Yako et Poko

Shojo, josei, yuri, yaoï... En d'autres termes voici la rubrique regroupant les genres de manga destinés à un public féminin!
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Koiwai
Rider on the Storm
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Yako et Poko

Message non lu par Koiwai » 24 juin 2015, 20:19

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La fiche sur le site


Tome 1 :

Découvert en France pour son poste de dessinateur sur Mes petits plats faciles by Hana qui fut l'un des premiers titres des éditions Komikku, Etsuko Mizusawa nous revient en France avec une autre oeuvre toujours prépubliée au Japon dans le magazine Motto! d'Akita Shoten, et où cette fois-ci il est également scénariste.

Ici, l'artiste troque le Japon contemporain et gastronomique de Mes petits plats faciles contre un univers légèrement futuriste... mais plutôt éloigné de l'image que l'on a habituellement du futur !
En effet, ici, nous avons bien des robots, mais ils sont différents des clichés habituels sur ces machines en ceci qu'ils arborent des looks animaliers, ont une conscience propre, accompagnent pleinement les humains dans les tâches quotidiennes, et se divisent en trois grandes catégories programmées sur demande de leur "maître". Les "optimaux" sont le top du top, les plus chers et les plus efficaces au travail. Les "bouillons", eux, sont dans une gamme de prix plus raisonnable, mais sont forcément un peu moins aboutis. Quant aux "bons à rien"... leur nom parle de lui-même.
Pourtant, à côté de cette déferlante de robots animant désormais la vie de chacun, d'autres choses sont autrement plus surprenantes, à commencer par la lenteur des ordinateurs, sur lesquels il faut facilement plusieurs dizaines de minutes pour faire une simple recherche, à tel point que la Poste Pingouin et son courrier papier plus classique est désormais beaucoup plus efficace grâce à sa rapidité pour distribuer les lettres.

Ainsi, c'est finalement un univers un peu à part, en partie futuriste et pourtant un peu rétro, que nous offre l'auteur au fil de petits détails fort plaisants et animant le récit. Et c'est dans cet univers que l'on découvre une héroïne elle-même un peu à mi-chemin entre futur et passé : Yako, une mangaka plutôt traditionnelle dans sa façon de dessiner sur papier et d'apporter toujours ses planches chez son éditeur (Raton, où la rédaction, en guise de marque de fabrique, doit porter une que de raton... Mignon et rigolo), mais ayant pour assistant Poko, un chat-robot en mode "brouillon". Et malgré tout, c'est souvent vers le passé que se tourne le regarde de la jeune femme, qui se met à collectionner de façon relâchée les stylos "Yukko", des stylos sortis il y a plusieurs années, devenus plutôt rare et ayant pour particularité d'être les témoins des souvenirs de leur créateur, Yukko...

Sur 140 pages, Mizusawa nous offre 9 chapitres qui n'ont d'autres buts que de nous faire suivre de petites tranches de vie du duo : aller porter ses planches, jouer en salles d'arcade, faire des courses, se reposer... Rien que du quotidien à la base classique et plutôt apaisant, mais où viennent petit à petit pointer divers éléments enrichissant l'univers : la recherche des stylos Yukko en guise de petit fil rouge revenant plus ou moins fortement à chaque chapitre, la découverte de personnages secondaires hauts en couleur comme Olive et ses nombreux robots (ce qui est aussi l'occasion de voir une façon de faire du manga différente de celle de Yako), des petits informations disséminées ça et là (le fait que les robots "optimaux" n'ont pas le droit de jouer en salles d'arcade car ils gagneraient à tous les coups, par exemple)... Mine de rien, l'auteur croque un petit monde aussi original que cohérent et plus riche qu'il n'y paraît.

Il n'en faut pas plus pour que l'on prenne plaisir à suivre notre duo de héros et à mieux cerner leur relation, petit à petit. Et c'est un lien très joli que l'on cerne chez Yako et Poko.
Son robot n'a beau être qu'un "brouillon", Yako, bien que peu expressive dans ce qu'elle ressent, montre plus d'une fois un certain attachement envers Poko. Quand Poko regrette de n'être qu'un "bouillon", elle est là pour le rassurer. Quand il fait des erreurs de tramage sur les planches, elle l'accompagne dans l'erreur. Et la raison pour laquelle elle a choisi un robot en forme de chat trouve une certaine logique.
Quant à Poko, il paraît difficile de ne pas craquer devant son caractère plutôt candide, naïf, se posant souvent de petites questions simples sur ce qui l'entoure, observant les choses avec curiosité, adorant les jeux d'arcade et espérant y décrocher des jouets en guise de lot... Plus qu'un robot, on a souvent l'impression de voir un enfant, ce qui se confirme encore dans sa volonté permanente de dénicher des stylos "Yukko" pour une Yako qui est, finalement, un peu comme une mère pour lui.

On découvre donc une relation naturellement bienveillante et positive, qui se comprend sans que l'auteur ait besoin de forcer le ton. Et il faut avouer que cette impression est encore renforcée par le dessin tout rond et mignon des personnages, par les décors en apparence simples et pourtant bien fournis, et par un découpage aux cases épaisses, simple mais efficace et doté de quelques jolis angles de vue (notamment les vues en plongée accentuant la richesse d'un décor ou le design chibi des personnages).

Si l'on aime la tranche de vie, on se laisse donc facilement emporter par celle de Yako et Poko, récit trouvant un étonnant et plaisant équilibre entre un monde "rétro-futuriste" plus riche qu'il n'y paraît, deux héros attachants et une ambiance nostalgique et positive du plus bel effet.
Débutée au Japon en 2012, la série ne compte pour l'instant qu'un seul tome paru au Japon en 2014, et possède donc un rythme de parution très lent. Chaque chapitre étant indépendant, sachez que ce n'est en rien gênant.
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Mon top lectures (hors nouvelles séries) de 2015 :
RiN 5, A Silent Voice 6, Ushijima 27.

Mon top nouvelles séries de 2015 :
Deathco, Underwater, Les Enfants de la baleine, One-Punch Man.

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Re: Yako et Poko

Message non lu par Koiwai » 07 avr. 2016, 16:56

Tome 2 :

Dans un monde que l'on devine futuriste mais qui apparaît rétro par bien des aspects, la mangaka Yako Sakurai et son chat-robot assistant en mode "brouillon" Poko poursuivent leur quotidien où, quand ils ne travaillent pas sur leur manga, s'occupent en se promenant par-ci par-là tout en continuant de chercher les fameux crayons Yukko, d'anciens stylos de couleurs différentes, devenus rares et comportant des souvenirs de leur créateur.

Neuf mois après le premier volume, on retrouve ces attachants personnages pour un deuxième tome ne changeant aucunement la recette faite de petits chapitres de 10-20 pages globalement indépendants. Et se replonger dans cet univers "rétro-futuriste" teinté d'une douce et chaleureuse nostalgie est un plaisir si l'on a aimé le premier volume, car on y retrouve une Yako qui, au-delà de son visage peu expressif, conserve une relation très jolie avec Poko, son robot candide, naïf, ayant encore beaucoup à découvrir, et dont elle s'occupe presque comme un enfant sur lequel il faut veiller.
Ainsi, à leurs côtés, de la conception du manga de Yako au passage dans la salle de jeux en passant par les remises de planches, les voeux ou l'observation des carpes de la fête des enfants, chaque instant de vie devient un petit plaisir simple à suivre. On adore voir les réactions très enfantines de Poko, par exemple quand il souhaite à tout pris observer les carpes, quand il est triste de finir la lecture d'un manga, ou quand il retient naïvement les petites remarques malicieuses de "maman" Yako (par exemple, sur l'importance de ne pas manger trop de glaces), tout comme on voit avec un attachement nostalgique leur recherche des crayons Yukko, petit fil conducteur qui apparaît discrètement mais régulièrement. Le tout restant emballé par un dessin tout rond presque naïf des personnages, par des vues continuant de s'offrir à plusieurs reprises de plaisantes variations, et par des décors qui restent mine de rien assez riches. Ces derniers, souvent épais et dessinés à la mains, accentuent efficacement l'ambiance un peu rétro, alors même que des éléments comme les robots, bien sûr, mais aussi les carpes par exemple, sont là pour bien rappeler que ce monde est futuriste, mais que certaines traditions d'avant sont toujours là même si elles ont évolué. En somme, Etsuko Mizusawa trouve à nouveau le bon équilibre.

Mais au-delà de sa recette qui aurait pu s'essouffler un peu de par son schéma très simple, Mizusawa parvient à apporter de nouveaux éléments et des petites informations enrichissant en douceur son univers. Ainsi Poko fait-il la connaissance en salle de jeux d'un nouvel ami, Léon, un robot "bon à rien" qui, tout comme Mucha en fin de tome, montrera que les "bons à rien" peuvent avoir de surprenantes capacités qu'un mode d'emploi n'indique. La dernière partie du tome est aussi l'occasion d'en apprendre plus sur Rodin, le principal robot de Midori olive, et de mieux cerner sa relation et son passé avec sa maîtresse. Et leur lien en ressort grandi, tandis qu'on peut voir les conséquences du surménage sur les robots... Via quelques éléments dans un chapitre, Mizusawa dresse également un léger portrait intéressant des conséquences que peuvent avoir les "lois du marché" poussant certaines choses à disparaître faute de succès. Enfin, la mangaka laisse à nouveau traîner quelques indices sur l'époque et le passé de son récit, évoquant brièvement une révolution ayant changé un monde qui était autrefois régi par les puissants ordinateurs et téléphones créant de la distance entre les gens. Notre monde, sans nul doute.

Sans changer sa recette, Mizusawa parvient à nouveau à séduire le plus simplement du monde en insufflant quelques petites nouveautés à son univers "rétrofuturiste", et en croquant toujours avec simplicité, bienveillance et nostalgie la relation entre Yako et Poko, proche de celle d'une maman avec son candide enfant.
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RiN 5, A Silent Voice 6, Ushijima 27.

Mon top nouvelles séries de 2015 :
Deathco, Underwater, Les Enfants de la baleine, One-Punch Man.

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