Buddha mountain

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Erkael
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Buddha mountain

Message non lu par Erkael » 16 mars 2013, 20:14

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Quatrième long métrage de la réalisatrice Li Yu, Buddha Mountain est le premier à atteindre nos frontières, et au vu du résultat on peut parier que ce ne sera pas le dernier tant ce film respire la maîtrise !

Ding Bo, Nan Feng et Fatso sont trois amis qui partagent tout depuis des années. Une fois leur dernière année de lycée terminée, ils décident ensemble d’arrêter leurs études malgré la pression parentale. Décidant de goûter à la liberté ils quittent leur ville pour aller s’installer à Chengdu, ville montagnarde de campagne où ils seront logés chez une ancienne chanteuse d’opéra aigrie. Le choc des générations paraît inévitable !

Ceux qui recherchent de l’action, ou même du dynamisme repasseront, mais ceux qui cherchent une émotion palpable bien que tout en retenue, des personnages à fleurs de peau, abîmés par la vie, ceux là trouveront leur bonheur avec ce film, dont la grande force réside justement dans cette puissance émotionnelle qu’il dégage.
A première vue, la pitch de départ, à savoir la confrontation des générations dont on devine dés le début ce qu’elle va donner, c’est à dire des conflits suivis d’un attachement quasi filial, est du déjà vu, tout comme ce malaise adolescent perdu dans une vie qui paraît trop étriquée ; pour autant le mariage de ces deux thèmes à priori casse gueule fonctionne à merveille et procure une véritable émotion chez le spectateur qui se laisse porter par le ton du film à la fois mélancolique et léger.
De nombreuses scènes respirent la nonchalance adolescente, et c’est là qu’on ressent d’autant plus le conflit des générations avec leur logeuse aigrie et désabusée…mais cette rencontre de solitudes va se rapprocher pour former un nouveau groupe « familial », un cocon où ils vont se protéger mutuellement du monde extérieur.

Ce qui rend ce film plus intéressant que ceux du même genre abordant les mêmes thèmes c’est la légèreté avec laquelle la réalisatrice amène les choses. Ici pas de pathos larmoyant, pas de grande scène dramatique où on explique au spectateur qu’il doit pleurer à grand renfort de musique triste. Tout est exprimé avec une certaine retenue, voir pas du tout exprimée, grâce à des ellipses, ou encore des silences, des plans contemplatifs qui au final s’avèrent exprimer plus de choses que des dialogues trop longs (qu’on ne trouvera pas dans ce film). C’est donc souvent au spectateur, qui n’est pas pris pour un imbécile pour une fois, de traduire les sentiments des personnages.
Ils sont tous écorchés et ils sont surtout tous remarquablement bien interprétés. Ce qui ne paraissait pas évident vu le peu de texte dispensé tout au long du film. Mais ils se renvoient tous la balle intelligemment permettant de changer de point de vue à plusieurs reprises afin que la vision d’ensemble soit plus claire.

C’est donc avec lenteur que la réalisatrice va nous amener à une conclusion forte, très touchante mais elle aussi traitée avec même retenue qui parcoure le film.

Au final on se retrouve avec un film surprenant, touchant et surtout mémorable. Une belle expérience à vivre !
On ne peut pas gagner à tous les coups mais on ne peut pas perdre à chaque fois non plus!

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