L'académie Alice

Shojo, josei, yuri, yaoï... En d'autres termes voici la rubrique regroupant les genres de manga destinés à un public féminin!
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Koiwai
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L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:09

De tous les topics de la section shôjo, il n'y en a qu'un qui a disparu suite au crash, et il a fallu que ça tombe sur l'Académie Alice. Bye bye gagatisations écrites :(
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La fiche sur MN

Tome 1:

Mikan et Hotaru ont toutes les deux 10 ans. La première est une fonceuse à moitié hystérique et complètement débile, tandis que la deuxième est pourvue d'une inexpressivité et d'un flegme qui confinent parfois au sadisme. Tout, dans leur caractère, les oppose. Et pourtant, Mikan et Hotaru sont le parfait exemple du fait que les opposés s'attirent, puisqu'elles sont les meilleures amies du monde. Jusqu'au jour où Hotaru part à Tokyo pour l'Académie Alice, un lieu mystérieux où est rassemblée l'élite de l'élite de la nation, et strictement interdit au public. D'abord désabusée par le déménagement de sa meilleure amie, Mikan finit par lui pardonner quand elle découvre la raison première qui l'a poussée à accepter d'entrer dans cette académie vue comme une véritable prison. Il n'en faut pas plus à cette petite boule d'énergie pour laisser derrière elle son grand-père seul avec une lettre d'adieu dans le but de rejoindre à son tour l'étrange Académie Alice... Qui sait, peut-être possède-t-elle, elle aussi, l'un de ces mystérieux pouvoirs pouvant lui ouvrir les portes de l'Académie ?

Avec l'Académie Alice, la mangaka Higuchi Tachibana signe son deuxième manga. Après un premier manga un peu plus dramatique, l'auteure avoue avoir cherché à offrir ici une oeuvre plus joyeuse, et l'on peut dire d'emblée que cet objectif est pleinement réussi, puisque l'on découvre en Mikan une héroïne résolument délirante. Véritable boule d'énergie ne s'arrêtant jamais, elle fait preuve d'un dynamisme qui lui vaut souvent d'être prise pour une grosse débile. Gamine un peu naïve, elle ne nous apparaît pourtant jamais comme une cruche, tant sa personnalité de fonceuse sincère prend facilement le pas sur tout le reste. Et c'est bien là l'une des grosses qualités de la mangaka: il ne lui faut que quelques dizaines de pages pour rendre son héroïne pourtant idiote extrêmement attachante.
A côté de ça, on ne peut que saluer le personnage de Hotaru, à l'opposé de notre héroïne. Contrastant à merveille avec Mikan, elle s'avère pourtant tout aussi attachante qu'elle, tant sa personnalité s'avère bien définie dès le départ. Et au final, on se retrouve d'emblée avec, en guise d'héroïnes, un duo de choc très efficace, aux caractères opposés et coulant pourtant de source.

C'est en se basant sur ces deux personnages que Higuchi Tachibana va poser les bases de son histoire, ce qu'elle va faire vite, très vite, puisqu'il ne faudra pas attendre très longtemps avant de voir Mikan partir jusqu'aux portes de l'Académie et se faire repérer par un professeur délirant qui va décider de lui laisser sa chance, car semble-t-il, notre héroïne possèderait elle aussi un pouvoir particulier qui lui permettrait de devenir une "Alice".
A partir de là, les rebondissements vont s'enchaîner. Prise en test dans l'Académie, Mikan va devoir passer un test pour être définitivement acceptée, ce qui va lui permettre de faire rapidement la connaissance de certains lieux du campus et, surtout, de rencontrer celles et ceux qui seront, peut-être, ses futurs camarades de classe. Et de ce côté-là, on se régale à nouveau, tant Tachibana excelle dans l'art de dépeindre des personnages tous différents, amusants et devenant instantanément intéressants, à commencer par le duo Natsume-Luca, deux garçons faisant la loi dans leur classe au point d'avoir leur propre fan-club (dirigé par une présidente complètement débile aussi, cela va de soi), et dont on se régale en découvrant les caractères respectifs. Et si l'on devine que le bougon et rebelle Natsume possède sa part de mystère et aura une place importante dans la suite du récit, on s'amuse beaucoup en découvrant le faux mauvais garçon qu'est Luca.

Au final, on ne peut que saluer la verve avec laquelle Tachibana met en place les éléments de base de son histoire. Au bout d'un volume, on connaît déjà les grandes lignes des particularités de l'Académie Alice, des caractères bien marqués des quelques principaux personnages déjà présentés, de la raison pour laquelle l'Académie existe, et de la nature de leur pouvoir. Pas de mystère fou autour de celui de Mikan, révélé dès ce premier tome.

Riche et survolté, ce premier tome doit beaucoup à l'humour, grandement porté par des personnages comme Luca ou Mikan, notamment quand cette dernière est en duo avec son amie Hotaru, mais aussi par le fait que la mangaka ne prenne absolument pas ses jeunes lecteurs pour des idiots. Ici, pas de niaiserie exagérée, mais une gestion bien huilée de rebondissements allant parfois loin dans le délire: poussin géant affamé, ours en peluche frappant tout ce qui bouge, prof ultra-séducteur ou à la limite du masochisme, élèves très caractériels... Higuchi Tachibana ne se limite pas, montre clairement sa volonté de ne pas offrir un divertissement aseptisé, et c'est tant mieux.

Visuellement, on est encore loin d'avoir affaire à un coup de crayon parfaitement maîtrisé, les inégalités au niveau des visages étant régulièrement visibles, mais le tout fait preuve d'une personnalité indéniable. Tous les personnages, pourtant déjà nombreux dès ce premier tome, sont facilement reconnaissables et s'avèrent être très expressifs. De manière générale, c'est l'ensemble du travail de l'auteure qui dégage une expressivité et un charme certains, les nombreux petits blablas offrant également une certaine richesse au background, contribuant à apporter un aspect chaleureux et donnant l'impression que l'on connait tout ce petit monde depuis longtemps, en plus d'apporter une lecture assez longue si l'on fait attention à tout. Un rythme très soutenu est mis en place dès les premières pages, et il semble difficile de décrocher tant les évènements s'enchaînent et l'humour est bien dosé.

Avec ce premier volume, Higuchi Tachibana annonce parfaitement la couleur. Les bases sont bien mises en place sans le moindre temps mort, les révélations sont déjà nombreuses et les choses ne traînent donc pas, les personnages sont tous intéressants et attachants, à commencer par ce duo d'héroïnes assez délicieux, l'humour est efficace et apporte beaucoup au charme du volume, et la mangaka instaure juste ce qu'il faut de mystère, notamment autour de Natsume, pour donner envie de connaître la suite au plus vite. Par exemple, on devine que les mystères de l'Académie Alice sont nombreux et que la découverte du moindre de ses recoins va être longue et riche, on s'interroge sur les différents pouvoirs des élèves, on devine que certains personnages, à commencer par Hotaru, pourraient jouer un rôle crucial, et l'on attend de découvrir les facettes les plus sombres de Natsume. Dans tous les cas, on sent bien que la comédie fantastico-scolaire de Higuchi Tachibana pourrait devenir un peu plus sombre par la suite.
Tant et si bien qu'après un seul petit volume, l'Académie Alice se classe parmi les shôjo en cours de parution les plus prenants et attachants, ni plus ni moins ! A présent, on attend surtout de voir si la suite sera à la hauteur de cette introduction quasiment parfaite.

Une introduction quasiment parfaite, ce qui est malheureusement loin d'être le cas de l'édition que nous offre Glénat. Si la qualité d'impression reste correcte, on ne peut pas en dire autant du reste. Régulièrement, la version française laisse passer des coquilles grammaticales ou orthographiques assez gênantes, mais le pire n'est pas là, puisque l'adaptation graphique et le lettrage offerts par GB One sont d'une horreur sans nom. Régulièrement, des coquilles assez incroyables se glissent au niveau des choix de police, les inversions de bulles ne sont pas rares et rendent régulièrement certains dialogues à la limite de l'incompréhensible, si bien que le confort de lecture en souffre beaucoup. Cela est véritablement dommage, et l'on ne peut qu'espérer un regain de qualité par la suite. On se consolera avec une excellente couverture, bien retravaillée, mais ce n'est là qu'une maigre consolation pour une édition bien en deçà des qualités montrées par ce premier tome.
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Koiwai
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:10

Tome 2:

Ayant elle aussi un alice pour le moins particulier, l'alice d'annulation, Mikan a été acceptée au sein de l'académie Alice ! Heureuse de retrouver enfin son amie Hotaru, la jeune fille se fait une joie de débuter sa nouvelle vie. Mais son optimisme à toute épreuve ne tarde pas à être mis à mal, quand elle commence à découvrir le fonctionnement de l'établissement... Ainsi, elle découvre que les élèves sont catégorisés par aptitude, selon un rang étoilé allant de 0 pour les bébés, à 3 pour l'élite, tandis qu'un rang nommé "spécial" regroupe quelques très rares enfants, considérés comme l'élite de l'élite. Et quelle n'est pas la stupeur de Mikan lorsque le très irritable Jinno, professeur de maths et responsable des primaires, la prend en grippe et lui colle l'étiquette de sans-étoile !

C'est à partir de là que les choses se compliquent pour notre héroïne. Devant d'ores et déjà faire face à la cruauté de la majorité de ses camarades de classe et à l'intransigeance du déjà détestable Jinno, tout sauf bon pédagogue, Mikan découvre ce qu'implique le rang étoilé. Car au sein de l'académie Alice, plus le rang est élevé, plus la condition de vie de l'enfant est bonne, et notre héroïne se retrouve alors avec des repas frôlant le scandale et logée dans une chambre vétuste...
Mais loin de se laisser abattre, la jeune fille décide de redoubler d'efforts pour quitter ce rang dégradant. Mieux encore, c'est l'ensemble de ce système hiérarchique injuste qu'elle a du mal à accepter.

C'est donc sur ces bases que se poursuit l'aventure. L'intégration de Mikan dans l'académie n'est pas encore terminée, mais promet d'être rude, mais notre héroïne ne perd à aucun moment espoir. Aussi ne tarde-t-elle pas à découvrir une autre particularité de l'académie, à travers la matinée hebdomadaire dédiée à un cours regroupant primaires et collégiens pour des leçons divisant les enfants par catégorie de pouvoir: physiques, psychologiques, techniques, spéciaux, et dangereux. Mikan, elle, se retrouve dans la classe des spéciaux, classe "poubelle" mal vue par nombre d'élèves car regroupant en réalité tous ceux n'allant dans aucune autre catégorie. Malgré ce nouveau rebondissement, Mikan ne se laisse pas abattre, et ses craintes sont vite estompées quand elle découvre la classe, emmenée par un collégien du nom de Tsubasa Andô, une classe où tout le monde reste très libre et se montre sympathique avec elle.

Après un premier volume d'introduction, ce deuxième tome se consacre donc aux premières découvertes de l'académie, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Higuchi Tachibana nous offre le tout de fort belle manière. Sans aucun temps morts, toujours partagé entre cet humour souvent porté par la débilité de Mikan, le flegme de Hotaru ou le côté définitivement choupi de Luca-Piou, la mangaka nous invite à découvrir, sous les yeux toujours pétillants de son héroïne, le fonctionnement loin d'être admirable de l'académie, tout en mettant en avant nombre d'interrogations captivantes: peut-on réellement faire confiance aux adultes qui semblent n'avoir que peu de considération pour leurs élèves ? Le si gentil professeur Narumi fait-il exception ? Quel est donc le secret de l'alice d'annulation de Mikan ? Quels malheurs a donc pu provoquer la seule personne de l'académie qui, avant elle, a possédé cet alice ? Et quelle est donc la nature de Natsume, dont le rang étoilé "spécial" et l'intégration dans la classe "dangereux" ne laissent aucun doute quant à sa nature particulière ?

Ces questions, gageons que Mikan aura tout le temps de les élucider. Mais en attendant, on se retrouve ici avec un deuxième tome à nouveau extrêmement riche, incroyablement plaisant à suivre, porté par un rythme soutenu, mélangeant allègrement des interactions réussies entres les personnages aux mystères de l'académie, un humour efficace à des scènes plus émouvantes, à l'image du dernier chapitre où Mikan cherche à revoir son grand-père inquiet pour elle. Car n'oublions pas que, malgré sa grande vivacité et son optimisme à toute épreuve, notre héroïne reste une enfant de 10 ans, séparée de sa famille et propulsée au sein d'une académie dont elle ne peut plus sortir...

Un deuxième tome aussi excellent que le premier. En deux volumes, L'académie Alice emballe déjà complètement et promet une suite tout aussi passionnante.


Tome 3:

La fête culturelle de l'école approche, et chacune des classes spécialisées se doit de préparer quelques activités, exception faite de la classe spéciale, classe "poubelle" où l'on retrouve Mikan, dont les membres sont relégués au rang de figurants. Pourtant Mikan, loin de se désespérer, décide à nouveau d'agir ! L'occasion est également donnée à notre petite héroïne de découvrir Central Town, ville commerciale au sein-même de l'académie, où les produits magiques ne manquent pas.
Il n'en faut pas plus pour faire de ce début de volume un petit moment de "pause" sympathique, présentant un peu plus les us et coutumes de l'académie. Pour autant, Higuchi Tachibana n'omet en rien l'avancée de son histoire, puisqu'elle profite de cet instant de répit pour mettre en place des énigmes de plus en plus fortes et de nouveaux rebondissements. Ici, l'insistance est faite sur les mystères liés à Natsume, mystères qui se verront en grande partie dévoilés dans la suite du tome, lorsqu'un premier grand ennemi de l'Académie Alice fait son apparition: invité à l'occasion de la fête culturelle par l'établissement, Reo, une star hollywodienne ancien élève de l'académie, ne tarde pas à dévoiler ses véritables desseins lorsqu'il enlève Natsume qui était en convalescence à l'hôpital pour surmenage. Mikan, qui a vu toute la scène, se lance à la poursuite du kidnappeur, accompagnée de Sumire Shôda, la présidente du fan-club du jeune garçon...

Voici donc l'heure de découvrir les premiers ennemis de l'Académie Alice, car il va de soit qu'un tel établissement n'a pas que des alliés. Et si l'on ne sait pas encore grand chose de ces premiers adversaires que sont les membres de l'organisation Z, on reste partagé quant à leurs motivations, dont on se demande bien si elles sont totalement mauvaises ou non, car en parallèle, ce que nous apprenons ici sur Natsume, sur son véritable rôle au sein de l'école, sur son passé et sur la façon dont il a été engagé par l'établissement, laisse clairement apparaître l'Académie Alice comme un lieu loin d'être tout rose, comme on pouvait s'y attendre.

Mais dans l'immédiat, la priorité est de sauver Natsume des griffes de Reo, et pour cela, le lecteur va pouvoir compter sur un duo détonnant, composé de notre héroïne Mikan et de Sumire Shôda. Et quand deux débiles pareilles sont réunies, cela crée forcément des étincelles ! Ainsi, on se régale réellement en suivant la folle échappée de ces deux fonceuses, bien décidées à sauver Natsume. Mais elles ne sont que des enfants, et, surtout, sont loin de faire partie des élèves les plus futés de l'académie, ce qui sera propice à quelques situations savoureuses. Pour autant, la force de caractère qu'elles sont capables de montrer prouvent qu'elles peuvent, ensemble, former une sacrée équipe, même si elle restent avant tout ici des enfants devant faire face à de dangereux ennemis adultes... En tout cas, on ne pourra que remercier Tachibana d'avoir mis sur le devant de la scène le personnage de Sumire, dont les quelques précédentes apparitions avaient été savoureuses, en proposant ici de la rapprocher de Mikan, tout en dévoilant son alice, dont le côté un peu farfelu ne manquera pas de faire sourire.

Petit à petit, l'univers de l'Académie Alice continue de se dévoiler, et, mine de rien, la mangaka continue d'installer des bases extrêmement solides sur plusieurs points. On sent chez Tachibana une envie de ne négliger aucun personnage, ce qui se ressent ici à travers la prise d'importance de Sumire. Les premiers ennemis apparaissent face à l'Académie Alice, et aucun de deux camps ne paraît tout noir ou tout rose. Enfin, si pas mal de mystères tendent à se lever, notamment autour de Natsume, d'autres se font de plus en plus insistants, à commencer par ceux liés au professeur Narumi et à la mystérieuse "elle", seule détentrice de l'alice d'annulation avant Mikan...

Avec un troisième tome toujours aussi riche et plaisant, trouvant un bon équilibre entre une histoire qui pourrait à tout moment devenir plus sombre et une ambiance toujours portée par un humour ravageur et des personnages tout bien différents et craquants, l'Académie Alice confirme l'excellent niveau de ses débuts, et ce malgré un aspect parfois un peu brouillon, sans doute dû à une d'adaptation graphique toujours aussi bancale.
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:11

Tome 4:

Après les péripéties du volume précédent, Higuchi Tachibana revient ici à un contenu un peu plus léger et que l'on ne connaît que trop bien dans les shôjo lycéens: la fête scolaire, renommée ici Festival Culturel. Une base assez classique, mais que l'on ne s'y trompe pas: en exploitant habilement à chaque page les caractéristiques de son histoire, comme les pouvoirs de ses personnages et leur division en classes spécialisées, l'auteur renouvelle totalement le concept de fête lycéenne en y apportant toute sa fraîcheur et son inventivité. Ainsi, on se régale réellement tout au long du volume, en découvrant les activités magiques et fantastiques proposées par les différentes classes, en voyant apparaître de nouveaux pouvoirs bien exploités, certains étant classiques, d'autres très originaux, d'autres encore totalement hilarants, à l'image du jeune garçon ayant comme pouvoir de se faire plier de rire quiconque écoute ses blagues, même les plus nulles. Ici, l'une des grandes forces de l'auteure est également de n'oublier de mettre en avant aucun de ses personnages. De Sumire à Iincho en passant par Andô et les autres, tous sont là.

C'est frais, c'est amusant, c'est léger, c'est surtout très inventif, et c'est un véritable régal à lire... Mais cela n'empêche pas Tachibana de continuer à enrichir son oeuvre avec le talent qu'on lui connaît à présent, distillant sous des apparences légères de nouveaux éléments complexifiant sur plusieurs points le background de l'oeuvre.

Tandis que Mikan découvre enfin qui est le responsable de la classe spéciale, un dénommé Nodachi auquel la mangaka apporte d'emblée une personnalité douce et sympathique bien marquée, notre héroïne voit se complexifier un peu plus sa relation avec Luca et Natsume. Il y a à présent de moins en moins de doutes quant aux sentiments du petit blondinet pour notre héroïne. Quant à Natsume, Luca est-il dans le juste quand il déclare qu'il cache tout au fond de lui ses véritables sentiments et sa profonde tristesse pour ne pas inquiéter ses amis ? Mikan verra-t-elle seulement le petit brun renfrogné sourire un jour ? Dans tous les cas, ces quelques paroles de Luca ne manquent pas de rappeler à notre héroïne la façon d'être très similaire de sa chère Hotaru... Et l'Académie Alice, c'est aussi ça: sans avoir besoin de forcer ou de préparer le terrain, Tachibana est capable de renforcer le plus naturellement du monde les liens entre ses personnages et la façon dont ils se considèrent. Du grand art !

D'un autre côté, quelques principes de l'académie et des alices sont encore précisés. Ainsi, on découvre le principe des conseils des élèves de l'établissement: il y a 3 conseils, un pour le lycée, un pour le collège, et un pour le primaire, tous trois chapeautés par le "Principal", un comité exécutif dont les membres sont les majors de l'académie. Quant à Nodachi, sa brève apparition permet à Mikan d'apprendre qu'il existe quatre formes d'alice: ceux qui durent longtemps mais ne peuvent être utilisés qu'à faible capacité, ceux qui peuvent être employés à pleine puissance mais brièvement, ceux qui peuvent être employés indéfiniment mais au détriment de l'énergie vitale de son possesseur (forme la plus rare, dont on devine rapidement que Natsume la possède), et ceux qui ne se manifestent que pendant l'enfance et finissent par disparaître. En somme, voici encore un concept rendant quasiment infini le nombre de possibilités quant à la suite, notamment en ce qui concerne la quatrième forme voyant les alices susceptibles de disparaître, ce qui pourrait offrir quelques déchirements dans la suite de l'oeuvre.

Enfin, ces nouvelles informations et la réunion de tout le monde pour le festival est évidemment l'occasion de voir entrer en scène de nombreux nouveaux protagonistes, que ce soit brièvement ou moins. Ici, on retient principalement le membre du "Principal" représentant des psy, qui semble avoir un lien très proche avec Hotaru, lien qui sera l'occasion d'entrapercevoir un peu plus le véritable fond de cette si renfermée mais attachante jeune fille.

Renouvelant à merveille le concept de la fête du lycée tout en apportant toujours un petit lot d'informations et d'évolutions complexifiant le fond de l'oeuvre et les liens entre les personnages, ce quatrième volume est un régal, amusant et bourré d'inventivité, uniquement entaché par une édition qui n'a jamais été aussi mauvaise (pourtant, il fallait le faire !): adaptation graphique complètement ratée (existe-t-elle seulement ?), fautes de vocabulaire, erreurs dans les noms des personnages, qualité d'impression médiocre... Quelle tristesse de voir une aussi bonne série plombée par une édition bâclée !


Tome 5:

Le festival culturel se poursuit, et voici déjà venir le troisième et avant-dernier jour, dominé par la célèbre comédie musicale des alices "phy" ! Et avec Narumi aux commandes de la pièce, inutile de préciser que le résultat final va être particulièrement étrange et décalé ! Luca-piou en Blanche-Neige ? Ca lui va si bien ! Sumire en Belle au bois dormant ? Là, nos héros se posent tout de suite plus de questions ! Quant à Yuri, nouvelle venue dans l'histoire, son rôle de prince charmant pourrait fort bien coller à son alice, que l'on découvre avec amusement.
Et pourtant, rien ne se passe comme prévu. Un accident survient, et tandis que l'on reste hilare face à la situation dans laquelle se retrouve un Natsume qui possède définitivement plus de bonté qu'il ne le laisse penser, Mikan se retrouve obligée de jouer le rôle du prince ! En serait-ce trop pour le petit coeur bondissant de Luca, notre Blanche-Neige d'une heure ? La fameuse scène du baiser pourrait bien nous le laisser croire...

Le coup de la comédie musicale, quoi de plus classique ? Et pourtant, comme toujours, Higuchi Tachibana revisite la chose à sa sauce, pour notre plus grand bonheur. Ainsi, Narumi nous réserve bien des surprises dans sa réinterprétation des contes de fées, qui part joyeusement en vrille autour de personnages joliment détournés par des acteurs qui campent parfaitement leur rôle, Sumire en tête, délicieuse en Belle au bois dormant à des années-lumière de l'originale. On rit de bon coeur, charmés par la façon qu'a la mangaka de créer à chaque instant des moments inventifs et de malmener gentiment ses personnages.
Mais ce que l'on retient également, c'est la percée, dans ce passage, d'une petite pointe de romantisme fort bienvenue dans le contexte, ce cher Luca-piou ne pouvant rester insensible face à ce prince charmant campé par sa petite Mikan. Entre deux bonnes doses d'humour, les personnages se laissent aller à l'émotion et n'en deviennent que plus adorables et attachants.

Après ce grand moment, pendant lequel Tachibana parvient à nouveau à combiner merveilleusement humour et émotion, l'heure de la fin du festival est arrivée. Le quatrième jour, dernier de l'événement, est consacré au bal, qui met en avant ceux qui ont été élus roi et reine du festival suite à leurs performances. Un prix spécial est également décerné, et cette année, le surprise pourrait être de taille quant au vainqueur de ce prix. Le festival se clôt sur des dernières notes bourrées d'humour, à l'image d'une Hotaru complètement je m'en foutiste, ou d'émotion.

Le festival à peine terminé, c'est une tout autre épreuve qui attend nos héros: les examens, pendant lesquels, bien évidemment, l'utilisation des alices est interdite ! Et pour empêcher toute tricherie, Tachibana montre à nouveau une inventivité hors-norme. Quoi qu'il en soit, on retrouve ici une Mikan bien décidée à se donner à fond, histoire d'améliorer son rang étoilé et, surtout, d'obtenir le prix d'excellence qui lui permettrait de retourner voir son grand-père... Mais quand on est idiote, rien n'y fait ! Mikan a-t-elle la moindre chance ? Quoi qu'il en soit, on retiendra ici, une nouvelle fois, la persévérance de la jeune fille, qui ne se décourage pas, le tout toujours entre quelques notes d'humour. Ici, on retient l'examen assez particulier de Narumi.

La fin du volume s'intéresse à tout autre chose: après un long séjour à l'hôpital, un jeune garçon, Kaname, est de retour pour un court moment. L'occasion pour l'auteure de nous faire découvrir ce personnage au combien doux et gentil, son alice, mais aussi et surtout sa relation avec un protagoniste que l'on ne connaît que trop bien, malgré son statut de second rôle, du moins pour l'instant. Nouvelle preuve que Tachibana ne néglige aucun protagoniste de son oeuvre, c'est bel et bien la relation de Kaname avec sa création qui est le point d'orgue de ce chapitre tout en émotion. Et l'on ne peut que constater, une nouvelle fois, que la mangaka excelle quand il s'agit de nous faire passer du rire aux larmes.

Et en filigranes, tout au long du volume, de nouveaux indices sur le fil rouge de l'oeuvre sont donnés. Grâce à un retour de Nodachi et à sa conversation avec Narumi, il n'y a désormais plus aucun doute quant à l'identité de Mikan et au rôle particulier qu'elle va devoir jouer. Quant à Natsume, en plus de paraître à chaque fois un peu meilleur que ce qu'il veut faire croire, sa nouvelle rencontre avec le toujours aussi mystérieux Persona rend quelques interrogations plus insistantes.

L'édition toujours aussi mauvaise, parsemée de phrases poussives et de contresens, n'y change rien: après 5 volumes, on aime toujours autant L'académie Alice, ses personnages tous très vivants, différents et attachants, son inventivité débordante, son humour ravageur, et son histoire principale qui continue de se mettre tranquillement en place. Un régal.
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:12

Tome 6:

Les examens ont couronné Yû Tobita, ce cher Iinchô, du prix d'excellence, et c'est dans la joie que le jeune garçon part retrouver ses parents pendant une semaine. Pendant ce temps, Mikan et les autres ont vent d'une terrible rumeur: à l'extérieur, certains Alices adultes auraient perdu leur pouvoir sans que l'on sache comment. Virus ou intervention humaine ? Le mystère demeure, mais dans tous les cas, les enseignants de l'académie se veulent rassurants: les élèves de l'établissement ne sont pas touchés et sont en sécurité... Mais est-ce vraiment le cas ?
Les choses ne tardent pas à devenir plus dramatiques, lorsqu'Iinchô, une fois rentré à l'académie, ne peut que constater que son pouvoir a disparu... En parallèle, l'enquête continue, et tout porte à croire que l'organisation Z se cache derrière l'affaire des Alices disparus. C'est alors qu'une terrifiante nouvelle tombe: des membres de Z auraient réussi à pénétrer dans l'académie !
Il n'en faut pas plus à Mikan et Hotaru pour partir à la rencontre de ces sombres individus, bien décidés à rendre son Alice au pauvre Iinchô. Ici, on ne pourra qu'apprécier le développement apporté au personnage de Hotaru, qui se dévoile encore un peu plus en dévoilant à Mikan sa manière de considérer Iinchô. D'ailleurs, on ne peut qu'être d'accord avec l'analyse que Hotaru fait de ce cher délégué. Quant à notre héroïne, son côté fonceuse continue de séduire. Ensemble, les deux fillettes sont prêtes à tout. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et le drame guette...

Avec la première apparition de l'organisation Z il y a quelques tomes et des indices laissés ça et là quant au fond de l'intrigue, les premiers volumes de l'Académie Alice laissaient déjà entrevoir les dangers encourus par nos héros, mais c'est dans ce sixième opus que tout ceci commence à se concrétiser réellement. Pour la première fois, les élèves se retrouvent directement en danger, puisque l'arrivée de l'organisation Z au sein de l'académie prouve que celle-ci n'est pas forcément le lieu totalement sûr que l'on pensait. Même si l'humour reste de la partie, notamment grâce aux invention toujours aussi farfelues de la flegmatique Hotaru, les gags se font plus discrets, et c'est dans une tension allant crescendo que l'on suit les aventures de Mikan et Hotaru, jusqu'à un gros événement dramatique changeant littéralement la donne du manga, un bouleversement inquiétant, qui montre que les ennemis membres de l'organisation Z ne reculent devant aucun procédé, y compris les plus vils. Leurs adversaires sont des enfants, mais ils n'en ont que faire, et cela promet bel et bien une suite qui pourrait aller très loin... L'Académie Alice, une simple comédie scolaire ? Evidemment pas. On le savait déjà grâce aux nombreux indices laissés ça et là précédemment, et ce sixième volume le confirme.

Dans tous les cas, Mikan n'est pas décidée à baisser les bras, d'autant qu'une rumeur court selon laquelle un trou spatio-temporel permettant d'entrer comme on veut dans l'académie serait dissimulé dans le lycée, et que Z utiliserait cette brèche. Bien décidée à en savoir plus, Mikan décide de se rendre au lycée. Seul petit hic: celui-ci est strictement interdit à ceux qui ne sont pas lycéens, et des pièges y sont glissés. Fort heureusement, Mikan pourra compter sur l'aide de tout son entourage, dont un certain Tono, lycéen représentant des spé que nous découvrons ici, et dont le caractère de pervers je m'en foutiste aura vite fait de le démarquer de tous les autres personnages. Ainsi, il est toujours aussi fascinant de voir avec quelle facilité Higuchi Tachibana parvient à offrir une personnalité propre à chacun de ses protagonistes, pourtant nombreux.

Encore plus fascinant est l'art avec lequel la mangaka parvient à assombrir son récit sans jamais trahir l'esprit de son manga. Le caractère des personnages ne change pas pour autant, leurs relations entre eux continuent de se développer tranquillement, et l'entraide est plus que jamais présente, tant et si bien que l'on a le sentiment que tout ce beau monde forme une grande famille au sein de laquelle chaque protagoniste est indispensable. Du grand art. Si l'on ne devait émettre qu'un seul petit bémol, il concernerait l'aspect un peu confus de certains des quelques extrêmement courts passage d'action. Un état de fait sans doute accentué par l'adaptation graphique inexistante et la traduction toujours aussi bancale de cette version française.


Tome 7:

A l'hôpital, Hotaru, blessée par Z, est dans un état grave. Pour la soigner, Mikan, Luca, Natsume et Tsubasa ont décidé d'aller chercher le fameux passage secret situé au lycée pour poursuivre les membres de Z, trouver un remède et récupérer l'alice d'Iinchô. Mais une fois sur place, ils tombent nez à nez avec le frère de Hotaru et Shuichi Sakurano, le représentant général des élèves ! Après quelques explications, les deux lycéens, mis en bonne condition par Tonouji, acceptent de montrer le passage aux quatre enfants, mais une fois passé cette brèche, nos héros se retrouvent perdus au beau milieu d'une chaîne montagneuse plus dangereuse qu'il n'y paraît, où les pièges sont nombreux et où chaque élément est susceptible de receler un danger...

Petit à petit, Higuchi Tachibana concrétise tout ce qu'elle a si brillamment mis en place dans les premiers volumes de sa série, et après un sixième tome qui entrait réellement dans le vif du sujet, voici un septième volume qui continue sur cette voie en voyant nos héros partir à la poursuite de Z... Mais ne sont-ils vraiment que quatre à être partis ? Ils vont vite découvrir qu'un cinquième personnage pour le moins délicieux est bien décidé, lui aussi, du haut de ses petites pattes palmées robotisées, à aider Hotaru à s'en sortir.
En tout cas, si la construction de ce tome est assez linéaire, on ne peut pas dire que l'ensemble manque de dynamisme, car une nouvelle fois, la mangaka enchaîne les rebondissements, en faisant tomber ses héros face à des pièges parfois redoutables et en les obligeant à cogiter un peu pour retrouver les membres de Z au milieu de ces montagnes labyrinthiques. Et comme toujours, l'auteur ne se prive ici aucunement pour profiter de la magie de son histoire afin d'offrir des obstacles toujours aussi inventifs.
Magie des événements, mais aussi magie du romantisme, car au détour d'une nuit au bord d'un lac, Tachibana en profite pour consolider, lors d'un joli passage, charmant sans tomber dans le niais, les liens sentimentaux autour de Mikan, Luca et Natsume. Ainsi, on semble bel et bien se diriger vers le classique triangle amoureux, mais celui-ci est un plaisir à suivre tant on a appris à aimer les personnages.
Au coeur de l'action, Tachibana n'oublie pas pour autant l'un des éléments indispensables de son oeuvre, l'humour, toujours porté, par bribes, par le caractère de nos personnages, leurs relations entre eux (le duo Natsume-Tsubasa fait ici des ravages !), et, surtout, par le biais d'un Pingouin un peu boulet mais définitivement craquant !
Enfin, par un habile jeu de souvenirs incomplets des personnages disséminés ça et là, la mangaka accentue de manière habile les interrogations du lecteur autour de certains personnages, et cela qu'il s'agisse de nos héros ou des membres de Z. Quels sombres souvenirs semblent revenir à la mémoire de Tsubasa ? Qui est exactement ce Médusa ? Et quel secret cache la dénommée Yuka, membre de Z ? Certaines bribes de réponses sont d'ores et déjà là, dont une, en toute fin de volume, qui augmente la tension en nous laissant sur ce qui est le plus gros cliffhanger depuis le début de la série.

Toujours aussi excellente, la série de Higuchi Tachibana confirme le cap pris depuis le précédent volume, et nous laisse sur des dernières pages qui ne donnent qu'une seule envie: découvrir la suite au plus vite !
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:13

Tome 8:

Dans le but de sauver Hotaru et de récupérer l'alice d'Iinchô, Mikan, Natsume, Luca, Tsubasa et Pingouin se sont échappés de l'académie à la poursuite de Z et ont enfin atteint le repaire de leurs ennemis. Mais à peine arrivés sur place, Mikan tombe dans un piège qui la conduit à se retrouver face à face avec Yuka Azumi, une membre de Z. Alors que Tsubasa et les autres se retrouvent face à celui qui se fait appeler Medusa, la situation semble critique. Pourtant, la nommée Yuka ne semble pas à l'aise face à Mikan... Que représente exactement la jeune fille pour elle ?

La réponse à cette question, déjà donnée de manière vague à la fin du précédent volume, est ici confirmée dès les premières pages et offre ensuite toute sa saveur au face à face, puisque nous sommes amenés à y suivre les tourments et interrogations de Yuka face à ces retrouvailles, ce qui ne manque pas de nuancer grandement le personnage et, par la suite, l'objectif pas foncièrement mauvais de cette jeune femme. Le face à face est d'autant plus savoureux que Mikan, elle, n'a aucune idée de qui se trouve en face d'elle et conserve donc son caractère sincère.

Suite à cela, ce huitième volume conclut l'escapade de Mikan et des autres sans faire preuve de grosses originalités, mais jusqu'à la conclusion assez prévisible, Higuchi Tachibana sait enchaîner les grands moments et entretenir la tension. Cela passe notamment par la mort émouvante d'un personnage. Aussi étonnant que cela puisse paraître dans un shôjo de ce type, la mort est présente, et même si l'on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'un personnage de premier plan depuis le début, la mangaka parvient rendre la scène touchante en préparant bien le terrain, et en mettant bien en valeur l'objectif du personnage et ses liens avec les autres. Dans tous les cas, voici une autre preuve que l'Académie Alice est bien moins gamin qu'on pourrait le croire au premier abord.

S'achève alors l'arc sur Z, non sans quelques nouvelles révélations sur la fin au sujet du professeur Narumi. Ici, le professeur blondinet quitte son enveloppe de beau gosse léger pour montrer une toute autre face, lorsqu'il retrouve face à lui une personne qu'il ne connaît que trop bien et qui est à l'origine de sa propre situation dans l'académie. Petit à petit, les éléments passés se dévoilent, et tout ceci est également un bon moyen pour l'auteure de continuer à nuancer grandement l'académie. Et pendant ce temps, l'arc se conclut de manière assez posée, sur de belles images de retrouvailles qui font chaud au coeur et embellissent encore un peu plus l'amitié entre nos héros.

Pourtant, tout n'est pas parfait, mais la faute n'en revient pas à la mangaka. Plus que jamais, la traduction montre ici des lacunes flagrantes, notamment dès que les discours intérieurs des personnages apparaissent. Où sont donc passés les monologues chargés d'entretenir certains mystères, ou étant censés apporter cette petite touche de poésie si chère aux shôjo lors des passages de ce type ? Ici, la traduction passe complètement à côté, en se contentant de proposer des bouts de phrases sans aucun lien les uns avec les autres. C'est malheureux à dire, mais le travail effectué ici rend extrêmement poussives certaines scènes qui auraient mérité un meilleur traitement.

Après cet arc intense et moins porté sur l'humour, le lecteur mérite bien de souffler un peu, et Tachibana l'a bien compris en nous offrant un dernier chapitre qui revient dans des tons plus légers, avec une fête de noël et l'anniversaire de Natsume qui promettent d'être riches en rebondissements.

En somme, malgré une traduction à la ramasse, L'académie Alice reste un shôjo très appréciable, qui continue de distiller les événements rendant plus complexe l'univers et qui évolue bien.


Tome 9:

Après les événements liés à Z, l'heure de la fête de noël arrive, et chacun se doit de préparer au mieux la grande fête qui va être donnée ! Décoration du sapin géant, confection de gâteaux... Entre ces deux grandes activités qui partagent la majorité des élèves, Mikan, bien que très motivée, a un peu de mal à trouver sa place. Elle croise alors la route d'une étrange jeune fille, écartée par tout le monde: Nobara Ibaragi. Comme toujours, la sociabilité et le naturel de Mikan font qu'elle se lie très vite d'amitié avec cette nouvelle venue, et c'est ensemble que les deux jeunes filles décident de donner le meilleur d'elles-mêmes, même si tout ne va pas se passer comme prévu.
Ainsi, le début de ce neuvième volume voit encore apparaître un nouveau personnage qui devient rapidement attachant, dont nous découvrons d'ores et déjà la personnalité assez timide et le pouvoir. Et au vu de tout cela, on pressent qu'elle jouera un rôle important par la suite.

La suite du volume, quant à elle, voit se dérouler la fête de noël proprement dite: repas colossal, échange de cadeaux, bal masqué... Higuchi Tachibana enchaîne tous les classiques qui permettent à la série de retrouver un ton plus léger après l'arc de Z.
Mais ce qui marque surtout ici, c'est une plus forte insistance sur l'aspect sentimental de la série, puisqu'après 8 volumes drôles et riches mais qui, étonnamment laissaient assez peu de place à l'amour, voici que celui-ci occupe la première place dans ce tome !
Cela ne fait désormais plus aucun doute: le triangle Mikan/Natsume/Luca est inévitable, et la mangaka ne manque pas de le souligner à travers toute une série de petits moments allant dans ce sens: petit bisou sur la joue, effleurement de lèvres involontaire ou baiser volé... Les grands poncifs du genre y passent, Tachibana évitant toutefois de trop s'attarder dessus, ou alors de façon humoristique et mignonne, grâce au caractère toujours aussi unique de sa petite héroïne. Et au final, si l'originalité et l'inventivité sont moins de mise que d'habitude et que le tome est donc en soi moins amusant (même si l'on se régalera des réactions de la toujours aussi délicieuse Hotaru, qui se sent trahie par Mikan dans cette histoire amoureuse !), on constate que la mangaka dresse un portrait tout à fait sympathique des premiers émois amoureux que peuvent avoir les enfants. Enfin, on est particulièrement heureux de voir que Higuchi Tachibana ne tombe pas dans le piège si facile de la rivalité amoureuse: entre Natsume et Luca, celle-ci se règle vite et de manière assez fine, et c'est l'amitié entre les deux garçons qui en ressort encore un peu plus grandie et sincère.

La fin du volume, quant à elle, revient un peu plus sur d'autres considérations. Après quelques indices laissés ça et là pendant la fête et tandis que Mikan et les autres se déchaînent sur un mur de leur classe où ils ont découverts des mots d'amour sans savoir qu'ils sont à deux doigts de découvrir quelques vérités, ce cher Narumi inquiète de plus en plus, et la direction de l'académie paraît toujours plus suspecte.

Après l'arc de Z, voici un volume plus sentimental, moins drôle et inventif, mais rendu toutefois mignon par le talent de Tachibana. Mais après ces instants de légèreté, on se dit que les choses sérieuses pourraient bien reprendre dès le prochain volume.
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:15

Tome 10:

La fête de Noël fut l'occasion pour Tachibana d'accentuer les premiers émois amoureux de ses jeunes personnages. Mais à peine remise de ses émotions, Mikan voit arriver le jour de l'an, et par la même occasion son anniversaire. Pourtant, tout le monde semble l'avoir oubliée... Elle pourra néanmoins compter sur Narumi, avant de découvrir un jolie surprise.
Après ce début de tome qui permet à l'auteure de renforcer encore un peu plus les liens entre ses personnages, la suite enchaîne sur une lettre reçue par Hotaru, lettre envoyée par Himemiya, directrice du collège, qui invite la jeune fille au "Jardin d'Eden", un étrange salon très sélectif regroupant les plus jolies jeunes filles de l'académie, et les plus intelligentes. Le fait qu'une primaire reçoive cette invitation est rarissime et ne manque pas d'intriguer les autres, le salon étant réputé à travers toute l'académie. Pourtant, de sombres rumeurs courent sur l'énigmatique Himemiya, et quand Mikan elle-même, qui n'a pourtant rien de particulier, reçoit elle aussi une invitation via une bille de loto, le doute s'intensifie...
L'heure est venue pour Hotaru et Mikan de partir à la découverte du salon, où elles retrouveront la responsable des tech et leur senpai Yuri. Mais un nouvel incident cocasse oblige Yoyo, Luca et Natsume, qui se retrouvent collés au deux jeunes filles, à se rendre eux aussi à ce salon pourtant strictement réservé aux filles. De plus, Natsume semble avoir particulièrement à coeur de se rendre dans ce salon, malgré les mises en garde de Nobara... Pour quelle raison ? Et que cache réellement Himemiya ?

Depuis le début de sa série, Higuchi Tachibana jongle entre les avancées des intrigues liées à l'académie et aux sentiments de ses personnages. Ici, la mangaka combine les deux en trouvant le ton juste, utilisant à nouveau son inventivité sans limites non seulement pour insister encore un peu sur le triangle Mikan/Natsume/Luca, mais également pour offrir une raison valable à Natsume d'intégrer le "Jardin d'Eden".

Une fois au "Jardin d'Eden", le lecteur découvre en même temps que Mikan l'intérieur du salon, la personnalité tout à fait particulière de Himemiya, mais aussi les hauts et les bas que certaines filles réservent à notre héroïne. La mangaka parvient rapidement à dépeindre un petit univers clos pas si enchanteur que le pensent celles qui aimeraient y accéder, son l'on dépasse la première image que le tout renvoie. Mais entre ces petits rebondissements et un humour toujours présent, c'est l'objectif de Natsume et son lien avec la directrice du collège qui intriguent le plus. Les sombres rumeurs sur Himemiya sont-elles fondées ? Alors que nous en apprenons un peu plus, c'est toute une facette de Natsume qui commence à se dévoiler à la fin de ce volume, après que Tachibana a habilement fait monter l'attention en insistant sur les dangers que celui-ci encourt en enfreignant les règles du Jardin d'Eden...

Toujours porté par le ton délicieux de Tachibana, qui ne change pas sa recette faite d'humour, d'amitié et de sentiments, ce dixième volume prépare le terrain pour de nouveaux rebondissements et d'importantes révélations. La tension monte, et il semblerait que l'heure soit venue d'en apprendre plus sur ce cher Natsume...


Tome 11:

Invitées à la fête organisée par le jardin floral de la directrice du collège Himemiya, Mikan et Hotaru, accompagnées de Natsume et Luca déguisés en filles, découvrent ce mystérieux petit univers. Mais bientôt, Natsume en profite pour se rendre dans les sous-sols interdits du lieu... Pour quelle raisons ? Tandis que les mystères liés au jeune garçon s'éclaircissent peu à peu, un piège tendu par Persona l'attend. Pour le sauver, Mikan et Hotaru, accompagnées par Luca et Yoyo, se rendent à son tour dans les sous-sols, mais se retrouvent rapidement face à des Alices dangereux...

Avec ces duels, l'heure est à l'action, et pourtant, Higuchi Tachibana surprend à nouveau son monde en choisissant ici la carte de l'humour, cet humour porté sur les personnages qu'on lui connaît désormais si bien. Et entre un ennemi qui succombe au charme de Hotaru et un autre particulièrement "gay", la situation va vite dégénérer pour le plus grand bonheur de nos zygomatiques !

Pour autant, la mangaka ne néglige pas le reste. Certains personnages, Yoyo en tête, se font plus présents, et avec la quête de Natsume, la tension est bel et bien là et se fait encore plus vive lorsque l'heure arrive de découvrir les origines de l'amitié entre Luca et Natsume, avant même leur arrivée à l'académie. Tandis que l'on découvre en Aoi un nouveau personnage mignon à croquer, c'est avec plaisir que l'on commence à découvrir ce passé qui ne fait que renforcer auprès du lecteur l'amitié entre les deux garçons. Mais à travers tout ceci, c'est également l'énigmatique Persona qui se dévoile. Et en filigranes, on reste conquis par la façon qu'a l'auteure de critiquer la société qu'elle présente, avec cette académie prête à exercer toute sle spresisons imaginables pour arriver à ses fins.

En somme, avec ce onzième volume, Higuchi Tachibana trouve une nouvelle fois le ton juste. A la fois drôle et tendu, développant toujours plus le background des personnages, ce tome est de nouveau un véritable plaisir à suivre, et permet d'attendre beaucoup du volume suivant.
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 17:15

Tome 12:

Le voile a commencé à se lever sur le passé de Natsume et Luca avant leur arrivée à l'académie. Sur leur rencontre, ce qu'ils se sont apporté mutuellement, et sur les sombres desseins de l'académie, qui n'a pas hésité à s'en prendre à Aoi, la petite soeur de Natsume, pour les faire venir entre ses murs. Avec ce douzième volume arrive la fin du flashback, une fin qui se fait dans l'émotion, reflétant parfaitement le drame qu'a pu vivre Natsume et les horreurs de l'académie. Plus que jamais, le jeune garçon apparaît charismatique et attachant, mâture pour son âge, n'hésitant jamais à tout prendre sur lui pour protéger ses proches.

Suite à ces révélations, le coeur ne Mikan ne fait qu'un tour, et c'est en bouillant intérieurement qu'elle, Hotaru et Luca se remettent en route pour aller sauver Natsume et botter les fesses de Persona. Mais avant tout ça, notre héroïne va faire une rencontre dans le sous-sols du jardin floral, celle d'Aoi, retenue prisonnière et désormais aveugle... Tout naturellement, Mikan noue comme toujours très facilement une amitié avec la captive et jure de revenir la libérer.

Mais pour le moment, l'heure est à l'affrontement contre Persona, l'un des personnages les plus mystérieux de la série... et l'un des plus dangereux, comme le prouvera l'identité de son Alice. C'est le combat le plus sombre depuis le début de la série qui se joue ici, puisque ce n'est ni plus ni moins que la mort elle-même que Mikan et les autres doivent affronter. Pour autant, pas question pour Mikan de se laisser abattre. Ici, la volonté de fer de la jeune fille et son envie de protéger les siens apparaissent pleinement et se ressentent directement sur son entourage, Natsume en tête. Pour autant, le grand mérite de Higuchi Tachibana est de ne pas faire de Persona un ennemi lambda. En filigranes, nous commençons à découvrir certains éléments du passé dramatique de ce jeune homme, éléments venant directement expliquer sa façon d'être aujourd'hui.

Riches et passionnantes, les pages de ce volume défilent à vitesse grand v, et si l'humour n'est pas de mise ici, il laisse place à une déferlante d'émotion qui touche facilement, tant les personnages paraissent sincères et ont encore consolidé un peu plus leurs liens arrivés à la fin. Ainsi s'achève l'arc du jardin floral, aussi riche et intense que les précédents arc principaux. On a hâte de voir quels tours de force nous réserve encore Tachibana.
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Sanashiya
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Sanashiya » 14 juil. 2011, 19:21

Oh noes, tout mon gagatisage sur Narumi et Luca a été perdu ! ToT

Bon, je vais en profiter pour essayer de faire une critique construite, même si tout ce que je dirai ne fera que plussoyer Koiwai. Gros coup de cœur pour une série qui à la base, n'avait rien pour me plaire, et qui partait même pour me déplaire, avec des héroïnes encore à l'école primaire et des grands yeux typiques des shôjo dont j'ai horreur. Mikan aurait même pu être la cruche qui paraît immanquable dans les œuvres du style, comme par exemple une Tohru Honda, ou d'autres. Étrangement, elle se révèle tout à fait supportable et même carrément attachante. Serait-ce grâce à Hotaru, sa meilleure amie, qui avec sa froideur et son cynisme, contrebalance tout à fait agréablement la naïveté et l'optimiste de Mikan ? Peut-être. Peut-être pas seulement. Le fait qu'elle soit toujours taquinée par ses camarades de classe, rendue esclave, brutalisée par Bear, etc, joue peut-être. En général, j'ai horreur des héroïnes à la "je fonce tête baissée dans les ennuis si ça peut sauver mes amis, l'amour et l'amitié c'est plus fort que tout!" mais bon, chez Mikan, par un étrange tour de force, ça passe.

Quoi qu'il en soit, même en dehors de Mikan, on a là une pléthore de personnages aussi étranges qu'attachants (et leurs petits pouvoirs jouent certainement un rôle dans l'affection qu'on leur porte) : mention particulière à Luca-piou, avec son attachement envers les animaux si kawaii, et Narumi, avec son alice des phéromones, et qui, on l'apprend plus tard dans la série, ne se révèle pas être juste un beau gosse placé là pour éblouir les yeux, mais un type à la personnalité véritablement intéressante, avec un background bien dosé. Sans compter Hotaru, qui, avec sa nonchalance et son indifférence à la limite de la cruauté, est juste un personnage complètement jouissif :D

A part Mikan, on pourrait dire que l'autre personnage principal, c'est plus ou moins Natsume, c'est à dire un garçon du genre taciturne, pas sympa, cynique, qui flingue du regard tout ce qui bouge, et qui se fait tout de même attendrir par l'héroïne, comme on s'y attendait. Bref, un personnage un peu archétype, mais contre toute attente, même l'auteur arrive à le rendre attachant, et moi qui le trouvais un peu limite au début, j'en arrive même à le considérer comme un de mes préférés.

En ce qui concerne les arcs, ils ne débordent pas d'originalité, mais il y a une trame de fond qui se dessine petit à petit, un problème visiblement sérieux dont Mikan ignore totalement les enjeux, et que même nous, lecteurs, ne saisissons pas, faute d'informations encore suffisantes (du moins jusque là où j'en suis rendue, c'est à dire au tome 16) ; mais ce fil conducteur donne vraiment une direction à l'histoire, et fait peser le mystère, ce qui est loin d'être désagréable.

Malgré les difficultés que peuvent surmonter les possesseurs d'alice, le tout est bourré d'humour, de petites anecdotes vraiment hilarantes, et les alices elles-mêmes sont parfois très marrantes (comme par exemple l'alice qui permet à son possesseur de faire rire les autres à une blague pas drôle).

Malgré le fait qu'il y ait beaucoup de personnages, on s'attache à tous (même à Bouclettes !) et chaque personnage a une vraie utilité, du fait de son alice, qui fait qu'il n'est pas uniquement là pour faire tapisserie.

Bref, c'est vraiment un joli bout de shôjo que m'a fait découvrir Koiwai, là, et en refermant chaque tome, une seule envie : découvrir la suite le plus vite possible, et bien profiter de la lecture, surtout.

Et puis, enfin, parce qu'il le faut bien...

\o\ NARUMI ET LUCA-PIOU LOVE /o/
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Koiwai » 02 août 2011, 12:13

Sanashiya a écrit :Oh noes, tout mon gagatisage sur Narumi et Luca a été perdu ! ToT
Il ne tient qu'à nous d'en refaire, ma chère :D

D'ailleurs, je viens de lire le tome 13 (suis à la bourre ><), et
Malgré le fait qu'il y ait beaucoup de personnages, on s'attache à tous (même à Bouclettes !) et chaque personnage a une vraie utilité, du fait de son alice, qui fait qu'il n'est pas uniquement là pour faire tapisserie.
Mais carrément ! Kokoroyomi roxe sévère dans le tome 13 ! :D Son lien avec Bouclettes est vraiment appréciable, et j'adore la conclusion de la mangaka sur le passage du spectacle musical [spoiler]Kokoroyomi obligé de lire les pensées de Sumire pour voir qu'elle s'excuse, c'est juste trop fort :D Ils vont trop bien ensemble, ces deux-là :mrgreen:[/spoiler] Et donc, le fait qu'on s'attache même à Bouclettes, je plussoie fortement ! Je l'adorais déjà avant, et elle est toujours aussi géniale dans ce tome, avec son caractère de merde ! XD C'est l'un de mes personnages préférés, mais elle est quand largement derrière Luca et, surtout, Hotaru (décidément, j'aime bien les brunes de caractère moi :D ). Hotaru, elle est une fois de plus génialissime dans ce tome *__*


Bon, la chronique constructive du tome 13, sinon :p :

Après l'intense arc du jardin floral, qui nous dévoilait le cruel passé de Natsume, l'heure est venue pour Higuchi Tachibana de nous proposer à nouveau l'un de ces volumes de pause dont elle a le secret. Six mois se sont écoulés depuis l'arrivée de Mikan à l'académie, et en si peu de temps, la fillette, par sa sincérité et sa sociabilité, a déjà réussi à gagner le coeur de la plupart de ses camarades, Natsume et Luca en tête. Pour autant, la vie quotidienne suit tranquillement son cours, ponctuée ici d'événements revisités avec délice par la mangaka, qui, par exemple, fait de la Saint-Valentin un moment bourré d'un humour épique où, une nouvelle fois, elle exploite à merveille l'univers magique qu'elle a mis en place.

Puis l'heure de la fin de l'année scolaire arrive. L'heure pour Mikan et ses amis de changer de classe, mais aussi de voir les plus vieux primaires passer au collège. En guise d'hommage à leur départ, notre héroïne et ses camarades décident d'organiser un spectacle musical, sous la houlette de Sumire, cette chère Bouclettes. Seul petit hic: à part Sumire et quelques autres enfants, personne ne sait jouer d'un instrument (ou alors, d'un instrument pas forcément très classe), et les répétitions deviennent vite chaotiques, notamment à cause de Kokoroyomi. S'emportant rapidement comme à son habitude, Sumire décide de faire les choses de son côté avec les quelques "forts en musique", délaissant les autres. Mikan réussira-t-elle à réconcilier tout le monde ?
Dans ce passage qui occupe la majorité du volume, Tachibana met une nouvelle fois en avant l'une des principales qualités de son récit: les interactions entre ses nombreux jeunes personnages. Pour cela, la mangaka exploite toujours à merveille les caractères de ses différents protagonistes, la pétillante Sumire en tête, que l'on n'avait plus vue depuis un petit moment dans un rôle de premier plan. Les rebondissements pleuvent, alternant entre un sens de l'humour toujours impeccable, surtout quand il part dans des trips improbables (il suffit de voir la machine que Sumire met en place !) et exploite les particularités des héros (Hotaru fidèle à elle-même), et une mise en avant habile des personnages. Ainsi, si l'on se régale face aux frasques de Sumire, on reste touché par la jeune fille, qui ne pense jamais à mal et souhaite juste faire de son mieux pour satisfaire les autres, même si elle est rattrapée par son mauvais caractère et sa maladresse dans l'expression de ce qu'elle pense. Mais surtout, c'est avec surprise et plaisir que l'on en apprend un peu plus sur l'extravagant Kokoroyomi, sur son caractère d'avant et sur le rôle qu'a joué Sumire sur son évolution. Ainsi, Tachibana sait profiter des moments plus calmes de son manga pour apporter un peu plus de consistance à ses personnages secondaires, pour notre plus grand désir. Et c'est par le biais de ce genre de petites choses que le manga tout entier en ressort grandi: au fil de la lecture, tous les personnages, pourtant nombreux, deviennent toujours plus attachants et proches de nous. Et quand on voit que l'auteure, une nouvelle fois, n'oublie pas de mettre en avant l'esprit de camaraderie qui les unit tous, on se retrouve à nouveau face à un passage plaisant sur tous les points.

Quant au dernier chapitre du tome, il met en avant l'une des plus cruelles lois des alices, évoquée au début du manga: un jeune garçon de la classe de Mikan, qui possédait un alice destiné à disparaître pendant l'enfance, a perdu subitement son pouvoir et a une semaine pour dire adieu à ses camarades de classe avant de quitter l'académie. Pour autant, pas question d'un quelconque apitoiement, mais bien d'une émotion habilement distillée, partagée entre la tristesse du garçon de devoir quitter ses camarades, et sa joie de retrouver ses parents après tant d'années de séparation. Pour autant, Tachibana ne s'arrête pas à ces émotions primaires et aborde en filigranes d'autres problèmes liés à cet événement. Les parents du jeune garçon seront-ils heureux de le retrouver après tant d'années ? Il arrive que ceux-ci se mettent à en vouloir à leur enfant d'avoir perdu leur pouvoir, ce qui signifie pour eux la perte de la bourse que leur offrait le gouvernement. Est-ce que ce sera le cas ici ? Si les choses se concluent sans approfondir ces éléments, on reste conquis par la profondeur tout juste esquissée que la mangaka est capable d'offrir à ce genre de passages. Ici, ce sera au lecteur qui le souhaite de réfléchir un peu plus aux questions que l'auteure soulève.

Et parallèlement à tout ceci, Tachibana n'oublie pas pour autant d'apporter des rebondissements destinés à être plus importants dans la suite du récit. Ainsi, tandis que l'on apprend que le cursus au lycée dure 5 ans et que les élèves de l'académie sont donc condamnés à y rester jusqu'à leurs 20 ans, on en découvre plus sur les fameux cristaux d'alice, et l'heure est d'ailleurs venue pour la classe de Mikan d'apprendre comment on les crée. Ce qui, en plus d'approfondir un point qui sera sans doute important par la suite (nul doute que les cristaux d'alice joueront un rôle important dans la suite de l'oeuvre, d'autant que l'on reste intrigué par celui que Mikan récupère de manière énigmatique), permet à l'auteure de distiller de manière toujours aussi habile les sentiments de ses héros autour du triangle amoureux Mikan/Luca/Natsume. Et on apprécie toujours autant la façon qu'elle a d'aborder ce point, celle-ci préférant y aller par petites touches renforçant à chaque fois un peu plus le triangle, plutôt que de choisir d'y consacrer de gros pavés qui dégoulineraient trop de guimauve. Le talent de l'auteure est aussi là: si le récit frôle régulièrement le mièvre, il sait s'arrêter au bon moment et ne tombe jamais les deux pieds dedans, ce qui fait ressortir de façon on ne peut plus juste, sans jamais en faire trop, les différentes facette plus sentimentales du manga et les premiers élans amoureux de ces jeunes héros.

Ainsi, en un tome de transition, Higuchi Tachibana réalise encore des merveilles avec le plus grand naturel. Beaucoup d'humour, une exploitation impeccable du caractère des personnages, un léger approfondissement de certains d'entre eux, un aspect sentimental bien dosé, de nouvelles informations sur l'académie et sur les alices, un terrain bien préparé pour la suite des événements... Quel talent !
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Sanashiya
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Re: L'académie Alice

Message non lu par Sanashiya » 04 août 2011, 17:40

Lu le tome 18 !!

OMG !! On arrive enfin à ce moment où les révélations sur le passé de l'Académie commencent !! Mikan, Hotaru, Natsume et Luca-piou partent dans le passé avec Nodachi pour voir ce qui s'est passé. On en apprend donc plus sur le père de Mikan, dont on découvre le visage pour la première fois, ainsi que sur les directeurs du lycée et du primaire, qui sont de plus en plus charismatiques à mesure qu'on les connaît...
On est captivés par la lecture, par la façon dont les liens s'entremêlent, par le passé des parents de Mikan, bref, par absolument tout ! Dans ce tome, Mikan et les autres sont un peu mis en retrait, mais sans qu'on les oublie jamais. Plus que jamais, l'amitié les lie, et c'est étrange de voir comme ça peut paraître cliché, vu comme ça, mais que la façon dont ils sont liés, tous ensemble, est décrite avec tellement de justesse et sans surenchère, qu'au final, c'est un vrai petit bijou. (C'était français, comme phrase ?)
Bref, ce tome est encore plus captivant que les précédents, et le père de Mikan se révèle d'emblée comme un autre personnage qu'on ne pourra qu'aimer ! \o/

Une nouvelle fois, donc, epic win pour l'Académie Alice, un manga sur lequel je n'aurais pas misé grand chose au départ, et qui finalement ne cesse de me surprendre par sa qualité, la profondeur de ses sujets, et ses personnages qui valent tous la peine qu'on lise !

*mode fangirl ON*
EN PLUS ON VOIT NARUMI ENFANT !!!! \o/ \o/ \o/

\o\ NARUMI LOVE /o/
*mode fangirl OFF*

Vivement la lecture du prochain ! \o/
~ Adoratrice de Fye ~
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Fujoshi. What else ?

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