Gundam la saga!

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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 09 janv. 2014, 21:05

Mobile Suit Gundam

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Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1979-1980.
Episodes: 43.
Univers: Universal Century 0079.


Casting:

Amuro Ray : Toru Furuya
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Sayla Mass : You Inoue
Frau Bow : Rumiko Ukai
Mirai Yashima : Fuyumi Shiraishi
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Hayato Kobayashi : Kiyonobu Suzuki
Gihren Zabi : Banjo Ginga
Kycilia Zabi : Mami Koyama
Dozle Zabi : Daisuke Gori
Garma Zabi : Katsuji Mori
Degwin Sodo Zabi : Ichiro Nagai
Lalah Sune : Keiko Han
Ramba Ral : Masashi Hirose
Crowley Hamon : Yumi Nakatani



L'Histoire

Universal Century 0079.

L'humanité est entrée dans une nouvelle ère: celle de la colonisation de l'espace. Afin de lutter contre la surpopulation, la Fédération Terrestre envoya de nombreux colons vivre dans de gigantesques cylindres situés en orbite autour de la planète. Les hommes y naissent, y vivent et y meurent. Près d'un siècle passa ainsi lorsque Side 3, l'ensemble de colonies le plus éloigné de la Terre, s'autoproclame Duché de Zeon et cherche à se défaire du contrôle de la Fédération, revendiquant son indépendance. Cet événement marqua le début de la première grande guerre spatiale que connut l'histoire de l'humanité. Durant le seul premier mois du conflit, la moitié de l'espèce humaine périt dans les deux camps. Huit mois ont passés depuis et le conflit ne cesse de s'enliser. L'homme a appris à craindre ses propres actions.

Pour marquer un tournant dans le conflit, la Fédération Terrestre conçoit en secret une nouvelle arme sur la colonie Side 7 sous la direction de l'ingénieur Tem Ray. Ce nouveau prototype de Mobile Suit, le Gundam, est amené à devenir l'arme ultime de la Fédération dans les mois à venir. Au cours d'une mission de routine, le commandant Char Aznable de l'armée de Zeon découvre l'existence du projet secret et décide d'attaquer la colonie pour détruire le Gundam et la base fédérale. Dans le chaos, Amuro Ray, un jeune adolescent vivant sur Side 7 et le fils de Tem Ray, entre dans le cockpit du Gundam afin de sauver sa peau. Alors que les habitants de la colonie se réfugient à bord du vaisseau White Base qui amorce son voyage de retour vers la base principale de la Fédération située à Jaburo sur la Terre, Amuro est amené à prendre les commandes du Gundam afin de le protéger des assauts de la flotte de Char Aznable. Il entame alors sa nouvelle vie à bord du vaisseau en tant que soldat, découvrant la réalité de la guerre et s'éveillant à un pouvoir inconnu qui pourrait faire toute la différence dans les derniers mois du conflit.



Commentaires

Mobile Suit Gundam est une série légendaire de l'animation japonaise, ayant posé les bases de la célèbre franchise éponyme. Datant de 1979, la série fut crée dans un contexte culturel où le genre mécha était en pleine popularisation via le sous-genre du "super-robot". Yoshiyuki Tomino, un jeune réalisateur âgé d'une trentaine d'années, décide alors de révolutionner le genre en imposant son concept du "real-robot" où les méchas sont soumis à des contraintes techniques réalistes. Il élabore ainsi son concept et fait naître tout un vaste univers de science-fiction sur fond de guerre spatiale entre la Fédération Terrestre qui gouverne la planète et le Duché de Zeon, un ensemble de gigantesques colonies en orbite autour de la Terre, qui revendique son indépendance.

La série nous plonge ainsi dans un univers en guerre où les habitants d'une petite colonie pacifique voient leur existence tranquille prendre fin le jour où ils sont attaqués par les forces de Zeon, recherchant une base secrète de la Fédération Terrestre. Alors que la plupart des colons périssent au cours de l'attaque, les rescapés se réfugient à bord du White Base, un vaisseau fédéral amarré au quai spatial, qui entame son voyage de retour vers la Terre avec à son bord le Gundam, la nouvelle arme secrète de la Fédération. Pourchassé par le commandant Char Aznable de la flotte de Zeon, un héros de guerre, le White Base est forcé d'enrôler de jeunes civils dans son équipage pour combler les pertes militaires dues à l'attaque. De nombreux adolescents font ainsi leur entrée dans l'armée, prenant part à la guerre aux commandes du vaisseau ou en repoussant l'ennemi sur le champ de bataille. Tel est le destin d'Amuro Ray, le fils du concepteur du Gundam, qui doit prendre les commandes du Mobile Suit pour défendre le White Base contre les assauts répétés de l'armée de Zeon.

Mobile Suit Gundam est donc l'histoire de ces adolescents qui découvrent la réalité de la guerre, loin de leur quotidien paisible d'autrefois, et qui sont amenés à devenir des soldats en rejoignant l'équipage du White Base, prenant part à de nombreuses batailles. Le personnage principal, Amuro Ray, est un adolescent renfermé qui se voit confier le pilotage du Gundam et qui vit très mal de devoir combattre pour protéger le vaisseau, risquant sa vie en première ligne. Cela le plonge dans une crise existentielle qui l'amène à se rebeller contre le reste de l'équipage, à commencer par le capitaine Bright Noa, un jeune militaire sans expérience de commandement préalable et contraint d'assumer cette position par la force des choses, qui manque singulièrement de tolérance et de compréhension à l'égard de ses subordonnés de circonstances, incapable de comprendre leurs états d'âme. Le reste de l'équipage est composé essentiellement de novices pour la plupart réfugiés de Side 7 tels que Frau Bow, l'amie d'enfance d'Amuro, Hayato Kobayashi, un garçon timide qui manque cruellement de confiance en lui, Kai Shiden, un jeune homme cynique, ou encore Mirai Yashima, la fille héritière du dirigeant des entreprises Yashima qui se trouvait sur la colonie au cours de l'attaque. Seuls quelques membres d'équipage ont une formation de soldat tels que Ryu José qui sert de médiateur entre Bright Noa et ses nouvelles recrues ou encore Sayla Mass, une intrigante jeune femme au passé mystérieux.

C'est ce casting de personnages tous bien différents que nous allons suivre d'un bout à l'autre de la série, au gré des différentes batailles qui composent chaque épisode. A mesure que la série avance, chacun d'eux va progressivement changer, confrontés à des épreuves qui les amènent à repenser leur état d'esprit et à évoluer pour mûrir en tant qu'individus et en tant que soldats. Amuro recherche ainsi sa place en ce monde, ayant souffert de la solitude due à l'abandon de ses parents, et il cherche un foyer où il serait accepté. Au lieu de ça, il se retrouve sur un vaisseau à combattre pour l'armée, où on lui demande d'obéir aux ordres indépendamment de ses états d'âme, sa mère rejette ce qu'il est devenu et son père est porté disparu depuis l'attaque de la colonie, présumé mort. Cette quête existentielle va cependant l'amener à rencontrer une autre personne qui va devenir son âme soeur et qui va l'amener à réaliser quelle est sa véritable place en ce monde. Bright Noa, lui, débute dans le rôle de capitaine suite à des circonstances particulières et il ne sait trop comment aborder les relations avec ses subordonnés, n'étant pas très adroit dans les rapports humains, ce qui crée des tensions entre lui et le reste de l'équipage. A mesure de la série, il est amené à se fondre pleinement dans son nouveau rôle, tentant de trouver un juste milieu entre son autorité et une meilleure compréhension à l'égard de ses hommes. Kai Shiden, lui, n'a jamais aspiré à rejoindre l'armée de façon permanente, ne se sentant pas concerné par la guerre, et il ne se joint à l'équipage du White Base que de façon temporaire, gardant ses distances avec le reste de l'équipage par une attitude méprisable afin de ne pas s'attacher à eux et pour ne pas éprouver de remords au moment de quitter le vaisseau. Une rencontre prédestinée va cependant l'amener à changer son point de vue sur le conflit et à arrêter de prétendre que tout cela ne le concerne pas. Enfin, Hayato n'a rien d'un militaire, il le sait mais il fait tout son possible pour aider au mieux les autres, plein de bonnes intentions. Malgré ses efforts, il constate qu'il n'en reste pas moins un élément dispensable de l'équipage, n'étant pas aussi talentueux qu'Amuro ou Kai, ce qui le plonge dans un important complexe d'infériorité. La reconnaissance d'une certaine personne va lui permettre de surmonter ses doutes et de s'accepter et de s'aimer tel qu'il est.

Les situations présentées, souvent indépendantes les unes des autres, permettent de mettre en valeur et de développer chacun des personnages. Toutefois, si les premiers épisodes peuvent être qualifiés de stand-alone, à mesure que la série progresse, des arcs narratifs se tissent autour de personnages ou d'événements particuliers et une intrigue principale se dégage peu à peu, progressant en marge des batailles. Le personnage de Char Aznable, présenté comme un antagoniste charismatique au début de la série, prend alors toute son ampleur, se retrouvant au coeur d'une intrigue de vengeance dont il est le personnage central. Commandant des forces armées du Duché de Zeon et proche des membres de la famille Zabi qui le gouvernent, Char est un héros de guerre acclamé et admiré de tous dont le seul nom suffit à inspirer la terreur aux fédéraux qui le connaissent mieux sous son surnom de "Comète Rouge". Mais personne ne connait vraiment le passé de cet homme qui dissimule son visage derrière un masque, pas même son meilleur ami Garma Zabi, le fils prodigue de la famille impériale. Alors que le conflit évolue et que les assauts se multiplient contre le White Base, Char commence à dévoiler ses véritables intentions en usant de stratagèmes pour tourner certaines batailles en la défaveur de son propre camp, se servant du White Base pour entraîner les membres de la famille Zabi vers leur perte tout en envenimant davantage le conflit. Il est aidé par le fait que ces frères et soeur qui se détestent se livrent une querelle d'héritage pour prendre la position du patriarche Degwin Sodo Zabi, devenu trop vieux et trop faible pour régner en temps de guerre.

Là encore, un grand effort de caractérisation a été entrepris pour créer des personnages intéressants auxquels le spectateur puisse s'attacher bien qu'ils soient les antagonistes principaux de la série, à la fois ennemis jurés de la Fédération puisqu'à la tête du Duché de Zeon et ceux de Char Aznable qui ne s'est approché d'eux que pour mieux les éliminer un par un. Les fans de la série Code Geass reconnaîtront par ailleurs les mêmes stéréotypes que la famille impériale de Britannia avec le plus jeune fils "bishonen" au destin prometteur et sur le point de se fiancer qui devient tragiquement la première victime importante de la guerre (et d'une vengeance personnelle), la déesse de la guerre redoutable sur le champ de bataille, le frère ainé à l'apparence imposante mais au coeur bon qui est cependant totalement inapte à l'exercice du pouvoir, et enfin l'Hitler en puissance qui aspire à dominer le monde d'une main de fer et qui manipule le conflit en ce sens, trouvant leur père trop mou pour diriger efficacement l'armée de Zeon. Tel est le véritable visage de l'ennemi qui est à la fois un adversaire mortel pour l'équipage du White Base et des proies pour Char Aznable qui use de son esprit machiavélique pour mieux les piéger. Char et ses desseins deviennent ainsi contre toute attente le fil conducteur de la série, créant un antagoniste fascinant et formidablement ambigu qui mène sa guerre tout en complotant contre son propre camp, rendant le conflit encore plus chaotique. Sorte de mix entre le Darth Vader de la saga Star Wars et l'Edmond Dantès d'Alexandre Dumas, ne vivant plus que pour sa vengeance et évoluant au milieu de ses ennemis pour mieux les éliminer, Char Aznable est devenu un personnage emblématique de la franchise Gundam et de la culture otaku en général avec une popularité historique qui n'a jamais décliné avec les années, rivalisant sans peine avec son homologue américain inventé par George Lucas.

Cette extrême popularité tient autant à la fascination que Char exerce qu'à son aura romantique, partagé entre sa soif de vengeance qui l'amène à jouer un jeu délicieusement machiavélique et son amour pour sa soeur Altecia qu'il retrouve contre toute attente au sein de l'équipage du White Base, horrifié de découvrir que la jeune fille douce et innocente qu'il a laissé derrière lui pour éviter de la mêler à ses histoires afin de préserver sa pureté est devenue malgré tout une femme-soldat luttant sur le champ de bataille et se battant du côté de la Fédération. Cette dynamique fraternelle inattendue permet ainsi de découvrir une facette plus humaine et positive de son personnage, désireux d'épargner à sa soeur plus de souffrances en voulant la retirer du conflit, tandis qu'elle est horrifiée de réaliser le monstre qu'est devenu son frère, voulant le convaincre de renoncer à sa vendetta personnelle qui risque de mener les deux camps vers leur perte et qui risque de plonger l'univers tout entier dans le chaos. Ce drame magnifique trouve aussi son écho dans les relations que le frère et la soeur entretiennent avec le héros Amuro Ray. Si le premier devient le rival éternel du légendaire pilote du Gundam, la seconde partage une relation de complicité très forte avec son camarade qui pourrait se muer en sentiments amoureux. Alors qu'Amuro et Char sont voués à s'affronter inlassablement pendant toute la durée du conflit, Sayla est torturée de voir les deux hommes auxquels elle tient le plus se battre ainsi jusqu'à la mort, désespérant de trouver une issue positive au conflit.

Il faudra toutefois attendre le troisième et dernier acte de la série pour que cette dynamique entre les deux rivaux atteigne son apogée avec l'introduction du concept des newtypes et l'arrivée du personnage emblématique de Lalah Sune. Les newtypes sont un concept inventé par le réalisateur Tomino afin de définir des humains qui se seraient adaptés à leur nouvel environnement spatial et qui auraient développé en conséquence d'étranges pouvoirs psychiques qu'ils ne comprennent pas encore très bien et sur lesquels les deux camps mènent des recherches approfondies, leur existence pouvant marquer un tournant important de la guerre. A la base, ce concept a été introduit afin de résoudre un problème de cohérence narrative, Amuro Ray ayant évolué d'un novice en un pilote d'élite en à peine quelques mois et ayant rattrapé son rival Char Aznable censé être l'élite de l'ennemi. Faire d'Amuro un newtype était ainsi une excuse permettant de maintenir une certaine cohérence et de justifier l'apparition d'un nouvel adversaire encore plus puissant pour prendre le relais en tant que menace. Ce personnage, c'est Lalah Sune, une protégée de Char, dont les pouvoirs sont proches de ceux d'une déesse, lui conférant une aura messianique. Mais plutôt que d'en rester à un simple power-up qui n'aurait pas un grand intérêt, Tomino a décidé de développer davantage ces éléments et de créer toute une mythologie autour, façonnant ainsi une part importante de son univers.

Ainsi, si la rivalité entre Amuro et Char était déjà alimentée par leur opposition au cours de nombreuses batailles et par leur relation avec Sayla, c'est finalement le personnage de Lalah Sune qui scellera définitivement leur haine légendaire avec une nouvelle relation triangulaire d'ordre romantique. Char éprouve de la fascination par la jeune newtype dont le potentiel infini le dépasse largement, étant lui-même un newtype d'un niveau bien inférieur, et il a de plus une attirance naturelle pour les très jeunes femmes. A ses yeux, elle incarne l'avenir, autant pour lui à titre personnel que pour l'humanité. Ce qu'il n'a su prévoir, c'était sa rencontre avec Amuro et les conséquences qu'elle allait entraîner. Etant les deux newtypes les plus puissants existants, un lien psychique particulièrement fort se développe entre eux, parvenant à une entente parfaite d'ordre fusionnel qui est normalement inaccessible entre deux personnes. Char éprouve de la jalousie envers ce lien, réalisant qu'Amuro est capable de lui prendre la personne la plus chère à ses yeux, et Lalah devient un sérieux sujet de contentieux entre les deux, amoureux de la même femme. L'issue tragique de cette relation finira d'alimenter la haine réciproque entre ces deux hommes qui ne cesseront de lutter jusqu'à la mort tout en s'interrogeant sur la signification de leur éveil en tant que newtypes: cela signifiait-il qu'ils auraient dû parvenir à s'entendre afin de travailler ensemble à bâtir un monde meilleur ? En seraient-ils encore capables après tout ce qui s'est passé entre eux ? Le personnage de Lalah et sa destinée tragique permettent finalement à l'ensemble de la série, à toutes ces intrigues, tous ces événements, toutes ces relations riches et complexes, de trouver leur cohérence narrative et d'entrer en symbiose parfaite au cours d'un dernier acte riche en enjeux dramatiques et humains où le destin de la guerre, de l'humanité et des personnages se joue en un opéra dramatique des plus intenses. Et c'est là que le mythe Gundam naît enfin dans toute son excellence, la série entière prenant alors une toute autre ampleur.

Cela ne signifie pas pour autant que tout ce qui a précédé n'avait aucun intérêt, loin de là ! Il y avait même déjà des enjeux dramatiques forts avec de nombreux personnages secondaires dont le plus mémorable est certainement Ramba Ral, un vétéran de l'armée de Zeon et un homme d'honneur qui va inspirer Amuro tout en étant un adversaire de valeur pour le jeune pilote. Ou encore des personnages jouant des rôles clés dans certaines intrigues comme une jeune espionne à laquelle se lie Kai Shiden ou la belle Matilda Ajan qui éveille les premiers émois amoureux d'Amuro, fasciné par son charme de femme adulte. Ces derniers ont une influence majeure sur les développements des personnages principaux et leurs destins tragiques les font évoluer considérablement sur le plan humain. Il y a donc bien des enjeux forts qui se jouent et qui préparent les héros à leur rôle de soldats alors que des batailles importantes se mettent en place durant la seconde moitié de la série au cours desquelles le White Base et ses occupants doivent particulièrement briller sur le plan militaire.

Ainsi, la narration de la série est parfaitement construite et, si cette dernière tarde un peu à démarrer avec une première dizaine d'épisodes plutôt moyens, elle ne cesse de s'embellir au fur et à mesure pour atteindre toute son apogée au cours de sa dernière partie (à partir de l'introduction de Lalah Sune). La réussite de la série tient avant tout à son casting de personnages mémorables (certains très charismatiques, en partie aussi grâce au travail prodigieux de Yoshikazu Yasuhiko sur les character-designs) et très bien écrits qui ont marqué l'inconscient collectif de plusieurs générations au Japon, et à ses enjeux humains relevant autant de la dimension dramatique et parfois tragique des intrigues que de la représentation mature de la guerre. Cette dernière fait partie intégrante de l'atmosphère qui entoure les personnages et au sein de laquelle ils évoluent, leur quotidien étant régi par leurs obligations militaires et passant plus de la moitié de leur temps à combattre sur le champ de bataille avec tout ce que cela implique en pression psychologique, en liens et en tensions entre les différents membres d'équipage.

C'est sur ce terrain que Tomino développe son concept du real-robot avec des confrontations entre méchas représentées de manière réaliste, sans super-pouvoirs et tout le tralala. Le réalisateur fera cependant quelques concessions avec des armes optionnelles qu'il n'hésitera pas à retirer plus tard du montage à l'occasion de la ressortie de la série au cinéma sous la forme d'une trilogie de films. Malheureusement, la réalisation accusant son époque, ces batailles perdent beaucoup de leur éclat à cause d'une animation datée même si on retiendra une mise en scène efficace et dynamique, des designs de méchas somptueux (à commencer par le Gundam éponyme et les mythiques Zaku) et une ambiance souvent épique. On ressent toutefois bien cette atmosphère de guerre sur le champ de bataille où les personnages risquent leur vie et ne peuvent pas accomplir l'impossible, souvent en situation défavorable. L'importance des tactiques et de l'état d'esprit des pilotes devient souvent primordiale sur l'issue des batailles, pouvant aboutir à une victoire triomphale ou même serrée ou bien à une défaite cruelle dont chacun va devoir se remettre et tirer les conséquences de ses erreurs.

Si aujourd'hui, la série accuse son âge en terme d'animation et de bruitages, la réalisation est dans l'ensemble d'un très bon niveau pour l'époque, ce côté rétro ayant aussi son charme auprès des nostalgiques des animés de cette période (la fameuse génération Albator). A mesure que la série avance, elle ne cesse d'ailleurs de s'embellir avec notamment l'inclusion de séquences plus intimistes et poétiques, dévoilant la sensibilité artistique du réalisateur Yoshiyuki Tomino. Les musiques sont elles-aussi marquées par l'esprit de l'époque même si certains thèmes sont aujourd'hui d'anthologie tels que "Gallant Char", le thème de Char Aznable, ou l'opening culte de la série. Celle-ci a aussi à son actif un doublage japonais d'excellente qualité avec une belle brochette de seiyus légendaires qui y faisaient leurs débuts pour certains. On retient entre autres le jeune Toru Furuya qui faisait ses débuts dans le rôle d'Amuro Ray qui a littéralement lancé sa carrière, le portant efficacement avec une profondeur de jeu impressionnante, le mythique Shuichi Ikeda qui a rendu la voix de Char Aznable légendaire, le regretté Hirotaka Suzuoki qui campait brillamment Bright Noa, Toshio Furukawa qui rendait son personnage de Kai Shiden éminemment sympathique avec sa mauvaise foi attachante, ou encore Keiko Han dont la voix sublime donne toute son aura divine au personnage de Lalah Sune, sorte de messie avant l'heure qui n'avait pas encore sa place en ce monde et dont l'existence guidera à jamais les destinées des deux hommes qui l'ont aimé.

On a donc affaire à une excellente série de science-fiction qui a marqué de son empreinte l'histoire de la japanimation, son influence ayant révolutionné l'industrie pour réinventer le genre mécha tel qu'on le connait aujourd'hui, permettant à des oeuvres telles que Neon Genesis Evangelion ou Code Geass d'émerger plus tard. Bien que la série n'ait malheureusement pas réussi à trouver son public lors de sa diffusion initiale, aboutissant à son annulation et forçant l'équipe en charge à la conclure prématurément, elle rencontra ensuite un grand succès lors de sa ressortie en salles sous la forme d'une trilogie cinématographique remaniant son histoire afin de l'adapter au format de long-métrages, permettant à la saga de s'installer sur la durée avec d'innombrables suites et une quantité infinie de produits dérivés (des maquettes, des mangas...). Mobile Suit Gundam a donc posé aussi bien les bases de la franchise que les racines de nombreuses autres oeuvres qu'elle aura grandement influencé, inaugurant le concept phare du real-robot et lui donnant ses lettres de noblesse, parvenant même à l'imposer comme la norme du genre mécha. Alors que la série fête aujourd'hui ses 35 ans, sa popularité ne fléchit pas et elle demeure l'un des animés les plus appréciés de tous les temps auprès des spectateurs japonais, élevée au rang d'institution dans son pays d'origine, bien qu'il faudra encore attendre de nombreuses années avant que la franchise ne décide de quitter ses frontières pour tenter de s'imposer à l'internationale, sans grand succès jusque là chez nous malgré un certain succès d'estime.

Verdict: Excellent (17/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 02:11, modifié 18 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 11 janv. 2014, 00:25

Mobile Suit Gundam - Film 1

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1981.
Durée: 2h20.
Editeur: Beez.
Univers: Universal Century 0079.


http://www.manga-news.com/index.php/vol ... es-films/1

Casting:

Amuro Ray : Toru Furuya
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Frau Bow : Rumiko Ukai
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Hayato Kobayashi : Kiyonobu Suzuki
Sayla Mass : You Inoue
Mirai Yashima : Fuyumi Shiraishi
Ryu José : Shozo Iizuka
Garma Zabi : Katsuji Mori
Matilda Ajan : Keiko Toda
Ramba Ral : Masashi Hirose
Crowley Hamon : Yumi Nakatani
Gihren Zabi : Banjo Ginga



Chronique

Sortie en 1979, la série animée Mobile Suit Gundam est une oeuvre charnière de l'animation japonaise qui a redéfini complètement les règles du genre mécha par son univers de science-fiction particulièrement riche et par le concept novateur du real-robot, représentation réaliste du genre mécha. Bien que la série ne rencontra pas immédiatement le succès, elle devint un objet de culte pour un noyau de fans jusqu'à en devenir une sorte de mythe. Si bien qu'avec sa popularité grandissante, le studio Sunrise décida de la ressortir sur grand écran sous la forme d'une série de trois films composant essentiellement un résumé de l'animé. Le premier film sortit en salles en 1981, un an après la fin de la diffusion de la série, et il remporta enfin le succès qui allait permettre à la franchise de s'installer dans la durée, devenant un monument incontournable de la culture otaku trop injustement méconnu chez nous.

Nous sommes en l'année 0079 de l'Universal Century. La Terre faisant face à la surpopulation, l'humanité est partie habiter dans de gigantesques colonies spatiales en orbite autour de la Terre. Dans ces cylindres où a été recrée l'écosystème de la Terre, les hommes naissent, vivent et meurent. Suite à un coup d'état mené par la famille Zabi, les relations entre la Fédération Terrestre et Side 3, l'ensemble de colonies le plus éloigné, se dégradent. S'autoproclamant Duché de Zeon, Side 3 revendique son indépendance, entraînant le début d'une guerre fratricide contre la Fédération. Pendant le seul premier mois de la guerre, la moitié de l'humanité fut annihilée et l'homme a appris à craindre ses propres actes. Huit mois se sont écoulés depuis et le conflit s'est enlisé dans le statut-quo.

Sur la colonie Side 7, la Fédération Terrestre conçoit en secret le Projet V: le développement d'une toute nouvelle arme, le Mobile Suit "Gundam", dont les capacités révolutionnaires pourraient marquer un tournant décisif de la guerre. Revenant de mission, le commandant Char Aznable de l'armée de Zeon, jeune héros de guerre connu sous le surnom de "Comète Rouge" pour ses hauts-faits durant la Bataille de Loum, découvre l'existence du Gundam et lance l'attaque contre la colonie. Alors que les habitants se font massacrer par les échanges de tirs, le jeune Amuro Ray, un adolescent, prend place à bord du Gundam afin de sauver sa peau et pour repousser l'envahisseur. Les rescapés de Side 7 se réfugient à bord du White Base, le vaisseau de la Fédération amarré au port spatial mais, la quasi-totalité des militaires ayant péri au cours de l'attaque, le jeune lieutenant Bright Noah est forcé d'assumer le commandement du vaisseau et d'embrigader de jeunes civils pour le piloter et pour assurer sa défense en cas d'attaque. Alors que l'escadron de Char Aznable pourchasse le White Base durant son odyssée vers la Terre, l'équipage a pour mission de rejoindre la base fédérale de Jaburo en Amérique du Sud, bastion de l'armée. Adolescent qui vivait sa vie jusque là sans se soucier de la guerre, Amuro devient ainsi un soldat, obligé de prendre les commandes du Gundam pour combattre et protéger le vaisseau des assauts répétés de Char Aznable. Mais un équipage composé de civils sans expérience préalable de la guerre et de jeunes pilotes débutants qui font leur baptême du feu est-il en mesure de résister à l'un des commandos les plus redoutés de l'armée de Zeon ?

Reprenant fidèlement l'histoire de la série, le film démarre ainsi dans la paix apparente d'une petite colonie pour la voir ensuite sombrer dans l'enfer de la guerre. Et la guerre, c'est loin d'être joli ! On fait rapidement la connaissance de nos nouveaux héros, les adolescents Amuro Ray et Frau Bow, qui deviennent presque aussitôt orphelins au cours de l'attaque, alors que les tirs perdus ne laissent derrière eux que le triste spectacle de centaines de cadavres sans vie. Traumatisés par cette expérience, nos jeunes héros découvrent alors les horreurs de la guerre et en deviennent les victimes, envahis par le désespoir. Embarquant à bord du vaisseau White Base, ils sont embrigadés de force dans l'armée fédérale et Amuro devient ainsi un soldat contre son gré, devant combattre les forces de Zeon aux commandes du Gundam, une arme de guerre révolutionnaire. Le commandant du vaisseau ennemi, Char Aznable, héros de guerre de Zeon, deviendra alors son rival et ennemi juré au cours des nombreuses batailles qui les opposeront.

Très vite, on retrouve certains stéréotypes propres au genre shonen. A commencer par le protagoniste, Amuro Ray, qui est un jeune garçon comme les autres, se trouvant à faire ses premières armes avec la traditionnelle histoire du passage de l'enfance à l'âge adulte. Et dans un monde en guerre comme celui de Gundam où de jeunes gens sont enrôlés de force dans le conflit, cette évolution prend une tournure assez particulière: notre héros, rattrapé par la guerre et arraché à son foyer, va devoir se muer en adulte responsable au gré des batailles en devenant un soldat. Le reflet d'une jeunesse traumatisée qui se trouve à devoir combattre sur le champ de bataille à l'heure où elle devrait profiter de la vie, voilà à quoi ressemble le monde de Gundam, la manière dont on perçoit le conflit à travers les jeunes yeux de notre équipage d'infortune. Bien évidemment, tout le monde n'est pas prêt à accepter cette situation et Amuro le premier. Traumatisé par ses premières expériences sur le champ de bataille et effrayé par le changement qui s'opère en lui, notre héros a peur de devenir adulte et d'entrer dans ce monde cruel, ce qui va occasionner bien des soucis à l'équipage du White Base pour qui il est leur meilleur atout en cas d'attaque ennemie.

Le reste de l'équipage n'est guère plus âgé ou expérimenté que lui et tous vont se forger au fil de leurs expériences. Si la plupart de ces personnages restent très secondaires au cours du film, presque de l'ordre du décor, on retient tout particulièrement celui de Bright Noah, jeune militaire peu habitué à commander des hommes et qui va incarner cette figure d'autorité contre laquelle Amuro va se rebeller et déverser sa frustration au cours de la transition difficile du jeune garçon en soldat. Très maladroit lui-même dans les rapports humains, Bright Noah va devoir aussi faire ses preuves en tant que capitaine du vaisseau et trouver un juste équilibre entre ce rôle qu'il se donne beaucoup de mal à assumer et ses liens avec ses subordonnés qu'il traite initialement avec distance, craignant de voir son autorité remise en cause, ce qui va occasionner de nombreux conflits avec Amuro et d'autres membres de l'équipage qui ressentent son attitude comme de l'indifférence à leur égard.

Leur adversaire principal, Char Aznable, est un militaire de légende. Admiré de tous, il est un pilote émérite et un tacticien de génie dont le seul nom suffit à semer la terreur dans l'esprit de ses adversaires. C'est un ennemi redoutable, mais aussi un homme mystérieux qui dissimule bien des secrets derrière le masque qui lui recouvre le visage. Ami de longue date de Garma Zabi, le fils prodigue de la famille dirigeante du Duché de Zeon, Char est une énigme à lui seul, un être avisé et manipulateur qui semble utiliser cette guerre à des fins non avouées. Vise t-il simplement à gravir les échelons de l'armée ou ses véritables intentions sont-elles d'une toute autre nature ?

Ce premier film, qui reprend l'histoire de la série à peu près jusqu'à la fin de l'arc de Garma Zabi, est loin encore de dévoiler toutes les cartes de son univers, ne faisant qu'en poser les bases et introduire son casting de personnages qui vit là ses premières batailles. A mesure des confrontations, nos héros commencent à acquérir de l'expérience et à progresser, devenant un peu plus efficaces au combat, mais leurs adversaires deviennent également plus redoutables. Si les antagonistes centraux de ce premier film sont ainsi Char Aznable et Garma Zabi, l'adaptation ira un peu plus loin dans l'histoire pour introduire un nouvel adversaire encore plus coriace qui nous donne un bref avant-goût de la menace qu'il incarnera au cours du volet suivant de la trilogie.

L'intrigue se focalise pour l'heure essentiellement sur la thématique du passage de l'enfance à l'âge adulte à travers le personnage d'Amuro. Très développé, nous assistons à sa transition difficile en militaire avec tous ses doutes et ses crises de nerfs, mais aussi avec la peur que peut inspirer un tel changement intérieur et qui prend toute son importance dramatique lors de ses retrouvailles avec sa mère, restée vivre sur Terre et qu'il n'avait plus revu depuis des années. Une mère horrifiée de découvrir que l'enfant qu'elle a mis au monde et élevé durant sa jeunesse est devenu aujourd'hui un soldat capable de prendre la vie des gens sans même penser aux familles endeuillées. C'est là qu'on réalise vraiment la portée de l'évolution qui s'est opérée en lui depuis le début du film et son caractère irréversible: son enfance est derrière lui désormais et le monde qui l'attend à présent est la réalité des champs de batailles, comme de nombreux autres jeunes dont les vies ont été emportées comme lui par le conflit. Mais c'est aussi sur le champ de bataille qu'Amuro s'éveille à ses premières attirances pour les femmes, bien qu'il ait le don pour choisir les romances impossibles ou celles vouées à s'achever tragiquement, mais cela fait aussi partie de son parcours et de son évolution vers le héros de guerre qu'il est amené à devenir.

C'est finalement cet axe qui permet au film de trouver sa cohérence narrative. Car le fait est que ce premier opus pâtit d'un problème récurrent dès qu'il est question de la première partie d'un ensemble: un manque de finalité. Conçu comme un road-movie (à l'image de la série), le film ne nous raconte que le début du voyage et nous laisse miroiter sur la fin les événements qui nous attendent dans l'opus suivant. La mission originale du White Base n'arrivera à son terme qu'à la fin du deuxième film, tandis que le troisième nous racontera l'issue du conflit et ses dernières grandes batailles. Ce premier volet de la trilogie ne fait donc qu'introduire l'univers et les éléments narratifs qui permettront ensuite à l'histoire de prendre pleinement son envol dans les films suivants. Pour l'heure, on n'a encore rien vu de la véritable richesse de cet univers et il est donc important de regarder ce long-métrage dans le cadre de la trilogie. Il est vraiment symptomatique de ce qu'on pourrait qualifier de "film en trois parties": ce n'est que la première partie de l'ensemble et ce n'est qu'en la prenant dans son intégralité que l'oeuvre trouve toute sa richesse.

Cela dit, on profite aussi pleinement de ce que le film a à offrir. En premier lieu, on voyage à travers un univers de science-fiction d'une grande richesse qui possède une vraie dimension contemplative avec de superbes décors spatiaux. C'est aussi une oeuvre qui, à travers son univers futuriste, nous parle de la réalité de la guerre, de ses drames et de ses victimes. A aucun moment nos héros ne sont épargnés, devant se confronter en permanence à la réalité du champ de bataille au cours de leur voyage. Et si l'ensemble du casting n'est pas encore vraiment développé, on découvre déjà avec plaisir quelques personnages très intéressants, certains marqués par leur charisme fulgurant, d'autres par leur humanité touchante, comme Amuro Ray, Bright Noah, Char Aznable ou même encore Garma Zabi qui nous apparait à la fois comme un antagoniste et comme un personnage tragique, à mi-chemin entre l'amant maudit Roméo et Othello trahi par son fidèle Iago. Un premier aperçu de cette galerie de personnages qui parviendra à nous fasciner bien davantage par la suite (certains n'ayant pas encore révélé leur véritable richesse, et d'autres feront aussi leur entrée sur scène dans les films suivants).

Et puis surtout, l'une des grandes réussites de cette version cinéma, c'est qu'elle ne nous donne jamais l'impression de ne voir qu'un simple résumé bâtard de la série. A aucun moment on n'a la sensation qu'il manque quelque chose à l'histoire (bien que certaines évolutions sont amenées de manière un peu trop rapide), au contraire la narration a été repensée et adaptée à ce nouveau format pour créer une véritable oeuvre cinématographique. De nombreux aménagements de scénario ont aussi été faits pour coller avec la durée plus restreinte d'un long-métrage de cinéma. Si la série présentait ainsi de nombreuses "chroniques de guerre" qui étaient tout autant de batailles, le réalisateur Yoshiyuki Tomino a sélectionné les passages les plus importants de son histoire pour les intégrer au montage du film et il a ensuite retravaillé toute la cohérence de son oeuvre à partir de ces séquences. Des scènes de transition ont ainsi dû être ajoutées afin de coller au nouveau montage, tandis que Tomino en a également profité pour revoir sa copie, modifiant certains éléments de la série pour coller davantage à la nouvelle cohérence narrative du film et se rapprocher un peu plus de sa vision initiale. Tous les éléments qui faisaient trop "super-robot" (le Gundam transformable, le tissu dont il s'enveloppe lors de l'entrée atmosphérique, les armes optionnelles...) ont ainsi été supprimés ou remplacés par d'autres éléments moins kitschs. De même, le concept des newtypes est évoqué (très brièvement) dès ce premier opus, préparant ainsi un peu mieux les événements et les thématiques du troisième et la cohérence interne à la trilogie. De manière générale, cette version s'avère très aboutie et reste focalisée sur l'essentiel de l'histoire sans trop s'égarer sur des intrigues secondaires, ce qui assure la cohérence narrative du long-métrage (malgré un découpage qui trahit quelque peu ses origines de série télévisée, ressentant le passage d'un épisode à un autre).

Enfin, ce qui marque le plus, c'est peut-être la dimension sonore qui a été retravaillée spécialement pour le film. Si les musiques originales de la série sont reprises une ou deux fois, l'essentiel de la bande originale est entièrement inédite et confère une véritable aura cinématographique avec des thèmes souvent magnifiques (bien que moins mémorables que ceux de la série). De même, l'ensemble des bruitages a aussi été complètement retravaillé. Si la série originale comportait des bruitages rétros qui lui donnaient un côté "daté" un peu kitsch, ici ils sont beaucoup plus crédibles et réalistes. Il y a eu un vrai soin apporté au niveau du son afin de traduire une atmosphère militaire, souvent écrasante, qui nous rappelle sans cesse l'univers en guerre dans lequel évoluent les personnages. C'est ce même son qui contribue aussi à la crédibilité et à la violence des batailles, apportant ainsi un plus considérable à l'immersion. La piste 5.1 du DVD est vivement conseillée pour se plonger pleinement dans cette ambiance.

Maintenant, il est clair que le film accuse aussi son âge par certains côtés et cela se ressent notamment au niveau de l'animation, similaire à celle de la série. Si elle s'avère de qualité très honorable pour l'époque, il est clair qu'aujourd'hui elle a bien vieilli. Si elle parvient encore à surprendre par son dynamisme au cours des séquences de bataille et par quelques plans magnifiques, il est clair que le côté rétro risque de rebuter pas mal de monde, mais il peut aussi avoir son charme nostalgique si on s'y fait et ce n'est assurément pas leur âge qui nuit à des oeuvres intemporelles de l'animation japonaise comme Albator 78 ou Galaxy Express 999. La trilogie Gundam prend place aux côtés de ces dernières. Heureusement, la qualité d'image honorable du DVD permet d'apprécier pleinement le travail sur la réalisation.

L'édition française ne nous propose que la version japonaise accompagnée de sous-titres dans la langue de Molière. Ce n'est en rien un problème vu la très haute qualité du doublage, les seiyus ayant fait un travail absolument remarquable pour véhiculer la profondeur et la complexité des émotions de leurs personnages. On est notamment saisis par la maturité de jeu du jeune Toru Furuya, interprète du héros Amuro Ray (illustre inconnu à l'époque de la diffusion de la série, Gundam a lancé sa carrière), ou la voix charismatique et charmante de Shuichi Ikeda qui parvient à retranscrire toute la prestance et le machiavélisme du personnage de Char Aznable, le Darth Vader de l'univers Gundam. La piste sonore 5.1 est en plus particulièrement nette, n'accusant pas du tout l'époque. Le tout est accompagné par un sous-titrage français de qualité, sans fausse note.

Pour le reste, cette édition DVD se révèle très basique, l'intention étant de toute façon de permettre l'accessibilité à ces films sachant que les ventes ne seront pas importantes, ce qui est bien dommage au regard de la qualité de l'oeuvre et de son importance historique dans la culture de la japanimation. On s'en satisfera donc d'autant que l'éditeur Beez a fait du bon travail et on les remercie même de cette gentille attention à l'égard des fans de Gundam qui nous permet aujourd'hui de découvrir et de profiter de ces oeuvres qu'on n'osait guère espérer voir un jour sur notre territoire.

En définitive, ce premier volet de Mobile Suit Gundam est à regarder dans le cadre de la trilogie, étant davantage la première partie d'une seule grande histoire qu'un film qui puisse se suffire à lui-même. Il installe les bases de l'univers sur lesquelles les films suivants pourront ensuite rebondir pour nous raconter une oeuvre unique en son genre. Pour autant, on est d'emblée saisis par la profondeur de l'univers, par la richesse de certains personnages et par le travail important qui a été entrepris pour passer efficacement d'un format de série vers celui de long-métrages sans avoir à sacrifier la richesse de l'oeuvre originale. L'ensemble est soigné et on se plait déjà à suivre le quotidien riche en péripéties des occupants du White Base, ainsi que cette représentation originale et mature de la guerre. On passera donc sur le classicisme de l'édition de Beez pour profiter pleinement de cette opportunité inouïe de découvrir là un grand classique qui a révolutionné le paysage de l'animation japonaise en son temps.

Verdict: Très Bon (16/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 00:48, modifié 4 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 22 janv. 2014, 18:12

Mobile Suit Gundam - Film 2: Soldiers of Sorrow

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1981.
Durée: 2h14.
Editeur: Beez.
Univers: Universal Century 0079.


http://www.manga-news.com/index.php/vol ... es-films/2

Casting:

Amuro Ray : Toru Furuya
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Sayla Mass : You Inoue
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Mirai Yashima : Fuyumi Shiraishi
Hayato Kobayashi : Kiyonobu Suzuki
Frau Bow : Rumiko Ukai
Ryu José : Shozo Iizuka
Ramba Ral : Masashi Hirose
Crowley Hamon : Yumi Nakatani
Matilda Ajan : Keiko Toda
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Miharu Ratokie : Satomi Majima
M'Quve : Kaneto Shiozawa
Général Revil : Katsunosuke Hori



Chronique

Après un premier volet qui avait su créer la surprise par son excellent travail d'adaptation, la version cinématographique de la série animée Mobile Suit Gundam se poursuit avec ce second film de la trilogie qui continue de nous raconter les péripéties du vaisseau White Base au cours de son odyssée vers la base de Jaburo en Amérique du Sud, quartier général des forces armées de la Fédération Terrestre.

Le film reprend les événements des épisodes 16 à 30 de la série originale qui correspond en fait à trois grands arcs narratifs. Le premier tourne autour la lutte du White Base contre l'escadron du lieutenant Ramba Ral, envoyé par le Duché de Zeon afin de venger la mort du prince Garma Zabi dans le volet précédent. Epuisé par des mois à combattre sur le champ de bataille et lassé de l'attitude hautaine et distante du capitaine Bright Noah à son égard, frustré de ne pas bénéficier de plus de reconnaissance de sa part pour ses efforts (témoignant de son orgueil grandissant), Amuro Ray quitte le vaisseau avec le Gundam, privant ainsi le White Base de son meilleur atout. Au cours de ses errances dans le désert, il fait la connaissance de Ramba Ral et sa compagne Hamon qu'il apprend à connaître et à respecter. Cette rencontre inattendue va avoir une influence importante sur les deux adversaires et permettre finalement à Amuro de trouver sa propre raison de piloter le Gundam au lieu d'obéir bêtement aux ordres. De son côté, Seila Mass est envahie par le doute: leur ennemi Char Aznable serait-il en réalité son frère disparu ? Ne pouvant supporter l'incertitude et ne pouvant confier ses tourments au reste de l'équipage, la jeune femme prend sur elle de découvrir la vérité par elle-même mais cela amène ses camarades à remettre en cause sa loyauté.

La seconde partie du film se focalise sur le personnage de Kai Shiden et sur sa relation avec une jeune espionne à la solde de Zeon qui infiltre le White Base afin de leur dérober des informations secrètes. Fidèle à l'esprit de la série, ce personnage tourmenté n'accepte cette mission que pour gagner de quoi subsister et offrir ainsi un confort de vie décent à ses jeunes frère et soeur. Pas du tout une fanatique idéologique mais une jeune femme qui fait face aux difficultés de la vie, tant et si bien qu'elle est aussi capable d'être envahie par le remord et la culpabilité en prenant conscience de la portée dramatique de ses actions, ce qui lui donne toute son aura tragique. Si Kai était jusque là un personnage assez secondaire des films, passant son temps à se moquer des autres et à ne jamais prendre la situation au sérieux, on découvre ici une facette plus humaine et sincère de son personnage alors qu'il a pour la première fois l'occasion de quitter le White Base et qu'il est amené à réaliser qu'il a trouvé bien plus sur ce vaisseau qu'il ne voulait bien l'admettre: la force de devenir un homme meilleur que le poltron narcissique qu'il a toujours été. Alors qu'il a toujours prétendu qu'il ne se sentait pas concerné par cette guerre, la tragédie qui s'ensuit l'amène à revoir sa position et à opérer un changement radical de sa personnalité, devenant enfin un membre à part entière de l'équipage et partageant son combat.

La dernière partie du film marque l'arrivée du White Base à Jaburo où nos héros vont se confronter une nouvelle fois à leur vieil ennemi Char Aznable, désormais rattaché à l'armée de Kycilia Zabi après avoir été tenu pour responsable de la mort de Garma par son ancien supérieur. Aspirant à redorer son prestige militaire en venant enfin à bout du White Base, Char affronte une nouvelle fois le Gundam en combat singulier pour réaliser que son rival Amuro Ray est devenu un pilote bien plus aguerri qu'autrefois, les prémices d'une grande rivalité qui se développera davantage au cours de leurs futures confrontations dans l'espace. Le retour de Char marque aussi un tournant important de l'intrigue sur Seila, permettant là-aussi d'introduire des éléments narratifs qui ne seront pleinement exploités qu'au cours du dernier volet de la trilogie.

Cette construction du film permet de se concentrer sur l'essentiel de l'histoire sans s'attarder sur les nombreuses aventures annexes de la série. Malheureusement, le travail d'adaptation n'est pas aussi réussi qu'il ne l'était dans le premier opus. En premier lieu, cette partie est censée créer une tension dramatique en appuyant les dissensions grandissantes entre les membres d'équipage du White Base et leur capitaine Bright Noah. Dans le film, cet aspect ne s'exprime qu'à travers la fugue du personnage principal Amuro, les autres personnages demeurant de simples figurants sans véritable développement. La mort tragique d'un des hommes les plus estimés du vaisseau, qui devait ressouder les liens entre le capitaine et ses subordonnés autour de ce drame qu'ils ont involontairement provoqué, perd ainsi tout son sens puisque ce n'est plus le cas, surtout que les films n'ont jamais vraiment pris le temps de développer ce personnage que le spectateur ne connait quasiment pas, sa perte n'ayant plus alors le même impact. Ainsi, en condensant l'histoire de la série aux événements principaux, le film sacrifie considérablement les développements de nombreux personnages, ce qui fait perdre à la richesse de la dimension humaine de l'univers. Toutefois, pour ceux sur lesquels le film prend le temps de s'attarder comme Amuro, Seila, Kai ou même Ramba Ral, leur traitement est généralement très réussi avec des personnages qui ont une réelle profondeur tout en étant très attachants.

Alors que le travail d'adaptation du premier film avait réussi à lui conférer une certaine esthétique cinématographique, ici on ressent bien davantage l'aspect "résumé" de l'histoire. Tellement en fait que cela pose parfois de gros soucis de narration, certains moments charnières de la guerre comme la bataille d'Odessa étant réduits à de simples passages de narration accompagnés d'une voix-off où le rôle tenu par le White Base sur le déroulement des batailles et leur issue demeure bien obscur à ceux qui n'auraient pas vu la série au préalable, à la limite de l'incompréhensible. Cela n'aide pas non plus que les batailles soient écourtées de telle manière qu'on ne puisse plus trop comprendre leur déroulement, souvent très courtes et avec des raccourcis complètement improbables en terme de montage. Il aurait mieux valu à ce stade faire l'impasse sur la série pour retravailler complètement cette partie de l'histoire d'une manière qui sied mieux au film. Ici, presque toutes les séquences de batailles sont bâclées. A ce niveau, on sent bien que ce second opus est beaucoup moins travaillé comme une nouvelle version cinématographique que comme un simple résumé de la série, à l'opposé du premier film.

Maintenant, cette adaptation a aussi permis à Tomino de retravailler quelque peu certains aspects de son oeuvre. En premier lieu, les éléments trop marqués "super-robot" ont été complètement supprimés à nouveau, Seila pilotant désormais un simple fighter et ne devenant donc plus la partenaire d'Amuro au combat (ils ne partagent donc plus la même relation de camaraderie forte qui virait presque à la romance). Mais surtout, un élément qui était traité de manière vague durant une bonne partie de la série pour être finalement dévoilé assez tardivement est abordé beaucoup plus tôt dans ces films et de manière plutôt proéminente: le concept des newtypes, cette nouvelle évolution de l'espèce humaine apparue au cours de la guerre et qui permet aux êtres qui se sont parfaitement adaptés à leur nouvel environnement spatial de dévoiler leur véritable potentiel en développant d'étranges pouvoirs psychiques. Ici, pas de sous-entendu vague ou de mystère fait par les militaires, on nous précise d'entrée de jeu que l'armée soupçonne Amuro et Seila, peut-être même tout l'équipage du White Base, d'être des newtypes et ils ne font aucun secret non plus sur leur intention de traiter dorénavant le vaisseau comme le sujet d'une expérience scientifique visant à tester le potentiel combattif de cette nouvelle évolution. Bright Noah se retrouve ainsi à la tête de la première unité "newtype" de l'armée sans même réaliser l'importance de cette décision qui pourrait aussi bien marquer un tournant décisif de la guerre qu'entraîner le vaisseau et son équipage vers leur perte. En explicitant ainsi davantage cette thématique existentielle, le film simplifie la transition qui amènera à la grande tragédie du troisième volet.

Un autre aspect important que le film met en avant est l'indifférence de l'armée face aux pertes humaines. Au cours du film, plusieurs personnages importants connaissent un destin tragique dans les deux camps et ces morts ont souvent un grand impact émotionnel sur nos héros. Mais aux yeux de l'armée, ces pertes d'hommes valeureux ne deviennent que des informations, des nombres, des noms sans identité que l'on honore pour la forme sans avoir conscience de la vraie valeur de leur sacrifice et de la perte ressentie par ceux qui les ont bien connu. Particulièrement touché par ces événements, Amuro est révolté par cette indifférence, témoignant encore d'une certaine immaturité mais aussi d'une honnêteté qui lui a permis de préserver son humanité en dépit de tout ce qu'il a pu vivre au cours des derniers mois.

Un constat contrasté donc, et ça l'est tout autant au niveau de la dimension technique. Si l'édition de Beez fait toujours un travail tout à fait honorable au niveau de la qualité d'image et du son (superbe piste 5.1) pour un DVD, l'animation du film accuse toujours son âge tandis que la réalisation alterne sans cesse entre le très bon et le médiocre, en grande partie à cause d'un montage qui sabote certaines scènes de batailles, les rendant quasiment incompréhensibles. Mais de manière générale, les affrontements sont assez secondaires dans ce film qui se focalise davantage sur les aspects plus narratifs, et cela se ressent énormément en terme d'immersion: les batailles sont beaucoup moins intenses et prenantes, pour ne pas dire anecdotiques, et on ne ressent plus vraiment cette atmosphère de guerre oppressante qui dominait magnifiquement le volet précédent. Au point qu'il faut attendre le combat final marquant le retour de Char Aznable afin de retrouver enfin un affrontement digne de ce nom avec toute la portée épique de la franchise.

L'édition de Beez ne nous propose une nouvelle fois que le doublage japonais, ce qui n'est pas un mal tant celui-ci s'avère excellent, accompagné en plus d'un très bon sous-titrage français malgré quelques transcriptions curieuses dans les noms des personnages ("Ma Cube" pour "M'Quve" par exemple). Concernant l'édition en elle-même, il faut s'attendre à quelque chose de très simple, l'essentiel résidant à nouveau dans le fait que ces films soient enfin disponibles alors qu'ils n'ont pas un potentiel de vente important dû au manque de popularité de la franchise chez nous.

Dans l'ensemble, ce second volet de la trilogie se présente comme un échec en tant qu'adaptation cinématographique, présentant de nombreuses lacunes dans le travail de transposition entre les deux formats auxquelles le réalisateur Yoshiyuki Tomino et son équipe ne sont pas parvenus à remédier, mais plutôt comme une réussite en tant que résumé de la série qui saura satisfaire à la fois les attentes des fans de Gundam et de ceux qui veulent découvrir la richesse de cet univers et qui trouveront là une histoire dramatique et mature portée par un casting de personnages attachants avec des émotions très humaines. Malgré certaines déceptions, le film reste donc globalement satisfaisant et les fans pourront toujours trouver plaisir à le regarder, en grande partie grâce à la richesse de l'histoire originale et de l'univers de l'Universal Century de manière plus générale. Reste maintenant à espérer un troisième et dernier opus plus abouti pour conclure la trilogie sur la note d'excellence épique et grandiose qu'elle mérite vraiment.

Verdict: Bon (14/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 00:54, modifié 5 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 24 janv. 2014, 16:10

Mobile Suit Gundam - Film 3: Encounters in Space

Image

Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1982.
Durée: 2h20.
Editeur: Beez.
Univers: Universal Century 0079.


http://www.manga-news.com/index.php/vol ... es-films/3

Casting:

Amuro Ray : Toru Furuya
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Sayla Mass : You Inoue
Lalah Sune : Keiko Han
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Gihren Zabi : Banjo Ginga
Kycilia Zabi : Mami Koyama
Dozle Zabi : Daisuke Gori
Mirai Yashima : Fuyumi Shiraishi
Sleggar Law : Makio Inoue
Kai Shiden : Toshio Furukawa
Hayato Kobayashi : Kiyonobu Suzuki
Frau Bow : Rumiko Ukai
Degwin Sodo Zabi : Ichiro Nagai



Chronique

Nous y voilà ! La conclusion de cette grande saga épique qu'est la trilogie Mobile Suit Gundam, transposition cinématographique de la série animée originale ! Et quelle conclusion magistrale que voilà !

La Fédération Terrestre se prépare à la grande bataille finale de la guerre, un an après le début des hostilités. Le White Base est envoyé dans l'espace afin de faire diversion, faisant halte sur la colonie neutre de Side 6 en prévision des batailles à venir. C'est là qu'Amuro Ray fait la connaissance d'une jeune newtype nommée Lalah Sune et qu'il rencontre son grand rival Char Aznable pour la première fois. Nul n'est encore conscient que la première pierre à l'édifice d'une grande tragédie vient d'être posée. Et alors que Seila Mass continue de rechercher son frère disparu, les noeuds du destin se mettent en marche pour mener la guerre vers sa conclusion épique et tragique.

Après un deuxième film un peu décevant, ce troisième et dernier opus de la trilogie Mobile Suit Gundam revient à ce qui avait fait le succès du premier volet: un long-métrage cinématographique qui ne se pose pas comme un simple résumé bâtard de la série mais bien comme une oeuvre filmique à part entière. Cerise sur le gâteau, cette partie est assurément la plus riche et la plus passionnante de l'histoire, comme si tout ce qui avait précédé n'était en fait qu'un prélude aux événements actuels. Une histoire grandiose, des personnages profonds et plus tourmentés que jamais et des batailles spatiales épiques, voilà le programme de ce véritable bouquet final !

On retrouve donc Amuro qui, après avoir fait ses adieux à sa mère dans le premier film, retrouve son père qu'il croyait avoir péri au cours de la destruction de Side 7 pour réaliser malheureusement que celui-ci n'a plus toute sa tête. Désormais devenu vraiment orphelin et sans attache, l'adolescent n'a plus aucune famille vers laquelle retourner après la guerre. C'est dans ce contexte qu'il fait la connaissance de la belle et mystérieuse Lalah Sune vers laquelle il se sent aussitôt attiré. Newtype aux pouvoirs quasiment divins, Lalah est une jeune femme charmante et sensible, amoureuse de la vie, mais elle est aussi la carte-maîtresse de Char Aznable en prévision des batailles à venir, capable de détruire toute une flotte de la Fédération en l'espace de quelques minutes. Utilisée comme arme, elle devient alors l'ennemie d'Amuro sur le champ de bataille. Mais ce rôle qui leur est imposé par la guerre va t-il vraiment dans le sens de l'apparition des newtypes en cette époque troublée ? La découverte de l'existence d'une nouvelle évolution de l'humanité et la rencontre entre Amuro et Lalah appartenant à deux mondes si différents n'ont-elles pas une signification plus profonde que de devenir des armes entre les mains des deux camps ? Alors qu'eux-mêmes cherchent à comprendre le sens de leur destinée, la réponse leur apparaîtra sur le champ de bataille, amenant à un dénouement des plus tragiques qui finira d'installer la rivalité mortelle entre Amuro et Char Aznable, amoureux de la même femme. Au terme de cette tragédie, Amuro trouvera t-il enfin sa place en ce monde, là où des gens attendront son retour, une nouvelle "famille" vers laquelle retourner ?

Pendant ce temps, Seila Mass révèle enfin la vérité au sujet de sa relation avec Char Aznable: ils sont frère et soeur, les héritiers perdus de Zeon Daikun, l'ancien dirigeant du Duché de Zeon assassiné par la famille Zabi. Mais contrairement à Seila qui exècre la guerre, Char est un être obsédé par sa vengeance à l'encontre des membres de la famille impériale Zabi et qui manipule le conflit pour parvenir à ses fins. Leur rencontre prédestinée amène Seila à constater la triste vérité: son frère aimant est devenu un monstre de haine et il ne subsiste presque plus rien de l'homme bon et attentionné qu'il fut autrefois. S'il n'est pas arrêté, il pourrait entraîner l'univers tout entier vers sa perte. Mais pourra t-elle pour autant supporter la vue d'un affrontement à mort entre son frère et Amuro ?

En parallèle, nous suivons aussi le conflit du côté de Zeon et des héritiers de la famille Zabi, ces frères et soeur qui se haïssent et qui se livrent une guerre de pouvoir sans réaliser que le pire ennemi qui soit se tient déjà à leurs côtés: Char Aznable. Alors que la guerre entre dans sa phase finale et que Gihren Zabi, le fils aîné, commence à prôner la supériorité des spacenoïdes sur le reste de l'humanité en tant que "race pure" et sa légitimité à dominer le monde dans un discours de propagande nazie, cette famille que tout sépare se livre à des querelles fratricides qui profitent à la Comète Rouge. Mais l'attention de Char se porte aussi vers la plus grande de toutes les menaces: l'existence d'Amuro vient de révéler à tous la véritable nature des newtypes. Pour préserver l'avenir et permettre à l'humanité de s'engager dans la bonne voie, il est de son devoir de l'éliminer en tant qu'héritier de l'idéologie "newtype" prônée par son défunt père Zeon Daikun.

Alors que le second film avait pas mal déçu au niveau du travail d'adaptation de l'histoire de la série originale, perdant de sa cohérence et de sa richesse, on pouvait craindre que ce problème ne se répète de nouveau pour ce troisième et dernier opus. Fort heureusement ce n'est pas le cas et la dimension de tragédie humaine qui domine cette partie demeure intacte... ou presque. En raison de certains changements apportés par le réalisateur Yoshiyuki Tomino par rapport à la série d'origine, Amuro et Seila n'ont pas vraiment eu l'occasion de se battre ensemble au cours des batailles, ce qui fait qu'alors qu'ils sont censés être devenus deux camarades unis par un lien fort qui pourrait devenir de nature romantique, leur relation reste purement platonique dans les films ce qui fait perdre beaucoup de son impact dramatique à l'intervention de Seila lors de l'ultime confrontation entre Amuro et Char (ce n'est plus vraiment un duel opposant son frère disparu à l'homme aimé).

Pour le reste, la complexité des rapports entre les personnages est bien présente avec une dimension quasi-shakespearienne en ce qui concerne les principaux, des individus amenés à faire la différence dans le conflit mais qui restent soumis à un destin qui les dépasse complètement. Certains vont connaître un sort tragique, les autres deviendront des survivants et des témoins de cette période troublée. Pour le reste, ce troisième opus permet enfin à la trilogie de traiter la quasi-totalité de ses personnages convenablement, ceux qui étaient délaissés dans les deux premiers films voyant enfin une mise en lumière bienvenue comme Mirai Yashima ou Hayato Kobayashi. Même le nouveau-venu Sleggar Law a droit à sa propre intrigue qui lui apporte un charisme impressionnant et une touche de romantisme insoupçonnée. C'est cela aussi Mobile Suit Gundam: des personnages que l'on pense n'être que de simples stéréotypes et qui finissent par nous surprendre par leur humanité débordante et par la richesse de leurs histoires personnelles. En reprenant rétrospectivement l'histoire de la trilogie depuis le premier opus, on se rend compte du chemin incroyable qui a été accompli pour créer une oeuvre d'une telle richesse portée par une galerie de personnages formidablement écrits, et ce troisième opus en constitue assurément le point d'orgue.

Les séquences de batailles spatiales ne sont pas en reste et, malgré l'âge de l'animation, elles se révèlent spectaculaires et épiques car très bien réalisées. Bien sûr, le film n'entre pas autant dans les détails que la série mais, celles-ci étant mises avant tout au service de la progression du scénario, il lui est beaucoup plus facile de se concentrer sur l'essentiel, à savoir leurs enjeux dramatiques et humains qui se jouent. Les batailles spatiales se déroulant à une échelle beaucoup plus grande avec des milliers de Mobile Suits et de vaisseaux qui tirent dans tous les sens dans un bon gros bourrinage, le montage n'a plus tellement à se préoccuper de préserver la cohérence du déroulement des combats (évitant ainsi l'un des gros problèmes du film précédent), se contentant de nous montrer des explosions dans tous les sens pour accompagner les séquences de confrontations "narratives" entre les personnages importants. Ces batailles n'en demeurent pas moins d'une puissance épique incroyable et on sent vraiment le conflit entrer dans sa phase finale avec les deux camps qui y mettent leurs dernières forces restantes. En particulier, la séquence de l'assaut final contre la forteresse d'A Baoa Qu avec l'ultime duel entre Amuro et Char Aznable est une pure anthologie, aussi intense qu'impressionnante.

La richesse de ce dernier chapitre de la trilogie est aussi d'illustrer pleinement le concept des newtypes après l'avoir évoqué à maintes reprises durant les films précédents. Et cela se traduit aussi en grande partie par le biais de la réalisation, souvent très poétique lors des scènes impliquant Lalah Sune. Ses pouvoirs s'expriment par le biais de séquences expérimentales qui illustrent parfaitement son aura métaphysique, quasi-divine. Le tout est parfois accompagné de musiques d'inserts plutôt joyeuses et optimistes, mais non dénuées de quelques moments de tristesse et de mélancolie, illustrant magnifiquement son personnage avec une belle poésie. Alors que Lalah est une femme charmante qui porte en elle l'amour de toute chose, le sort l'a amené à s'éveiller durant cette période de guerre spatiale et à se transformer en arme sur le champ de bataille, manipulée par des gens sans scrupule qui convoitent son pouvoir et son utilité à des fins guerrières, scellant ainsi sa destinée tragique alors qu'elle aurait pu accomplir tant de choses formidables dans d'autres circonstances. Tout s'est finalement joué à une rencontre arrivée un peu trop tôt et à une autre un peu trop tard. Voilà ce qui se dégage de ce magnifique personnage et la réalisation de Tomino arrive pleinement à le retranscrire sans avoir non plus à l'exprimer trop clairement par le biais des dialogues.

Le doublage japonais se révèle comme toujours excellent, et même encore plus que dans les deux volets précédents. Le film doit beaucoup à la magnifique voix de Keiko Han (Lalah Sune) et à la prestation de Shuichi Ikeda (Char Aznable) plus intense que jamais face aux toujours aussi excellents Toru Furuya (Amuro Ray) et You Inoue (Seila Mass). Le reste du casting s'en sort également très bien et on notera en particulier la prestation de Mami Koyama qui campe formidablement son personnage de la dangereuse et très charismatique Kycilia Zabi. On n'aura donc pas de problème particulier à ce que ce soit l'unique version présente sur le DVD, d'autant que la piste 5.1 est toujours excellente (malgré une très légère coupure du son au cours de la discussion entre Seila et Char sur la colonie Texas). Le sous-titrage français est également très bon dans l'ensemble, malgré quelques inconsistances dans les transcriptions des noms des personnages par rapport aux deux films précédents ("Amuro Rei" du deuxième film redevient "Amuro Ray"), et surtout une étrangeté des plus gênantes: à part le Gundam, les autres appareils sont désormais désignés par des chiffres (005, 006) au lieu de leurs noms habituels (Guntank, Guncannon, Core Fighter, Core Booster, etc...). Du coup, certains dialogues en deviennent carrément ridicules ce qui est vraiment regrettable, surtout qu'ils sont principalement évoqués dans le cadre des batailles ce qui n'est pas vraiment le bon moment pour l'humour.

Pour le reste, l'édition de Beez reste très basique mais, encore une fois, le simple fait de pouvoir profiter de ces films en France est déjà un privilège en soi. On ne se plaindra donc pas de ne trouver qu'un simple boitier avec le DVD du film, d'autant que ce dernier est toujours très soigné en terme de qualité d'image et de son et c'est, dans le fond, tout ce que l'on en attend.

Au final, ce troisième et dernier opus de la trilogie Mobile Suit Gundam offre une conclusion magnifique et épique à cette oeuvre, portée par le drame humain et par une poignée de personnages mémorables. Le travail d'adaptation a été parfaitement effectué et on retrouve toute la grandeur de cette histoire et toute la richesse de cet univers dans le film, bouclant la boucle de manière exemplaire et conférant à la trilogie un statut d'oeuvre incontournable pour les amateurs du genre SF et de méchas, bien au-delà de son statut d'oeuvre historique dans l'histoire de la japanimation. Malgré son animation vieillissante, la réalisation reste superbe et le film tient encore bien la route face aux oeuvres plus récentes grâce à son aspect novateur pour l'époque, à sa richesse intemporelle et au talent immense de ses créateurs. On regrette juste quelques petites coquilles concernant l'édition de Beez (un bug de son, une traduction parfois un peu étrange), mais rien qui ne doit priver les fans de Gundam de découvrir ce mythe de l'animation. Un chef d'oeuvre tout simplement et le meilleur morceau de cette trilogie !

Verdict: Excellent (19/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:00, modifié 4 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 28 janv. 2014, 22:54

Mobile Suit Zeta Gundam

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Studio: Sunrise.
Réalisateur: Yoshiyuki Tomino.
Année: 1985-1986.
Episodes: 50.
Univers: Universal Century 0087.


Casting:

Kamille Bidan : Nobuo Tobita
Char Aznable : Shuichi Ikeda
Bright Noa : Hirotaka Suzuoki
Emma Sheen : Maya Okamoto
Reccoa Londe : Masako Katsuki
Fa Yuiry : Miyuki Matsuoka
Katz Kobayashi : Keiichi Nanba
Henken Bekkener : Jurota Kosugi
Hayato Kobayashi : Kiyonobu Suzuki
Amuro Ray : Toru Furuya
Beltorchika Irma : Maria Kawamura
Paptimus Scirocco : Bin Shimada
Jerid Messa : Kazuhiko Inoue
Four Murasame : Saeko Shimazu
Rosamia Badam : Kayoko Fujii
Sarah Zabiarov : Yuko Mizutani
Haman Karn : Yoshiko Sakakibara
Mineva Lao Zabi : Miki Ito



L'Histoire

Universal Century 0087.

Sept ans se sont écoulés depuis la Guerre d'Un An qui opposa la Fédération Terrestre au Duché de Zeon. Aujourd'hui, une faction d'élite de l'armée de la Fédération, les Titans, est chargée de maintenir la paix dans les colonies en traquant les derniers rescapés de Zeon par tous les moyens nécessaires. Les dirigeants de la Fédération ne prêtant guère plus d'attention à ce qui se passe dans l'espace, les Titans parviennent à imposer rapidement leur régime totalitaire sur les colonies sous couvert de leur mission et répriment par les armes toute forme d'opposition à leur hégémonie tyrannique. Alors que leur pouvoir et leur influence au sein des forces de la Fédération Terrestre ne cessent de grandir, l'AEUG (Anti-Earth Union Group), un groupe paramilitaire, fait son apparition afin de se dresser contre cette tyrannie.

Kamille Bidan, un jeune adolescent habitant la colonie Green Noa 2, se retrouve impliqué dans un affrontement entre les forces d'occupation des Titans et un commando d'élite de l'AEUG mené par le lieutenant Quattro Bajeena. Vouant une haine farouche aux Titans, il dérobe leur nouveau modèle de Mobile Suit, le Gundam Mk-II, et il rejoint les rangs de l'AEUG aux côtés du lieutenant Quattro, fuyant une vie d'oppression et de frustration. C'est pour lui le début d'une nouvelle existence dans un monde en guerre, ponctuée de drames et de tragédies, où Kamille doit apprendre à devenir un homme et où il dévoilera à tous l'extraordinaire potentiel des newtypes, cette nouvelle évolution de l'humanité apparue au cours de la guerre précédente et qui continue encore de chercher un sens à son existence dans ce monde en proie aux conflits, détenant peut-être la clé de l'avenir de l'humanité.



Commentaires

Mobile Suit Zeta Gundam est la seconde série de la franchise Gundam, réalisée par Yoshiyuki Tomino en 1985 suite au succès des films résumant la série originale. Si la série Mobile Suit Gundam nous faisait découvrir un monde en guerre où nous suivions le quotidien de jeunes adolescents forcés de devenir des soldats au gré des batailles, cette suite directe affiche des ambitions beaucoup plus grandes avec l'intention claire de créer un monument de la science-fiction avec un casting de personnages mémorables, un univers toujours aussi riche et une histoire beaucoup plus complexe.

On retrouve donc l'Universal Century plusieurs années après les événements de la série Mobile Suit Gundam et on découvre un monde qui a bien changé. Le Duché de Zeon n'est plus mais les maux de l'époque n'ont pas disparu pour autant, désormais portés par les Titans, une organisation militaire affiliée à la Fédération Terrestre qui impose sa tyrannie aux colonies sous prétexte de leur traque des derniers rescapés de Zeon. Bien sûr, comme toute dictature qui se respecte, toute forme d'opposition est réprimée par le biais des armes, instaurant un régime de la terreur. Au sein de l'armée fédérale, nombreux sont ceux qui désapprouvent complètement les méthodes des Titans mais, face à l'indifférence de leurs dirigeants, un groupe rebelle, l'AEUG, fait son apparition afin de se dresser contre leur oppression, appuyé par de nombreux sympathisants au sein de l'armée régulière. Dans cette période post-Guerre d'Un An, chacun des deux camps accuse l'autre de perpétuer l'héritage maudit du Duché de Zeon, montrant que ces problèmes restent plus que jamais au centre des préoccupations: si les Titans voient en l'AEUG les successeurs des revendications indépendantistes des colonies, l'AEUG voit de son côté les Titans comme les héritiers spirituels de toutes les tyrannies qui se sont succédées au fil de l'histoire, celle de la dynastie des Zabi n'en étant qu'une parmi tant d'autres. Alors que les terriens se moquent bien de la vie des gens dans l'espace, n'ayant pas la volonté de lever leurs yeux vers le ciel, une guerre fratricide éclate entre les deux factions, invisible aux yeux de tous ceux qui sont entravés par la gravité du sol terrestre.

Si l'intrigue de Zeta Gundam développe plus que jamais les enjeux politiques complexes liés à la guerre et l'évolution du conflit en fonction des événements, contribuant au réalisme et à la cohérence impressionnante de son univers, cette histoire trouve une dimension humaine incroyablement forte et dramatique à travers les nombreux personnages qui la font vivre. Ces derniers sont tous des personnages très différents qui vivent la guerre à leur manière, en fonction de leur caractère, de leur histoire personnelle et de leurs propres objectifs. Le réalisateur Yoshiyuki Tomino a réussi à créer un univers où cohabitent de nouveaux visages attachants et quelques têtes connues dont les vies ont pris un tournant bien étrange après la série d'origine, souvent pour le pire...

Le personnage principal de Zeta Gundam est un nouveau venu, Kamille Bidan, un adolescent en pleine crise qui déteste son existence actuelle et qui se cherche des repères. En rejoignant l'organisation militaire AEUG, Kamille est amené à se découvrir par le biais de nombreuses rencontres déterminantes et de multiples tragédies qui forgent son destin et le jeune homme qu'il est amené à devenir. A ses côtés se tient son mentor, le très charismatique lieutenant Quattro Bajeena de l'AEUG, un pilote d'élite de l'organisation rebelle qui, derrière ses lunettes de soleil trop classes et son capital sympathie monumental, est en réalité l'homme que l'on connaissait autrefois sous le nom de Char Aznable, le héros de la Guerre d'Un An du côté des forces de Zeon, celui qu'on surnommait autrefois la "Comète Rouge" et qui avait juré vengeance à l'encontre de la famille Zabi. Sa vengeance accomplie, l'Edmond Dantès le plus classe et le plus populaire de la japanimation a perdu sa raison d'exister et il s'est alors réinventé en tant que Quattro Bajeena afin de fuir son passé tout en se joignant la lutte contre les Titans afin de remettre le monde dans la bonne direction. Les événements évoluant, Quattro va progressivement devoir faire face à son destin et se réconcilier avec son passé de Char Aznable pour devenir la lumière d'espoir qui guidera l'humanité dans cette nouvelle ère de ténèbres.

Parmi les personnages que l'on retrouve avec plaisir dans cette nouvelle série, on trouve bien évidemment aussi Amuro Ray, le héros de Mobile Suit Gundam et l'un des tout premiers newtypes reconnus. Pour lui en particulier, les événements qui ont suivi la Guerre d'Un An ont été particulièrement difficiles. La Fédération Terrestre refusant de reconnaître l'existence des newtypes afin de ne pas apporter de crédit aux théories de Zeon Zum Deikun sur une nouvelle évolution de l'humanité, l'existence d'Amuro Ray a été dissimulée et le héros de la Guerre d'Un An vit désormais reclus dans une villa luxueuse lui servant de cage, coupé du reste du monde. A peine reçoit-il quelques visites de temps à autres. Et il s'en accommode bien, le traumatisme de la guerre étant toujours très présent dans son esprit, ne s'en étant pas encore remis. L'arrivée de ses anciens compagnons du White Base va sortir Amuro de sa léthargie longue de sept ans, mais c'est pour se retrouver confronté une nouvelle fois aux champs de bataille et à sa propre légende qui a grandi au sein de la rébellion pour prendre une ampleur qui dépasse totalement l'homme qu'il est désormais. Personnage secondaire phare de cette série, Amuro va donc devoir se retrouver afin de redevenir le héros qu'il était autrefois.

Face à ce trio, on trouve tout un casting de personnages tout aussi mémorables, et ce dans les deux camps. Et dans l'ambiance très romantique de la série, ce sont bien sûr les femmes qui tiennent le plus beau rôle. Celles-ci sont d'ailleurs particulièrement présentes dans l'entourage de Kamille, que ce soit le lieutenant Emma Sheen, ancienne Titan qui a rejoint l'AEUG en quête de rédemption et qui devient un substitut de mère pour notre jeune héros, l'enseigne Reccoa Londe qui incarne l'image de la femme forte, celle que seul le sexe différencie des hommes et qui se charge de toutes les missions à haut risque mais qui est tourmentée par sa crise identitaire, Fa Yuiry, l'amie d'enfance de Kamille qui tente comme lui de devenir pilote de Mobile Suit de l'AEUG et de faire ses preuves sur le champ de bataille, ou encore la magnifique Four Murasame, personnage tragique qui est à la fois le premier grand amour de Kamille et son ennemie, manipulée par les Titans comme une arme. On trouve aussi quelques personnages féminins forts du côtés des Titans tels que Rosamia Badam, une étrange jeune femme convaincue d'être la soeur disparue de Kamille, ou encore Sarah Zabiarov, une jeune idéaliste torturée entre sa loyauté envers son leader Paptimus Scirocco et ses sentiments pour un des pilotes de l'AEUG, Katz Kobayashi (l'un des anciens orphelins du White Base).

Du côté des adversaires, on a aussi droit à du lourd avec en tête de liste le méchant principal de la série, Paptimus Scirocco. Grand mégalomane doté d'un ego surdimensionné, cet homme manipulateur et calculateur est assurément l'un des antagonistes les plus mémorables de la franchise Gundam, aspirant à devenir le messie qui guidera l'humanité vers l'avenir qu'il lui a choisi, opposé sur ce point au personnage de Char Aznable. Pour parvenir à ses fins, il n'hésite pas à user de son aura naturelle pour rallier à sa cause tous ceux qu'il s'estime capable de manipuler et de voir servir sa cause, n'ayant aucun scrupule à manipuler la vie d'autrui, leurs sentiments et leurs émotions pour parvenir à ses fins, s'estimant comme un élu. On a là un formidable personnage de salaud, une des plus grosses ordures de la franchise et le responsable de nombreux drames humains qui surviennent tout le long de la série, un être qui aspire à devenir un dieu vivant tout en vouant un profond dédain envers l'humanité, n'étant ainsi pas du tout qualifié pour devenir le guide spirituel que celle-ci a réellement besoin.

Le personnage qui tient le rôle du rival de Kamille dans cette série est un Titan nommé Jerid Messa. Un personnage qui nous réserve quelques surprises puisqu'en dépit de sa personnalité arrogante et hargneuse, il n'est pas dénué d'un certain sens moral, aspirant à prendre un jour la tête des Titans afin de changer leur système corrompu, étant même prêt à changer son foutu caractère pour y arriver. Le principal obstacle à ses ambitions s'avère naturellement être Kamille Bidan qui lui inflige de nombreuses défaites sévères et humiliantes, compromettant sérieusement son ascension. Cette rivalité se révèle extrêmement forte car les évolutions des deux personnages s'opposent sans cesse sur presque tous les points et leur profonde animosité engendre de nombreuses tragédies dans leurs entourages respectifs, perpétuant un cycle de haine qui ne prendra fin qu'avec la mort de l'un d'eux. Et il est très intéressant de suivre leurs évolutions parallèles car, à mesure que Kamille évolue en tant qu'être humain et que pilote, Jerid progresse lui aussi en tant que leader, apprenant à gérer le travail en équipe et à prendre soin de ses subordonnés. Il a beau être un des antagonistes de la série, il n'en demeure ainsi pas moins un personnage très attachant, à l'inverse d'un autre Titan comme Yazan Gable qui est, lui, une ordure finie, l'incarnation même de la bête sauvage, du psychopathe assoiffé de sang, qui trouve sa raison d'être dans les meurtres qu'il provoque (je tue donc je suis), juste pour son seul plaisir abject. Ces deux personnages très différents mais néanmoins complémentaires ne manquent pas d'illustrer les divergences profondes de convictions et de caractères au sein de l'organisation des Titans, donnant ainsi plusieurs dimensions aux antagonistes principaux de la série alors qu'ils nourrissent des rivalités farouches avec le héros Kamille et avec ses nombreux alliés.

Par la suite, une troisième faction fait son apparition durant la seconde moitié de la série: Axis-Zeon, composée des héritiers du défunt Duché de Zeon et des sympathisants des Zabi réunis autour de la dernière survivante de leur dynastie: la très jeune princesse Mineva. Celle-ci est sous l'influence de la régente Haman Karn, une ancienne flamme de Char Aznable, qui est la véritable instigatrice de leur résurgence et la seconde ennemie principale de la série après Paptimus Scirocco des Titans. A travers ces deux personnages, c'est l'ennemi de la série originale qui est de retour, visant à restaurer l'ancien Duché de Zeon et à reprendre la guerre d'indépendance contre la Fédération Terrestre. Mais à leur actuelle, leur apparition lors du conflit entre l'AEUG et les Titans est surtout le signe d'un nouvel acteur qui risque de peser lourd dans la balance selon les alliances et les trahisons qui vont se nouer avec les deux camps. Pour l'AEUG comme pour les Titans, l'intervention des rescapés de Zeon pourrait aussi bien marquer leur victoire que leur défaite, mais il ne faut pas oublier qu'Haman Karn agit en fonction de son propre agenda, que c'est celui-ci qui lui dicte les actions à entreprendre pour y parvenir plus facilement et qu'ils ne peuvent donc pas lui faire aveuglément confiance. D'autant que le vainqueur, quelqu'il soit, devra forcément combattre ce nouvel ennemi pour l'empêcher de réveiller la menace de la Guerre d'Un An alors qu'il sortira déjà très affaibli de ce conflit. Tout semble donc jouer en faveur d'Haman et celle-ci joue son rôle d'antagoniste ambigu à merveille.

Haman, Scirocco et Char forment à eux trois un trio de personnages forts rivalisant de charisme qui aspirent tous à devenir les nouveaux guides spirituels de l'humanité, chacun selon sa propre philosophie. Tous les trois sont marqués par leur formidable ambiguité (Char au même titre que les deux autres) et surtout par leur rivalité qui se ressent à tous les niveaux et qui est d'autant plus forte dans les cas de Char et d'Haman qui partagent un passé commun qui continue de les troubler aujourd'hui. Mais en dépit des nombreuses demandes d'Haman, il est totalement inconcevable pour Char Aznable, héritier des idéaux de son père Zeon Daikun qui fut assassiné par les membres de la famille Zabi, d'aider à la renaissance de la dynastie fondée par ses ennemis jurés et qu'il a lui-même anéanti de ses mains, et il est encore plus dégoûté de voir son ancienne conquête se servir de la jeune Mineva pour parvenir à ses fins, lui imposant un destin bien trop lourd pour son âge alors qu'il aurait aimé la voir mener l'existence d'une jeune fille ordinaire, loin de la politique et des complots. Char est un être qui a énormément souffert de son passé, qui voit l'humanité répéter à nouveau les mêmes erreurs et qui aurait aimé épargner à Mineva la souffrance qu'il a lui-même connu, d'autant qu'il se sent responsable à son égard après l'avoir rendu orpheline.

L'intrigue de Zeta Gundam est donc portée en grande partie par les histoires de ses nombreux personnages, tous très intéressants et qui se dévoilent dans toute leur richesse à mesure que l'intrigue évolue. La série prend tout le temps nécessaire afin de bien les développer et leurs histoires personnelles résonnent en symbiose parfaite pour créer une grande aventure humaine ponctuée de personnages magnifiques aux destins souvent tragiques. Car il ne faut pas oublier que le sujet principal de la franchise Gundam est la dénonciation de l'absurdité, de la violence et des tragédies de la guerre et, à ce titre, aucun personnage n'est épargné. Tous la vivent et la ressentent à leur manière et nombreux sont ceux qui y perdront la vie tragiquement après que le spectateur se soit bien attaché à eux. Les drames ne manquent pas et c'est à travers toutes ces épreuves douloureuses que nos personnages se construisent humainement dans les deux camps, Kamille en tête de liste. Le réalisme de l'univers et sa richesse ahurissante n'ont d'égale que l'extrême noirceur, un drame humain digne des grandes tragédies shakespeariennes où le réalisateur Yoshiyuki Tomino nous prouve une nouvelle fois son formidable talent de conteur avec une narration, des développements des personnages et une écriture de dialogues toujours très travaillés et aboutis.

On est notamment admiratif devant la façon exemplaire avec laquelle Tomino gère sa narration, amenant Kamille à découvrir le conflit à travers ses différentes et multiples facettes (notamment sa dimension politique qui n'était jusque là pas vraiment abordée dans la première série) en explorant le vaste univers et en faisant de nombreuses rencontres, renouvelant ainsi sans cesse les enjeux immédiats de l'intrigue. Bien sûr, le meilleur des scénarios n'aurait pas un tel impact s'il n'était pas aussi accompagné à côté par une réalisation de talent et, de ce côté là aussi, on a de quoi se réjouir. L'animation de la série est vraiment superbe et très maîtrisée, en avance sur son époque, et la mise en scène est autant portée par le réalisme impressionnant des personnages, offrant un vaste répertoire d'émotions, que par le dynamisme imbattable des batailles de Mobile Suits qui ne cessent d'en mettre plein la vue en dépit de leur âge. Malgré son animation traditionnelle, on aurait presque du mal à croire que la série date du milieu des années 80 tant elle peut prétendre surpasser pas mal de séries récentes. L'identité musicale très lyrique de la série colle aussi parfaitement à son ambiance, par moments portée par le romantisme et l'émotion, et à d'autres moments beaucoup plus épiques et sombres. A la manière du film L'Empire contre-attaque, c'est le genre d'oeuvres qui donnent tout son sens au "space-opera", virtuoses à l'absolu mais aussi portées par un destin fataliste (et les deux oeuvres peuvent prétendre avoir redéfini à elles-seules l'identité entière d'une franchise, voire même carrément un genre entier).

Les séquences de batailles sont monumentales, tant du point de vue de l'animation que de leur mise en scène, sans oublier bien sûr la narration qui met toujours l'accent sur leurs enjeux dramatiques et humains. On ressent sans cesse le danger de ces confrontations avec leur part d'incertitudes et le risque de voir certains personnages connaître une fin brutale à laquelle on ne s'attend pas et qui pourrait avoir un impact significatif sur la suite des événements et sur les évolutions des autres personnages. Le réalisateur fait ici preuve d'un talent inouï pour plonger son spectateur au coeur de ces batailles et pour lui faire ressentir toute leur intensité et leurs sensations, donnant parfois l'impression d'être à bord des Mobile Suits et de vivre la bataille en apesanteur. On a probablement là l'une des oeuvres de japanimation les plus convaincantes en matière de batailles spatiales, ces scènes étant de plus toujours intrinsèquement liées à l'évolution de l'intrigue ou à celle des nombreux personnages impliqués (en l'espace de 50 épisodes, il n'y a pas eu une seule bataille "gratuite" de toute la série, elles ont toutes leur importance). Tomino a réussi à nous créer là une oeuvre très complète et cohérente aux airs de grande épopée épique de SF, assurant l'incroyable réussite artistique de cette série.

Au final, Mobile Suit Zeta Gundam est souvent considérée comme l'une des meilleures incarnations de la célèbre franchise et comme un chef d'oeuvre de science-fiction, et elle est assurément largement à la hauteur de sa réputation. Outre son influence considérable sur le genre mécha, c'est certainement l'une des plus grandes oeuvres de japanimation jamais crées. Elle a quasiment redéfini à elle seule le genre mécha, prouvant qu'il est possible de faire des oeuvres intelligentes aux univers ambitieux avec un vrai soucis apporté à la cohérence et au réalisme du moindre détail, et on sent aussi que c'est à cette série que l'on doit d'avoir tracé la voie à d'autres oeuvres cultes tels qu'Evangelion er Code Geass. Mais bien qu'elle ait vu naître nombre d'héritiers qui parvenaient à exploiter convenablement sa recette miracle, Zeta Gundam parvient malgré tout à résister efficacement à l'épreuve de l'âge et à demeurer encore inégalée en son genre, l'une des séries les plus riches, les mieux exécutées et les plus intemporelles qu'il m'ait été donné de voir. Tout dans Zeta Gundam touche à la perfection, cette série est l'exemple même d'une oeuvre qui a réussi à atteindre l'excellence sur tous les niveaux. Son seul réel bémol est d'être la seconde partie d'une oeuvre bien plus vaste et plus riche dans son ensemble qui inclut la série Mobile Suit Gundam, sa propre suite Mobile Suit Gundam Double Zeta et enfin le film de conclusion Char contre-attaque. Mais à la manière de L'Empire contre-attaque par rapport à Star Wars, on tient là le plus beau morceau de la saga, la pièce d'exception qui l'a complètement redéfinie après l'essai déjà convaincant du premier opus. En un mot, un seul terme qui définit bien tout ce qu'est Zeta Gundam et tout ce qui peut s'en dégager, un "chef d'oeuvre" mené de main de maître par l'un des plus grands visionnaires du monde de l'animation.

Verdict: Excellent (20/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 18 avr. 2015, 01:40, modifié 12 fois.

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Takato
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Takato » 29 janv. 2014, 20:26

Excellente critique de Zeta Gundam qui est aussi ma série Gundam préférée, son 20/20 n'est pas usurpé ! Je ne m'étendrai pas car je ne ferai que répéter les points que tu soulignes, mais Z brille a mes yeux pour sa noirceur. MSG montrait bien la guerre et les horreurs qu'elle pouvait engendrer, mais cette vision est multipliée par 10 dans Zeta. En particulier, les deux derniers épisodes sont juste traumatisants, il y a vraiment des choses dont j'ai du mal à me remettre comme :

[spoiler]La mort de Katz. Bordel, c'était l'un des trois bambins du White Base quand même ! Et Camille, héros de la série qui devient handicapé mental à cause de la trop grande charge de Psycomu envoyé par Scirocco... Le mec a perdu sa mère, son père, la nana dont il est tombé amoureux sur le champ de bataille, et sa récompense est de perdre aussi sa santé mentale. Je pense que Tomino était sous anti dépresseurs lorsqu'il a écrit cette fin, et je pense que c'est aussi pour cette raison que le début de ZZ est de l'ordre de la parodie.[/spoiler]

Ce qui m'interpelle aussi, c'est que Gundam SEED Destiny a plagié de nombreux éléments de Zeta en les traitant n'importe comment. Par exemple, le couple Shinn / Stella est un plagiat de l'idylle entre Camille et Four sauf que dans Zeta, le tout est tragique et poignant, on sent vraiment l'horreur subie par l'un et l'autre dans la mise en scène et les choix techniques. Dans GSD, bah... c'est malsain (Shinn qui voit en Stella sa sœur), mais en plus c'est cliché comme par possible.

Bref, Zeta est la meilleure série Gundam en mon sens. Je n'ose d'ailleurs pas regarder les trois films "A new translation" qui ont l'air d'être un massacre scénaristique et technique.
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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 31 janv. 2014, 01:26

Ce qui m'interpelle aussi, c'est que Gundam SEED Destiny a plagié de nombreux éléments de Zeta en les traitant n'importe comment. Par exemple, le couple Shinn / Stella est un plagiat de l'idylle entre Camille et Four sauf que dans Zeta, le tout est tragique et poignant, on sent vraiment l'horreur subie par l'un et l'autre dans la mise en scène et les choix techniques. Dans GSD, bah... c'est malsain (Shinn qui voit en Stella sa sœur), mais en plus c'est cliché comme par possible.
Gundam Seed Destiny, c'est une série que je trouve vraiment très fun (j'adore notamment les séquences de bataille), mais c'est clair que c'est au niveau du scénario que ça pêche. Cela dit, c'est une série que je n'arrive pas à prendre au sérieux, j'y vois beaucoup de second degré (plus ou moins involontaire) si bien que ce n'est pas du tout le genre de série avec lequel je m'ennuie. Mais c'est vrai que cette suite est bien en dessous de Gundam Seed et que les éléments repris de Zeta Gundam sont soit repris de manière correcte mais sans l'intensité de l'original (Durandal est l'un des personnages les plus convaincants de la série, mais il reste tout de même trop convenu en comparaison de Scirocco qui, lui, est un personnage vraiment magnifique et marquant) ou alors très mal foutu (Shinn Asuka qui est un alter-ego complètement foiré de Kamille Bidan ou, comme tu dis, la relation entre Shinn et Stella qui est complètement pompée sur celle entre Kamille et Four mais qui échoue à rendre la chose aussi tragique et émouvante).
Bref, Zeta est la meilleure série Gundam en mon sens. Je n'ose d'ailleurs pas regarder les trois films "A new translation" qui ont l'air d'être un massacre scénaristique et technique.
Je vais les faire ceux-là aussi, mais j'ai vu le premier et c'est effectivement... un massacre. Ces films, c'est juste une grosse opération commerciale, une version blockbusterisée de Zeta Gundam qui fait perdre à l'oeuvre quasiment toute sa saveur et sa profondeur, qui la rend presque fade (et il faut le faire franchement, parce que la série est un chef d'oeuvre absolu !). Je ne sais franchement pas ce qui a pris à Tomino de cautionner ça (et de le faire lui-même encore moins), mais il a réussi à massacrer le chef d'oeuvre de sa carrière en cédant aux sirènes du marketing bête et méchant. On ne croirait pas que c'est le même réalisateur qui, à peine cinq ans plus tôt, a signé Turn A Gundam, une oeuvre très auteuriste où il rejetait quasiment en bloc la dimension commerciale de la franchise pour exprimer pleinement sa sensibilité créative.

Et au niveau de la technique, ça alterne entre les séquences d'époque avec leur animation excellente (et toujours aussi bluffante malgré l'âge) et les séquences modernes réalisées en 2005 qui manquent cruellement de personnalité et de saveur, malgré un travail toujours aussi impressionnant sur la mise en scène lors des batailles (comme je l'ai dit, une grosse blockbusterisation: spectaculaire mais sans âme). Ce qui est impressionnant aussi, c'est de voir que les séquences d'époque sont finalement beaucoup plus percutantes que celles réalisées en 2005 (mais c'est déjà aberrant en soi d'alterner les deux au sein du même montage, normalement on referait tout le film afin d'assurer un minimum de cohérence technique :roll: ).

Ces films étaient vraiment une très mauvaise idée et en plus ils ont été fait n'importe comment. :roll:

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Takato
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Takato » 02 févr. 2014, 14:08

Tu as raison, il y a deux approches possibles pour Gundam SEED Destiny. Soit on prend au second degré la série et on s'amuse (ce qui est, entre autre, mon cas car il faut reconnaître qu'on ne s'ennuie pas en la regardant alors que Wing est nulle et chiante, je comprends même pas pourquoi j'ai mis 14/20 à mes chroniques d'ailleurs), soit on ne parvient pas à la prendre autrement qu'au premier degré tant l'attachement aux bases de la saga est grand et que l'importance des repompes et le massacre des concepts de la saga est important.
Par contre, ce que je ne saisis pas, c'est que certains en viennent à la qualifier de meilleure série Gundam. Je ne veux pas paraître élitiste, mais ce sont les même personnes qui trouveraient un Jojo chiant et un Fairy Tail extraordinaire.

Concernant les films "A new translation", je n'ose pas trop m'y frotter pour le moment, j'ai peur de voir le massacre opéré sur ma série Gundam préférée. :cry:

Du coup, mon cher Glass, je suis reparti dans une période Gundam en ce moment, suite à tes messages. J'en ai profité pour me lancer dans 0083 (la série, pas le film que je n'avais pas apprécié, ou plutôt pas pu comprendre à cause du laborieux travail de découpage des 13 OAV en 2 heures), et aussi revoir F91 pour en faire une nouvelle chronique que voici :
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Trois ans après l’excellent « Char contre-attaque », Yoshiyuki Tomino, papa du plus célèbre robot géant du Japon, s’attaque à un nouveau chapitre de la saga Gundam. Après avoir conclu avec brio l’épopée d’Amuro Ray et Char Aznable, le réalisateur a voulu se lancer dans quelque chose d'inédit, un nouveau départ pour la riche fresque qu’est l’Universal Century. C’est ainsi que naquit Gundam F91, film de deux heures qui devait initialement être une série de 52 épisodes. Mais ne préférant pas prendre de risque, la Sunrise n’accepta qu’un long métrage pour cette nouvelle histoire, un film qui donna lieu à une suite en manga : Crossbone Gundam.

Nous sommes en UC0123, soit 30 ans après la mort d’Amuro et Char, mais aussi la défaite totale de Neo Zeon. La Fédération Terrienne a repris le monopole de la direction universelle et a entamé un programme de renouveau complet des colonies. Sur la colonie Frontier IV vit Seabook Arno, adolescent profitant d’un quotidien ordinaire aux côtés de sa troupe d’amis et de la belle Cecily Fairchild. Cette ère de paix se voit bafouée lorsque la colonie est attaquée par Crossbone Vanguard, une milice armée jusqu’aux dents de Mobile Suit performant, dirigée par l’aristocrate famille Ronah et souhaitant établir de force une grande nation qu’elle gouvernerait. Au cours de l’attaque, Seabook et les siens parviennent à s’échapper et trouver refuge auprès de la Fédération Terrienne tandis que Cecily, fille cachée de la famille Ronah, caresse sa nouvelle destinée d’icône politique. Pour Seabook, ce nouveau refuge symbolise son entrée de pieds fermes dans la guerre, mais aussi sa rencontre avec le Gundam F91, un prototype de Mobile Suit des plus performants…

Gundam F91 fait ainsi partie du riche univers de l’Universal Century, un calendrier vaste comptant pas moins de 4 séries télévisées, 5 séries d’OAV et 8 films. Seulement, F91 a la particularité de se dérouler 30 ans après le grand cycle initié par la première série, couvrant la majorité des œuvres de l’UC. Le contexte est ainsi nouveau et il n’est pas nécessaire d’être connaisseur dans la saga Gundam pour se lancer dans le visionnage de ce film, tant les références aux œuvres antérieures sont presque inexistantes.

Ainsi, Gundam F91 nous plonge dans un univers ou la Terre a la mainmise sur ses colonies spatiales. A l’instar de la toute première série, nous découvrons une poignée d’adolescents éloignée de tout conflit, jusqu’au jour où la guerre les rattrape et que toute la joyeuse bande se retrouve projetée dans une joute qui les dépasse. Le contexte de cette guerre ? Une milice souhaitant s’émanciper de la domination fédérale, créer son propre empire et utilisant la force pour cela. Encore une fois, la Terre est opposée à ses propres colonies. Les éléments classiques de la première série Gundam sont ainsi repris, chose peu étonnante sachant que Tomino souhaitait faire de ce F91 un nouveau point de départ pour la saga, son ambition étant de proposer une relecture des bases de l’Universal Century. Un héros se découvrant New-Type (un humain aux sens accrus qui s’est éveillé au contact de l’espace) et devant piloter une puissante machine de guerre pour protéger les siens et se sortir de ce conflit, voici la tête d’affiche de l’histoire, ce qui n’est pas sans rappeler Amuro Ray (ou Kira Yamato pour ceux qui n’auraient jamais touché à l’Universal Century). Le schéma du film s’avère ainsi très classique : Une attaque de la colonie de nos héros qui cherchent à s’évader, la résistance face aux agresseurs, et une multitude de péripéties et batailles qui déboucheront sur l’affrontement face aux « boss de fin » de l’histoire. Inspiration assumée de la première œuvre ou peut-être un manque d’inventivité de la part de Tomino… Dans tous les cas, les fans de la première heure ne sont pas déroutés une seule seconde.

Pourtant, F91 propose tout de même de nouvelles choses durant ses deux heures. Ainsi, le concept de la dynastie Zabi est remplacé par la noble famille Ronah à laquelle appartient Cecily, muse de Seabook, permettant de faire de l’héroïne un personnage affirmé non reléguer au simple rang de potiche. La famille Ronah diffère des Zabi par la variété de ses représentants. Outre Cecily, nous avons le grand-père prônant une paix, le commandant expert au pilotage qui s’affirmera comme un vague rival pour Seabook, et bien entendu l’ennemi masqué de l’œuvre, le père mégalomane aux noirs desseins. Et du côté de la brochette de héros, nous avons affaire à des jeunes gens hauts en couleurs, tentant de survivre tant bien que mal dans ce conflit, avec pour seule arme leur courage. Tomino a gommé ici les jeunes guerriers meurtris pour nous offrir quelques individus courageux, s’armant de leur bravoure pour s’impliquer. Et si ces derniers manquent de développement, on remarque l’accent mis sur la situation familiale de Seabook et sa sœur, un élément qui permet de le distinguer d’Amuro Ray même si on retrouve certaines similitudes, notamment l’autorité familiale qui favorise son travail aux siens.

Gundam F91 propose ainsi une relecture intéressante des bases de la saga, et le film aurait pu s’imposer comme une véritable ébauche à une nouvelle ère si son succès eut été fulgurant, ce qui ne fut pas le cas. En cause, on soupçonne le format du film. En effet, la Sunrise n’ayant voulu prendre de risques, Tomino eu l’obligation de condenser son histoire en deux heures. Et plutôt que de massacrer entièrement son scénario, ce sont les 13 premiers épisodes de l’hypothétique série qui composent ce long métrage cinéma, ce qui n’est pas totalement sans dégâts non plus. Ainsi, si on insiste sur l’attaque de Frontier IV au début du film, la suite des évènements s’accélère, parfois de manière laborieuse. Il faut ainsi rester concentrer pour saisir le cheminement de l’histoire, savoir ce qui s’est passé entre deux scènes. Le rythme est effréné et on ne s’ennuie pas, oui, mais la compréhension du film n’est pas toujours simple. Et plus grave que ça, on sent bien que Tomino avait beaucoup d’idées pour sa nouvelle histoire mais le format l’oblige à supprimer certains développant, ce qui fait que certains rebondissements sonnent comme des pétards mouillés et certains personnages restent dans l’ombre jusqu’à la fin de l’histoire. Aussi, si le film peut se suffire à lui-même, beaucoup de questions restent en suspens et il aurait été intéressant de voir la direction prise par Crossbone Vanguard suite au combat de Seabook. Nous voyons bien que F91 n’aurait pas dû se limiter à ce film de deux heures mais malheureusement, on ne saura jamais ce que Tomino voulait véritablement faire de son scénario.
On notera qu’un autre axe permettant à F91 de se différencier des premières productions de l’Universal Century est sa dimension romantique. Le film est aussi l’histoire d’amour entre Seabook et Cecily, les traditionnels amis d’enfance que la guerre va séparer, mais aussi réunir. L’idylle ne se fige pas dans le mélodramatique comme peuvent le faire Gundam SEED ou Gundam 00, elle propose une approche plus réaliste et optimiste de l’amour déchiré par la guerre. Il est d’ailleurs important de constater que cette romance n’est marquée que par des sous-entendue et cette obsession que l’un et l’autre a de retrouver l’être aimé. Pas de « je t’aime », ni même un bisou, mais juste une relation purement fusionnelle qui ne laisse aucun doute au spectateur.

Gundam F91 est un indice à lui-seul pour la date de sortie du film au Japon : 1991. Ainsi, le film est techniquement réussi, à commencer graphiquement. Le travail visuel est net, les batailles correctement animées et palpitantes, et le choix des couleurs très appuyé permettant de ne pas rendre l’univers visuel fade. Quatre ans avant Gundam Wing, F91 faisait déjà bien mieux techniquement. Pour autant, l’Universal Century ne perd pas son identité visuelle et le F91 suit la logique de l’héritage du RX-78, premier Gundam de la saga. En revanche, on déplore un mecha-design étrange. Pas que ce dernier soit moche, il est en revanche très éloigné de celui connu dans les œuvres précédentes et est le seul point qui pourrait faire passer F91 pour une œuvre d’un univers alternatif.
Du côté de la bande sonore, nous sommes là aussi très loin des ambiances proposées dans les précédentes œuvres de l’Universal Century. Chaque titre a su imposer son univers musical, par exemple Zeta Gundam avec sa noirceur ou Char contre-attaque avec sa tonalité plus dramatique mais ici, nous retrouvons des sonorités plus guerrières et impériales. En soi, ce n’est pas vraiment un problème mais là où le bât blesse, c’est que certaines compositions semblent plagiées du travail de John Williams pour Star Wars, notamment les pistes de la marche impériale de l’Empire ou le thème de Yoda. Du côté du générique de fin (servant aussi d’Insert song au film), Hiroko Moriguchi est de retour après le sublime opening 2 de Zeta Gundam. Cette fois, la chanteuse signe Eternal Wind, une musique toute aussi superbe bien que plus optimiste, qui sonne comme une ode à l’idylle entre Seabook et Cecily. Et pour les amoureux du générique, la bande originale propose une autre chanson de l’artiste, Kimi wo mitsumete ~ The time I’m seeing you, plus dynamique mais toujours aussi bonne !

En termes d’édition, Beez a fait un très bon boulot. Le packaging est un simple boitier amaray noir qui contient le disque ainsi qu’un catalogue des titres de l’éditeur. Le contenu est plutôt basique : le film en vostfr uniquement et quelques bandes annonces. Néanmoins, si l’absence de doublage français est dommage, la traduction et adaptation française est excellente. Jun-ichi Takeda, traducteur presque officielle de la saga Gundam en France, rend une nouvelle fois une très bonne copie grâce à une adaptation fluide et sans bavure.

Gundam F91 est un film qui souffre de certains défauts, notamment un rythme mal géré qui entraine certains dégâts scénaristiques, ou encore le fait que cette relecture des bases de la saga se rapproche un peu trop de la série originale par moment. Malgré tout, F91 construit son propre univers et s’impose comme un divertissement agréable pour tous les publics. Les novices en matière de Gundam peuvent entamer la saga par ce long métrage sans être dépaysés, et les vétérans peuvent y voir une histoire complète sympathique dans le cadre de l’Universal Century. Malgré les défauts du film, chacun peut y trouver son compte.
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Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 02 févr. 2014, 15:42

alors que Wing est nulle et chiante, je comprends même pas pourquoi j'ai mis 14/20 à mes chroniques d'ailleurs
Il y a des gens qui aiment aussi. Mais perso, c'est de très loin la plus mauvaise série Gundam que j'ai vu pour le moment, au point même d'en devenir l'un des plus mauvais animés que je connaisse. Je ne lui mettrais pas la moyenne pour ma part, je ne vois rien à sauver dans ce massacre à part les génériques des Two-Mix (excellents), les musiques en général et le film de conclusion (très bon). L'animation est moyenne, la réalisation est dénuée de substance au possible (et les batailles sont incroyablement confuses en plus d'être soporifiques, on ne reconnait même pas les camps tellement ça part dans tous les sens sans être clair), l'histoire tourne en rond et part dans tous les sens avec la subtilité d'un bulldozer dans un WTF permanent, et la caractérisation des personnages est l'une des pires qu'il m'ait été donné de voir (il y a un SERIEUX décalage entre les intentions des personnages et leurs actions, appuyé par une philosophie de placard qui parle beaucoup pour ne rien dire et à la limite de l'incompréhensible, et des psychologies... quelle horreur quoi, ils sont tous cinglés dans cette série ! Il y a les tarés masochistes qui ont perdu tout sens des réalités d'un côté et les psychopathes se cataloguant activistes pacifistes de l'autre). Je me suis rarement autant fait chier devant une série, quand je n'étais pas frustré par son degré de connerie immense qui ne prend jamais sa propre histoire ou l'intelligence du spectateur au sérieux tout en affichant des prétentions énormes.

C'est pour ça que je dis qu'en comparaison Gundam Seed Destiny m'a bien diverti: la série accuse de nombreuses failles mais elle ne se prend pas trop au sérieux avec une ambiance assez légère et un second degré plus ou moins involontaire. La série mise avant tout sur le fun et ne se prend pas trop la tête. Pas une grande série ni une oeuvre ambitieuse comme l'Universal Century ou Gundam 00, juste du bon vieux divertissement ciné-McDo bien efficace et dopé à l'ambiance J-Pop.
J'en ai profité pour me lancer dans 0083 (la série, pas le film que je n'avais pas apprécié, ou plutôt pas pu comprendre à cause du laborieux travail de découpage des 13 OAV en 2 heures)
Gundam 0083. Une série qui a connu une production assez particulière puisque le réalisateur initial est mort dans un accident à la moitié de la série. Et avant de le savoir, j'avais bien senti le décallage entre les six premiers épisodes vraiment excellents et la suite d'un niveau un peu moindre. Mais ça reste une série d'OAV très intéressante qui sert de préquelle aux événements de Zeta Gundam. Pour le film, je ne l'ai pas encore vu mais je compte bien en faire la chronique après avoir revisionné la série (mais bon, pour l'heure je viens juste de finir Gundam Double-Zeta et je vais enchaîner avec Victory Gundam, la dernière grosse série de l'Universal Century si on ne compte pas Turn A Gundam).
Et du côté de la brochette de héros, nous avons affaire à des jeunes gens hauts en couleurs, tentant de survivre tant bien que mal dans ce conflit, avec pour seule arme leur courage. Tomino a gommé ici les jeunes guerriers meurtris pour nous offrir quelques individus courageux, s’armant de leur bravoure pour s’impliquer. Et si ces derniers manquent de développement, on remarque l’accent mis sur la situation familiale de Seabook et sa sœur, un élément qui permet de le distinguer d’Amuro Ray
Là-dessus, Gundam F91 a complètement repris de Double-Zeta mais avec une tonalité plus dramatique si je me souviens bien.
Un héros se découvrant New-Type (un humain aux sens accrus qui s’est éveillé au contact de l’espace) et devant piloter une puissante machine de guerre pour protéger les siens et se sortir de ce conflit, voici la tête d’affiche de l’histoire, ce qui n’est pas sans rappeler Amuro Ray (ou Kira Yamato pour ceux qui n’auraient jamais touché à l’Universal Century).
Au passage, une petite précision mais, si cela n'est jamais évoqué clairement dans la série, les newtypes existent dans l'univers de Gundam Seed et Gundam Seed Destiny (ça a été confirmé par le réalisateur) mais ils sont très peu nombreux et ça n'arrange rien que leur existence soit ignorée. Mu La Fraga, Rau Le Creuset et Kira Yamato font partie des quelques personnages reconnus comme des newtypes.

http://gundam.wikia.com/wiki/Newtypes_%28SEED%29

Tu peux ajouter un repompage de l'Universal Century en plus à ta liste. :lol:


Sinon, très bonne chronique de Gundam F91. :wink:
Modifié en dernier par Glass Heart le 02 févr. 2014, 17:30, modifié 2 fois.

Glass Heart
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Re: Gundam la saga!

Message non lu par Glass Heart » 02 févr. 2014, 17:02

J'en profite pour faire une chronologie rapide de la franchise parce que j'imagine que ça commence à devenir un peu le bordel là. :lol:

Je précise qu'à part l'Universal Century et le Correct Century qui sont le même univers à deux époques différentes, tous sont des univers distincts sans aucun lien narratif entre eux.




UNIVERSAL CENTURY

U.C. 0079-0080: La Guerre d'Un An entre la Fédération Terrestre et le Duché de Zeon

Mobile Suit Gundam (1979-1980): série télévisée de 43 épisodes ou trois films. Réalisés par Yoshiyuki Tomino.
Mobile Suit Gundam 0080: War in the Pocket (1989): série de 6 OAV.
Mobile Suit Gundam: The 08th MS Team (1996-1999, 2013): série de 12 OAV ou un film + 1 OAV additionnel produit en 2013.
Mobile Suit Gundam MS IGLOO (2004, 2006, 2008-2009): ensemble composé de trois séries de 3 OAV chacune.


U.C. 0083: L'Opération Stardust, conflit opposant les rescapés de Zeon à la Fédération Terrestre dans un climat de paix fragile

Mobile Suit Gundam 0083: Stardust Memory (1991-1992): série de 13 OAV ou un film.


U.C. 0087-0088: Le Conflit de Gryps entre l'Anti-Earth Union Group et les Titans

Mobile Suit Zeta Gundam (1985-1986): série télévisée de 50 épisodes ou trois films. Réalisés par Yoshiyuki Tomino.


U.C. 0088-0089: La Première Guerre de Neo Zeon

Mobile Suit Gundam Double-Zeta (1986-1987): série télévisée de 47 épisodes. Réalisée par Yoshiyuki Tomino.


U.C. 0093: La Seconde Guerre de Neo Zeon

Mobile Suit Gundam: Char's Counterattack (1988): film. Réalisé par Yoshiyuki Tomino.


U.C. 0096: La Troisième Guerre de Neo Zeon

Mobile Suit Gundam Unicorn (2010-2014): série de 7 OAV.


U.C. 0123: La Guerre de Cosmo Babylone

Mobile Suit Gundam Formula-91 (1991): film. Réalisé par Yoshiyuki Tomino.


U.C. 0153: La Guerre de l'Empire Zanscare

Mobile Suit Victory Gundam (1993-1994): série télévisée de 51 épisodes. Réalisée par Yoshiyuki Tomino.




CORRECT CENTURY

C.C. 2345

Turn A Gundam (1999-2000): série télévisée de 50 épisodes ou deux films. Réalisés par Yoshiyuki Tomino.

Cette chronologie est en fait le lointain futur de l'Universal Century, dans une autre ère située environ 3000 ans après la fin de l'UC. Turn A Gundam est prise en compte comme partie intégrante de cet univers dans son scénario.




FUTURE CENTURY

F.C. 60

Mobile Fighting Legend G Gundam (1994-1995): série télévisée de 49 épisodes.




AFTER COLONY

A.C. 195

New Mobile Report Gundam Wing (1995-1996): série télévisée de 49 épisodes ou 4 OAV.


A.C. 196

New Mobile Report Gundam Wing: Endless Waltz (1997): série de 3 OAV ou un film.




AFTER WAR

A.W. 0015

New Mobile Century Gundam X (1996): série télévisée de 39 épisodes.




CORRECT CENTURY

C.E. 71

Mobile Suit Gundam SEED (2002-2003): série télévisée de 50 épisodes (48 en version HD Remaster) et un OAV de conclusion ou trois OAV.


C.E. 73

Mobile Suit Gundam SEED Destiny (2004-2005): série télévisée de 50 épisodes (version HD Remaster en cours) et un OAV de conclusion (remaniant la fin de la série) ou quatre OAV.
Mobile Suit Gundam SEED C.E. 73: Stargazer (2006): série de 3 OAV.




ANNO DOMINI (Gundam 00)

2307-2308 A.D.

Mobile Suit Gundam 00 (2007-2008): série télévisée, première saison de 25 épisodes ou un OAV.


2312 A.D.

Mobile Suit Gundam 00 (2008-2009): série télévisée, seconde saison de 25 épisodes ou deux OAV.


2314 A.D.

Mobile Suit Gundam 00: Awakening of the Trailblazer (2010): film.




ADVANCED GENERATION

A.G. 115

Mobile Suit Gundam AGE (2011-2012): série télévisée, arc de Flit Asuno (épisodes 1 à 15).


A.G. 140-142

Mobile Suit Gundam AGE (2011-2012): série télévisée, arc de Asemu Asuno (épisodes 16 à 28 ou un OAV).


A.G. 164-165

Mobile Suit Gundam AGE (2011-2012): série télévisée, arc de Kio Asuno (épisodes 29 à 49).




ANNO DOMINI (Gunpla)

2010 A.D.

Model Suit Gunpla Builders Beginning G (2010): série de 3 OAV.


???? A.D.

Gundam Build Fighters (2013-2014): série télévisée (en cours).
Modifié en dernier par Glass Heart le 02 févr. 2014, 17:46, modifié 1 fois.

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