Erased

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Koiwai
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Erased

Message non lu par Koiwai » 26 août 2014, 12:15

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La fiche sur le site


Tome 1 :

D'abord découvert en France avec les sympathiques mais incomplets Testarotho et Kamiyadori, Kei Sanbe est ensuite devenu l'un des auteurs emblématiques de Ki-oon avec les séries L'île de Hozuki et Le Berceau des Esprits, et a eu tout le loisir de se tailler une honnête réputation de faiseur de séries à suspense angoissantes et à tendance fan-service. C'est néanmoins avec une série visiblement autrement plus ambitieuse qu'il revient pour la troisième fois chez Ki-oon, comme le laissent penser la 2ème place d'Erased au prestigieux Manga Taisho Award de cette année (le vainqueur ayant été Bride Stories) ainsi que son synopsis de base, pas forcément très original (le voyage dans le temps a déjà été vu un paquet de fois) mais fichtrement alléchant.

Erased nous plonge en 2006, dans le quotidien de Satoru Fujinuma, livreur de pizza à ses heures perdues, quand il n'essaie pas désespérément de devenir mangaka. Mais ses projets de manga sont sans cesse refusés. On ne ressent rien quand on les lit, paraît-il, puis il semble compromis de devenir mangaka à déjà 28 ans, et ses personnages sont peu intéressants... ce qui est sans doute vrai, Satoru ayant lui-même toutes les peines du monde à se montrer intéressant et, surtout, à s'intéresser aux autres. Effacé, blasé, il vit sans passion en posant sur le monde un regard dépourvu d'intérêt, si ce n'est pour maugréer intérieurement sur ceux qui l'entourent, entre un responsable éditorial qu'il trouve hypocrite, sa jeune et joviale collègue lycéenne Airi qui fait pourtant tout pour être sympathique, ou sa mère qui ne tarde pas à réapparaître dans sa vie en semant le désordre.
Et pourtant, Satoru est loin d'être comme les autres, car en lui se cache un étrange pouvoir : à chaque fois qu’un incident ou une tragédie a lieu près de lui, il est projeté dans le passé, quelques instants avant le drame, pour empêcher l’inévitable avant qu’il se produise. Plutôt que d'en faire un don positif, il vit ça comme une corvée, ce qui ne l'empêche néanmoins pas de jouer les héros à chaque fois que ça arrive. Et c'est en jouant une énième fois les héros, pour éviter un accident de camion, qu'il est percuté violemment par un autre véhicule. Il s'en sort plutôt bien, mais depuis cet accident, de sombres souvenirs du passé, qu'il avait préféré oublier, refont surface, et prennent de plus en plus forme quand sa mère revient et au fil d'autres voyages dans le temps...

Qu'on se le dise, dans ce premier tome Kei Sanbe prend tout simplement le temps de poser les bases de son histoire, et le fait de manière très convaincante. Pas forcément très vivant et s'emballant rarement (les quelques petits voyages dans le passé sont généralement vite réglés), ce début de série s'applique avant tout à présenter un personnage principal qui attire peu de sympathie. Comme dit plus haut, Satoru est un homme solitaire, s'intéressant peu aux autres et pouvant même être assez dédaigneux envers sa mère ou Airi, et menant au jour le jour une vie sans passion et désabusée, ses rares désirs (comme l'envie de devenir mangaka) ne décollant pas. Il paraît alors très difficile de s'intéresser à lui, c'est en tout cas ce qu'on se dit au début en le découvrant, mais c'est mal connaître l'auteur, qui s'avère excellent dans une narration très introspective, nous faisant profiter de toutes les pensées blasées et dédaigneuses de son personnage, ce qui fait réellement décoller son intérêt dès lors qu'il doit se confronter à des souvenirs d'enfances qu'il avait oubliés. Des souvenirs tragiques, ceux de disparitions successives d'enfants dont la petite Kayo, une camarade de classe qui était introvertie et dont l'entourage ne semblait guère rassurant (sa mère étant particulièrement glauque quand on la voit brièvement dans l'un des flashbacks...). Ceux, aussi, liés au présumé coupable de ces enlèvements... mais était-ce vraiment lui ?

Entre le présent en 2006 où Satoru connaît de brefs retours dans le passé, et des morceaux de flashback sur son enfance au fur et à mesure que les souvenirs reviennent à notre personnage principal, Kei Sanbe gère extrêmement bien la notion de temps. Tout est clair, on ne s'emmêle jamais les pinceaux, et on se retrouve de plus en plus captivés par les souvenirs qui se dévoilent, d'abord nébuleux, puis de plus en plus clairs au fur et à mesure que Satoru se rappelle. Une excellente construction, qui sait entretenir l'aura de mystère, soulève bon nombre de questions (comment s'est déroulée la série d'enlèvements de son enfance ? Qui est réellement le coupable ? Quels tourments pouvaient bien habiter la renfermée Kayo avant qu'elle ne disparaisse ?) et captive de plus en plus au fil des pages, jusqu'à un rebondissement-choc, qui arrive au bon moment pour enfin précipiter les choses et aboutir sur une toute dernière page laissant sur un brillant suspense et faisant réellement décoller la série.

Pour soutenir la tension et l'ambiance de son récit, Kei Sanbe peut toujours compter sur son trait assez épais et incisif, évite les élans de fan-service de ses précédentes séries (les deux plus importants personnages secondaires, Airi et la mère de Satoru, auraient pu s'y prêter, mais ce n'est pas le cas, et les deux femmes s'avèrent même intéressantes dans leur façon d'être), et, en plus de la très bonne narration déjà évoquée, offre également un très bon sens du bouleversement.

En prenant bien le temps d'instaurer le héros, l'ambiance et les mystères, Kei Sanbe réussit brillamment son coup : ce tome d'introduction, très bien construit et de plus en plus captivant au fil des pages, nous happe totalement dans ses dernières pages et annonce un thriller temporel bourré de promesses.

L'édition proposée par Ki-oon est une nouvelle fois excellente : la couverture annonce de jolies choses, les pages couleur ont été conservées, l'impression est très bonne et la traduction ne souffre d'aucun problème.
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Koiwai
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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 27 août 2014, 14:37

Tome 2 :

Depuis qu'il a eu son accident de voiture, Satoru vit ses "flashbacks" différemment, chacun d'eux lui rappelant un peu plus des souvenirs qu'il avait oubliés. Parmi ceux-ci, le souvenir d'une fillette, une camarade de classe, Kayo, autrefois victime d'un tueur en série ayant enlevé trois enfants en 1988. Et pendant qu'il se remémore le passé, sa mère, elle, pense avoir décelé une tentative de kidnapping qui la pousse à se poser des questions sur la fameuse série de kidnappings de 1988. Elle se rend compte qu'avec le bouc-émissaire Jun, un ami d'enfance de son fils, la justice ne détient sans doute pas le véritable coupable de l'époque, et elle décide de mener une nouvelle enquête de son côté, malgré la prescription... et sans savoir que le véritable coupable, le jour de la tentative d'enlèvement, l'a reconnue.
Peu de temps après, quand Satoru rentre chez lui, il retrouve sa mère morte, poignardée. Il n'en croit pas ses yeux, bouillonne intérieurement, et, pour la première fois, émet de lui-même le souhait de repartir en arrière afin d'empêcher le drame. Son pouvoir exauce son souhait, mais à une échelle qu'il n'imaginait pas : sous le coup du drame, il a souhaité revenir le plus loin possible en arrière, et le voici de retour en février 1988, quand il avait dix ans. Quelques jours avant le début de la série d'enlèvements. Quelques jours avant la disparition de Kayo. Pour sauver sa mère en 2006, il semble qu'il devra d'abord empêcher les événements de 1988, et il fera tout pour ça...

Excellent tome de mise en place, le premier volume s'achevait sur le retour soudain de Satoru en 1988. On retrouve notre héros forcément en train de s'interroger. Alors qu'il était habitué à des petits retours en arrière, il vient de faire un bond de 18 ans dans le passé... Tout cela est-il réel ? Il en a très vite la confirmation, retrouve ses amis d'enfance, son professeur de l'époque... ainsi que Kayo. Il retrouve également sa mère, cette mère qu'il dénigrait si souvent, et qu'il voit désormais sous un autre jour, puisque bien qu'il a retrouvé son corps de gosse de l'époque, son esprit, lui, reste celui d'un adulte de 28 ans, qui a déjà vécu tout ça. En retrouvant sa mère encore jeune, il se rend compte des efforts qu'elle a pu faire pour lui, et revit avec nostalgie des petits bonheurs auxquels il faisait peu attention à cette époque... Sans insister trop lourdement et avec une certaine émotion, Kei Sanbe nous dévoile un Satoru qui, éloigné de l'adulte solitaire et blasé du tome 1, apparaît plus humain en revivant avec émoi son passé.

Il s'agit pour lui d'une sorte de seconde chance, pour changer lui-même... mais avant tout pour changer le passé et influer sur le présent, ce qu'il ne perd pas de vue. Pour cela, il doit commencer par celle qui fut à l'origine de tout : Kayo, sa camarade de classe morte une première fois à l'époque, qu'il est résolu à protéger dans cette "seconde chance". Mais pour pouvoir la protéger, il devra d'abord réussir à se rapprocher de la fillette, d'un caractère solitaire, n'allant pas vers les autres et étant la cible des moqueries des autres filles. Et il devra alors percer la coquille de la gamine, en se confrontant à l'entourage de celle-ci, ce qui va chambouler en profondeur notre héros...

Doucement mais habilement introduite dans le tome 1, la petite Kayo est au coeur de ce volume, puisqu'en cherchant à se rapprocher d'elle, Satoru va découvrir toute la tragédie de l'existence de la jeune fille. Celle, comme on le devinait brièvement dans le tome 1, d'une enfant détestée et battue par sa mère, et de ce fait repliée sur elle-même. Kei Sanbe nous offre une recette loin d'être originale, mais qu'il exploite merveilleusement bien, en prenant le temps, pendant quasiment tout le tome, de développer la relation naissante de Satoru et Kayo. Avec sa maturité d'adulte de 28 ans, notre héros comprend qu'il aurait pu empêcher certaines choses la première fois, est bien décidé à réparer les erreurs du passé, et découvre alors tout le véritable fond de sa camarade de classe, avec laquelle il entame petit à petit une relation forte. Sous ses abords austères de fillette ne parlant avec personne et ne regardant jamais les gens dans les yeux, Kayo dévoile un comportement radicalement opposé de celui de Satoru : là où notre héros se force à être amical envers les autres pour cacher son côté solitaire, elle se force à paraître renfermée pour éviter les problèmes alors qu'elle adorerait avoir des amis. Un comportement qui s'explique évidemment à travers les violences et séquestrations de sa mère, un état de fait que Kei Sanbe, qu'on ne connaissait pas si subtil au vu de ses précédentes séries, met très bien en avant en soulignant toutes les difficultés que la fillette éprouve pour s'ouvrir aux autres, convaincue que sa mère la bat depuis toujours parce qu'elle a fait quelque chose de mal et que tout ceci est normal. Les deux enfants se promettent alors de ne pas se mentir, d'être sincère l'un envers l'autre, ce qui, Satoru s'en rendra compte, est loin d'être toujours facile. Mais la sincérité est précisément ce qui lui manquait la première fois, et c'est principalement ce qui lui permettra de changer le cours des choses, de transformer le passé, en faisant ce qu'il n'avait pas fait la première fois. Plus question pour lui de laisser Kayo seule le soir quand elle n'ose pas rentrer chez elle. Plus question non plus de la laisser se morfondre. On découvre à la fois un Satoru beaucoup plus humain que dans le tome 1, et une Kayo de plus en plus touchante et attachante au fil qu'on découvre son vrai fond, ses fragilités, ses espoirs placés en Satoru. Pendant qu'on apprécie les efforts de notre héros, on prend plaisir à voir la jeune fille s'ouvrir peu à peu, apprendre à sourire et à regarder les autres dans les yeux, être de plus en plus bavarde avec Satoru et lâcher des petites expressions qui reviennent en marquant notre héros ("T'es bête ou quoi ?"). Kei Sanbe captive dans sa façon limpide et prenante de faire évoluer ses deux héros, d'autant qu'autour d'eux, les personnages secondaires sont là pour rendre les choses encore meilleures, entre le fameux Jun qu'il faudra innocenter, les copains de Satoru qui le taquinent et l'encouragent dans sa relation avec Kayo, certains élèves qui restent médisants envers la fillette, un prof intéressant mais également assez mystérieux, et la mère de Satoru dont on découvre totalement le caractère.

Mais que l'on ne s'y trompe pas : Kei Sanbe a beau retranscrire à merveille les évolutions de ses héros, son histoire reste un thriller, et le travail prenant et touchant sur les protagonistes se mêle constamment à une ambiance assez angoissante, de plus en plus tendue au fil des pages et du temps qui passe. Car Satoru le sait : il a un temps imparti pour sauver Kayo, il doit changer le passé avant la date fatidique de l'enlèvement de la fillette, et le mangaka joue habilement là-dessus. Bien que le récit s'écoule de façon plus linéaire que dans le tome 1, Sanbe fait monter l'angoisse en rappelant régulièrement l'approche de la date de l'enlèvement, en en décortiquant, au fil de sa narration toujours aussi introspective, tous les doutes de Satoru qui tente avec plus ou moins de réussite de ne pas reproduire ses nombreux actes du passé, qu'ils soient importants ou en apparence plus anecdotiques. On ressent pleinement les hésitations du personnage parce qu'on les vit directement de son point de vue, et c'en est redoutablement efficace. D'autant qu'en plus, le mystère reste évidemment entier sur la réelle identité de l'assassin, même si l'on peut commencer à émettre de sérieuses hypothèses (ce qui est toujours un plaisir dans un récit de ce genre).

Avec autant d'intérêt pour l'évolution de personnages attachants que pour cette omniprésente angoisse en forme de "compte à rebours", on accroche donc d'un bout à l'autre de ce volume qui, de façon sans doute un peu plus prévisible que dans le tome 1 mais néanmoins beaucoup plus marquante, nous offre à nouveau une dernière page en forme d'énorme climax insupportable.

Il va être long, très long d'attendre jusqu'en novembre pour découvrir la suite ! Et c'est la preuve que Kei Sanbe, sur l'ensemble des deux premiers tomes, maîtrise totalement son sujet, en offrant une grande cohérence, en distillant comme il se doit les différents éléments composant son histoire, en développant parfaitement ses personnages, et en offrant des sommets de suspense. Jusque là auteur de séries très sympathiques mais assez dispensables, le mangaka semble passer un véritable cap avec cette oeuvre largement plus ambitieuse. Et si Erased reste à ce niveau par la suite, on aura alors toutes les chances de se retrouver avec l'un des meilleurs thrillers jamais parus en manga.
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Koiwai
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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 13 nov. 2014, 18:10

Tome 3 :

Retourné à l'époque de son enfance en 1988, quelques semaines avant la mort de Kayo, Satoru a réussi à se rapprocher de la fillette, à devenir son amie et à la pousser à s'ouvrir, découvrant par la même occasion sa triste situation familiale. La date fatidique du 1er mars, jour de la disparition de la jeune fille, arrive enfin, et se déroule sans que le drame ne se répète. Satoru pense avoir réussi à la sauver, et par la même occasion avoir empêché l'engrenage qui conduira à la mort de sa mère en 2006. Pourtant, le lendemain, c'est le choc : Kayo n'est pas présente en classe, et n'y sera plus jamais.

Le brillant retour en 1988, ponctué d'un climax insoutenable à la fin du tome 2, trouve ici une conclusion forte, replongeant Satoru dans la détresse. Même si les dates ne sont plus exactement les mêmes, les événements se répètent, la série d'enlèvements a de nouveau lieu et ronge intérieurement notre héros qui n'a pu empêcher la tragédie. Son sentiment d'impuissance et de culpabilité est parfaitement rendu. Peut-il réellement changer le passé ? Etait-ce la sa seule chance de le faire ? Et à présent, va-t-il devoir revivre les 18 prochaines années en ayant conscience de tout ça ?

La réponse à cette dernière question arrive très vite, en même temps que le choc que notre héros reçoit en voyant les actes de la mère de Kayo. C'est le retour en mai 2006. Il revient là où il avait laissé le présent, et retrouve les choses telles qu'elles étaient à la fin du tome 1. Sa mère est toujours morte, il est le principal suspect, et se demande à qui il pourrait accorder sa confiance. Au patron de la pizzeria Takahashi ? A Airi ? Au dénommé Sawada d'Ishikari TV qui a bien connu sa mère ?

L'incertitude de Satoru pour la confiance qu'il peut ou non accorder aux autres, la traque qui commence pour lui, désormais fugitif accusé de meurtre, et la narration toujours très axée sur ses pensées, ses hypothèses et ses doutes sont autant d'éléments entretenant parfaitement la tension, d'autant que le danger n'est jamais très loin, autant pour lui que pour ses alliés, et qu'il va falloir réfléchir et bien jouer le coup pour échapper aux manipulations d'un tueur très rusé, qui parvient à attirer toutes les suspicions sur notre héros. Pour Satoru et les rares personnes qui lui font confiance, il s'agit désormais de prendre le tueur avant d'être lui-même pris...

Entre les dangers et les pistes et indices qui commencent à se dessiner, Kei Sanbe confirme qu'il peut être un véritable maître du suspense, offrant un récit travaillé et cohérent qui se permet en plus de mieux approfondir les personnages. Ici, on découvre notamment mieux Airi, son passé familial qui fait qu'elle souhaite tant accorder sa confiance aux autres (mais attention, l'adolescente a aussi un sacré caractère, Takahashi en fera les frais), et sa relation avec une mère en proie à certains regrets. De même, on a la confirmation de toute la bienveillance que Sachiko Fujinuma a pu avoir pour son fils, en n'hésitant pas à endosser le mauvais rôle pendant des années.

En résulte un récit toujours aussi prenant et efficace, constamment tendu et s'offrant quelques excellents pic de suspense, dont un final qui nous laisse une nouvelle fois en pleine frustration. Alors qu'une piste se dessine clairement, on se demande comment vont évoluer les choses !
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Re: Erased

Message non lu par hdix » 17 nov. 2014, 14:34

Découvert par hasard, dans un rayon,
je viens de lire le tome 1.

Et je suis très enthousiaste. les dessins sont agréables, et l'histoire bien qu'un peu molle, prend son temps pour se développer, et devient assez vite très prenante. la tension monte.

les tomes 2 et 3 sont du coup commandés. hate de lire la suite et de voir la tournure de cette histoire.
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Re: Erased

Message non lu par cicipouce » 25 févr. 2015, 14:47

J'ai lu le tome 1 à une vitesse hallucinante et j'ai eu envie de l'acheter ...
mais un dilemme s'est posé à moi car :
règle n°1 : ce que tu achètes, tu ne le lis pas à la librairie ....
Transgresser la règle ou pas .. :?: ..
Finalement :idea: J'ai choisi tout simplement d'attendre que la série soit finie pour l'acheter en entier !!! :mrgreen:
comme ça si la fin est merdique (ce que je n'espère pas) je n'aurai pas gâcher mon argent !!
.(¯`•¸·´¯) * ƇιƇιǷѻμƇε *(¯`·¸•´¯).

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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 25 févr. 2015, 15:38

J'ai confiance pour la fin, pour une fois Kei Sanbe semble vraiment savoir où il va :) mais bon, il reste quand même un habitué des fins pas terribles, voire des non-fins... donc espérons :mrgreen:
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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 14 avr. 2015, 17:17

Tome 4 :

Accusé du meurtre de sa mère, Satoru est poursuivi par les forces de l'ordre et, malgré le soutien d'Airi et de Sawada, finit par être appréhendé. Tout semble perdu... jusqu'à ce qu'un regard lui rappelle un souvenir et le propulse à nouveau à la fin du mois de février 1988. Pour la troisième fois de sa vie, Satoru va revivre les quelques pendants lesquels Kayo a disparu... mais cette fois-ci, il a appris de ses erreurs et est décidé à tout donner pour la sauver !
Pour cela, il pourra compter sur des aides un peu inattendues : son camarade de classe Kenya, qui a perçu en lui un changement, mais aussi l'instituteur Yashiro et Sachiko, sa propre mère, qui vont veiller à leur manière quand notre héros s'embarquera dans un plan un peu osé et à la limite de la légalité : kidnapper Kayo, pour alerter les adultes sur les sévices que sa mère lui fait subir, et pour empêcher la vraie disparition de la jeune fille !

Toujours grâce à sa narration très introspective qui nous fait suivre les nombreuses pensées de Satoru, Kei Sanbe parvient à parfaitement retranscrire le cheminement de cet homme plongé dans son corps d'enfant et qui, malgré son apparence, ira cette fois-ci jusqu'au bout pour que la conclusion de la disparition de Kayo soit enfin différente.
On appréciera ici l'excellente utilisation des personnages secondaires, tels Shinya en soutien du même âge que Satoru, et bien sûr Sachiko en mère ayant confiance en son enfant et n'hésitant pas à le suivre pour qu'enfin les choses bougent du côté de la mère de Kayo... On trouve d'ailleurs un joli contraste en notre héros, qui, bien qu'adulte dans un corps enfantin, voit réapparaître ses rêves d'enfant de devenir justicier. Voila qui confirme qu'il a bien changé... Qu'il paraît loin, l'anti-héros taciturne du tout début de la série !

Pour le reste, le plan se déroule d'une façon un peu plus linéaire que ce à quoi nous avait habitué l'auteur. Les rebondissements sont moins soudains, le danger plane un peu moins et donc la tension retombe légèrement, mais en plus d'approfondir l'évolution de Satoru et les personnages secondaires, le mangaka en profite pour bien reposer son intrigue et pour consolider la relation entre notre héros et Kayo. Certains passages sont plus chaleureux et touchants, à l'image de celui où Kayo prend ce qui doit être son premier vrai petit-déjeuner depuis longtemps. Le récit reste très cohérent et n'oublie pas les différentes pistes (tenter d'innocenter Yûki, par exemple), et de nombreux éléments, comme l'énigmatique homme du bus ou le sort de la 2ème victime Aya Nakanishi, sont toujours là pour entretenir le suspense et l'inquiétude.

Après un tome très bien huilé, les dernières pages concluent l'un des grands axes de la série, mais il reste encore beaucoup de choses à dévoiler. Maître de son récit, Kei Sanbe continue de nous captiver.
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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 24 juin 2015, 20:14

Tome 5 :

Grâce à tous ses efforts et au soutien de sa mère, de Mr Yashiro et de Shinya, Satoru est parvenu à sauver Kayo des griffes de sa mère... et de l'assassin. Sa jeune amie est confiée à la garde de sa grand-mère, dans une autre ville. Une première étape est franchie... mais le retour en 2006 ne se fait pas. Et pour cause : si Kayo est sauvée, rien n'est fini, et rien ne dit que la mère de notre héros n'est pas encore morte dans le présent... Et ce présent, y retournera-t-il seulement un jour ? Après tout, l'après 2 mars 1988 est désormais modifié, et rien ne dit que notre héros a encore sa place en 2006...

Même si Satoru est parvenu à préserver Kayo, le plus dur reste à faire : il doit encore protéger Hiromi puis Aya Nakanishi, les enfants qui furent les cibles suivantes du tueur. Mais désormais, il avance vers l'inconnu, puisqu'il ne connaît plus les événements à venir... Et dans son corps d'enfant, pourra-t-il continuer à protéger ou éviter efficacement ce qu'il ne peut plus prévoir ?
La question est lancée, et anime grandement un volume qui s'occupe assez vite du cas Hiromi pour ensuite s'attarder sur celui d'Aya Nakanishi, qu'il est beaucoup plus difficile d'approcher puisqu'il ne la connaît pas ! Heureusement, notre héros, lui, n'est pas seul, et va pouvoir compter sur ses camarades. Qu'il s'agisse de Hiromi, de Shinya ou même de Kazu qui a enfin un rôle un peu pus important, chacun est là pour épauler Satoru... y compris une amie qu'il retrouvera finalement très vite après l'avoir quittée ! Il est appréciable de voir ce que cette dernière déclare à Satoru, d'assister aux remerciements de Hiromi, au renforcement de la confiance et de l'amitié entre notre héros et Shinya... Tranquillement, Kei Sanbe continue de dépeindre avec précision ses personnages, pour un résultat qui nous immerge toujours aussi bien dans l'intrigue.

Bref, l'histoire continue d'avancer avec brio, Satoru donne tout et est déterminé à protéger son entourage... au risque de relâcher sa vigilance sur d'autres aspects. Car maintenant que l'après 2 mars 1988 est modifié, rien ne dit que le tueur ne s'attaquera pas à d'autres enfants. Pendant que notre héros s'attache à combler la solitude des uns, d'autres se retrouvent esseulés et en danger. Et à force de ne plus assez se méfier, c'est lui-même qu'il risque de mettre en danger, comme le laissent deviner des toutes dernières pages offrant sans rien dire une révélation tonitruante, mise en scène de manière on ne peut plus efficace, et surtout très bien préparée au fil d'un volume qui a savamment pris le temps de distiller ça et là des indices. Pour le lecteur habitué à ce type de récit et aimant observer les choses, certains actes, certains regards difficiles à cerner (que regardent-ils exactement ?), certaines paroles seront un plaisir à appréhender pour émettre l'hypothèse se confirmant dans ces dernières pages. Et qu'on devine ou non le contenu de ces dernières pages, il faut saluer à nouveau la maîtrise que le mangaka étale tout au long du tome pour nous y amener.

Passionnant, encore et toujours, Erased nous séduit une fois de plus et s'offre un énième climax de fin de tome qui nous garde scotchés... Mais pour connaître la suite, il faudra être plus patient que jamais, puisque le tome 6 ne sera disponible qu'en juillet 2015... au Japon !
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Re: Erased

Message non lu par Koiwai » 16 févr. 2016, 11:49

Tome 6 :

Il était parvenu à sauver Kayo, Aya Nakanishi et les autres. Mais en tentant de venir en aide à une Misato isolée, Satoru, sans le savoir, s'est précipité dans la gueule du loup. Sa méfiance s'était un peu endormie, sa confiance fut un peu trop facile, et le couperet tombe implacablement dans une première partie de volume où il réalise que tous les indices étaient sous ses yeux. Et pendant que la cruelle vérité se dessine, Kei Sanbe fait des merveilles d'ambiance en jouant habilement sur les expressions faciales inquiétantes, sur le noir, mais aussi sur les bulles (la double-page où Satoru est comme assommé par la déferlante du monologue du tueur est impressionnante, tant elle cristallise la perdition que peut ressentir notre héros à cet instant), et sur quelques éclats de mise en scènes, comme ces quelques zooms ou cet implacable chute de la voiture...

Et rideau. S'en suit un nouveau voyage dans le temps, mais qui ne concerne pas Satoru. Un flahsback venant expliquer bien des choses sur le tueur. Son goût pour les enfants, sa fascination pour la mort... Comment est né tout cela ? Réponse dans ce passage raconté par le principal concerné, pour un résultat qu'il était difficile de rendre plus immersif, d'autant qu'il arrive au bon moment pour profiter d'une atmosphère déjà très sombre, à la fois fascinante et cauchemardesque, et qu'il nous plonge au mieux dans la psychologie retorse et inquiétante du personnage...

Ainsi la première moitié du volume s'avère-t-elle impressionnante, et donne-t-elle presque envie de crier à l'injustice. Ce n'est pourtant rien à côté de la seconde moitié du volume... qu'il apparaît impossible d'analyser en profondeur sans spoiler, comme le laissait déjà deviner le sommaire du tome cachant volontairement les dates pour ne pas gâcher la surprise.
On évitera donc d'en dire trop, pour simplement souligner la façon dont cette deuxième moitié prend une voie surprenante et prend aux tripes dans ce qu'elle propose. Entre la détresse silencieuse puis le courage de Sachiko, des retrouvailles à la fois heureuses et tristes avec des personnages qui ont bien changé, la narration au plus proche d'un personnage devenu en partie amnésique, ou la notion de "prisonnier du temps" qui n'a jamais semblé si juste et dure dans la série, Kei Sanbe fait des merveilles, entretient une atmosphère indescriptible mais saisissante où s'entremêlent détresse, frustration, soulagement... et n'a pas son pareil pour entretenir l'attente d'un lecteur presque en détresse et qui se demande même si un nouveau retour dans le temps serait encore possible pour changer tout ça.

Chapeau, donc. Même si les choses restent classiques du genre concernant le tueur, elles s'avèrent fortes dans leur atmosphère, et la voie que prend ensuite le récit ne manque pas de surprendre et de nous laisser dans une attente folle. Le petit mot de Kei Sanbe en fin de tome, où il avoue une petite incohérence sans grand impact, est également sympathique.
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