Princess Lucia

Destinés à un public adolescent masculin mais faisant néanmoins fureur chez certain(e)s adultes et/ou jeunes filles, les shonen ont droit à leur propre rubrique!
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Koiwai
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Princess Lucia

Message non lu par Koiwai » 12 févr. 2012, 19:55

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La fiche sur le site.


Tome 1:

Ce qui est formidable chez Kouji Seo, c'est son don pour ne garder de ses précédentes séries que les plus mauvaises choses pour nous offrir des séries à chaque fois plus médiocres. En commettant Princess Lucia, série publiée à rythme d'escargot chez Mag Garden, l'auteur ne trahit aucunement cet état de fait, à ceci près, cette fois-ci, qu'on aurait presque l'impression que c'est volontaire.

Rien qu'en lisant le synopsis et en matant les fess... euh, en jetant un oeil à la première page en couleur, on comprend à quel lectorat s'adresse la série, qui flirtera volontiers avec l'ecchi.
Les premières pages posent rapidement le décor : Lucia, princesse démone, débarque subitement chez Yuta, gamin de 13 ans, pour lui demander de lui faire un enfant. Ah oui, d'accord. Pour quelle raison ? C'est pourtant simple : le jeune garçon est né le 6 juin de l'an 6 de l'ère Heisei à 6h 6min 6s, et selon la légende, la progéniture d'un homme né à une date aussi incroyable serait particulièrement puissante. Lucia y voit donc une bonne occasion de redonner un coup de boost aux enfers, qui ne semblent guère plus représentés que par elle et son père, gérant d'un petit restaurant de ramen (si si). C'est d'ailleurs le paternel en question, avide de redorer l'avenir de son peuple démoniaque, qui a ordonné à Lucia d'aller se taper Yuta. Personnellement, si j'étais une fille et que mon père m'ordonnait d'aller me faire prendre par le premier venu, je l'aurais mauvaise, mais bon. Lucia, elle, émet quelques réticences, mais elles disparaissent vite. Première constatation : le père est une enflure (au moins un de très vaguement démoniaque, allons-nous dire), la fille est soumise. Ca commence bien, finalement.

C'est donc pour ces raisons que Lucia accourt dans la chambre de Yuta pour essayer de se le faire. Tout juste étonné, mais pas trop non plus (c'est pas comme s'il avait un démon devant lui... ah ben si, en fait), Yuta n'est pas décidé à se laisser faire, mais Lucia s'en fiche, accessoirement, et n'aura de cesse de le harceler, en se foutant à poil et en se jetant dessus, par exemple. Le problème, c'est que l'instant d'après, la situation a tendance à s'inverser : alors que Yuta lui tombe accidentellement dessus, Lucia le repousse violemment en le traitant de pervers... Donc, récapitulons, miss Lucia : tu veux te faire Yuta au point de te jeter sur lui comme une grosse vicelarde, mais quand c'est lui qui te tombe dessus, tu l'envoies bouler en le traitant de pervers... Y a pas comme un petit problème ?
Pour justifier ça, Kouji Seo nous apprendra alors que Lucia, elle, n'agit que sur ordre de son père et n'a, dans le fond, pas envie de se faire faire un enfant par l'autre pré-pubère. Le problème, c'est que dans la suite du volume, la demoiselle continue de chercher des plans pour avoir un enfants de Yuta. Bref... Deuxième constatation : Lucia est un personnage incohérent qui se sait pas ce qu'il veut.

Pour compliquer les choses, car il faut bien compliquer les choses, il s'avère que les deux amies d'enfance de Yuta sont en réalité deux anges chargés depuis 13 années de veiller à ce que les démons ne s'approchent pas du jeune garçon. Ainsi se présentent donc Ell, garçon manqué aussi caractériel que bien formé, et Rié, jeune demoiselle timide dont Yuta est secrètement amoureux, et, on le devine très vite, ses sentiments sont réciproques. Seul Yuta ne comprend pas, en fait. Troisième constatation : un héros crétin.

Et c'est précisément là qu'arrive la plus belle incohérence de Princess Lucia : alors qu'elles sont chargées depuis 13 ans de veiller secrètement sur Yuta, Ell et Rié, non seulement dévoilent facilement la vérité au jeune garçon, mais, surtout, finissent vite par tolérer la présence de Lucia à ses côtés, sous prétexte qu'elle n'a pas l'air mauvaise. Bravo, mesdemoiselles. Laisser votre ennemie héréditaire se rapprocher aussi facilement de sa cible alors que votre mission est de l'en éloigner, c'est logique. Quatrième constatation : les anges sont débiles.

En guise de cerise sur le gâteau, on reste assez atterré par le personnage de Rié, amoureuse de Yuta, ce qui signifie qu'en laissant sans rechigner son ennemie près de sa cible, elle crée d'elle-même un obstacle à ses propres sentiments, et a même tendance à s'effacer d'elle-même. De son côté, Yuta, incapable de réagir face à Lucia ou Rié, n'est pas beaucoup mieux. Cinquième constatation : des personnages aux sentiments insipides et coincés.

Des personnages neuneus, incohérents, coincés, enflures, qui ne savent pas ce qu'ils veulent... C'est bon, tout est là pour faire un Kouji Seo grand cru ! Sur ce, nos héros peuvent joyeusement gambader ensemble, aller à la plage, se faire fondre leurs vêtements par l'acide de quelque créature monstrueuse... Les classiques de tout shônen-harem façon To Love, quoi.

En somme, loin de se contenter de faire un simple manga-harem qui ira se perdre dans la masse, Kouji Seo parvient à se démarquer en mettant parfaitement en valeur une histoire de base bourrée d'incohérences et portée par des personnages irritants au possible. Pour sublimer le tout, on pourra compter sur un coup de crayon moins bon que ce qu'a pu nous offrir l'auteur sur ses autres séries : ici, le trait est plus relâché, les problèmes de proportion sont plus nombreux.

Bref, ce premier tome de Princess Lucia est mauvais, ni plus ni moins, Kouji Seo parvenant à y accumuler les pires tares de ses précédentes séries avec plus d'aisance que jamais (on sent l'expérience). Pourtant, on lui pardonne un peu plus facilement, pour une seule raison : ici, il ne se prend pas au sérieux, et certains gags et idées font même mouche, à l'image du comique de répétition sur la mère surprenant son fils dans des positions toujours plus compromettantes, ou du statut des démons, mélangés aux humains et contraints de faire des ramen pour survivre. On notera même quelques bulles, par-ci par-là, où l'auteur émet un début d'idée (avant de l'oublier aussi vite, faut pas déconner). Notamment, on reste intrigué par le fait que Yuta a 13 ans, Lucia 100 013 ans, soit une différence d'âge de 100 000 ans pile. Pourquoi s'embêter avec ces 100 013 ans si ces 13 petites années ne servent à rien ? Il y a donc au moins un élément permettant d'espérer un peu plus de la suite, alors raccrochons-nous à ça... Les fans purs et durs de fan-service, quant à eux, pourraient éventuellement trouver un plaisir basique à la lecture.

Du côté de l'édition, on a droit à une impression et à une traduction moyennes. Cette dernière est parfaitement compréhensible, mais souffre à quelques reprises de tournures de phrase poussives et maladroites. La présence des fess... hum, de la première page en couleur est un petit plus appréciable.

Deux Kouji Seo le même mois, c'est la fête :mrgreen:
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Raimaru
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Re: Princess Lucia

Message non lu par Raimaru » 12 févr. 2012, 19:59

Ça a l'air tellement crétin que ça pourrait me plaire :arrow:
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Koiwai
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Re: Princess Lucia

Message non lu par Koiwai » 05 sept. 2012, 21:24

Tome 2 :

Depuis que Lucia a débarqué, la vie de Yuta est devenue beaucoup plus mouvementée, et le jeune garçon ne cesse plus de voir débarquer devant lui des êtres venus d'ailleurs, qu'ils soient anges ou démons ! Dans ce deuxième tome, c'est une véritable ribambelle de nouveaux protagonistes qui viennent animer le récit : une jeune enfant démone qui se persuade que Lucia et Yuta sont ses parents, un cocasse ancien sbire de Lucia qui a ouvert une pharmacie pour anges, une démone égocentrique qui souhaite mettre la main sur Yuta pour humilier Lucia, un ange chargé de vérifier que la mission de surveillance de Yuta se passe bien...

Dans les faits, tout ce petit monde apparaît de manière plus ou moins réussie, et est exploité de plus ou moins bonne manière. Par exemple, Libiance, démone enfantine des eaux, se voit offrir une entrée en scène remarquée et apporte de nombreuses situations loufoques, et l'ange Raguel est doté d'un caractère de beau gosse pervers qui lui jouera quelques tours. A côté de ça, les autres nouveaux protagonistes bénéficient malheureusement d'une entrée en scène moins réussie : Asumo reste très peu mis en avant, et la jolie Princesse des Abeilles Belzée horripile plus qu'autre chose dans sa façon d'être en jouant à fond la carte de la pimbêche mégalo.

Chacun se fera son opinion sur ces nombreux nouveaux personnages amenés parfois à la va-vite, mais quoi qu'il en soit, le tout a le mérite d'animer le récit, même si c'est au détriment d'une logique que l'on cherche encore au niveau des relations entre anges et démons ou du caractère de Lucia (une nouvelle fois, la jolie démone cherche par tous les moyens à se faire mettre en cloque par Yuta, mais le repousse sauvagement dès qu'il est collé à elle), et les différentes situations proposées sont propices soit à un humour qui ne vole pas très haut mais peut être efficace, soit à des scènes de fan-service classiques, ou alors à des passages d'un goût largement plus douteux (une gamine qui prend le *hem* de Yuta pour un sein et qui cherche à le téter, gnéééé ???).

Grâce à un contenu très vivant, ce deuxième tome est déjà de meilleure facture que le premier, mais l'ensemble, alternant le sympathique et le très mauvais, reste encore très médiocre et simpliste. A réserver aux fans les moins regardants de l'auteur.
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Koiwai
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Re: Princess Lucia

Message non lu par Koiwai » 22 janv. 2013, 22:14

Tome 3 :

La vie mouvementée de Yuta aux côtés de Lucia et des autres charmantes jeunes filles qui l'entourent se poursuit, non sans heurts. Cette fois-ci, notre héros, malade, devra subir les étranges médicaments que lui force à prendre Libiance, médicaments qui ont une fâcheuse tendance à modifier la personnalité... Puis viendra l'heure, entre autres, d'un face à face contre une étrange fille animale sortie de nulle part dénommée Béhémot, ou d'une fête sportive pour le moins mouvementée, et qui aboutit sur une sortie à Fantasy Land pendant laquelle Lucia est bien décidée à faire succomber Yuta...

Ainsi s'enchaînent les chapitres, jamais très originaux, Kouji Seo se contentant de reprendre les uns après les autres tous les poncifs imaginables des séries harem, sans chercher à apporter quoi que ce soit de neuf ou de vraiment charmant.
Car oui, le charme peine à se faire ressentir chez les demoiselles, tant le coup de crayon de l'auteur tend à trop se relâcher. Les inégalités graphiques et problèmes de proportion des corps sont assez régulière, on a connu le mangaka en meilleure forme de ce côté-là.
Quant au fond, il ne décolle pas, chaque chapitre étant indépendant (à l'exception du chapitre à Fantasy Land, qui découle du précédent), et Kouji Seo expédiant donc bien trop rapidement des sujets qui auraient pu rendre l'ensemble un peu plus immersif. Par exemple, le thème de la fête du sport, qui aurait pu être un peu plus travailler et apporter des choses sympathiques, se retrouve finalement expédié. Quant à Béhémot, la nouvelle venue, elle peine à apporter quoi que ce soit d'intéressant, puisqu'elle devient quasiment inexistante après le chapitre qui la met à l'honneur.

Reste que les amateurs de fan service seront comblés par un quota de filles nues respecté, même si à chaque fois tout est très mal amené, les événements n'étant que de gros prétextes pour déshabiller les demoiselles. Egalement, quelques passages tirent malgré tout leur épingle du jeu, Lucia étant plutôt touchante par moments dans sa maladresse et sa lente découvertes des réels sentiments qu'elle porte pour Yuta, et Ria intriguant un tant soit peu dans le dernier chapitre, qui dévoile une autre facette de sa personnalité.

Au final, la série reste à nouveau assez médiocre, plombée par l'absence d'inventivité et le manque de verve graphique d'un auteur pas du tout inspiré.
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Re: Princess Lucia

Message non lu par Koiwai » 29 déc. 2014, 14:19

Tome 4 :

Série paraissant au Japon un peu quand son auteur en a envie, Princess Lucia possède un rythme de parution plus que lent, puisque nous attendions en France ce quatrième volet depuis quasiment deux ans (ce n'est pas la faute de Soleil, il est sorti au Japon en mars 2014).
Heureusement, le scénario ne racontant rien de spécial, on replonge facilement dans la série pour retrouver Yuta, Lucia et les autres face à un nouveau problème : l'arrivée de Marie, une idole qui réserve quelques surprises, et dont le manager Raguel risque fort de mettre en danger notre princesse démone... Au programme de ce premier grand axe du tome, pas grand chose : des révélations sur le sexe de Marie amenées n'importe comment, puis des quiproquos sur les desseins de Raguel trop lourds pour convaincre, d'autant que certains dialogues en deviennent quasiment incohérents. S'en suit une petite intrigue sur la jalouse princesse Belzée, qui, alors qu'elle aurait pu être un peu amusante (même si elle recycle encore la jalousie et l'aspect hautain du personnage), s'enfonce rapidement dans du fan-service mal fichu et trop insistant. Tout ça, c'est bien beau, mais ça ne mène à rien, d'autant que certains protagonistes comme Marie sont ensuite éclipsés.

Pendant la majeure partie du tome, les problèmes restent les même que sur les précédents volumes de la série : humour peu inspiré, et fan-service trop basique. Le fan-service, c'est sympa quand c'est bien amené, or Kouji Seo balance ça n'importe comment et sans imagination, ce qui est d'autant plus dommage quand on voit le charme qu'il est capable d'offrir à Lucia lors d'instants plus doux, par exemple dans le premier chapitre.

Néanmoins, la dernière partie du tome, sur un fond qui reste basique, amène des enjeux un peu plus intéressants avec l'arrivée de Camaël, une ennemie qui a l'air autrement plus sérieuse et propose dans les dernières pages une ambiance qui, pour la première fois dans la série, est réellement un peu tendue (même si le fan-service est toujours là, en arrière-plan). Reste à voir ce que Kouji Seo en fera. S'il s'agira d'un énième pétard mouillé ou d'un truc un peu plus ambitieux. Il n'y a plus qu'à espérer que le volume 5 n'arrivera pas dans deux ans...
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