Goldorak

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Koiwai
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Goldorak

Message non lu par Koiwai » 19 mai 2015, 13:01

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Fiche du one-shot Goldorak


C'est l'un des événements éditoriaux du monde du manga en France en 2015 : le mythique Gô Nagai est enfin de retour dans notre pays grâce aux éditions Black Box qui lui dédient une collection. Et c'est évidemment son oeuvre la plus populaire en France, Goldorak qui inaugure celle-ci, avec le one-shot original dessinée par Nagai en 1974-75, et le reboot en 4 tomes dessiné par Gosaku Ota là aussi en 1975.

Si Goldorak est l'oeuvre la plus populaire de Gô Nagai en France, c'est beaucoup moins le cas au Japon, et l'oeuvre doit surtout son aura chez nous à son dessin animée qui a bercé toute une génération. En réalité, le manga Goldorak est, au Japon, la troisième oeuvre d'un ensemble qui a vu naître avant Mazinger Z et Great Mazinger, deux titres beaucoup plus emblématique et à la portée beaucoup plus forte puisqu'ils ont contribue dans leur pays à l'émergence du genre mecha.

Le premier constat à faire concernant le one-shot concerne l'édition elle-même et est mi-figue mi-raisin. Annoncé dans une édition de haute volée, le titre comporte en réels points forts sa première page couleur sur papier glacé, son autre page couleur un peu plus loin, sa traduction très claire, son grand format et sa qualité d'impression très honnête. Mais pour le reste, c'est plutôt maigre : la couverture reste austère et ne comporte aucun synopsis, le papier souffre d'un effet de transparence bien qu'il soit agréable au toucher, la police manque de variété... et, surtout, il y a de quoi regretter l'absence totale de textes de présentation. Aucune présentation de Gô Nagai, aucune présentation de Goldorak et de l'impact que l'oeuvre a eu en France... Après tant d'années à attendre le retour de Nagai en France, un minimum syndical aurait été vraiment agréable, d'autant que l'éditeur nous avait plutôt habitué à offrir des textes de présentation sur la plupart de ses titres.
Notons, enfin, que la traduction a choisi de conserver les noms français utilisés dans le dessin animé. Un choix qui pourrait éventuellement diviser les lecteurs, mais qui reste logique, tant le titre vise avant tout les nostalgiques du dessin animé. Et plus personnellement, je trouve que des noms comme Actarus, Alcor ou Venusia sont plus jolis que les noms originaux nippons, plus banals/passe-partout.

Passons maintenant à l'oeuvre en elle-même, et autant vous le dire d'emblée : hormis les noms et les grandes lignes de l'histoire que des échos m'ont donné, je ne connais strictement rien du dessin animée Goldorak et n'en ai jamais vu un seul épisode. Cette chronique est donc celle d'un néophyte.

L'histoire, elle est simple : ayant fui à bord du robot Goldorak sa planète Euphor détruite par les armées de Vega, le prince Actarus atterrit sur Terre et fait la rencontre d'Alcor, jeune garçon qui l'amène en laboratoire pour qu'il soit soigné. Une nouvelle vie commence dans un ranch pour le prince d'Euphor aux côtés d'Alcor et des voisins, le vieux Rigel et ses enfants dont la jolie Venusia. Mais Actarus est toujours traqué par les armées de Vega, décidées à l'abattre, quitte à détruire la Terre avec. A l'intérieur de Goldorak, le prince d'Euphor n'aura de cesse de lutter contre les forces du mal pour protéger ses nouveaux amis, mais aussi pour venger la mort de ses parents, de ses amis et de tous les habitants d'Euphor.

Ainsi, le titre consistera surtout en une succession de menaces qu'Actarus tâchera de repousser, affrontant les uns après les autres les sbires de Vega, à commencer par les célèbres Golgoths. On a donc un schéma assez linéaire, dans lequel on pourra regretter le manque de consistance de la plupart des personnages. Qu'il s'agisse de Venusia, de Rigel , du professeur Procyon ou de Mizar, aucun n'a vraiment droit aux honneurs, ne serait-ce que dans des scènes plus quotidiennes qui manquent un peu, si bien que l'on n'a pas vraiment le temps de bien cerner toute l'amitié qu'Actarus a pu développer pour eux. Seul Alcor sort du lot. C'est un peu le même topo du côté des ennemis, ou des personnages comme le commandant Minos ou même Vega lui-même sont peu mis en avant.

Ce schéma linéaire et ces personnages globalement peu (voire pas) mis en avant suffisent-ils à rendre le titre inintéressant ? A vrai dire, clairement pas, car ce one-shot sait rester un divertissement efficace, emmené par un style graphique qui a bien vieilli. Gô Nagai a en effet su insuffler un design travaillé à ses robots, Goldorak en tête, et parvient sans difficulté à en faire ressortir le gigantisme et la puissance à coups de techniques bien connues comme le fulguro-poings, et c'est d'autant plus le cas qu'il le fait dans des scènes d'action qui ont conservé tout leur dynamisme et bénéficient d'angles de vue souvent travaillés où la notion de profondeur est bien palpable, ce qui est plutôt bien joué pour un titre vieux de 40 ans. Sans oublier les décors assez présents et plutôt riches, et le design des personnages humains expressifs et aisément reconnaissables. Et le schéma à beau être plutôt basique, il sait apporter ce qu'il faut d'enjeux et de tension quand il le faut, notamment à partir du moment où apparaissent Mazinger Z et Great Mazinger qui auront une grande importance dans toute la seconde moitié du tome. Mais on retiendra surtout le dernier affrontement du volume contre Barendos, un ennemi qui, de par son sadisme et sa grande cruauté, accentue considérablement le côté sombre, et permet à Nagai de laisser s'exprimer un peu plus sa propre facette sombre. La violence est bien présente, on l'avait déjà entrevue auparavant dans le volume avec quelques scènes d'exécution ou de décapitation, elle explose réellement dans ce dernier combat avec notamment des enfants broyés. Cela n'est qu'un avant-goût de plusieurs autres titres très sombres du mangaka, comme Devilman ou Violence Jack.

Finalement, l'ultime défaut des gros one-shot de 280 pages est qu'il ne comporte pas de vraie fin. Le livre se termine sur l'affrontement contre Barendos, en plein milieu d'un scénario abandonné avant de connaître une nouvelle vie avec le reboot en 4 tomes, sorti en même temps chez Black Box.

Il faudra donc prendre le one-shot original de Goldorak pour ce qu'il est : un titre inachevé, très perfectible, mais en même temps très intéressant, ne serait-ce que pour découvrir les origines en manga du mythique robot. Désormais, affaire à suivre dans la série en 4 tomes.
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Re: Goldorak

Message non lu par Koiwai » 19 mai 2015, 16:36

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Goldorak 1 :

Après un one-shot très intéressant mais inabouti et trop rapide dans son déroulement, Goldorak connu à partir de 1975 un reboot en 4 tomes où Gô Nagai, uniquement au scénario, laissa sa place de dessinateur à Gosaku Ota, pour un résultat qui, sur le plan du scénario, apparaît d'emblée plus convaincant, Nagai ayant cette fois-ci tout le temps de bien introduire les choses en nous présentant d'abord un Actarus sur Terre depuis déjà quelques années, mais ne se souvenant plus de son passé. Vivant donc depuis un certain temps aux côtés de Vénusia, de Rigel, du Pr Procyon et des autres dans le ranch, il a noué des liens forts avec eux, et qui apparaissent plus crédibles que dans le one-shot puisqu'ils ne sont pas expédiés en quelques pages, certaine spages nous permettant même de profiter d'une ambiance plus quotidienne qui manquait au one-shot et qui permet de bien cerner les relations entre les personnages, à commencer par l'amour secret de Vénusia pour Actarus.

Mais ce calme apparent est bientôt anéanti par l'arrivée des troupes de Véga, déterminée à anéantir la Terre et à récupérer le robot Goldorak, qui leur avait échappé à l'époque de la destruction de la planète Euphor. Face à cette situation, tous les souvenirs d'Actarus lui reviennent : prince d'Euphor ayant vu ses parents, ses amis et tous les habitants de sa planète tués sauvagement par les armés végaliennes, il se doit de protéger la Terre et ses amis en combattant les sbires de Véga. Et dans cette mission, il lui faudra aussi compter sur l'aide d'Alcor, qui, autrefois, a déjà sauvé la planète aux commandes du robot Mazinger Z !

La lutte contre les armées de Véga redémarre donc et s'avère moins linéaire et basique que dans le one-shot, puisque cette fois-ci nous avons un peu plus le loisir de découvrir les antagonistes importants comme le commandant Minos, et surtout parce que Gô Nagai délivre quelques rebondissement s'écartant de la simple succession de combats, notamment avec le cruel passage sur Aphélie, fille du Duc d'Euphor et ancienne amie d'enfance et amoureuse d'Actarus, puis avec en fin de tome l'ouverture d'un arc sur les mykéniens, ennemis de Mazinger Z offrant donc ici un pont sympathique et intéressant entre Goldorak et Mazinger. A cela s'ajoutent des vérités confirmant le goût de Nagai pour les personnages tourmentés, pour la cruauté et pour la face sombre de l'humain, on pense notamment au déchirement d'Actarus et Aphélie, à l'identité réelle des Golgoths, ou à la fin de tome voyant Alcor commettre un acte dur face à une chose qu'il ne peut accepter, à savoir s'allier avec son pire ennemi pour sauver la planète... De même, certains mystères arrivent pour nos garder accrochés, à commencer par les raisons poussant Véga à vouloir s'emparer de Goldorak, ou par la fresque millénaire de la fin de tome entretenant le flou sur les origines du robot géant.

Niveau scénario, ça s'annonce donc plus riche, plus retors et plus sombre encore que le one-shot. Cela dit, certains points pourront laisser les lecteurs clairement dubitatifs, à commencer par le comportement d'Alcor, qui pourrait même choquer un peu les fans du dessin animé. Beaucoup moins noble, plus prétentieux, se bagarrant avec Actarus, tournant autour de Vénusia comme un pervers au point de s'imaginer en train de la violer, régulièrement un peu tourné en ridicule... le jeune homme est loin d'être mis en valeur et offre plus d'une fois des comportements un peu incohérents (parfois ils montre une rivalité un peu haineuse envers Actarus, parfois il le soutient comme un bon camarade)... Est-ce vraiment "ça" qui a autrefois sauvé la Terre aux commandes de Mazinger Z ?
L'autre élément qui pourrait rebuter est le dessin de Gosaku Ota, clairement moins fouillé que celui de Nagai. Si certains décors et quelques scènes denses, parviennent à sauver les choses, on a un rendu moins travaillé. Le design des personnages est beaucoup plus libre (Actarus est à des années-lumière de la figure qu'on en a habituellement), moins travaillé, plus caricatural/simpliste, voire un peu SD parfois, les robots ont un rendu très variable (ils en jettent sur certaines pages où l'on ressent bien leur gigantisme, puis sur d'autres on dirait des jouets, la faute à des perspectives régulièrement maladroites)...

La série semble donc partie pour compenser certaines lacunes du one-shot en offrant un scénario plus consistant, et cela malgré des éléments qui laissent circonspect comme le comportement d'Alcor. Mais à côté de ça, on perd au change au niveau de l'impact visuel... Le résultat est une oeuvre maladroite mais intrigante et intéressante, et dans tous les cas très différente du dessin animé.

Côté édition, on est sensiblement sur les mêmes bases que pour le one-shot, à ceci près qu'il y a désormais un résumé au dos de la couverture, et que l'on a droit à plus de pages en couleur et en bichromie et à une petite frise sur le dos des tomes ! Il reste malgré tout cette absence de textes de présentation et ce problème de transparence du papier.
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Re: Goldorak

Message non lu par Koiwai » 20 mai 2015, 16:41

Goldorak 2 :

Prisonniers sous la surface dans les ruines du Royaume de Mykènes, nos héros doivent, par tous les moyens, chercher à s'échapper de là dans une fin de partie qui a du mal à passionner, la faute notamment à un humour très mal placé, entre les crêpages de chignons des filles et les nombreuses frasques d'un Alcor complètement boulet. Et c'est d'autant plus frustrant que cette longue partie sur Mykènes, dans l'immédiat, n'aboutit sur quasiment rien : l'énigme de la fresque, un indice pour les armées de Véga sur la façon dont Goldorak se régénère... et c'est à peu près tout. Il y a bien aussi une très brève critique de la guerre, mais elle est à peine esquissée le temps de quelques cases.

Le chapitre suivant peut alors reprendre sur une nouvelle menace de Véga : l'opération Ténèbres orchestrée par Hydargos et qui va poser quelques problèmes à nos héros... d'autant qu'Alcor est toujours aussi décidé à jouer les boulets en se faisant minablement capturer par l'ennemi. Pour l'instant, celui qui était le héros de Mazinger Z a ici le don de gâcher en partie la lecture tant il se révèle insupportable et idiot. On commence à se demander pourquoi les auteurs en ont fait un garçon aussi insupportable, d'autant que s'ils voulaient le rendre réellement détestable il y avait bien d'autres moyens plus fins. Quoi qu'il en soit, ce nouveau combat s'avère assez rythmé et réserve quelques bonnes surprises, notamment du côté du fameux Hydargos et de sa relation houleuse avec Minos, qui aboutira sur une issue tragique. Surtout, on appréciera les nouveaux mais beaucoup trop brefs focus sur les petits tourments intérieurs d'Actarus, confronté une nouvelle fois aux fantômes de son passé via les golgoths qu'il est obligé d'éliminer. De même, une question reste soulevée : le prince d'Euphor peut-il sacrifier amis et famille pour être à la hauteur de sa mission ?

Pour poursuivre ces quelques interrogations, il faudra toutefois attendre, car la dernière partie du volume s'éloigne de ces considérations pour offrir un quasi-HS reprenant les ficelles du film 2 de Goldorak : L'attaque du Dragosaure, sorti en 1976 dans la foulée du manga. Au programme, une invasion de monstres géants qui devront être neutralisés par plusieurs des robots de Nagai, dont Goldorak. Le crossover avec Mazinger et Getter Robo est plutôt sympathique pour les fans, mais ce récit semble vraiment arriver comme un cheveu sur la soupe (tout autant que certains de ses personnages, Bélier/Béliorak en tête), reste très linéaire, basique, plombé par quelques notes d'humour mal intégrées... Et il y a évidemment une forte frustration liée au côté HS de ce passage. Il reste, malgré tout, quelques élans écolo comme on en trouve dans les bons vieux films de monstres japonais.

Côté dessins, Gosaku Ota oscille toujours entre le mitigé (les physiques trop simplistes, les postures improbables, le côté parfois caricatural mal placé...) et le très sympathique (certains planches en jettent réellement - notamment dans le chapitre du dragosaure -, l'ensemble reste dynamique, certains moments parviennent à faire ressortir une ambiance très tendue/sombre...).

Après un premier tome très intrigant, ce deuxième volume offre pas mal d'aspects décevants et de moments HS qui brisent la continuité du récit et de l'ambiance, au point de rapprocher l'oeuvre du faux-pas. Espérons que la série redécollera dès le prochain volume, car le potentiel est, lui, toujours là.
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Re: Goldorak

Message non lu par Koiwai » 16 juin 2015, 07:21

Tome 3 :

Continuant de contrer les armées végaliennes, Actarus est néanmoins de plus en plus rongé par une interrogation jusque dans ses cauchemars : doit-il être prêt à sacrifier ses amis s'il le faut, pour sauver la Terre ? Pour le Pr Procyon, en tout cas, la réponse ne semble faire aucun doute : oui. Et le père adoptif de notre héros semble prêt à tout pour le lui faire comprendre. Deux confrontations d'idées finissent donc pas s'opposer dans la première partie de ce tome, où la Terre est mise à mal par une attaque végalienne menée par Horos, nouveau commandant venu épauler Minos suite à la mort d'Hydargos. Mais contrairement a Hydargos qui était aux ordres de Minos, Horos est l'égal de ce dernier, ce qui crée quelques rivalités pour l'instant assez futiles...
Au-delà de ces éléments, on a affaire un une invasion végalienne qui ne fait pas dans la dentelle, avec des morts bien présentes et assez brutales malgré les limites habituelles des dessins de Gosaku Ota, mais aussi avec le petit sentiment de trahison qu'Actarus ressent même si celui-ci ne va pas loin. Ca reste donc plutôt basique, mais intéressant pour deux raisons. Tout d'abord, la naissance en Actarus d'un nouveau sentiment : s’il sauve la Terre ce ne sera pas pour les Terriens, et s’ils continuent ensuite de s’entredéchirer et de malmener la planète, il en prendra le contrôle. Ensuite, les élans écolos qui se confirment à travers Horos, ennemi qui voit la Terre comme une pierre précieuse salie par l’activité humaine, et dont le désir d'anéantir l'humanité traduit surtout une volonté de protéger notre belle planète avant qu'elle ne soit définitivement rongée par l'homme.

C'est ce même Horos qui est aussi derrière le plan de la deuxième partie du tome visant à discréditer Actarus auprès des humains. Ce passage part clairement d’une bonne idée, car il montre comment les humains, face à la peur et au doute, peuvent vite perdre leur faculté de raisonnement et retourner leur veste. Un aspect également fortement développé dans Devilman, et qui confirme la nouvelle mentalité d'Actarus. Mais malheureusement, tout ceci est beaucoup trop rapide et caricatural dans les réactions des personnages, et le final s'avère très expéditif...

La fin de volume, elle, nous emmène à Hawaï pour une nouvelle confrontation, cette fois-ci orchestrée par Minos, qui s'avère là aussi on ne peut plus basique, mais qui amène un événement important avec l'entrée en scène de Phénicia, demoiselle à l'identité importante et qui impose rapidement un certain charisme, bien qu'elle aussi fasse preuve de réactions beaucoup trop caricaturales à la toute fin.

Après les HS du tome 2, le scénario principal reprend ses droits mais reste cantonné à des ficelles assez basiques, ou en tout cas trop caricaturales dans leur développement. Certains personnages continuent d'irriter (en tête Rigel qui ne sert à rien, et encore et toujours Alcor trop souvent cantonné à son rôle de boulet pervers), les dessins continuent d'alterner soudainement le plutôt bon et le techniquement limité (par exemple, la double-page 50-51 est assez dense et détaillée, puis sur la page suivante les vaisseaux redonnent l'impression d'être des jouets)... mais il y a clairement un peu de mieux par rapport au tome 2, principalement grâce à l'arrivée d'Horos et au changement de mentalité qui s'opère en Actarus.
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Re: Goldorak

Message non lu par Koiwai » 12 août 2015, 14:49

Tome 4 :

La première partie de ce dernier tome enchaine fort logiquement sur la suite des événements du volume 3, pour un résultat qui peine à convaincre. Le combat manque cruellement d'intensité, peine à bien mettre en valeur le rôle de Phenicia dans sa dernière ligne droite... C'est finalement du côté des forces de Véga que les choses sont les plus intéressantes, avec l'arrivée d'Achéron et de ses monstrogoths, ce qui n'est pas de bon augure pour Horos et Monos. Gosaku Ota nous propose un passage où les forces ennemies s'entredéchirent et permettent bien malgré elles de sauver Actarus et les siens. Le résultat permet de nuancer encore un peu plus Horos et sa relation conflictuelle avec Mnos. Achéron, lui, ne reste qu'un adversaire lambda vite oublié, malheureusement. Et à travers les réflexions écolos de Horos, nous avons à nouveau un exemple du message que souhaite véhiculer l'oeuvre. D'ailleurs, difficile de ne pas faire un rapprochement entre le lasernium, qui a détruit toute une galaxie, et notre propre énergie nucléaire...

Avec l'énigme d'une étrange statue sous-marine (dont la forme rappelle les statues de l'Île de Paque) et de la bague de Sayaka, la suite du tome enclenche la dernière ligne droite en accélérant les événements et en laissant exploser leur vision profondément pessimiste quant à l'idiotie de l'humanité, prise dans ses conflits stupides menant la Terre à sa perte, toujours à cause du nucléaire entre autres. A l'image d'un Devilman (pour citer une autre oeuvre de Gô Nagai) et d'autres oeuvres de cette époque, cette version de Goldorak est ainsi l'un des nombreux témoins d'une période durant laquelle les artistes nippons s'appuyèrent sur leur terrible expérience de la guerre et du nucléaire pour offrir une critique acerbe, voire une forme d'exorcisation.

Malheureusement, toutes les oeuvres ne peuvent pas être du niveau de Devilman, et ce que nous offre ici Gosaku Ota reste malheureusement très maladroit. Tout le final apparaît beaucoup trop rapide, ne prend pas le temps de faire monter la tension et de bien développer son sujet. La façon dont les nations en arrivent à s'entredéchirer manque de crédibilité car cela passe directement à l'extrême. On regrette le faible rôle de plusieurs personnages, mais aussi le manque d'approfondissement de certains mythes revisités (l'Île de Paque, l'Atlantide, Zeus...). Néanmoins, les différentes pièces du scénario (Mykène et ses mystères, la statue de pierre, les liens passés entre les terriens et le peuple d'Actarus...) ont le mérite de se rejoindre de façon cohérente, même si les choses auraient pu être plus claires et moins expéditives.

Au final, oubliez le Goldorak que vous connaissez en dessin animé, car cette version manga est bel et bien plus sombre et pessimiste. Jusqu'au bout, la série sera restée très maladroite, mais conserve un intérêt certain, ne serait-ce que pour ses thématiques écolos qui sont le témoin d'une époque.
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