitable pour émigrer vers l'espace, les représentants de la Fédération maintiennent l'espoir d'arriver à négocier un traité de paix avec Neo Zeon. Pendant ce temps, l'organisation militaire Londo Bell dirigée par le colonel Bright Noa et le capitaine Amuro Ray, deux vétérans de la Guerre d'Un An, se prépare déjà aux batailles à venir. Les deux militaires connaissent trop bien le genre d'homme qu'est Char Aznable pour pouvoir croire qu'il ait quelque notion pacifiste que ce soit. Quatorze années d'une rivalité intense entre Amuro Ray et Char Aznable arrivent à leur grande conclusion et le destin des deux hommes semble déjà scellé: rien de moins qu'un duel à mort avec comme enjeu l'avenir même de l'humanité.

Lorsque cette guerre arrivera à son terme, qu'adviendra t-il de notre monde ? Et dans quel monde devront vivre ceux qui auront survécu à la fulgurante rébellion de Char ?



Commentaires

Il est des oeuvres qui marquent une vie entière de fan, qui ont un tel impact sur leurs spectateurs qu'elles en acquièrent un statut quasi-légendaire. En 1979, le réalisateur Yoshiyuki Tomino crée Mobile Suit Gundam, une série de méchas d'un genre nouveau qui présente les robots et l'environnement de guerre spatiale sous un angle réaliste, créant le sous-genre du "real-robot". Oeuvre révolutionnaire pour l'époque, son influence a considérablement marqué le monde de la science-fiction japonaise, ouvrant la voie à des oeuvres telles que Neon Genesis Evangelion ou Code Geass. Aidé par la popularité grandissante de sa série phare, Tomino poursuivit son oeuvre à travers deux nouvelles séries, Mobile Suit Zeta Gundam et Mobile Suit Gundam Double Zeta, qui continuèrent à développer cet univers et ses thématiques universelles. Le succès de la franchise est alors à son apogée et Tomino est devenu l'un des créateurs d'animés les plus célèbres et les plus influents de l'industrie de l'animation. Considérant être arrivé au terme de son histoire, la décision est prise de lancer la production d'un film qui servira de conclusion à l'ensemble de son oeuvre. Un film qui verra le retour au premier plan des personnages de la série originale et qui apportera enfin la conclusion tant attendue à l'histoire d'Amuro Ray et de Char Aznable, deux des personnages les plus populaires du monde de la japanimation, aboutissement d'une rivalité vieille de quatorze ans.

Nous sommes en l'année 0093 de l'Universal Century. Char Aznable, que tout le monde croyait mort, refait son apparition à la tête de Neo Zeon, succédant ainsi à Haman Karn. Il n'a qu'une seule idée en tête: poursuivre le combat de son père Zeon Daikun en luttant pour l'indépendance des colonies de l'espace face à l'influence vacillante de la Fédération Terrestre et en prônant un départ massif de l'humanité vers l'espace où elle pourra s'épanouir et évoluer en tant que newtypes tout en laissant un peu de répit à la Terre, fatiguée de toute la pollution, des guerres et des conflits semés par ceux qui se laissent entraîner par sa gravité. Seulement les choses vont un peu trop lentement à son goût et, pendant ce temps, l'état de la planète se dégrade. Aussi décide t-il de précipiter un peu les choses en provoquant un hiver nucléaire massif qui rendra la planète inhabitable pour plusieurs siècles et qui forcera les terriens à la quitter pour s'exiler dans l'espace.

Ne comprenant pas les réelles intentions de Char Aznable, la Fédération Terrestre croit pouvoir négocier un traité de paix avec le nouveau dirigeant de Neo Zeon, prêts à lui céder l'astéroïde Axis contre la démilitarisation de son armée. Londo Bell, l'organisation militaire chargée de combattre Neo Zeon, ne croit toutefois pas que Char ait jamais eu l'intention de négocier la paix et se prépare déjà à une nouvelle bataille d'envergure. A leur tête, le colonel Bright Noa et le capitaine Amuro Ray, deux vétérans de la Guerre d'Un An qui connaissent bien Char Aznable pour l'avoir combattu autrefois, puis pour avoir combattu à ses côtés. Pour Amuro comme pour Char, cette nouvelle bataille qui s'annonce sera l'occasion de régler définitivement leurs comptes quatorze ans après leur première rencontre.

Autant prévenir tout de suite que Char contre-attaque est un film qui se destine avant tout (et même exclusivement) à un public d'initiés à l'Universal Century (l'univers originel de la saga Gundam où se déroulent les premières séries). Le film est pensé comme une conclusion à l'histoire débutée dans les séries Mobile Suit Gundam, Mobile Suit Zeta Gundam et Mobile Suit Gundam Double Zeta, trois animés qui ont construit au fil du temps un univers d'une richesse incroyable peuplé de nombreux personnages mémorables, et il part du principe que les spectateurs ont déjà connaissance de l'histoire de ces séries et des éléments de cet univers afin de ne pas perdre son temps à tout réintroduire et lancer ainsi directement son intrigue. De ce fait, ce n'est pas un film susceptible d'être compris par les néophytes qui se sentiront probablement largués dès les premières minutes tant il n'hésite pas à s'appuyer sur une foule d'éléments déjà mis en place. Pour bien suivre l'histoire et pour bien comprendre ses enjeux, il est indispensable de l'aborder en ayant déjà connaissance des séries qui l'ont précédé, notamment Mobile Suit Gundam et Mobile Suit Zeta Gundam, ce qui peut poser quelques problèmes car si les films résumant la première série ont bien été distribués en France par Beez, la seconde est encore restée inédite chez nous à ce jour.

Le film en lui-même est marqué par l'ambition notable d'arriver à créer en un long-métrage de deux heures une oeuvre à part entière de la mythologie Gundam, aussi complète et aboutie que puisse l'être une série d'une cinquantaine d'épisodes. Un défi complètement fou et qui est pourtant parfaitement rempli, aussi surprenant que cela puisse paraître, même si pour cela il s'appuie grandement sur les séries passées en lançant son action dans un décor déjà planté. L'histoire se focalise en grande partie autour de Char Aznable, le personnage le plus fascinant et le plus charismatique que la saga Gundam ait connu et un véritable mythe à part entière de la culture otaku. Mais aussi un personnage d'une profondeur incroyable, marqué par sa complexité et son ambiguité. Fils du leader anticolonial Zeon Daikun, assassiné par la famille Zabi qui s'était emparée du pouvoir sur le Duché de Zeon (un ensemble de colonies), on l'avait découvert en vengeur masqué dans la série Mobile Suit Gundam, sorte de mix improbable mais néanmoins efficace entre Edmond Dantès et Darth Vader qui avait rejoint l'armée de Zeon avec l'intention secrète d'intégrer le cercle proche des membres de la famille Zabi afin de mieux les éliminer un à un. Sa quête de vengeance arrivée à son terme, on l'avait redécouvert sous une autre identité dans la série Mobile Suit Zeta Gundam en tant qu'as de la résistance contre les Titans et que mentor du jeune protagoniste Kamille Bidan, cherchant à se réinventer en tant que personne tout en contribuant à sauver la Terre de l'emprise de ceux qui la polluent et qui répandent la guerre pour assouvir leurs ambitions égoïstes. Une période de sa vie qui l'a profondément marqué, laissant un être désillusionné à l'égard des habitants de la Terre envers lesquels il éprouve désormais du dégoût et de la haine, convaincu que l'humanité a besoin d'être guidée. Mais plus important, il avait été amené à revendiquer enfin son statut d'héritier légitime des idéaux de son père tout en se réconciliant avec son passé de Char Aznable, devenant ainsi la figure de leader dont l'humanité avait désespérément besoin. Un leader que l'on pensait avoir péri à l'issue de la bataille finale contre les Titans mais qui continuait à surveiller l'humanité dans l'ombre, regardant la direction qu'elle allait suivre après la fin du conflit.

Le film apporte une sorte de finalité à cette évolution complète en renvoyant Char à sa place légitime, celle qui aurait toujours dû être la sienne: le leader de Neo Zeon qui poursuivra la lutte anticoloniale entamée par son père contre la Fédération Terrestre. Tous les événements qu'il a connu au cours de sa vie ont contribué à forger sa personnalité actuelle de leader emblématique qui porte à présent tous les espoirs des colons de l'espace, devenu leur dépositaire. Toutes les années de frustration des spacenoïdes face à la domination de la Fédération convergent vers ce personnage qui devient une figure de sauveur quasiment messianique. Mais Char est aussi un personnage marqué par les épreuves de la vie et notamment par sa rivalité de longue date avec Amuro Ray, le héros de la Fédération au cours de la Guerre d'Un An. Ils s'étaient rencontrés en tant qu'adversaires, les événements tragiques de cette guerre en avaient fait des ennemis jurés, puis des années après ils s'étaient retrouvés dans un monde qui avait changé et ce nouveau contexte les avait amené à devenir des alliés de circonstances, laissant taire leurs vieilles rancoeurs pour arriver à collaborer ensemble et devenir des compagnons d'armes face à la menace des Titans. Mais les choses n'ont jamais vraiment été réglées entre eux et ils portent toujours au fond d'eux la marque d'une haine qui porte un nom: Lalah Sune. Aujourd'hui, Amuro est devenu l'as de Londo Bell, une organisation militaire rattachée à la Fédération Terrestre, et Char est devenu le leader emblématique de Neo Zeon. Alors que tout deux continuent d'être hantés par les événements de la Guerre d'Un An et la mort tragique de Lalah Sune, enjeu de leur haine réciproque et qui en a payé le prix fort, l'heure est venue pour eux de mettre un terme à cette histoire alors que se joue en toile de fond l'issue finale du conflit entre Neo Zeon et les habitants de la Terre avec le sort de la planète en jeu.

La force de ce film est d'arriver à associer des caractérisations de personnages très riches et remarquablement bien écrites à de véritables enjeux dramatiques et à des thématiques fortes. Char Aznable est un personnage d'une ambiguité incroyable, pleinement conscient de la portée effroyable de ses actes mais prêt à endosser cette haine et à entacher son nom (et celui de son père) si cela permet à son combat de triompher: l'humanité doit être guidée sans quoi la Terre ne survivra pas aux ravages des âmes entraînées par sa gravité. Pour cela, il est prêt à déclencher un hiver nucléaire afin de forcer les terriens à une exode massive dans l'espace au prix d'innombrables vies et d'une planète qui mettra du temps à se remettre d'un tel cataclysme mais qui pourra ultimement revivre au bout de plusieurs siècles et vers laquelle l'humanité pourra un jour retourner après avoir elle-même évoluée. C'est un personnage qui est réellement attaché à l'intérêt de la planète et de l'humanité, pur au point d'en perdre presque la conception du bien et du mal, et prêt à sacrifier sa personne afin d'assurer l'avenir de tous, quitte à endosser tous les maux de l'humanité. A l'inverse, Amuro Ray est un newtype qui s'est épanoui dans sa compassion pour autrui et qui a foi en l'humanité, convaincu qu'elle saura évoluer par elle-même un jour sans qu'on ait à lui imposer toutes ces souffrances avant qu'elle ne se remette en cause. Deux personnages qui se ressemblent donc énormément, tout en étant diamétralement opposés. Ils ont les mêmes espoirs pour l'humanité et son avenir, mais leurs mentalités sont totalement inconciliables et ils semblent donc voués à se combattre aussi longtemps qu'ils vivront. Tout le film repose sur cette alchimie entre les deux opposés, le yin et le yang, les deux facettes d'une même pièce, et les deux personnages sont tellement bien façonnés sur l'ensemble de l'oeuvre de Tomino que cette relation a toujours magnifiquement fonctionné. Ici, elle continue de porter l'histoire et ses enjeux universels avec une efficacité remarquable.

Afin de peaufiner le dernier acte de son histoire, Tomino conçoit toute une galerie de personnages secondaires avec lesquels ses deux personnages puissent interagir et qui contribuent à les caractériser dans le contexte du film. Chacun d'eux se voit ainsi octroyer notamment un nouvel intérêt amoureux avec lequel ils trouvent une sorte d'épanouissement affectif qui leur permet de se dévoiler dans leur intimité et de faire ainsi une sorte de bilan sur leurs évolutions respectives. Char ne s'est jamais vraiment remis du fait que Lalah Sune, le grand amour de sa vie, lui ait préféré Amuro, jaloux de cette harmonie qui peut exister entre les newtypes de leur niveau. Son alliée Nanai Miguel lui donne la force et le confort nécessaire pour assumer son nouveau rôle de leader de Neo Zeon tout en trouvant la détermination nécessaire pour prendre enfin sa revanche sur son grand rival de toujours. De son côté, Amuro est devenu un militaire aguerri qui laisse peu transparaître ses émotions et qui refoule en lui sa part d'ombre. Seule Chan Agi semble capable de la discerner derrière la chaleur qu'il témoigne aux autres et de comprendre cette haine qui le pousse à vouloir régler définitivement ses comptes avec Char au point d'être prêt à en risquer sa vie. Elle tente de l'en préserver mais elle est consciente qu'elle ne pourra jamais vraiment guérir un homme aussi profondément meurtri.

Le fantôme de Lalah Sune et de son triangle amoureux tragique avec Char et Amuro se reflète également à travers les autres personnages du film. Dès les premières minutes nous est ainsi introduit le personnage de Quess Paraya, une jeune adolescente rebelle qui est la fille d'un représentant politique de la Fédération Terrestre. Jeune newtype cherchant à comprendre sa place en ce monde, elle est particulièrement désillusionnée sur la politique menée par la Fédération, pensant qu'un gouvernement vivant sur Terre et ne connaissant quasiment rien de la vie dans l'espace n'est pas vraiment apte à gouverner les colonies spatiales. Ce mode de pensée l'amène naturellement à rejoindre le camp de Char Aznable qui voit en elle une seconde Lalah Sune. Ne pouvant supporter l'image que lui renvoie la jeune fille, il n'a aucun scrupule à manipuler ses sentiments pour la transformer en véritable machine de guerre entièrement dévouée à sa personne. Alors que Quess devient une véritable psychopathe, Hathaway Noa, le fils du colonel Bright Noa, tente de sauver son amie de l'emprise mentale de Char, une attitude en laquelle Amuro reconnait le jeune homme qu'il était autrefois et dont il tente de le préserver, réalisant que Quess ne peut plus être sauvée et qu'Hathaway ne pourra connaitre que le désespoir et la haine s'il s'engage à son tour dans cette voie. Pour compliquer encore davantage les choses, Quess s'attire l'amour inapproprié de Gyunei Guss, un cyber-newtype et le garde du corps personnel de Char Aznable, qui va développer de la jalousie à l'égard de son leader et comploter pour le renverser afin de s'attirer les faveurs de la jeune fille. Alors que les deux acteurs principaux de la Guerre d'Un An s'apprêtent à régler leur vieille histoire, il semble ainsi que cette tragédie revienne à nouveau les hanter à travers leur entourage dont la jeune génération s'apprête à commettre les mêmes erreurs. L'histoire est-elle condamnée à se répéter ?

Pour le reste, à part quelques exceptions comme Bright Noa et sa femme Mirai, la plupart des personnages sont inédits ce qui contribue à faire de ce film une oeuvre à part entière de la mythologie Gundam avec son propre casting. Si la plupart de ces personnages restent assez secondaires, Tomino arrive toujours à les développer suffisamment par l'intermédiaire de petites scènes qui suffisent à nous les raconter via quelques actions ou quelques répliques, et il arrive ainsi à créer un casting cohérent qui se complète de manière assez admirable. Par ailleurs, le film se démarque aussi par son absence assez caractérisée de fan-service. A part quelques personnages très secondaires comme Mirai ou Cameron dont les rôles sont pleinement justifiés par les besoins du scénario, aucun de ceux vus dans les précédentes séries ne vient faire de petite apparition clin d'oeil. Il aurait pourtant été facile d'inclure notamment Seila Mass, la soeur de Char Aznable et l'intérêt amoureux potentiel d'Amuro Ray pendant la série originale. Mais ces deux personnages ont bien évolué depuis, ils ne sont plus les hommes qu'ils étaient autrefois et Seila ne fait plus partie de leur vie depuis longtemps. Sa présence aurait probablement été de trop dans le contexte du film et Tomino a su résister aux sirènes du fan-service facile pour rester concentré sur le drame qui se joue actuellement entre Amuro et Char et qui n'a rien à voir avec leur relation avec la jeune femme. Même si leur affrontement final rappelle grandement celui qui les avait opposé à la fin de la Guerre d'Un An, bouclant ainsi la boucle.

Comme toujours, Tomino prend le temps de bien développer son univers et notamment tout le contexte politique qui gravite autour. Un univers qui a connu de nombreux conflits au fil des dernières décennies de par la frustration grandissante des colons de l'espace à l'égard de la Fédération Terrestre qui les gouverne depuis la Terre sans vraiment s'intéresser à eux ou à leurs problèmes. Après s'être recherchés pendant longtemps à travers les différentes figures de leader qui se servaient du prétexte de la lutte pour l'indépendance des colonies au profit de leurs ambitions personnelles, les spacenoïdes se reconnaissent au travers de Char Aznable, l'héritier légitime de Zeon Daikun et le seul qui ait été vraiment honnête avec eux, prêt à se sacrifier pour ce combat. Un sacrifice personnel qu'il passe en jouant son rôle de leader charismatique, adulé par son peuple qui chante ses louanges à chacune de ses apparitions publiques et galvanisant ses troupes avec ses discours idéologiques en lesquels chacun puisse reconnaître son histoire et ses espoirs pour l'avenir. Ses négociations avec les représentants de la Fédération montrent par ailleurs le portrait d'un homme qui manie habilement l'art de la flatterie pour mieux parvenir à ses fins et arriver à berner un adversaire un peu trop confiant en son potentiel de persuasion tout en véhiculant naturellement un charme et un charisme qui caractérisent les grands hommes. Par ailleurs, conformément aux thématiques de l'oeuvre, la Fédération est représentée comme une organisation totalement dépassée, incapable de comprendre les récents événements et les véritables motivations de Char, peu au fait de ce qui se trame réellement dans l'espace. Une ignorance qui se retourne contre eux et qui les rend complètement aveugles à la véritable menace qui s'apprête à s'abattre sur la Terre.

Ainsi, bien que l'ensemble de l'histoire tienne sur un film de deux heures, on a droit à une oeuvre très complète qui aborde l'ensemble des aspects et des thématiques phares de l'oeuvre de Tomino. L'histoire autant que les personnages principaux sont très bien développés, l'univers reste d'une richesse considérable et le film retrouve toute la force, la complexité et la pertinence des séries qui l'ont précédé. Bien entendu, le réalisateur n'en oublie pas pour autant la dimension spectaculaire de la franchise et, visiblement marqué par l'impact considérable de la série Zeta Gundam sur les spectateurs avec ses airs de grande épopée épique, il décide de nous offrir ce qu'il sait faire de mieux en la matière: des batailles grandioses bénéficiant d'une animation remarquable et d'une mise en scène spectaculaire, une ambiance particulièrement sombre teintée d'une mélancolie qui ne cesse de s'amplifier à mesure qu'on approche de la fin pour culminer lors des dernières scènes, et bien évidemment une bonne dose de tragédie avec un nombre hallucinant de morts. Célèbre pour tuer un grand nombre de ses personnages principaux dans plusieurs de ses séries, Tomino s'est ici complètement lâché et c'est à peine si quelques uns parviennent tout juste à survivre à ces batailles particulièrement meurtrières. Pour autant, ces morts ne sont en aucun cas expédiées à la va-vite: le film ne tombe pas dans le piège de la surenchère gratuite et il leur donne tout leur impact dramatique, travaillant les relations qui lient tout ces personnages entre eux et le contexte dans lequel ils meurent, souvent horrible et parfois aussi brutal qu'inattendu (certaines de ces morts sont particulièrement traumatisantes).

Enfin la dernière scène du film est un véritable joyau à elle seule, aussi audacieuse que pertinente: le réalisateur nous dépeint le portrait d'une planète qui a évité le pire mais qui n'en reste pas moins ravagée par la pollution et qui est visuellement à bout de souffle, les terriens vivant dans un environnement anarchique et quasiment post-apocalyptique. Ainsi, bien qu'ils aient été sauvés d'un cataclysme qui aurait tout ravagé, les habitants de la Terre ne sont pas entièrement tirés d'affaire mais ils se sont vus confier le destin de la planète par ceux qui avaient foi en l'humanité et qui se sont sacrifiés pour leur permettre de survivre et de prendre le temps qu'il faudra pour évoluer par eux-mêmes. Les gens continuent d'y naître, d'y vivre et d'y mourir, mais sauront-ils un jour changer suffisamment pour permettre à leur monde de renaître ? Ou la Terre est-elle irrémédiablement condamnée si l'humanité continue de la polluer aussi longtemps qu'elle y subsistera ? Seul l'avenir dira si Char avait réellement tort et si Amuro et les autres avaient raison d'avoir foi en l'humanité et en sa capacité à évoluer pour reconstruire son monde un jour. Pour l'heure, cette fin magnifique apporte une image finale très pertinente aux grandes thématiques de l'Universal Century, tout en interpellant le spectateur de manière intelligente.

Tout a été entrepris pour que ce film de conclusion marque l'apogée de l'oeuvre de Tomino. Ainsi les gros moyens ont été sortis et, sur le plan technique, le film excelle à tous les niveaux. La réalisation est somptueuse et elle n'a assurément pas besoin de recourir aux effets spéciaux des séries modernes pour arriver à nous en mettre plein la vue avec plusieurs des batailles les plus spectaculaires et les plus intenses de la saga. L'animation est par ailleurs un sans-faute absolu, clairement l'une des plus belles de la franchise, donnant toute leur vie à l'univers et à ses personnages dont les character-designs se révèlent par ailleurs particulièrement réussis. Les designs des méchas le sont tout autant, le Nu Gundam et le Sazabi étant même parmi les plus réussis de la saga, donnant une véritable identité à ces deux machines qui reflètent bien la personnalité de leurs pilotes attitrés, plus mûrs que les méchas des séries précédentes en accord avec l'âge plus avancé des protagonistes qui sont également arrivés à leur pleine maturité dans leurs évolutions respectives en tant que soldats. Les musiques sont par ailleurs excellentes, notamment en ce qui concerne le thème principal du film ou le thème "Swan", donnant tous ses airs de grande épopée épique et lyrique à cette magnifique conclusion. Une mention particulière au générique de fin, Beyond The Time, qui est vraiment très réussi et particulièrement emblématique.

Du côté du DVD, on trouve à nouveau une édition assez simple à l'image des autres films de la saga Gundam édités en France par Beez, l'intérêt se situant une nouvelle fois à l'intérieur du DVD et non dans le contenant qui reste des plus classiques. Pour autant, le travail a été soigné et on a droit à une qualité d'image et de son qui permet de profiter pleinement du travail incroyable accompli par Tomino et son équipe sur ce film. Du côté du doublage, on ne nous propose que la version japonaise accompagnée de sous-titres, mais le résultat est amplement à la hauteur car le doublage s'avère particulièrement réussi avec une belle brochette de seiyus qui, après toutes ces années, maîtrisent leurs rôles à la perfection. Shuichi Ikeda se révèle tout simplement majestueux dans le rôle emblématique de Char Aznable, apportant toute sa crédibilité et sa prestance extraordinaire à ce personnage légendaire de la science-fiction japonaise qui a su magnifiquement évoluer au fil des séries tout en travaillant une grande complexité psychologique. Toru Furuya interprète quant à lui un Amuro Ray qui a atteint sa maturité en tant que soldat tant d'années après les événements de la série originale et qui incarne le contrepied idéal au personnage de Char avec une force et une détermination qui se ressentent à chacune de ses répliques. On note aussi le jeu de Maria Kawamura qui campe une magnifique Quess Paraya, jeune fille joviale qui bascule dans une folie frénétique, ou de Yoshiko Sakakibara dont la voix glamour apporte la touche d'érotisme nécessaire pour rendre crédible son personnage de Nanai Miguel, l'amante de Char. Le sous-titrage est par ailleurs de qualité, parfaitement fluide et lisible et sans fausse note. Finalement, le seul véritable regret de cette édition est que le film n'ait pas pu bénéficier d'une sortie en Blu-Ray (qu'il aurait amplement mérité) tant la saga Gundam est connue par son manque injuste de popularité chez nous. On peut déjà s'estimer heureux qu'un éditeur français ait daigné se pencher sur ce pur joyau de l'animation japonaise.

Mobile Suit Gundam: Char contre-attaque a l'envergure d'un véritable chef d'oeuvre et figure assurément parmi les meilleures incarnations de la franchise Gundam. Yoshiyuki Tomino voulait apporter avec ce film une conclusion grandiose et épique à son univers tout en amenant les intrigues principales à leur finalité. Le résultat est à la hauteur des espérances les plus folles, une grande épopée épique de deux heures portée par une galerie de personnages mémorables et par un univers toujours aussi riche et étonnant. Ce film regroupe à lui seul tout ce qui fait la saveur de l'Universal Century et tout ce qu'un fan de Gundam puisse espérer d'un nouvel animé se déroulant dans cet univers. Malheureusement, le seul véritable défaut dans tout ça est le manque d'accessibilité évident du film aux néophytes, se réservant à une niche de fans qui a déjà connaissance des séries précédentes (notamment Mobile Suit Gundam et Mobile Suit Zeta Gundam) pour arriver à comprendre réellement l'histoire et ses enjeux humains. De ce fait, et compte-tenu de la diffusion difficile de la saga en France (des oeuvres citées plus haut, seule la trilogie cinématographique résumant la série Mobile Suit Gundam est parvenue jusque chez nous), la sortie de ce film était pour le moins étonnante car ce n'est clairement pas une oeuvre faite pour découvrir la franchise et il n'y avait pour ainsi dire quasiment aucune chance qu'elle arrive à trouver son public même parmi les fans français de Gundam (qui connaissent essentiellement la saga via les séries plus récentes diffusées en France telles que Gundam Wing, Gundam Seed, Gundam Seed Destiny ou Gundam 00). Mais pour peu qu'on connaisse cet univers et ses personnages, qu'on aime leur richesse et qu'on ait envie de découvrir la grande conclusion de cette magnifique histoire, Char contre-attaque remplit assurément son contrat avec une efficacité redoutable et le réalisateur Yoshiyuki Tomino signe là un véritable chef d'oeuvre et une perle de noirceur qui conclut de la plus belle et de la plus tragique des manières l'une des plus grandes oeuvres de la science-fiction japonaise ! L'histoire d'Amuro Ray et de Char Aznable arrive à son terme et ce film est assurément le plus bel hommage que le réalisateur pouvait rendre à la plus célèbre de ses créations et à ses deux personnages phares entrés à jamais dans la légende de l'animation japonaise !

Verdict: Excellent (19/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:53, modifié 11 fois.

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