Les manga Gundam

Destinés à un public adolescent masculin mais faisant néanmoins fureur chez certain(e)s adultes et/ou jeunes filles, les shonen ont droit à leur propre rubrique!
Glass Heart
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Re: Les manga Gundam

Message non lu par Glass Heart » 19 oct. 2015, 22:08

Mobile Suit Gundam : The Origin, vol.1

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Depuis la nuit des temps, l'humanité a toujours rêvé d'explorer la mer d'étoiles qui s'étend à perte de vue au dessus de nos têtes. Le jour où elle partit à la découverte de ce nouveau monde marqua l'avènement d'une nouvelle ère: l'Universal Century. Le surplus de population de la Terre partit vivre dans de gigantesques cylindres en orbite autour de la Terre, les colonies "Sides". A l'intérieur de ces colonies s'étend un monde reproduisant l'écosystème terrestre. Les gens y naissent, y vivent et y meurent.

En l'an 0079 de l'Universal Century, l'ensemble de colonies Side 3, le plus éloigné de la Terre, s'autoproclame Duché de Zeon et revendique son indépendance du gouvernement fédéral terrestre. Cette déclaration de guerre déclencha le premier grand conflit spatial de l'histoire de l'humanité opposant le Duché de Zeon à la Fédération Terrestre qui gouverne la planète natale de l'humanité et qui impose sa domination sur les Sides. Ce conflit vit l'apparition de nouvelles armes révolutionnaires, les Mobile Suits, qui allaient rapidement devenir le nouveau visage de la guerre. Huit mois après le début des hostilités, cette guerre d'indépendance s'est enlisée dans le statut-quo. Plus de la moitié des populations respectives de la Terre et des Sides a été décimée. Les hommes ont appris à craindre leurs propres actions.

A l'écart de la ligne de front se trouve Side 7, une colonie en chantier à l'intérieur de laquelle de nombreux colons continuent de mener une existence paisible, profitant de leur supposée neutralité. Ils ignorent que la partie de la colonie toujours en chantier abrite en réalité une usine développant en secret de nouveaux Mobile Suits pour le compte de la Fédération Terrestre. Le White Base, nouveau vaisseau fédéral, s'arrime au port de Side 7 avec à son bord l'ingénieur Tem Ray, le concepteur de la toute nouvelle arme de la Fédération: le Mobile Suit "RX78 Gundam". Très occupé sur le projet V qui pourrait marquer un tournant majeur de la guerre, il a totalement négligé son fils Amuro, un adolescent livré à lui-même. Cet abandon a engendré de nombreux troubles du comportement chez l'adolescent, absent, associal et assez antipathique à l'égard des autres.

L'arrivée du White Base ne passe cependant pas inaperçu aux yeux des forces armées de Zeon. Le Musai, un croiseur de combat commandé par le lieutenant Char Aznable, héros de la légendaire bataille de Loum qui lui a valu le surnom de "Comète Rouge", a coursé le "Cheval de Troie" jusqu'à Side 7. Ayant eu vent des rumeurs qui voudraient que l'armée fédérale ait développé en secret de nouveaux Mobile Suits sur une des colonies, Char envoie une équipe de reconnaissance afin de déterminer si l'usine qu'ils recherchent se trouve bien sur Side 7. Malheureusement, les espions envoyés se font repérer par les forces fédérales, déclenchant le début d'une bataille sur place au milieu de laquelle les colons se retrouvent pris entre les feux croisés. La colonie étant gravement endommagée par les combats, le capitaine du White Base dépêche sur place nombre de ses hommes afin d'appuyer les soldats sur place et d'aider à l'évacuation des colons à bord du vaisseau.

Au milieu de ce chaos, Amuro et son amie Frau Bow voient périr nombre de leurs connaissances, familles et amis. Ayant connaissance du travail de son père, Amuro prend place à bord du cockpit du Gundam afin de lutter contre les Zaku envoyés par Zeon et protéger les colons innocents du carnage, mais aussi surtout pour sauver sa peau. Alors que Side 7 est condamnée, les efforts conjugués d'Amuro Ray et de Bright Noa, le capitaine par intérim du White Base, détermineront le sort qui attend les rescapés: le salut ou une mort imminente, emportés par les flammes de la guerre ?

Il faut remonter à l'année 1979 afin de trouver les origines de ce manga avec la diffusion d'une série animée légendaire, "Mobile Suit Gundam", sortie tout droit de l'imaginaire d'un réalisateur visionnaire du nom de Yoshiyuki Tomino. Gundam était une oeuvre de science-fiction ambitieuse et révolutionnaire pour l'époque qui réinventa les bases du genre des séries de méchas afin de les traduire dans un univers réaliste et crédible avec l'évolution de la technologie. Cette série marqua durablement la conscience populaire de l'époque en plein boom de l'animation et elle est considérée aujourd'hui comme l'oeuvre fondatrice du sous-genre du real-robot. Déclinée par la suite en une franchise commerciale colossale avec une multitude d'autres animés et un nombre faramineux de mangas et de jeux vidéo, Mobile Suit Gundam demeure l'une des séries animées les plus populaires de tous les temps au Japon.

En 2001, Yoshikazu Yasuhiko, l'un des illustres fondateurs du mythe Gundam, animateur et character designer sur la série originale, réalise le rêve de nombreux fans en annonçant son intention de créer un manga adaptant l'histoire de Mobile Suit Gundam tout en lui apportant un nouveau souffle. Légende vivante de l'animation des années 70 et 80, Yasuhiko s'est par la suite retiré de l'industrie pour se reconvertir en créateur de mangas, signant de nombreuses oeuvres historiques reconnues sur des figures telles que Jeanne d'Arc, Jésus de Nazareth ou Alexandre le Grand, ainsi que sur des périodes troubles de l'histoire. Cette influence se ressent considérablement sur sa vision de l'univers de Gundam qu'il réinvente comme une grande épopée guerrière dans un monde de violence au réalisme très cru.

Dès les premières pages de la série, on découvre un univers futuriste fascinant où l'humanité a colonisé l'espace pour s'installer dans de gigantesques cylindres en métal en orbite autour de la Terre au sein desquels elle a recrée son écosystème, un nouveau monde où les gens peuvent continuer à mener leur vie au sein de la mer d'étoiles. Mais un monde éloigné de la Terre qui voit naître aussi de nouvelles idéologies et de nouveaux régimes politiques totalitaires, amenant de nouvelles guerres dans cet environnement qui aurait dû être un nouvel Eden pour toute l'humanité. Les deux forces en présence se livrent à une véritable course à l'armement qui voit l'émergence d'un tout nouveau type d'armes, les Mobile Suits, et les civils deviennent malgré eux les victimes malheureuses d'un conflit qu'ils n'ont jamais souhaité. Certains jeunes sont embrigadés de force dans les armées tandis que nombreux sont ceux qui trouvent une mort brutale et violente à proximité des combats. Une nouvelle ère de chaos s'annonce où l'humanité continue de répéter encore et toujours les mêmes erreurs.

L'histoire est connue du plus grand nombre mais ce qui importe le plus dans le manga, c'est toute la grandeur que Yoshikazu Yasuhiko apporte à ce récit. La colonie Side 7 est représentée de manière somptueuse avec des dessins très soignés, détaillés et souvent contemplatif. La mise en scène des batailles est aussi très travaillée et arrive à retranscrire avec force toute l'horreur et la violence qui peuvent s'en dégager, notamment à travers les expressions faciales saisissantes des personnages. La terreur, la surprise, la tristesse, la souffrance... Tout peut se lire à travers leurs visages qui suffisent parfois à nous en raconter bien davantage que ne pourraient le faire les dialogues. Pris au coeur des tirs, les personnages d'Amuro Ray et de Frau Bow sont le moteur émotionnel auquel nous autres lecteurs pouvons nous référer. Ce sont de simples jeunes gens qui se retrouvent pris au coeur d'une bataille, qui voit des tirs perdus leur arriver dessus, qui voient de nombreuses personnes (parfois même de leurs familles) mourir juste sous leurs yeux. Et tout autour, les deux camps qui déploient leurs armes mobiles, qui tirent à vue d'oeil sans se préoccuper des dommages collatéraux, qui voient leurs hommes et leurs armements exploser violemment, laissant des bouts de ferrailles, des corps démembrés et quantité de blessés. Une représentation de la guerre sans concession où il est impossible de prendre parti pour l'un ou l'autre des camps, juste de les maudire pour la dévastation et la désolation qu'ils apportent sur ce monde autrefois paisible.

Victimes de la catastrophe, nous suivons un certain nombre de personnages qui vont, à terme, composer le casting régulier de la série. Chacun de ces personnages est bien différent des autres, tous ont leur caractère, leurs talents propres et leurs défauts, et ils sont tous représentés avec beaucoup d'authenticité, que ce soit l'adolescent à problème Amuro Ray qui tente de fuir une réalité trop dure à accepter et qui est réfractaire à toute forme d'autorité, son amie Frau Bow qui est la gentille voisine complètement dépassée par les événements et qui ne sait guère ce qu'il va advenir d'elle après avoir perdu tous ses proches, l'héritière Mirai Yashima qui s'est trouvée par hasard sur la colonie au moment de l'attaque et qui y a perdu son père (un célèbre industriel), le narcissique Kai Shiden qui aime attiser les tensions, Hayato Kobayashi qui est le garçon honnête mais banal qui ne se démarque en rien malgré ses efforts, la ravissante Sayla Mass qui incarne une femme au tempérament endurci qui ne parle que très peu d'elle et qui n'évoque jamais son mystérieux passé avec autrui, l'officier réserviste Ryu José, ou encore le capitaine intérimaire Bright Noa qui n'a aucune expérience préalable de commandement à son actif et qui doit coordonner les efforts d'évacuation des civils et du personnel militaire survivants avant de procéder à l'évacuation de la colonie avec un équipage composé en grande partie de novices et de civils, la plupart des militaires aguerris ayant péri au cours de l'attaque. Un casting hétéroclite, crédible et surtout complémentaire dont nous allons suivre les exploits tout le long de cette série durant leur odyssée en direction de la base fédérale de Jaburo sur la Terre. C'est à travers ces personnages, pour la plupart des civils emportés par le conflit et embrigadé contre leur gré par la force des circonstances, que nous allons découvrir leur quotidien au sein de l'armée, ponctué de nombreuses batailles et de tout autant de tragédies.

Au sein de ce groupe, le protagoniste Amuro Ray devient le pilote réfractaire du Gundam éponyme. Dès les premiers combats, et en dépit de son manque d'expérience flagrant, il parvient à mettre hors d'état de nuire les Zaku de l'ennemi, en très grande partie grâce aux capacités supérieures de son Mobile Suit, mais il occasionne aussi de nombreux dommages qui ne font qu'aggraver les choses. Il y a une prise de conscience très tôt de la puissance de feu considérable de son appareil, capable de percer la surface d'une colonie, et de la nécessité de savoir gérer sa puissance et de garder son calme en toutes circonstances pour pouvoir appréhender chaque situation. Plus facile à dire qu'à faire quand, en face de soi, on a un adversaire sur le point de porter un coup fatal sur le cockpit de l'appareil, capable de nous trancher en deux dès la seconde qui suit. Cette représentation très guerrière et brutale des batailles de méchas renoue avec force avec le souffle épique et la dimension spectaculaire de la série animée.

Ce premier volume de Mobile Suit Gundam: The Origin ne fait pas que nous introduire l'univers et les bases de la nouvelle série. Dès les premières pages, nous sommes transportés au coeur de ce monde et au milieu des batailles en compagnie de personnages auxquels on peut s'identifier immédiatement. La portée humaine de l'histoire originale est intacte et le manga réussit même l'exploit d'être encore bien plus bouleversant que ne l'était l'oeuvre d'origine. L'immersion dans l'univers de Gundam est aussi impressionnante qu'immédiate et on doit cela entièrement au talent de l'auteur Yoshikazu Yasuhiko qui a réussi à dépoussiérer un mythe pour apporter un nouveau souffle guerrier et épique à ce récit, le réinventant tout autant qu'il le modernise. Gundam est aujourd'hui une énorme franchise qui se réinvente continuellement avec de nombreuses séries visant sans cesse à toucher un nouveau public, comme des oeuvres générationnelles. Au milieu de cette saga impressionnante, Mobile Suit Gundam: The Origin fait office d'oeuvre déterminante, revenant aux sources de la franchise pour les réinventer sous une forme nouvelle capable de parler aussi bien aux jeunes d'autrefois qu'aux nouvelles générations avec un récit plus intemporel que jamais. Un manga absolument incontournable pour les fans de la franchise, qu'ils connaissent ou non la série originale.

Note: 19/20.

Glass Heart
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Re: Les manga Gundam

Message non lu par Glass Heart » 20 oct. 2015, 13:04

Mobile Suit Gundam : The Origin, vol.2

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A l'issue d'affrontements particulièrement dévastateurs et meurtriers à l'intérieur de la colonie, le White Base s'apprête à quitter Side 7 avec à son bord tous les réfugiés rescapés du carnage. Le vaisseau ennemi, le Musai, les attend à l'extérieur de la colonie avec, à leur tête, le Zaku rouge piloté par le commandant ennemi, Char Aznable. Un nom qui évoque la terreur chez les occupants du White Base: Char Aznable, la "Comète Rouge", est l'un des héros de la tragique bataille de Loum au cours de laquelle il a abattu pas moins de cinq croiseurs de combat fédéraux. Ils n'ont aucune chance face à lui. Et c'est contre cet adversaire redoutable qu'Amuro Ray doit lutter à présent aux commandes du Gundam. Pour la première fois, l'adolescent découvre la réalité du champ de bataille et la peur de se faire tuer au combat. Heureusement, la puissance du Gundam est telle qu'en dépit de son manque d'expérience, Amuro parvient à imposer des pertes sérieuses dans les rangs ennemis, forçant la Comète Rouge à se replier pour demander du ravitaillement à son supérieur, l'amiral Dozle Zabi.

Le White Base a survécu à cette première épreuve et quitte Side 7 avec un vaisseau rempli de réfugiés. Les choses ne se présentent pas bien: une très grande partie de l'équipage est composé de novices ou de jeunes civils volontaires ayant survécu au massacre. De plus, les couloirs sont bondés de réfugiés qui parasitent son bon fonctionnement et qui, peu coopératifs, mènent la vie dure à l'équipage qui commence à accuser une pénurie en vivres et en eau, un vaisseau militaire n'étant pas prévu à cet usage. Avant de rejoindre la Terre, la meilleure solution est de faire un détour sur la base fédérale de Luna II afin de déposer les réfugiés et de ravitailler le vaisseau. Entretemps, un problème plus grave se pose: le Musai continue de courser le White Base mais il ne peut encore rien entreprendre contre eux à l'heure actuelle. Sorti grandement affaibli de sa confrontation avec le Gundam, le vaisseau ennemi attend un vaisseau de ravitaillement pour récupérer de nouveaux Zaku afin de remplacer ceux qu'ils ont perdu. Une fois le ravitaillement effectué, Char Aznable sera pleinement de retour dans la course et ils n'auront plus aucune chance. Leur seul espoir: attaquer le Musai au cours du ravitaillement et détruire toute leur cargaison. Amuro Ray refuse toutefois de sortir de nouveau avec le Gundam, forçant le capitaine Bright Noa à former une nouvelle équipe de pilote avec les autres Mobile Suits disponibles, Ryu José, Hayato Kobayashi, Kai Shiden et Job John se portant volontaires pour commander les Guncannon et Guntank disponibles. Cependant, la perspective d'une bataille entre la Fédération et Zeon si près de leur base ne ravit guère l'état-major de la base avancée Luna II, véritable forteresse perdue au coeur de l'espace, qui a tenu jusque là en partie parce qu'elle s'est toujours plus ou moins tenue à carreau face aux forces de Zeon. D'autant que Char Aznable n'est guère le genre de commandants ennemis plutôt banaux auxquels ils ont eu à faire face jusque là, mais un adversaire mortel qui ne reculera devant rien avant de parvenir à ses fins.

Après le véritable choc guerrier du volume précédent, on retrouve l'équipage du White Base dans une situation bien périlleuse face à l'adversaire le plus redoutable qui soit: l'homme masqué Char Aznable, la légendaire "Comète Rouge" de Zeon. Amuro Ray rencontre pour la première fois sur le champ de bataille l'homme qui deviendra son plus grand rival, mais pour Char Aznable c'est surtout sa première rencontre avec le Mobile Suit fédéral tant redouté qui le marque grandement, le pilote ne faisant pour l'heure aucune différence. Cette confrontation mène à une importante prise de conscience de la part d'Amuro, réalisant ce qu'est réellement un pilote de Mobile Suit et surtout la réalité d'un champ de bataille. Cette première expérience le marque, entraînant un véritable rejet de sa nouvelle fonction car il ne veut pas perdre la vie sur le champ de bataille de cette façon. Un refus qui ne vient que compliquer davantage les choses pour le capitaine par intérim Bright Noa qui a déjà bien du mal à recomposer ses forces avec le personnel survivant et les quelques volontaires parmi les jeunes civils. Or la situation est critique et il doit rapidement s'affirmer dans son nouveau rôle et prendre des décisions déterminantes s'il veut avoir une chance que le White Base rallie la Terre en un seul et même morceau.

Du côté de l'ennemi, on découvre un antagoniste charismatique et déterminé, mais aussi très mystérieux. Une présence écrasante dont la menace domine l'ensemble du volume et se fait ressentir à tous les instants. La moindre peur, le moindre doute qui assaille l'esprit des occupants du White Base, c'est lui. L'ennemi à abattre, ce n'est pas simplement son vaisseau et ses forces, c'est aussi surtout lui, son génie tactique, sa propre puissance de combat aux commandes de son Zaku customisé. L'ennemi mortel du White Base pour l'heure, ce n'est plus tellement Zeon dans son ensemble, c'est avant tout Char Aznable dont le seul nom suffit à inspirer la terreur dans l'esprit des fédéraux. Une terreur qui s'illustre pleinement au cours de l'attaque de Luna II, une forteresse réputée imprenable et qu'il va pourtant réussir à mettre à mal en cherchant à détruire le "Cheval de Troie" (le White Base) et le Gundam. Mais au-delà de la légende, il n'en reste pas moins un homme fait de chair et de sang qui a conscience de sa vulnérabilité et qui n'entreprend jamais rien d'irréfléchi. Cette part humaine du personnage s'exprime aussi derrière le mystère qui entoure son passé et qu'il dissimule derrière son masque. On en a un très bref aperçu au cours d'une rencontre fortuite avec l'une des engagées volontaires du White Base, Sayla Mass, semblant indiquer que les deux posséderaient un passé commun. Ce passé mystérieux est la clé d'une bonne partie de l'histoire et de la tragédie de cette série et Yoshikazu Yasuhiko prend soin de ne pas trop en révéler, juste suffisamment pour créer un lien plus intime entre le commandant ennemi et le vaisseau qu'il pourchasse.

Les dessins de Yasuhiko sont toujours de très grande qualité avec un véritable soin apporté aux expressions des personnages (sidérantes) et à la mise en scène grandiose des batailles de méchas. Tout le long du volume, on a droit à une grande histoire intense d'odyssée spatiale sur fond d'épopée guerrière. Les personnages sont attachants et toujours très faciles à s'y identifier avec leurs peurs, leurs doutes et leurs défauts, et l'immersion dans leur périple est totale. Gundam est un récit de guerre futuriste intelligent qui prend à coeur de mettre l'accent sur l'immersion du lecteur dans son univers, et le savoir-faire de Yasuhiko est inégalable en la matière. A travers ses dessins, on ressent tout: l'ambiance d'un vaisseau de guerre, les tensions au sein de l'équipage (surtout entre le capitaine Bright Noa et le pilote du Gundam Amuro Ray, censés être les deux hommes forts du White Base, qui ne s'entendent pas du tout), la terreur et l'intensité des batailles spatiales, mais aussi l'émerveillement et l'apaisement dès l'arrivée sur Terre avec des compositions de toute beauté, contemplatives. Un univers très visuel où le récit se laisse d'abord raconter à travers les magnifiques dessins de Yasuhiko avant d'être complété par le biais de dialogues remarquablement dosés et jamais employés de manière gratuite. Le travail apporté sur la narration est ainsi impressionnant et force l'admiration, témoignant du talent considérable de l'auteur pour nous raconter le récit de ses grandes épopées.

Peut-être un peu moins marquant et choquant que le premier mais toujours aussi excellent, ce second volume de Mobile Suit Gundam: The Origin continue de poser les bases d'une réinvention brillante d'une des séries animées les plus populaires de tous les temps. Le récit original était révolutionnaire pour l'époque, une oeuvre qui a marqué son temps avec une influence considérable et durable sur de nombreuses séries animées d'aujourd'hui, Yoshikazu Yasuhiko réussit l'exploit de le rendre encore plus grandiose, de le rendre encore plus intemporel et de résumer en l'espace d'une seule oeuvre tout ce qu'est vraiment Gundam, canalisant aussi bien l'esprit de la première série que celui de toutes celles qui ont suivi. L'oeuvre qui définit à elle seule toute la franchise la plus légendaire de la japanimation et sa richesse stupéfiante est entre nos mains, véritable bible pour tous les fans de la saga qui peuvent dès à présent découvrir ou rédécouvrir cette grande épopée et les origines de l'une des rivalités les plus célèbres de la culture otaku opposant le jeune pilote fédéral Amuro Ray au légendaire homme-masqué Char Aznable, le personnage incontournable qui a complètement redéfini le stéréotype du vengeur masqué avec une très influence considérable sur de nombreuses autres oeuvres mangas et animées, aussi bien au sein de la franchise que chez d'autres auteurs.

Note: 17/20.

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