10 Count

Shojo, josei, yuri, yaoï... En d'autres termes voici la rubrique regroupant les genres de manga destinés à un public féminin!
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Koiwai
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10 Count

Message non lu par Koiwai » 26 sept. 2014, 07:27

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La fiche sur le site


Tome 1 :

Secrétaire pour le patron de son entreprise, Shirotani est atteint de mysophobie, peur irrationnelle du moindre contact avec la saleté ou avec des éléments pouvant avoir es microbes. Il porte constamment des gants qui abîment ses mains, n'a de contact physique avec personne, évite les choses banale comme prendre le métro, aller au restaurant ou boire après quelqu'un d'autre. Mais il pense au plus profond de lui-même qu'il n'a pas forcément besoin de changer, son entourage tel son patron Kuramoto ou son collègue Mikami comprenant son problème.
Pourtant, les choses vont basculer le jour où un accident impliquant son patron provoque sa rencontre avec Kurose, un psychiatre qui commence à s'intéresser à lui en lui proposant de le délivrer de son trouble obsessionnel. Kurose demande à Shirotani de faire une liste des 10 choses qu'il se sent incapable de faire, le 1 étant le moins dur et le 10 le plus éprouvant. Commence alors une lente désensibilisation, où, en compagnie du psychiatre, le jeune homme devra surmonter chacune de ces 9 phobies, la dixième et plus grande restant pour l'instant un mystère...

Habituée des personnages fragilisés ou incertains, Rihito Takarai nous propose, avec 10 Count plus qu'avec aucune autre de ses précédentes séries, le portrait d'un homme sentimentalement affaibli par le mal qui le ronge, même s'il dit s'en accommoder très bien. Mais l'apparition de Kurose dans sa vie, petit à petit, change tout. Avec l'aide du psychiatre, le jeune homme cherche pour la première fois à se débarrasser de son mal, et l'auteure croque la chose avec la finesse et la douceur qui sont ses marques de fabrique.
Dans les premiers temps très fragile et ayant beaucoup de mal à aller au devant de sa phobie, Shirotani, presque imperceptiblement, souffre, par exemple au point de s'évanouir en prenant le métro ou de craindre une simple poignée de main. Grâce à sa narration limpide, Takarai fait bien ressortir les incertitudes et faiblesses de son personnages, sans pour autant insister dessus. Pour progresser, le jeune homme peut alors compter sur la présence permanente de Kurose, psychiatre dont les motivations restent énigmatiques. Pourquoi a-t-il pris sous son aile Shirotani sans que celui-ci le lui demande franchement ?
Dans tous les cas, on suit avec beaucoup d'intérêt la lente évolution d'un Shirotani qui, les unes après les autres et avec plus ou moins de difficultés, affronte ses peurs. Bientôt, il tente par lui-même de faire face à ses phobies, tente spontanément de boire après quelqu'un d'autre, ou va de lui-même au contact des autres et notamment de Mikami, son collègue arrivé dans l'entreprise en même temps que lui et avec lequel il voulait sympathiser. De fil en aiguille, étape par étape, sa vie change, il parvient à faire certaines choses qu'il ne parvenait pas à accomplir avant, et se sociabilise doucement. Mais dans le même temps, au fil de sa difficile et lente guérison, lui et Kurose semblent peu à peu s'éloigner... Seulement, Shirotani sera-t-il capable de le supporter ?

Dans tout ça, le boy's love est pour l'instant quasiment absent, on ne fait que le deviner en filigranes à travers les relations d'amitié et de confiance qui se créent entre les personnages. Ici, Rihito Takarai s'applique avant tout à dépeindre avec subtilité les tourments si particuliers de son héros, le résultat est saisissant et laisse pleinement le temps d'apprécier les liens qui se nouent entre les protagonistes.

Avec son thème inédit et abordé avec finesse, son réalisme dans la lente évolution des liens entre personnages, son ton doux et posé et la grâce de son coup de crayon élancé et élégant, 10 Count se démarque déjà du lot sur son seul premier volume, et nous offre un récit d'une délicatesse et d'une sensibilité exemplaires.

L'édition de Taifu s'avère plaisante, entre la première page en couleur, l'honnête qualité d'impression et de papier et la traduction claire.
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Einah
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Re: 10 Count

Message non lu par Einah » 26 oct. 2014, 21:52

2ème avis ^^

Tome 1

Shirotani sait s’adapter à son monde environnant malgré qu’il soit mysophobe. Désinfecter ses mains régulièrement, porter des gants quotidiennement et éviter tout contact proche avec autrui font partie de ses règles de vie. Le hasard de la vie lui fait rencontrer Kurose, psychologue dans une clinique. Kurose se propose de le guérir de son obsession en échange de son amitié. Un pacte bien particulier que Shirotani acceptera malgré quelques réticences.

Rihito Takarai revient avec un nouveau titre dont les troubles psychologiques sont en plein cœur de son scénario. L’auteur à travers Shirotani nous dévoile un homme hyper sensible, vivant avec sa maladie comme si cela ne faisait plus qu’un avec lui-même. Shirotani ne veut pas gêner ceux qui l’entourent donc il s’adapte et évite ainsi de rendre mal à l’aise son entourage avec ses tocs. Même s’il sait s’adapter, il ne restera pas indifférent à la proposition de Kurose. De par lui-même, il comprendra qu’il a envie de se sortir de ses blocages qui l’excluent des autres et des relations humaines. Car faut bien comprendre que cette maladie, outre les conséquences physiques que peuvent engendrer de se laver les mains trop fréquemment, isole socialement.

En échange seulement de son amitié, Kurose s’est proposé de l’aider. Toutes les semaines, ils se rencontrent et à la demande de Kurose, Shirotani établira une liste de 10 choses (référence au titre 10 Count) qui pour lui est difficile voire impossible à faire, comme par exemple : ouvrir une porte sans gants. Shirotani est touché par l’intérêt de Kurose alors qu’ils ne se connaissaient pas à l’origine. Pourquoi Kurose veut-il à ce point l’aider ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Shirotani n’a aucune carapace et finalement sa maladie ne fait que le protéger des relations humaines. En entrant ainsi dans sa vie, Shirotani ne peut s’empêcher de ressentir des sentiments de plus en plus forts pour Kurose. Le lien qui les unit dépasse rapidement celui de malade/patient. Mais, la conscience professionnelle rattrapera notre médecin entrainant des conséquences sur la suite de leur relation.

Les traits de l’auteur sont toujours aussi particuliers. Les habitués du style ne verront donc pas de changements avec ces traits fins et anguleux. Et que dire de l’image de la couverture qui est tout simplement sublime. Quant à l’édition, Taïfu nous offre comme d’habitude une belle édition avec un beau papier.

En seulement un tome, l’auteur nous offre une lecture rempli d’émotion, de délicatesse et de souffrance avec tellement de justesse. Le sujet traité n’est pas un prétexte pour nous amener une nouvelle histoire de boy’s love. La mysophobie et le mal être psychologique sont au cœur de ce premier tome et voir les liens évoluer et s’épanouir entre Kurose et Shirotani nous touche. Un excellent tome et une série qui marquera l’œuvre de Rihito Takarai.
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Einah
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Re: 10 Count

Message non lu par Einah » 30 janv. 2015, 19:19

Tome 2 :

Depuis que Kurose a mis fin à leur relation médecin/patient, Shirotani souffre et n’a plus la force de sortir de chez lui. L’ami de Shirotani, Mikami, ainsi que son patron sont inquiets, ils décident donc de prévenir Kurose du mal être de Shirotani. Seul lui sera capable de sortir Shirotani de son enfermement. Kurose comprendra-t-il pourquoi Shirotani souffre à ce point ? Acceptera-t-il de l’aider à nouveau pour le sortir de sa maladie ?

C’est un homme meurtri non plus dans sa chair mais dans son âme que nous voyons là terré chez lui. Shirotani ne comprend ni les sentiments qui sont en lui ni la souffrance qu’il ressent. Mais quand Kurose demande de le rejoindre à leur endroit habituel alors qu’il n’avait plus de nouvelles, la maladie est occultée. Shirotani sera capable de faire une chose dans sa liste que jamais jusqu’à présent il ne pouvait faire et tout ceci sans s’en rendre compte. En effet, les sentiments qui le tourmentent sont plus forts que ses tocs. L’envie de le voir, lui, est plus forte que sa maladie.
Kurose de son côté joue également carte sur table et avoue à Shirotani ses désirs les plus profonds, qui ont été la raison pour laquelle il ne pouvait plus être son médecin.

Les cartes sont posées et Shirotani en proie au doute, à la souffrance mais également à une attraction enivrante pour Kurose n’arrive pas à lutter contre cette attirance un brun masochiste. Même si certains gestes l’écœurent, il ne peut pas s’empêcher d’éprouver du plaisir et du désir quand Kurose est là et s’il pose le bout de ses doigts sur lui. Quant à Kurose, il nous dévoile une nouvelle facette de sa personnalité qui remplit de désir est teintée de sadisme...

Rihito Takarai nous emmène dans un monde à la fois de désir et de souffrance. Un deuxième tome tout simplement sublime tout comme la couverture.
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Koiwai
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Re: 10 Count

Message non lu par Koiwai » 11 juin 2015, 06:58

Tome 2 :

Au fil des séances avec Kurose, le mysophobe Shirotani a petit à petit appris à surpasser certaines de ses angoisses, et parvient même à se lier un peu avec certaines personnes de son entourage dont Mikami. Mais le chemin est encore long, comme le prouve son incroyable difficulté à boire dans le verre d'un autre malgré ses efforts. Et pourtant, le psychologue décidé brusquement de mettre fin aux séances, au grand dam de Shirotani qui n'est pas loin de replonger dans ses angoisses... Mais pourquoi Kurose a-t-il soudainement pris cette décision ? Et pourquoi Shirotani se sent-il si mal à l'idée de ne plus le voir, au point de ne plus sortir de chez lui ?

Les réponses à ces questions se laissent deviner petit à petit, et témoignent, comme souvent chez Rihito Takarai, d'un joli focus psychologique qui n'a pas forcément besoin d'en dire trop pour faire comprendre la situation. On comprend très vite que d'un côté Shirotani ne comprend pas les sentiments qui sont nés en lui au point de le déprimer, et de l'autre côté que Kurose craint de céder à ses pulsions s'il revoit son patient... La narration de Takarai reste fine, jusqu'à ce que tout explose soudainement quand les deux hommes se revoient enfin. Les leçons reprennent, mais les sentiments de tous les deux se concrétisent aussi finement que brutalement. Finement, grâce à la manière dont la mangaka amène les choses. Brutalement, de par le craquage de Kurose qui finit par révéler tous les sentiments à travers une scène un peu crue, explicite, dans un style que l'on ne connaissait pas encore chez Takarai, et qui révèle chez les deux hommes des tendances quasiment SM qui promettent beaucoup pour la suite.

L'un est blanc (shiro), pur, ayant toujours pris soin de ne pas se salir. L'autre est plus sombre, noir (kuro), déjà pris dans ses sentiments et menaçant de céder à ses pulsions presque sadiques/dominatrices. Entre eux deux, la relation évolue avec autant de justesse que de force, et cette relation plus que les leçons-mêmes pourrait bien être ce qui aidera le plus Shirotani à vaincre ses phobies.

Clairement, ce tome, à ce jour le plus cru de l'habituellement très douce Rihito Takarai, pourra choquer un peu les plus prudes lectrices de l'auteure. Mais le fait est que le contenu, où Shirotani est partagé de façon quasiment masochiste entre son dégoût et son désir, est habilement justifié, témoigne de toute l'ambiguïté des sentiments des personnages, et entremêle puissamment ces sentiments à la volonté de guérison du secrétaire.

Souffrance et désir, thérapie et amour ne feront bientôt plus qu'un, et on attend évidemment beaucoup de la suite.
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Re: 10 Count

Message non lu par Koiwai » 31 août 2015, 17:48

Tome 3 :

Au fil du temps passé ensemble, Shirotani et Kurose voient leur relation évoluer, la thérapie se transformant petit à petit en tout autre chose... L'amour s'en mêle clairement. les sentiments de Kurose sont clairement avoués, et ceux de Shirotani se devinent... mais ce dernier, toujours en proie à la maladie, parviendra-t-il à accepter cette situation ?

Tandis que l'avant-dernière étape de la liste est franchie un peu malgré lui, Shirotani reste rongé par ses craintes. C'est principalement cette dualité que Rihito Takarai s'applique à dépeindre dans ce troisième tome. Clairement, le mysophobe a déjà beaucoup changé, et émet toujours la volonté d'aller de l'avant pour accepter le contact des autres, par exemple en demandant de lui-même à Kurose de boire avant lui dans la même bouteille d'eau. Mais les doutes sont toujours là : la sensation de dégoût quand un tailleur doit prendre ses mesures, l'envie de désinfecter sa maison quand Kurose y pénètre, la crainte de voir le psychologue mourir parce qu'il l'a touché voire plus encore... Mais, d'un autre côté, le corps de Shirotani est le meilleur exemple de toute la contradiction entre ses tourments psychologiques et ses réels désirs. Et Kurose, bien qu'il veille sur lui de façon assez bienveillante et voit grandir sa tension sexuelle (plus d'une fois, il a clairement envie d'aller plus loin avec son patient, mais se retient), devra sans doute se montrer un peu plus ferme pour que toutes les évolutions de Shirotani se concrétisent réellement. Cela prend forme dans une fin de volume qui annonce bien de choses dans son arrivée certes un peu abrupte mais certainement indispensable dans l'évolution du secrétaire.

Le trait de Takarai est toujours aussi fin, sa narration s'écoule calmement et clairement bien que certains passages paraissent trop rapides, et le tout sert toujours aussi bien un récit qui, pourtant, devient toujours plus explicite, toujours plus tendu sexuellement... Avec notamment certaines scènes en particulier, 10 Count confirme son statut d'oeuvre la plus "brute" de Rihito Takarai, et si cela pourrait choquer certain(e)s fans de cette mangaka habituellement beaucoup moins explicite, il faut saluer ici sa capacité à s'essayer à un autre style, d'autant que les passages les plus chauds trouvent clairement une justification dans l'histoire et accentuent encore la tension grandissante. Ajoutons à cela le petit début de réponse sur les origines de la maladie de Shirotani, et l'on obtient un volume qui poursuit de bonne manière les choses malgré les quelques passages paraissant trop rapides/survolés.
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Re: 10 Count

Message non lu par Koiwai » 17 mars 2016, 10:31

Tome 4 :

Kurose a décidé de passer la vitesse supérieure avec Shirotani, le forçant à se "salir" d'une manière particulièrement directe. La fin du tome 3 le laissait deviner, la première partie de ce quatrième volume le confirme : au fil d'une scène assez crue et aux petits relents de SM, Rihito Takarai se veut assez explicite, va plus loin ici que dans aucun autre de ses mangas, ce qui pourrait heurter un peu ses lectrices et lecteurs habitués aux précédentes oeuvres beaucoup plus platoniques de la mangaka. Faut-il condamner cela ? Sans doute pas, car cette scène assez crue, sorte de thérapie de choc, était sans nul doute nécessaire pour l'évolution de Shirotani... mais aussi pour Kurose, qui, à travers ses actes, montre la raison pour laquelle il aime son patient : il a choisi d'être sincère envers Shirotani, de se mettre à nu, en présentant une facette de lui-même peu glorieuse. Quelque part, on peut dire que Kurose est lui aussi malade d'une certaine manière, on découvre une certaine fragilité derrière ses actes, et dès lors on a hâte de voir vers quels nouveaux moments intenses ira cette relation difficile.

Difficile, cette relation l'est clairement, car l'impact des événements sur Shirotani est forcément percutant. Celui-ci ne sait plus quoi penser, fuit... mais son corps appelle tout autre chose et le pousse à se toucher. Un acte qui réveille en lui un traumatisme profond, le plus profond à vrai dire, car l'heure est venue de découvrir un peu plus en détails le passé qui a rendu Shirotani mysophobe. Rihito Takaria va un peu vite sur certains éléments de ces révélations, mais le résultat n'en est pas moins marquant par son caractère malsain. Le plus immoral et impossible des amours se dévoile, les faits auxquels assiste le Shirotani enfant expliquent aisément le profond dégoût qui est ensuite né en lui... Sans trop en faire, Takarai parvient à dépeindre assez fortement la façon dont les tourments psychologiques sont nés chez son personnage.

10 Count suit donc très habilement son cours, et c'est finalement la dernière partie qui déçoit légèrement, avec ses très grosses ficelles autour des retrouvailles par hasard et de la panne d'ascenseur... Cela ne gâche que très peu une lecture qui parvient à croquer avec talent le malaise psychologique de ses deux héros.
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