Le Pavillon des hommes

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Koiwai
Rider on the Storm
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Re: Le Pavillon des hommes

Message non lu par Koiwai » 08 mai 2015, 12:00

Tome 11 :

Cinq années se sont écoulées depuis la réussite du plan de Tokugawa Harusada, qui a abouti sur la chute de Tanuma Okitsugu et sur l'intronisation au poste de shogun du premier homme depuis 150 ans : Ienari, le propre fils de Harusada. Mais le peuple ne cache pas son mécontentement face à la nouvelle situation : depuis que le nouveau shôgun est arrivé et que Matsudaira Sadanobu a été nommée rôju, la recherche d'économies est trop pesante et le prix du riz a augmenté, ce qui est d'autant plus critique que Harusada ne se gêne pas pour mener une vie de luxe... Quant au shôgun lui-même, il garde en lui le souvenir d'Aonuma, celui qui l'a guéri de la variole du tengu quand il était petit, et montre alors un intérêt de plus en plus fort pour la médecine hollandaise, pourtant interdite, et au grand dam de sa mère.
De leur côté, les anciens partisans d'Aonuma, qui n'ont pas été exécutés comme leur maître, poursuivent leur chemin. Kisuke est désormais marié à une importante famille et a bien changé physique ! Quant à Kuroki et Ihê, bien qu'ils s'entendent toujours aussi mal, ils ont ouvert ensemble un dispensaire où ils soignent les malades pour trois fois rien, et où ils continuent tant bien que mal d'entretenir les recherches d'Aonuma...

C'est un tout nouveau contexte que Fumi Yoshinaga nous expose brillamment dans ce volume divisé autour de deux grands axes destinés à se rejoindre.

D'un côté, nous découvrons la nouvelle vie des anciens disciples d'Aonuma, emmenés par un Kuroki désormais marié à Orui et poursuivant sans relâche son travail et ses études en compagnie d'Ihê. Mais bientôt, un heureux événement le poussera à se relancer pleinement dans la recherche du vaccin qu'Aonuma avait mis au point avec l'aide de Gennai...
Il y a quelques instants légers de ce côté-là : on adore la nouvelle dégaine hirsute de Kuroki, autant que l'on s'amuse à le voir brièvement en papa-poule ou que l'on sourit en voyant à quel point Ihê et lui sont opposés (y compris dans leurs goûts pour les femmes). Mais l'ensemble reste toutefois dominé par le volonté commune des deux hommes d'entretenir le souvenir et les recherches d'Aonuma et de Gennai, et on a donc un volume encore fortement marqué par ces deux charismatiques disparus.

En parallèle, on découvre une situation qui a radicalement changé au palais du shôgun. Celui-ci étant redevenu un homme, le pavillon est enfin devenu un lieu féminin, où sont regroupées les concubines de Ienari. En conséquence, de nombreux hommes ont été renvoyés chez eux, certains sont désormais aux cuisines, et Matsukata semble regretter ses choix passés depuis qu'il a été relégué au poste de grand intendant des appartements du shôgun, souvent désertés et où peu d'hommes sont présents.
Là aussi, on pourra s'amuser un peu face à l'incroyable fertilité de Ienari ! Mais la situation est bien plus grave qu'il n'y paraît, car dans l'ombre, une menace continue d'agir et risque fort de signer la chute des Tokugawa : Ienari n'étant pour elle qu'une marionnette qui lui permet de diriger le palais et le pays, Harusada reste une énigme aussi habile qu'inquiétante et effrayante, et nous éviterons d'en dire plus pour ne pas gâcher les nombreux coups durs horribles dont elle est à l'origine. Sachez simplement qu'avec la sournoiserie et le goût du mensonge qu'on lui connaît, elle ne recule devant aucune trahison ou aucun empoisonnement (y compris sur sa propre famille) pour arriver à ses fins... Mais ses fins, quelles sont-elles ? Elles se dévoilent un peu plus de fin de volume, mais restent profondément obscures...
Face à elle, personne ne semble réellement en mesure d'agir, à moins que son propre fils, face à des situations de plus en plus dramatiques et insupportables, ne se décide à franchir le pas...

Fumi Yoshinaga mène donc toujours aussi habilement son récit, qui, malgré les nombreuses nouvelles donnes et les 10-11 ans qui s'écoulent à nouveau, reste totalement clair et cohérent, ce qui est d'autant plus appréciable que l'auteure continue d'y revisiter à sa manière l'Histoire en restant fidèle à certains grands actes (comme l'édit de Kansei) ou à certains événements traditionnels (comme la Kanda Matsuri). On suit avec intérêt et émotion la nouvelle quête de Kuroki sur les traces d'Aonuma et de Gennai, tout comme on voit avec effroi toutes les terribles et froides manigances de l'effrayante Tokugawa Harusada. Et quand ces pistes finissent sous la plume enlevée de la mangaka, cela ne fait qu'annoncer une suite encore plus passionnante.
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