Le Pavillon des hommes

Shojo, josei, yuri, yaoï... En d'autres termes voici la rubrique regroupant les genres de manga destinés à un public féminin!
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Koiwai
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 16:58

Tome 6:

Après 8 mois d'une attente due à une publication japonaise rattrapée, l'heure de découvrir le sixième volume du Pavillon des hommes est enfin arrivée.

Le shôgun Tsunayoshi n'a plus beaucoup de temps à vivre, et doit donner son choix quant à celle qui lui succèdera, entre Tsunanori, depuis peu seigneur du clan Tokugawa de la province de Kii, soutenue par le vieux Keishoin et logiquement favorite, et Tsunatoyo, dont la justesse et la bonté sont encensées par sa suivante Akifusa. Arrivée à la fin d'un règne qu'elle estime ratée aussi bien en tant que mère qu'en tant que dirigeante, ayant été incapable d'offrir une héritière et s'étant, à cause de ses lois insensées, attirée les foudres du peuple au point de retrouver des assassins dans sa couche, Tsunayoshi se montre incapable de choisir. L'heure est alors venue pour Emonnosuke de laisser parler ses sentiments pour consoler le shôgun, et suite à cela, Tsunayoshi parvient enfin à imposer son choix, au risque de décevoir son père...

Le temps suit son cours dans le Pavillon des hommes, porté par la narration imperturbable de Fumi Yoshinaga, et ici, c'est toute une génération qui s'éteint peu à peu, Tsunayoshi voyant partir les unes après les autres tous ceux qui ont été là pour elle, alors qu'elle-même n'aspire plus qu'à rendre l'âme, comme si le destin avait décidé de la torturer jusqu'au bout. Finalement, s'achève le règne d'une femme haïe par le peuple alors qu'elle avait tout pour être aimée. Et en toile de fond, Yoshinaga excelle toujours pour dépeindre les manigances et les tensions régnant autour du shôgun.

Une page se tourne, l'heure est venue pour le nouveau shôgun, Ienobu, de monter sur le trône. Derrière un physique pas forcément avenant, le nouveau shôgun montre une justesse dans son règne qui avait été perdue par Tsunayoshi, et en annulant notamment les lois insensées de cette dernière, elle gagne rapidement la confiance du peuple. Pourtant, le destin ne se montre pas clément, puisque le règne de Ienobu est destiné à s'achever prématurément au bout de trois ans.

La dernière partie du volume revient sur des événements parallèles à la fin du règne de Tsunayoshi, des événements dont on comprend rapidement qu'ils seront indispensables pour la suite de l'oeuvre.
D'un côté, suite à la mort prématurée de ses grandes soeurs, la jeune Yoshimune, 12 ans, est amenée à prendre la tête du clan Tokugawa de la province de Kii.
D'un autre côté, nous découvrons Sakyô, jeune homme qui cache derrière sa grande beauté un grand malaise, forcé à être l'amant de sa propre mère à laquelle il a donné deux enfants, et ne supportant pas que les femmes ne voient en lui qu'un bel étalon. Pourtant, par un coup du sort, un incroyable destin attend le jeune homme, qui, de fil en aiguille, est amené à devenir un favori du futur shôgun Ienobu, devient même le père de l'enfant ce cette dernière, puis est transféré au Pavillon des hommes lorsque le nouveau shôgun est intronisé. Au fil de ces pages, l'auteur nous donne l'occasion de découvrir plus en détails la personnalité de Ienobu, au passé loin d'être toujours joyeux, ce qui explique sans doute en partie son don pour la compassion et toute la dévotion que lui voue sa suivante, Akifusa. Et l'ironie du sort est de mise pour Sakyô, qui, alors qu'il ne supportait pas d'être vu comme un simple étalon par les femmes, devient ici celui du shôgun. Et si Sakyô se plie aux demandes d'Akifusa, infiniment belle et pourtant toujours célibataire tant elle n'a d'yeux que pour se maîtresse, la suivante du shôgun ignore que les sentiments du jeune homme lui sont en réalité adressés. Mais pas le temps de s'inquiéter de cela: à peine commencé, le règne d'Ienobu doit s'achever...

Tensions rivales, secrets et sentiments bien gardés puis qui finissent par se dévoiler... La vie au Pavillon des hommes suit son cours, toujours portée par le ton unique de Yoshinaga, qui dépeint son oeuvre de manière posée, comme une véritable fresque historique. Ici, deux générations de shôgun passent, et l'auteure n'a pas oublié de préparer le terrain pour la suite.

La lecture reste donc délicieuse pour quiconque a aimé les précédents volumes, et pourtant, cette mécanique très élaborée et bien huilée voit apparaître un petit souci de cohérence. En effet, Ienobu, enceinte au moment de son intronisation, est destinée à ne régner que 3 ans. Et pourtant, elle est toujours vivante lorsque que sa fille, la petite Chiyo, a dépassé les 4 ans. En dehors de ce détail, rien ne nuira au plaisir de lecture des amateurs de ce manga unique. Et il va à nouveau sans doute falloir s'armer beaucoup de patience pour découvrir la suite...
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Koiwai
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 18 avr. 2012, 21:11

Tome 7:

Les années continuent de passer, et les shôgun se succèdent. Pourtant, cette fois-ci, un conflit éclate dans le choix du prochain shôgun, et les complots font leur apparition : décès d'une prétendante par empoisonnement, puis intrigues pour en ériger une autre. Entre alliances et coups bas, le coeur du problème se jouera au sein du Pavillon des Hommes.

Grosso modo, ce septième volume propose de découvrir les ficelles d'un complot visant à instaurer le nouveau shôgun, et ces ficelles passent par le Pavillon des Hommes. Sur le coup, il faut bien avouer que l'on a un peu de mal à s'y repérer, ce qui est principalement dû à la parution désormais lente, puisque le rythme de publication japonais est rattrapé. Puis petit à petit, les repères reviennent, et les enjeux du complot sont compris en même temps que sont dévoilés ceux qui en sont à l'origine. Une nouvelle fois, Fumi Yoshinaga parvient à clarifier l'essentiel, tout en nous immergeant plus que jamais dans le quotidien du pavillon, notamment via ses règles de fermeture et les plaisirs que ressentent certains de ses membres en se rendant au théâtre.

Mais les règles du Pavillon des Hommes sont strictes et parfois cruelles, surtout quand certaines personnes sont décidées à les utiliser pour faire tomber les gêneurs. Ici, au-delà du complot, la force de Fumi Yoshinaga est de réussir à dépeindre toute la cruauté et l'ironie des complots et jeux de pouvoir.

Tout ceci aboutit dans le dernier chapitre sur l'arrivée du nouveau shôgun et d'un nouveau grand intendant au pavillon. Si ce dernier est pour l'instant effacé et que le nouveau shôgun débarque de manière un peu abrupte, la mangaka présente chez cette dernière une façon de régner intéressante, à la fois autoritaire de par sa façon de gérer ses concubins et ses enfants, et subtile de par les lois et décisions qu'elle prend. On ressent ici une souveraine faisant passer son statut avant sa "vie familiale". Le tout est parfois assez rapide, mais on a néanmoins hâte de lire la suite, surtout après une dernière page amenant un nouveau problème.

S'il faut un certain temps pour se remettre dans le bain et que la narration de Fumi Yoshinaga paraît couler un peu moins de source que d'habitude, la mangaka parvient néanmoins à rendre les complots de la cour et du Pavillon des Hommes clairs et intéressants. En attendant patiemment la suite.
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Hokutocuisine
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Hokutocuisine » 25 avr. 2012, 21:03

Je suis tombé sur cette critique par hasard, mais bien écrit et concis comme d'habitude Koiwai! Je vais commander le premier tome. As tu vu le trailer du dernier Studio 4ºC qui sort le mois prochain? ça a l air tres joli. http://www.youtube.com/watch?v=GUmBwuWHwLY
Omaea mo shinde iru

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Koiwai
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 25 avr. 2012, 21:59

J'ai vu ça, c'est visuellement magnifique (du 4°C, quoi), c'est une mini-série destinée à faire de la pub pour Toyota, et les épisodes vont durer à peine quelques minutes, apparemment. Je doute qu'on l'ait en France, malheureusement. Mais si un éditeur français la licencie je me rue dessus.

Par contre c'est pas trop le lieu pour parler de ça, ici c'est le topic sur la Pavillon des hommes. Il y a une section animation ici : video-animation-et-films-asiatiques-f13.html :wink:
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chachaaaa
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par chachaaaa » 25 avr. 2012, 22:25

Tiens j'me laisserai bien tenter. Ça vaut vraiment le coup comme série ??
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 25 avr. 2012, 22:55

Personnellement j'aime beaucoup, mais parfois, il y a des petits coups de mou pas bien méchants. Tant qu'on reste bien concentré à la lecture, c'est très bon, mais il faut avouer que le rythme de publication est handicapant. 'fin, si tu commences la série maintenant, t'auras au moins l'avantage de pouvoir lire les sept premiers tomes à la suite, donc tu ne devrais pas être perdue XD
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chachaaaa
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par chachaaaa » 26 avr. 2012, 07:56

Oui, si je les trouve ! Bon Beh j'vais mettre la série dans ma liste d'achat ! Moi qui cherchais justement un shojo ou un Josei à commencer :) (quoi que j'vais peut être attendre que le mois de mai passe, vu le nombre de sorties prévues...)
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 05 sept. 2013, 15:47

Tome 8 :

Le shôgun Yoshimune doit faire face à un cruel problème : alors que sa fille aînée Ieshige doit logiquement être son successeur au trône, celle-ci est atteinte d'une maladie handicapante. De plus Ieshige est loin de jouir d'une bonne réputation : en plus de son handicap, elle montre un comportement assez irrespectueux envers ses subalternes, auprès desquels elle enchaîne les caprices en tous genres. Yoshimune devrait-elle déshériter sa première fille et laisser la deuxième, Munetake, devenir son héritière ?
Après les dernières pages du tome 7 (paru il y a quasiment un an et demi) qui laissaient interrogateur quant à la fameuse Ieshige, l'heure est venue de découvrir plus en détail cette héritière et les problèmes qu'elle apporte. Pour cela, Fumi Yoshinaga nous propose de nous immerger aux côtés de Ieshige, via l'arrivée d'une nouvelle servante qui aura tout le loisir de découvrir elle-même les affres de sa nouvelle maîtresse. Le contraste entre Ieshige et sa soeur Munetake est fort, tant l'une apparaît ratée et mauvaise tandis que l'autre semble parfaite en tous points. Mais entre son comportement et les nombreuses médisances qui courent sur elle, Ieshige ne cacherait-elle pas surtout un profond mal-être ? A vrai dire, dans ce début de tome, si l'on sent les choses arriver de loin autour de Ieshige, on reste conquis par le ton adopté par la mangaka, très immersif, nous faisant profiter au plus près des personnages et de leurs médisances.

La suite nous plonge un peu plus loin dans le temps. Yoshimune a cédé sa place au nouveau shôgun, et c'est dans ce cadre que débarque au pavillon Zenjirô, trentenaire... et fin cuisinier, chose rare pour un homme, qui lui permet d'arriver au pavillon, où il pense enfin pouvoir exercer sans souci ses talents culinaires sous son nouveau nom de Yojirô. Mais tout n'est pas si simple : une fois sur place, il se rend compte des limites auxquelles il doit faire face pour exprimer son art, et doit aussi subir les brimades d'autres hommes qui ne voient pas d'un bon oeil son arrivée. Mais tout change le jour où il est chargé de s'occuper des repas du dénommé Okô, ancien concubin du shôgun, emprisonnée par celle-ci suite à un acte de rébellion.
En plus de son trait fin et élégant et de son habituel souci d'immersion, Fumi Yoshinaga dévoile ici une autre qualité : la peinture de plats qui font envie ! La mangaka s'applique à dessiner et décrire quelques mets qui ont l'air particulièrement savoureux, tandis que cette cuisine permet un rapprochement de plus en plus prononcé entre Yojirô et Okô, au point que tous deux finissent par se révéler leur secrets et leur passé. Ainsi est-on amené à découvrir l'époque où Okô était le préféré du shôgun, et tout ce que cela a impliqué de sacrifices contraints dans sa vie. Comme toujours, Fumi Yoshinaga dresse un portrait fin de personnes jalouses, meurtries, pas toujours maîtresses de leur propre vie.

Quant à la suite, elle se poursuit sous le même règne, un règne délicat où abondent les problèmes, car le shôgun préfère satisfaire ses désirs et éviter la gestion du pays, où sévissent des problèmes qu'elle estime impossibles à résoudre. La famine guette. Les paysans, qui n'ont plus rien et auxquels on continue de prélever des impôts, se rebellent... Dans cette situation, il y a pourtant une femme qui montre une clairvoyance prometteuse : la conseillère d'Etat Okitsugu, qui semble promise à un brillant avenir. Et pendant ce temps, le temps passe encore, lentement, et a raison petit à petit des vieilles générations. C'est au tour de Yoshimune de voir s'éteindre sa plus loyale compagne, après que celle-ci lui a enfin révélé toute la vérité sur le poids qu'elle a porté sur ses épaules pendant des décennies...

Les années continuent de passer à la cour impériale et au pavillon des hommes, qui révèlent encore leur lot de rencontres, d'ascension politique, de problèmes de grande envergure et de jalousies toutes personnelles. Fumi Yoshinaga met peu à peu en place une nouvelle génération tandis que l'ancienne s'éteint doucement, en laissant derrière elle quelques problèmes de plus en plus vivaces. Ainsi le devoir non accompli de Yoshimune envers le regard étranger et l'intérêt des savants pour les autres pays (notamment la Hollande et sa médecine) enclenchent-ils dans la dernière partie du tome une nouvelle piste qui promet d'être intéressante.
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 29 déc. 2014, 14:12

Tome 9 :

La Shôgun Ieshige, tant critiquée et rabaissée, choisit de quitter ses fonctions et laisse sa place à sa fille, Ieharu, qui, pour régner, pourra s'appuyer sur l'esprit avisé et un peu révolutionnaire de dame Tanuma Okitsugu, qui devient conseillère. Dans la foulée, c'est une mission de prime importance que Ieshige lègue : accomplir le souhait non exaucé de sa mère Yoshimune vis-à-vis de la percée des étrangers dans le pays et de l'intérêt des savants pour ce qui vient hors du Japon, à commencer par la médecine hollandaise.
C'est dans cette optique qu'arrive au sein du pavillon un nouveau scribe, Gosaku (renomme Aonuma), métis nippo-hollandais, blond aux yeux bleus qui détonne autant dans son physique que dans ses enseignements, puisqu'il va devoir effectuer des recherches sur la variole du Tengû et donner des cours de médecine et de hollandais à ceux qui le souhaitent. Seulement, parviendra-t-il à intéresser les hommes du pavillon, et à éviter certaines jalousies ?

La fin du règne de Ieshige et l'arrivée au pouvoir de Ieharu s'accompagne d'importants bouleversements. En tête, l'ascension incessante de Tanuma Okitsugu, femme avisée et ouverte sur tout ce qui est nouveau, si bien que, par l'intermédiaire d'Aonuma, elle amène réellement la médecine occidentale au sein du pavillon. Face à son ascension fulgurante au fil des générations de shôgun, elle attire évidemment craintes et jalousies. Munetake, fille de Yoshimune qui n'a jamais supporté que le pouvoir soit donnée à son incompétente de soeur Ieshige, cherche désormais à placer sur la route de la succession sa fille Sadanobu avant de s'éteindre, et pour cela il faut commencer par écarte Okitsugu. Mais Sadanobu n'est pas la seule à convoiter le pouvoir... Comme toujours, Fumi Yoshinaga excelle dans les intrigues de cour, dévoilant les jalousies, les rivalités et les complots, tout en n'oubliant pas de s'intéresser un peu au ressenti personnel de ses personnages, notamment la jeune Sadanobu qui, sous ses allures de jeune prétentieuse, cache surtout une admiration sans faille pour une grand-mère qu'elle n'a pas connu, et une volonté fermé d'entretenir le souhait de sa mère.

En parallèle de tout cela, c'est toutefois un autre aspect de l'oeuvre qui retient notre attention, avec l'arrivée d'Aonuma dans le pavillon. Fer de lance de l'ouverture sur l'extérieur d'Okitsugu, il amène dans ses bagages de nouvelles manière d'appréhender l'hygiène et la médecine. A la maladie, il répond par la prévention en faisant découvrir le savon aux hommes du pavillon. Face à la traditionnelle médecine chinoise, il présente la médecine hollandaise, notamment la chirurgie. Mais il lui faut désormais réussir à convaincre ses pairs de l'efficacité de ces nouvelles techniques, ce qui se fera peu à peu. La mangaka revisite à sa façon l'arrivée de la médecine occidentale au Japon, et c'est passionnant tant c'est bien narré, richement mais sans lourdeur, et avec toujours ce qu'il faut de petits focus plus personnels, notamment au sujet du lien qu'Aonuma crée avec le dénommé Kuroki, ou de sa relation avec le mari de Ieharu lors de quelques pages tristes et touchantes.
Bien sûr, il y a aussi le personnage de Gennai qui prend de plus en plus d'importance, et les recherches sur la variole du Tengû qui avant peu à peu, surtout dans une fin de tome laissant supposer le début d'une solution... et de nouveaux problèmes dans les rivalités internes.

Bref, la lecture est toujours aussi fine et précise. Tout en faisant peu à peu disparaître la génération actuelle pour mettre la nouvelle en place autour de rivalités et jalousies persistantes, Fumi Yoshinaga continue d'aborder ses personnages avec talent et d'ouvrir de nettes évolutions qui se concrétisent petit à petit.
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 14 janv. 2015, 17:00

Tome 10 :

Pour la première fois, un tome du Pavillon des hommes n'est pas dominé par le noir et met en avant plusieurs personnages-clés, comme pour marquer l'important renouveau qui s'y immisce.

Soutenu par Dame Tanuma Okitsugu, rôju du shôgun Ieharu, Aonuma poursuit ses investigations au sein du pavillon des hommes afin de trouver un remède contre la variole du Tengû. Ses recherches ont déjà bien avancé, et se poursuivent brillamment, d'autant qu'il est épaulé par des aides précieuses avec ses acolytes Kuroki et Ihé, mais aussi avec Hiraga Gennai. Après Kuroki, c'est d'ailleurs autour d'Ihé et de Gennai d'avoir droit ici à leur petit approfondissement permettant de mieux cerner leur passé, les événements qui les ont conditionnés et les ont amenés à devenir ce qu'ils sont. On reste notamment séduit par l'affirmation d'Ihé dans son rôle auprès d'Aonuma, mais aussi par les menaces planant sur la tête de Gennai, cible d'un complot qui ne fera que s'immiscer de plus en plus pour faire tomber l'actuel shôgun et son entourage...

D'un côté, des femmes de la cour et des hommes du pavillon (dont Matsukata) voyant d'un mauvais oeil les libertés prises par Tanuma, qui a amené la médecine occidentale, ou par Gennai, qui brave certains interdits en tant que femme dans le pavillon ou en y amenant de l'anguille (l'occasion pour Fumi Yoshinaga de s'adonner un peu à son goût pour la cuisine). De l'autre côté, la concrétisation, sournoise, lente mais certaine, du complot ourdi par Tokugawa Garusada, fermement décidée à redonner le titre de shôgun à sa lignée. Quand les deux se rejoignent, la cour et le pavillon risquent de retomber dans de terribles instants.
Les avancées pour guérir la variole du Tengû sont là : avec l'inoculation de la maladie dans sa forme bénigne, une forme de vaccin naît enfin... mais au bout du compte, face aux nombreuses menaces de complots, qu'en restera-t-il ? On suit avec passion les malheurs qui tombent les uns après les autres autour du shôgun, et avec émotion la lente et cruelle chute de ceux qui ont fait tant d'efforts pour contrer la maladie et pour ouvrir le pays, avant des toutes dernières pages qui laissent sans voix tant elles sont riches en sens et en douleur.

Pleinement maîtresse de son récit, avec une cohérence exemplaire dans les évolutions de la société qu'elle décrit, Fumi Yoshinaga captive plus que jamais, mêle à merveille sa réinterprétation de l'Histoire aux complots politiques et aux tourments personnels de ses personnages (Aonuma et Gennai en tête). C'est un véritable cycle qui s'achève dans la série, et il se clôt de la plus forte des manières.
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