Tokyo, fin d'un monde

Destinés à un public adolescent masculin mais faisant néanmoins fureur chez certain(e)s adultes et/ou jeunes filles, les shonen ont droit à leur propre rubrique!
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Koiwai
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Tokyo, fin d'un monde

Message non lu par Koiwai » 09 mars 2011, 03:14

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La fiche sur Manga-news


Tome 1:

Curieusement, le mangaka Jun'ichi Noujou était resté très discret dans nos contrées, cet auteur pourtant incontournable d'environ une trentaine d'oeuvres dans son pays pour à peu près autant d'années de carrière n'ayant eu, jusqu'à présent, qu'une seule chance en France, avec Dr Koh dans les années 90, chance vite annihilée puisque la série sera stoppée après seulement 2 tomes parus sur les 5 qu'elle compte. Aujourd'hui, les éditions Akata/Delcourt font preuve d'une excellente idée en redonnant une vraie chance aux lecteurs français de découvrir ce mangaka prolifique, à travers une courte série conçue en 2004: Tokyo, fin d'un monde, petit shônen perdu au beau milieu de la carrière remplie de seinen de l'auteur.

Homme énigmatique que Yuma Oda: quand il était au lycée, le jeune garçon avait lévité puis disparu sans laisser de traces après avoir laissé ses camarades de classe dans une hypnose collective. Seule Miho Omori, une ancienne camarade de classe, semble se rappeler de lui, au moment même où il refait surface de manière énigmatique. Pour le "Bureau de recherche des communications futures" où travaille Miho et qui s'occupe de tout ce qui concerne le paranormal, une enquête s'impose, menée par la jeune femme et son chef Taro. Alors même que l'enquête suit son cours, des évènements étranges commencent à survenir à Tokyo, et une date synonyme de fin du monde est évoquée pour très bientôt... Yuma Oda, présenté comme un homme venant du futur, aurait-il un rôle à jouer dans tout ça ? Et Miho et Taro ?

C'est sur ces bases totalement énigmatiques que se déroule le début de ce premier volume. Rapidement, les mystères planent sur l'identité de Yuma Oda et sur les raisons de sa réapparition, mais pas pour très longtemps, puisqu'au fil du volume, les principales clés de ces énigmes sont dévoilées, si bien qu'arrivé à la fin du tome, le lecteur cerne déjà quasiment toutes les grandes ficelles, tous les enjeux de cette intrigue qui ne semble finalement pas très originale, mais qui est bien conçue et reste intéressante de par sa vision de l'homme du futur et son opposition entre avenir et présent. On a donc assurément un tome qui va à bon rythme et qui sait entretenir l'intérêt du lecteur, même si l'on est un peu étonné de voir que les plus gros mystères sont déjà tous dévoilés après un seul tome, à tel point que l'on en vient à se demander ce que va nous réserver la suite. Grâce à l'arrivée de quelques autres énigmes, notamment autour du rôle que joueront Miho et Taro, et sur l'identité du tueur venu du futur, l'intérêt reste bien présent. On espère donc que l'on n'est pas déjà au bout de nos surprises, et que le titre ne va pas tomber par la suite dans une banale guéguerre entre bien et mal.

Le principal point fort de ce début de série est probablement son style visuel. Très fin et précis, le coup de crayon de Jun'ichi Noujou nous offre un univers bourré de détails d'un réalisme saisissant, si bien que l'on croirait les personnages et les décors sortis de photographies. Ici, le mot photoréalisme n'est aucunement volé pour qualifier le travail de l'auteur. De plus, la mise en scène, inspirée, offre souvent des plans ingénieux, certains en mettant plein la vue, comme les contreplongées sur la chute de la tour de Tokyo. Le tout est efficace, séduit par son esthétisme, la narration est fluide et joue volontiers sur quelques éléments renforçant la menace planant sur Tokyo, comme ces visions du futur et la prolifération des corbeaux.
Egalement, on ne peut que constater une certaine originalité graphique, étant donné que l'on n'est clairement pas habitués à voir de tels dessins dans le paysage shônen. Un fait trouvant probablement sa source dans la plus grande expérience de Noujou dans le genre seinen, cela venant également expliquer le rendu très mature de l'ensemble pour un shônen. Oui, visuellement, Tokyo fin d'un monde s'avère bien différent de pléthores d'autres manga de son genre, et constitue en cela une expérience intéressante. Malgré tout, certains pourront être rebutés par la froideur que dégage le style de l'auteur, le tout révélant une certaine froideur et peinant à offrir une vraie profondeur à des personnages en eux-mêmes peu charismatiques.

En attendant de voir ce que nous réserve la suite de ce récit a priori moins original que prévu mais très bien conçu, ce premier tome séduit facilement de par son esthétisme et son impact visuel. Shônen mature flirtant avec ce genre à la mode qu'est le young seinen, Tokyo fin d'un monde a le mérite d'intriguer, et c'est avec intérêt que l'on découvrira la suite.
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shun
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Re: Tokyo, fin d'un monde

Message non lu par shun » 14 mars 2011, 21:20

tokyo fin d'un monde 1 :

l'auteur a vraiment un problème dans son dessins, les têtes des perso semble "détachée" du corps, c'est vraiment gênant !
je n'ai pas tenu 1 chap :/
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Koiwai
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Re: Tokyo, fin d'un monde

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 15:56

Tome 2:

Après avoir disparu il y a plusieurs années de cela, Yuma Oda est revenu du futur, amenant avec lui les prémices d'une possible fin du monde. Miho Omori, ancienne camarade de Yuma, a enfin retrouvé la trace de ce dernier, qui lui confirme que le sort du monde dépend de la réussite ou non d'un assassinat dont elle sera la cible sous peu. Mais qui est donc le futur meurtrier de Miho ? Pour le découvrir, la jeune femme va devoir mener l'enquête entre présent et futur, mais la tâche s'annonce d'autant plus difficile que certains de ses proches pourraient être impliqués dans l'affaire, et que sa mémoire lui fait cruellement défaut...

Après un premier volume intrigant, Tokyo fin d'un monde continue sur un bon rythme dans ce deuxième volume, qui commence à dévoiler les enjeux de ce qui se joue et intrigue de plus en plus quant aux desseins de certains personnages, le tout autour d'un incessant jeu dans le temps... et c'est là que le bât blesse.

Les idées du jeu sur le temps, des voyages dans celui-ci et des paradoxes temporels auraient pu offrir à la série une dimension unique et ambitieuse, et y arrivent par instants, mais cela ne dure jamais, la faute à une narration trop chaotique. Sans cesse, Junichi Noujou passe du coq à l'âne, ne prend pas le temps de poser son récit, comme pour mieux perdre le lecteur. Et que cet état de fait soit volontaire ou non, ce sera à chacun de voir s'il adhère ou pas à ce style narratif.
Mais dans tous les cas, ce manque de clarté pose un autre problème, celui de la bonne compréhension de l'histoire et de ses enjeux. Ici, quelques révélations sont présentes, mais le volume se contente surtout d'épaissir le mystère autour de certains personnages, le problème étant que l'on a, en fin de compte, bien du mal à cerner précisément toute la tension des desseins de ceux-ci, tant la narration se fait trop confuse.

Le style graphique de l'auteur n'arrange rien. Séduisant sur le premier volume, il colle beaucoup moins bien au contenu plus vif de ce deuxième opus. Très froid, il ne dégage que de manière très peu expressive les émotions des personnages lors des passages les plus tendus. L'attachement aux protagonistes n'opère pas, ceux-ci paraissent finalement bien lisses, et il devient facile de décrocher à tout moment de leurs aventures.

Avec ce deuxième volume, Junichi Noujou ne fait qu'embrouiller un peu plus le lecteur, qui risque fort de décrocher s'il n'adhère pas aux différents partis pris du mangaka. Une oeuvre assez difficile à juger, qui pourrait toutefois se révéler un peu plus avec son troisième et dernier volume.
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Re: Tokyo, fin d'un monde

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 15:58

Tome 3:

Saegusa a donné rendez-vous à Miho Omori dans la Tour de Tokyo, le jour de la Saint-Valentin, soit le jour-même de sa mort qui amènera la fin du monde tel qu'il est connu..

Après un deuxième volume à la limite du compréhensible, ce troisième et dernier tome fait le grand saut et plonge fatalement dans le n'importe quoi. Entre les jeux incessants entre passé, présent et futur, on ne comprend bientôt plus rien, la faute à une narration trop abrupte, qui enchaîne les différentes phases sans transitions. Et quand, pour justifier son concept, l'auteur présente des théories complètement improbables, c'est le pompon. Comment diable un humain en chute libre pourrait-il atteindre la vitesse de la lumière ?

Dans ce bordel qui se veut organisé mais ne l'est pas tant que ça, tout semble se jouer au coeur-même de la tour de Tokyo, mais là aussi, on a bien du mal à comprendre tous les tenants et aboutissants du récit. Des personnages du futur apparaissent subitement alors-même que l'on ne se souvient pas de qui il s'agit, on ne saisit pas leur rôle, leurs motivations. Sans cesse, les dialogues passent du coq à l'âne, et même les dessins parviennent à décevoir, puisque le coup de crayon à vocation réaliste de Junichi Noujou montre ici un certain relâchement, entre un trait parfois hésitant, de nombreux problèmes de proportion lors de certaines scènes plus vives, et des visages parfois un peu déformés (un oeil plus haut que l'autre, par exemple).

Au final, on ne retiendra pas grand chose de Tokyo fin d'un monde puisqu'on n'y a pas compris grand chose. La base semblait pourtant solide, mais le traitement qu'en a fait Noujou n'a finalement jamais cessé de s'enfoncer pour proposer un résultat final à peine compréhensible et aux ambitions anéanties par de gros problèmes de construction et de crédibilité. En somme, ce qui s'annonçait comme un bon petit récit d'anticipation retombe comme un soufflé.
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