Dragon Quest - Emblem of Roto

Destinés à un public adolescent masculin mais faisant néanmoins fureur chez certain(e)s adultes et/ou jeunes filles, les shonen ont droit à leur propre rubrique!
Avatar du membre
Erkael
Entité Démoniaque
Messages : 6361
Enregistré le : 01 juin 2004, 12:45
Localisation : Bordeaux

Dragon Quest - Emblem of Roto

Message non lu par Erkael » 24 mai 2014, 13:18

Image

Auteur: FUJIWARA Kamui (dessins) - KAWAMATA Chiaki (Scénario)
Edité chez Ki-oon


Dragon Quest est une institution! En particulier au Japon, mais également en France où le phénomène prend de plus en plus d'ampleur avec les années. Considéré sans nul doute comme l'un des pères des RPG avec la saga Final Fantasy, la saga Dragon Quest a, en plus d'une belle série de jeux, donné naissance à des adaptations en manga.
On connaît depuis bien des années "Dragon Quest – La quête de Dai", plus connu sous le titre de "Fly" mais on connaissais moins "Emblem of Roto" une autre adaptation qui a déjà failli traverser les frontières il y a quelques années avant que cela ne tombe malheureusement à l'eau. Mais les plus patients d'entre nous sont enfin récompensés par Ki-oon qui édite enfin la titre tant attendu, après une belle campagne promotionnelle, et comme souvent chez l'éditeur pour mieux satisfaire nos attentes, ce n'est pas un mais bien deux tomes qui sortent en même temps!

Le monde est en paix depuis que les héritiers du héros Roto ont triomphé du mal. Chacun d'entre eux a fondé son propre royaume à son nom: Carmen et Loran. Mais après un siècle de tranquillité le mal refait surface et un mauvais esprit s'empare du roi de Carmen qui entraîne son royaume à sa perte... Le prince héritier, Arus, est sauvé par une jeune guerrière qui le cache pendant dix ans avec l'aide de deux sages. Mais un jour ils sont retrouvés par les force du mal...commence alors une quête où notre jeune héros va devoir assumer son destin et, avec les alliés qu'il va rencontrer, il devra comme son ancêtre vaincre le mal à son tour...mais le chemin est long et parsemé d’embûches!

Pour beaucoup Dragon Quest c'est la série de jeu sur laquelle on trouve la patte de Akira Toriyama, le père de Dragon Ball qui est ici character designer, mais c'est bien plus que ça ! Il s'agit d'une institution, une saga ou chaque épisode est indépendant des autres mais possédant de nombreux points communs, tel le bestiaire, les sorts, l'univers en général.
Pour ces raisons, ceux qui ont joué à un ou plusieurs épisodes ou même ceux qui ont lu "La quête de de Dai" (ou "Fly") ne seront pas perdus et retrouveront des éléments connus, les plongeant immédiatement dans un univers reconnaissables (et donc rassurant).
Nous sommes donc en terrain connu et peu de surprises nous attendent dans ce premier tome. La seule véritable surprise vient de l'introduction...il est fréquent que dans ce genre de récit on découvre notre héros à un certain âge et qu'on apprenne son passé par la suite sou forme de flash-backs...ce ne sera pas le cas ici. Un bon tiers du tome va servir d'introduction et expliquer les événements qui ont précédés la naissance de notre héros, événements entraînant la destruction du royaume de Carmen (le choix du nom est fort peu judicieux pour les Européens qui en grande majorité connaissent tous une Carmen).
La suite nous présente notre jeune héros âgé de dix ans avec quelques compagnons d'armes, et à partir de ce moment tout ce qui suivra sera des plus linéaires et pas original pour le moins du monde. Les points communs avec "La quête de Dai" sont même extrêmement nombreux (et je ne parle pas ici de l'univers, mais de l'entrée en matière du scénario). Arus vit dans une zone protégée du mal où humains et monstres vivent en harmonie, et la découverte de leur cachette sera le point déclencheur de sa quête. Il sera accompagné d'un camarade qui ne paye pas de mine mais dont on devine qu'il sera un compagnon important qui fera la différence à plusieurs reprises, et avant de partir au combat il vont rencontrer un des compagnons du dernier grand héros à avoir terrassé le mal, un mage, qui va les former pour qu'ils soient en mesure de vaincre les terribles adversaires qui les attendent, à savoir des rois du mal, assimilés à des généraux de différentes armées... Rien de bien original on vous dit.

Le point le plus intéressant vient d'un autre personnage, très peu présent dans ce premier tome, mais qui laisse présager une rivalité fort intéressante: l'héritier du royaume de Loran, contrairement à Arus, n'a pas échappé aux forces du mal, et lui au lieu d'être un héros de lumière se présente comme un roi du mal. Deux héritiers d'un ancêtre commun opposés par le destin se livrant une lutte quasi fratricide. Un beau symbole sur lequel on suppose que le titre reposera en partie, et on devine déjà une alliance dans les derniers moments où le frère ennemi deviendra le parfait anti-héros... Mais on s'avance un peu trop là...

On est donc en terrain connu, on plonge rapidement dans un univers de Fantasy où fées et dragons se côtoient, où mages et guerriers sont légions, où le bien lutte intensément contre le mal...un univers peut être un peu cliché mais sympathique.
Oui mais voila, si l'univers est sympathique il est trop cliché! Tout comme le déroulement de ce premier tome. Celui ci n'est pas encore terminé que nos héros entament déjà une phase d’entraînement qui doit faire d'eux des guerriers accomplis. On lit donc ce premier tome avec intérêt mais sans passion.

On est également déçu par le dessin bien trop léger. On reconnaît très souvent le style "Dragon Quest" en ayant parfois l'impression de voir des personnages qu'on pourrait trouver dans "La quête de Dai" ou encore en découvrant des créatures issus de l'imagination de Akira Toriyama, mais globalement cela reste assez faible. Les cheveux des personnages par exemple n'ont aucun relief, seuls sont dessinés les contours, symptomatique d'un dessin assez pauvre.

Pour l'heure, Emblem of Roto n'est pas la claque qu'on espérait ni celle qu'on nous annonçait, mais il serait bien stupide de s'en tenir à cette première impression, d'autant plus que Ki-oon nous offre la possibilité d'aller plus loin dans l'aventure avec le second tome, afin de nous faire une idée plus précise de ce qui nous attend.

Pour l'occasion de la sortie du titre en France; l'auteur a réécrit ses commentaires et a dessiné pour une exclusivité Française les tranches qui feront une fresque mises bout à bout! Chapeau bas pour Ki-oon et un grand merci à l'auteur pour cet honneur.
On ne peut pas gagner à tous les coups mais on ne peut pas perdre à chaque fois non plus!

Image

Avatar du membre
Erkael
Entité Démoniaque
Messages : 6361
Enregistré le : 01 juin 2004, 12:45
Localisation : Bordeaux

Re: Dragon Quest - Emblem of Roto

Message non lu par Erkael » 24 mai 2014, 23:15

Vol 2: Sorti simultanément avec le premier tome, ce second opus de la saga Emblem of Roto est l'occasion de pousser un peu plus loin le voyage et de nous faire une idée plus précise de ce qui nous attend, d'autant plus que le premier tome, bien que sympathique, n'était pas non plus aussi exceptionnel que ce qu'on aurait pu attendre...

On retrouve notre jeune héros Arus, accompagné de son ami Kira, dans la tour des mirages du grand sage Kadal qui leur propose un entraînement peu orthodoxe.
Et cet entraînement va occuper les deux tiers du tome, en sachant qu'il a commencé dans le volume précédent...inutile de dire que pour une entrée en matière on fait plus passionnant. Malheureusement, alors qu'on espérait un sursaut d’intérêt qui nous ferait oublier notre mauvaise surprise du premier tome, la déception se prolonge.
Mais tout n'est pas noir, puisque la phase d’entraînement de Arus lui permet de plonger dans le passé et d'y découvrir les quatre héros, Kadal en faisant parti, ayant vaincu le précédent grand seigneur du mal.
Un flash-back immersif est donc proposé, et là encore cela nous renvoi à "La quête de Dai" où on découvrait également par le biais d'un flash-back les anciens héros. On devine alors que nos jeunes compagnons sont appelés à devenir les héritiers de ces grands guerriers, ce que nous confirmera l'auteur immédiatement après: Kadal leur demandant de retrouver les trois "seigneurs", les héritiers de ces fameux héros.

Une nouvelle fois on plonge dans les clichés, et si cela reste bien fait, cela n'est toujours pas passionnant tant cela reste prévisible. L'auteur utilisant les codes du genre de la manière la plus classique qui soit, on a un mage surpuissant qui ne peux pas aider nos héros car il est soit disant trop vieux, il leur propose une quête avec un sous entendu flagrant "démerdez vous pour les détails", et notre petite troupe va par hasard, dés leur première destination, tomber sur un des seigneurs alors qu'ils ne savent pas où chercher...

On est donc clairement dans un univers de fantasy qui respecte les codes du genres, pour autant pour le moment on ne retrouve pas la grande aventure et l'incroyable charisme chez les personnages qu'on trouvait dans "La quête de Dai".
Bien entendu on ne perd pas espoir et on attend la suite avec impatience...cette série ne peut être autrement qu'excellente, mais il faut reconnaître que cela ne part pas de la meilleure des manières.
On ne peut pas gagner à tous les coups mais on ne peut pas perdre à chaque fois non plus!

Image

Avatar du membre
Erkael
Entité Démoniaque
Messages : 6361
Enregistré le : 01 juin 2004, 12:45
Localisation : Bordeaux

Re: Dragon Quest - Emblem of Roto

Message non lu par Erkael » 23 juil. 2014, 01:03

Vol 4: Après un début en demi teinte (trop classique) et un troisième tome étonnamment dramatique, nous sommes rentrés de plein pied dans cette grande saga qui s'annonce épique.
Forcément après l'excellente surprise du tome précédent, nous attendions pas mal de choses de ce quatrième tome qui vient effectivement confirmer !

En une seule image la couverture vient résumer tout ce qu'on va trouver dans ce volume. Nos héros continuent leur quête, et après avoir identifié / trouver deux des trois seigneurs, les héritiers des héros de la précédente guerre, il faut désormais trouver le dernier, celui devant normalement être un descendant du mage Kadal, mais ce dernier n'a justement pas eu de descendance… Un dilemme se pose pour nos héros et ils sont sur le point de renoncer lorsqu'un rêve étrange semble apporter la solution à Arus...l'aventure reprend ! Mais malgré tout, nos héros n'ont pas encore fait le deuil de leur amie Lunafrea…

Et cette quête ressemble plus que jamais à un jeu vidéo, un RPG plus précisément. On retrouve tous les éléments qui définissent le genre : nos héros trouvent des indices en explorant des villages, ils rencontrent de nouvelles races, vont explorer des donjons pour finir par affronter des « boss », ils vont customiser leur équipement, acquérir de nouveaux artefacts, bref tous les éléments essentiels d'un RPG, on est réellement dans un épisode de « Dragon Quest » !
Ici nos héros vont suivre une piste les amenant dans un oasis au milieu du désert peuplé d’elfes et de nains pour un court moment de dépaysement (avec des codes propres au titre puisque ici nains et elfes vivent ensemble en parfaite harmonie). Cette étape n'aura pour seul objectif que de récupérer un artefact d'une grande puissance (ce qui est déjà pas mal en terme de jeux vidéos, dont encore une fois, le titre semble suivre les étapes).
C'est ensuite qu'on trouve les moments forts de ce tome. Retour au pays pour Arus qui va retrouver son château en ruine mais surtout l'ancien capitaine de la garde, le père de Lunafrea pour un moment très touchant. De l'émotion mais également de l'action avec l'apparition d'un adversaire surpuissant, un ancien roi de l'ancienne armée des démons ramené à la vie par l'actuel roi des ténèbres. S'en suivra un combat épique mélangeant magie et acte de bravoure et de chevalerie, avec en arrière plan l'ombre des combattants disparus supportant notre héros encore en apprentissage. Et au risque de se répéter, on a vraiment ici l'impression d'être devant un affrontement de boss de RPG.

Nous avons là un tome vraiment prenant qui nous offre de bien belles choses et notamment de l'émotion, de l'action et surtout un héros prenant de l'envergure et de la maturité, évoluant au fil de l’histoire. Celle ci devenant également réellement passionnante !
Tous les doutes sont désormais levés...vite, la suite !
On ne peut pas gagner à tous les coups mais on ne peut pas perdre à chaque fois non plus!

Image

Répondre