Blood the last vampire

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Erkael
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Blood the last vampire

Message non lu par Erkael » 16 mars 2013, 20:10

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Dans la base américaine de Yokota au Japon, quelques mois avant le début de la guerre de Vietnam, Saya, une vampire, lutte contre des démons vampires appelés Chiroptans, qui prennent l'apparence d'humains. Saya travaille pour le gouvernement américain et serait la dernière vampire, issue de la race originelle.

Blood the last vampire est un film animé réalisé par Hiroyuki Kitakubo (connu pour les OAV de Jojo's bizarre adventure et de Golden Boy), sorti en 2000. Le film est connu pour être le premier film d'animation japonaise à mélanger habilement des éléments en 2D et 3D, faisant office de précurseur pour des films utilisant des techniques semblables, tels que Innocence : Ghost in the Shell 2 ou Avalon.

Le film ne dure que 45 minutes. Cela nuit grandement à son intérêt puisque le scénario n'est pas assez développé et le manque de profondeur des personnages est évident. Cela dit, même sur 45 minutes, il serait tout à fait envisageable de poser des bases intéressantes. Mais Blood fait fi de cet état de fait en proposant un traitement très américain de l'histoire et des personnages. On se retrouve avec une chasseuse de monstres sauvage et taciturne, machine à tuer, ne présentant aucun des signes distinctifs des vampires (goût pour le sang, faiblesse à la lumière, encore moins allergie à l'ail...). Bref, si elle nous avait été présentée comme une super-combattante plutôt qu'une vampire, on aurait pas fait la différence. Seul trait particulier : Saya méprise les humains et devient violente dès qu'elle fait face à des symboles religieux : elle manque d'étrangler un agent faisant référence au Christ, puis injure une infirmière pleurnicharde qui s'en remet à sa croix avant de la consoler pour lui redonner courage avant la bataille... Psychologie des personnages absentes, pauvreté du scénario, héroïne peu intéressante, renvoyant à du déjà-vu (mais en mieux). Etant donné que Blood présente une histoire très manichéenne - soit une combattante face à des monstres vampiriens -, il s'agit d'expliquer que les Chiroptans peuvent prendre rapidement la forme de n'importe quel genre d'être humain. Mais une fois leur véritable nature dévoilée, on se demande bien ce que cette espèce a en rapport avec les vampires, ressemblant plus à des monstres basiques, mélange de ptérodactyles et de crocodiles voraces... Bref, qu'il s'agisse de Saya ou des Chiroptans, le lien avec la mythologie relative aux vampires est inexistant.

Niveau graphismes et animation, on est bien loin de la révolution numérique annoncée sur la jaquette et la bande-annonce. Certes, les effets de lumière sont hyper-dynamiques, l'animation est très propre et fluide, les couleurs sont superbes : on était un cran au-dessus du reste de la production à la même époque, c'est certain. Mais il ne faut pas non plus céder au racolage : Blood est très bon sur ce point mais n'impressionne pas outre mesure. Sur un film de 45 minutes seulement, on peut se poser la question de savoir si on a pas là affaire à un coup d'essai de nouvelles techniques graphiques plus qu'à une oeuvre complète, vu que le scénario est anecdotique et que Mamoru Oshii, célèbre pour les films Ghost in the Shell, est producteur sur Blood sans qu'on ressente son influence.

Le film est disponible en VO sous-titrée français ou VF. Or, la VO s'avère être par défaut... la langue anglaise ! Quel drôle de choix que de ne pas avoir livré de version japonaise ! Les versions anglaise et française se confondant dans la médiocrité, on préférera pour une fois regarder le film dans la langue de Molière plutôt que dans celle de Shakespeare. La VF s'en sort presque bien lorsqu'on entend des voix américaines tout à fait vulgaires et peu concernées...

Niveau édition, soulignons la présence de deux making-of très intéressants, notamment quant aux techniques 3D utilisées, faisant plus d'une heure à eux deux. Une galerie d'images (anecdotique) est également présente, de même que quelques fiches d'informations sur les personnages et termes évoqués lors du film. On en apprend d'ailleurs plus sur les personnages lors des making-of et par les fiches personnages que grâce au film lui-même, c'est dire...

Blood the last vampire laisse un goût d'inachevé. Le scénario est aride et plat, la psychologie des personnages insignifiante, l'héroïne n'est de toute façon jamais attachante tout au long du film, et le comble est d'avoir à supporter des versions anglaise ou française au rabais. Le film n'est sauvé que par des effets graphiques luxueux et quelques scènes de combat assez efficaces.

CRITIQUE DE ROGUE
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