Ladyboy vs Yakuzas

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Koiwai
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Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Koiwai » 25 févr. 2015, 17:38

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La fiche sur le site


Tome 1 :

Kôzô Kamishima, jeune yakuza plein de potentiel, veille depuis déjà quelques années sur son boss avec talent, malgré quelques problèmes de bite : armé de son gros gourdin, il a tendance à baiser tout ce qui a un vagin, et ces dames en redemandent ! Mais un petit, tout petit problème se pose un jour devant lui : son boss est un peu beaucoup furax, parce qu'il a découvert que le sieur Kôzô couche régulièrement avec sa tendre épouse et sa fille adorée ! Et pour se venger de cet horrible affront, le chef mafieux décide de punir comme il se doit son ancien sbire. Voici donc Kôzô opéré contre son gré, et quand il se réveille, il se retrouve dépourvu de ses bijoux de famille, à la place desquels il trouve un petit minou tout frais. Quant à ses pectoraux, ils ont laissé place à deux melons siliconés comme il faut.
Mais Kôzô a à peine le temps de se remettre de sa transformation en fille qu'il doit déjà subir une épreuve encore plus terrible : son boss le largue sur une île déserte où il a pris soin de réunir les 100 pires criminels sexuels du Japon, qui n'ont pas vu la moindre foufoune depuis des années... Autant dire que l'ancien(ne) yakuza va devoir se bouger les fesses s'il ne veut pas se les faire prendre !

Vous trouvez déjà ce pitch de base complètement fumé ? Vous êtes tellement loin du compte ! Nouvelle oeuvre de la collection WTF?! d'Akata, Ladyboy vs yakuzas ferait d'emblée passer les précédents titres de la collection pour du Kilari, ne serait-ce qu'avec un premier chapitre donnant parfaitement le ton : tout y va très vite, mais les faits sont parfaitement exposés. On découvre d'abord en Kôzô un personnage principal aussi vigoureux dans le slip qu'idiot. Car le bonhomme a tendance à ne penser qu'avec sa bite, ce qui le rend aussi idiot que l'organe susnommé dès qu'il ouvre la bouche. On reste hilare devant ses tentatives de se justifier alors qu'il s'enfonce toujours plus devant son boss qui, lui, pète peu à peu une durite (voire plusieurs... au sens propre du terme). L'intrigue complètement perchée est présentée avec talent pour nous plonger tout de suite dans une ambiance à la fois trash et décalée, donnant un résultat qui ne fera certainement pas dans la dentelle.

Et ça ne s'arrête pas en si bon chemin, puisque le délire continue de plus belle et va toujours plus loin dès que Kôzô débarque sur l'île, où il se retrouve poursuivi par des hordes de mecs quasiment à poil n'ayant d'autre objectif que de "la" baiser pour pouvoir quitter les lieux. Et histoire de vous laisser découvrir les "surprises" tirées par les cheveux de cette intrigue, nous arrêterons là les détails sur ce qui se passe, mais sachez simplement qu'entre ceux qui se violent entre eux, ceux qui s'entretuent et ceux qui ne comprennent pas grand chose, les nombreux pervers de l'île n'ont rien à envier aux autres personnages ravagés de la série ! Cela n'empêche toutefois pas l'auteur de distiller quelques informations sur le passé et l'enfance de son personnage central, au gré de rebondissements tellement gros qu'ils en deviennent parfaits dans un récit de ce genre.

En résulte un joyeux bordel qui, comme vous vous en doutez, annihile dès les premières pages toute trace de bon goût. Le titre est bourré d'un humour très cru dans ses dialogues, très axé cul et trash, au point de constamment flirter avec la limite (il est quand même question, en vrac, de viol, de pédophilie, de masochisme et autres joyeusetés), et il vous faudra donc mettre votre cerveau sur off pour apprécier à sa juste valeur ce récit à l'humour ultra bas de plafond mais décapant si on apprécie le style. Et dans ce style, justement, on n'avait pas eu grand chose à se mettre sous la dent depuis ce cher Detroit Metal City !

Si la lecture est si décapante, c'est bien parce que l'auteur ne se fixe pas de limite et qu'il faut tout prendre au trouzième degré : les thèmes sont souvent délicats, et c'est donc ce goût de la surenchère, de l'exagération totalement assumé qui séduisent. Et à l'heure où les mangas de type survival nous inondent et se ressemblent souvent, Toshifumi Sakurai prend le parti inverse en dézinguant à la truelle tous les clichés du genre, effaçant toute trace de politiquement correct et confinant souvent à la parodie bourrée de clins d'oeil (à ce sujet, on vous laissera découvrir et apprécier à sa juste valeur le géniallissime nom de l'île et sa référence moqueuse envers une célèbre émission télévisée... Belle inspiration du traducteur).

De même, soulignons la qualité des dessins dans leur mocheté. Car oui, Ladyboy vs yakuzas est maîtrisé dans sa laideur graphique : à l'image du récit, les visuels font joyeusement dans la surenchère, avec des personnages rarement bien proportionnés et toujours repoussants, ce qui fait d'autant mieux ressortir leurs impayables expressions faciales et leur physique souvent dégueu. A ce titre, la mention spéciale revient à ce cher boss et à ses pétages de durite bien sanglants, aux mimiques kitchs de Kôzô au début quand il fornique avec les fifilles du boss, et aux corps poilus/flasques/ingrats (rayez la mention inutile, s'il y en a une) des pervers. Il faudra éventuellement s'habituer à ce style au début, mais une fois que c'est fait, c'est du tout bon.

On se retrouve donc avec une entrée en matière qui donne parfaitement le ton et qui nous promet une oeuvre hilarante, pour peu qu'on soit réceptif à cet humour bas du front. Dans tous les cas, on avait rarement vu une oeuvre assumer aussi bien son mauvais goût, ce qui suffit à en faire un plaisir coupable de premier choix !
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Coco Felken
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Coco Felken » 10 mars 2015, 17:09

Je ne sais pas si tu as vu les réaction sur le site d'Akata... J'étais d'ailleurs étonné qu'il n'y en ait pas eu plus lors de l'annonce, mais maintenant que le titre commence à faire du bruit, certains sortent le bout de leur nez (sans avoir lu le titre, bien évidemment...)

De mon côté, je n'ai pas forcément été super conquis, ni hyper déçu : c'est, en effet, de l'humour bien gras, totalement assumé, qui ose sur des thèmes où règne en général l'auto-censure... Mais comme cela correspond assez peu à ce que je souhaite lire en ce moment, forcément, difficile d'être très réceptif.

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Koiwai
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Koiwai » 24 avr. 2015, 14:15

Tome 2 :

Endormi et transformé en femelle par son boss dont il a baisé la femme et la fille, Kôzô a été lâche sur une île où il doit échapper à 100 criminels sexuels qui n'ont d'autres buts que de le (ou la) violer ! Et s'il a survécu à sa premier journée, il doit désormais faire face à une terrible épreuve : son propre père, pédophile notoire faisant partie des criminels, et accessoirement l'homme qui a gâché sa vie. En ne reculant devant aucun coup sadique, le boss pose un ultimatum à notre héro(ïne) : il sera libéré s'il parvient à coucher avec son paternel !

Après un premier volume hilarant de par son mauvais goût totalement assumé, Toshifumi Sakurai continue sur la même voie et en repoussant sans cesse les limites ! Car si la situation de ce début de 2ème tome est déjà salement horrible (devoir baiser avec son père pédophile, c'est pas très glamour, vous en conviendrez), l'auteur ne se prive pas pour offrir une suite toujours plus trash. En vrac, Kôzô devra cette fois-ci faire face aux manipulations d'un chef de secte, affronter une horde de pervers bien décidés à profiter de son corps, et se confronter à un homme sauvage bien plus proche du monstre dans son physique et ses manières...

Avec ses situations sans la moindre trace de morale, ses graphismes volontairement hideux (les physiques ingrats s'enchainent les uns après les autres, de même que les hilarantes expressions faciales improbables) et ses dialogues très fun (les expressions de God sont bien trouvées, une fois de plus bravi au traducteur), dégueu voire improbables ("Regardez ça !! Dieu a une grosse bite !!"), l'auteur n'épargne absolument rien, et avec les actes de God on peut vraiment dire qu'il va au bout de son truc, au risque de choquer. Et vécues à travers les commentaires du boss façon parodie de télé-réalité, les choses n'en sont que plus délicieuses, d'autant que cela nous permet aussi d'entrevoir toujours plus l'horreur qu'incarne ce personnage, entre son sadisme voyeuriste poussé à l'extrême, son aspect pathétique, et l'enfance qu'il a fait passer à sa Kirara. Mais ce volume est peut-être aussi celui d'une certaine rédemption pour le père de Kôzô, que l'on suivra avec intérêt par la suite, tout comme il est peut-être celui nous montrant que les apparences peuvent être trompeuses, comme le laisse supposer le comportement du colossal et difforme Lion, élevé comme une bête et ayant alors adopté un comportement adéquat.

En tout cas, si ce tome est emballé sous plastique, ce n'est clairement pas pour rien, et il faudra garder son cerveau sur off et être adepte de trouzième degré pour apprécier pleinement la lecture... Nous, en tout cas, on reste fans !
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cicipouce
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par cicipouce » 29 juin 2015, 13:49

On devrait réellement donner une augmentation au type qui a trouvé le titre de la catégorie "WTF ?!" parce que ça n'aurait pas pu être plus juste ...

Un titre totalement barré .... et que j'ai adoré ... je ne suis vraiment humour gras (bon ok je plaide coupable pour SUN KEN ROCK lol), mais une bonne tranche de fous rire de temps en temps ça fait du bien ...

Il n'y aura finalement que 5 tomes si j'ai bien compris ... donc encore 3 tomes à découvrir avec incrédulité et enthousiasme ...
.(¯`•¸·´¯) * ƇιƇιǷѻμƇε *(¯`·¸•´¯).

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Koiwai
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Koiwai » 13 août 2015, 19:59

Tome 3 :

Kôzô s'est désormais trouvé un compagnon de valeur en la personne du colossal Lion, à la puissance démesurée et dont le physique monstrueux repousse les autres. Notre cher transsexuel décide d'en profiter pour tenter de faire basculer le rapport de force, mais rien n'est simple sur l'île de Kon-Lhankul. Acculés dans une cabane par la horde de yakuzas et autres criminels pervers, les deux compagnons d'infortune n'auront d'autres choix que de se battre, de se défendre jusqu'à leur dernier souffle...

La perspective de l'arrivée de Lion aux côtés de Kôzô était très prometteuse, et elle ne déçoit aucunement, car l'escalade sur laquelle elle aboutit est très bien menée.
Escalade de violence, avec un combats à deux contre tous qui serait perdu d'avance si Lion n'était pas si puissant et si Kôzô ne se donnait pas autant pou vaincre les adversaires. C'est brutal, sanglant, "sublimé" par les tronches improbables des ennemis et par une succession de morts aussi variées que trash ou grotesques.
Escalade d'humour, grâce aux tronches des criminels et à leur mort parfois débile, bien sûr, mais aussi grâce aux nombreuses répliques pleines de sous-entendus bas de plafond, et à certaines scènes prenant des tournures aussi douloureuses qu'hilarantes.
Escalade d'émotion, enfin, car dans cette déferlante de violence et d'humour gras, certains passages ont de quoi toucher un peu. Dans la relation de Kôzô avec son père proche de la mort, ce père qui n'a jamais rien fait pour lui et émet désormais une certaine rédemption au fond de son être. Et surtout dans le lien de plus en plus fort qui se noue entre Kôzô et Lion, un lien qui ira jusqu'à faire prendre à Kôzô une décision aussi bizarre que touchante...

Faire cohabiter l'humour de mauvais goût, l'aspect touchant de certains moments, la violence extrême et un côté assez malsain. Les marier quasiment, parfois sur une même page. Dans cette optique, Toshifumi Sakurai livre un troisième tome qui est à son tour une réussite, et qui s'achève sur des dernières pages on ne peut plus intrigantes.

L'édition est toujours au top, en dehors d'un "d'" en trop sur la quatrième de couverture. La traduction reste toujours aussi inspirée, surtout pour les sous-entendus bien gras et pour le langage de Lion qui lui offre une pointe de candeur.
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Koiwai » 15 déc. 2015, 10:03

Tome 4 :

Entre une couverture qui annonce la couleur et le fait que le tome soit vendu sous blister (contrairement aux précédents), on pouvait attendre du quatrième volume de Ladyboy vs Yakuzas un contenu encore plus trash et immoral... et nous allons voir que c'est le cas !

Nous laissions un Kôzô esseulé après le départ de Lion... face à tous ces pervers continuant de le traquer pour le violer, comment notre transsexuel pourrait-il s'en sortir ? C'est alors qu'apparaît devant lui un pervers bien différent des autres : il se nomme George Kariya, et ne semble avoir aucunement l'intention de coucher avec notre héros... et de toute façon, il ne le peut pas ! Kôzô peut-il faire totalement confiance à cet homme dont il va découvrir le passé pour le moins retors ? En tout cas, le bonhomme a en tête un plan pour aider Kôzô à se sortir de là... Car pour éviter de se faire violer par tous ces hommes dégoûtants, quoi de mieux que de s'arranger pour qu'ils soient massacrés ?

Autant le dire tout de suite : on comprend pourquoi le tome est emballé dès le début, qui dévoile chez le personnage de George un passé pour le moins extrême, où les viols vont bon train, mais où le principal concerné est à la fois un coupable inactif et une victime d'un destin qui l'a brisé dès sa plus tendre jeunesse... et concrètement, ces explications sur le parcours du jeune homme s'avèrent excellentes dans leur genre, car au-delà des habituelles notes de cracra (les deux frères yakuzas sont vraiment ignobles physiquement) et d'humour idiot (l'attaque du tigre et ses conséquences...), c'est l'aspect malsain qui gagne du terrain, à travers la forme qu'a prise la perversion sexuelle de George. Une perversion puisant sa source dans un traumatisme terrible... et qui, comme le montrent les dernières pages, pourraient trouver un écho étonnant chez Kôzô.
On peut dire que dans ce passage, sur le plan sexuel, l'auteur allie plus fortement que jamais le malsain et le trash à son humour habituel. Et les dernières pages ne nous contrediront pas, tout comme les quelques apparitions délicieusement ridicules des trois sbires du boss !

Hélas, c'est entre le début et la fin du tome que le bât blesse un peu, à travers le plan de George visant à exploiter les envies de meurtre d'un autre détraqué acculé au statut de punching-ball par ses pairs : le dénommé Mutsuo Tonoï, dont le rôle dans ce volume ne propose rien de bien folichon, malgré les références du mangaka au tueur Mutsuo Toï et au roman "Le village aux huit tombes" de Seishi Yokomizo. Son passé avant l'arrivée sur l'île est plutôt vite vu et ne possède rien d'inventif, tandis que son rôle de victime sur l'île est exposé de manière certes particulièrement dégueulasse avec des humiliations immondes (le pauvre se fait pisser dessus, est obligé de l'échec l'anus des autres...) mais sans que s'y dégage vraiment l'humour ou l'aspect légèrement critique. Quant au massacre qu'il opère, il est certes violent, sans pitié, mais il est surtout étonnamment pauvre côté imagination, tout comme le sort qu'il réserve à Kôzô (ça commence à devenir une routine... le seul intérêt de ce "final" étant la réaction de George). L'auteur nous avait habitués à mieux !

En dehors de l'ensemble du passage sur Mutsuo qui s'avère nettement moins inspiré, la lecture conserve ses qualités, mais sachez que Toshifumi Sakurai se fait un plaisir de repousser toujours plus loin les limites. Quant à savoir si c'est pour le meilleur ou pour le pire, ce sera à vous et à votre seuil de tolérance d'en juger.

La fin du tome marque le retour du dictionnaire des criminels sexuels, dont la lecture est toujours aussi fun !
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Re: Ladyboy vs Yakuzas

Message non lu par Koiwai » 01 mars 2016, 15:38

Tome 5 :

Le plan de George, le malin eunuque, s'est révélé redoutablement efficace, et un certain nombre de criminels sexuels en ont fait les frais, si bien qu'il reste désormais à peine la moitié des pervers initiaux, soit une cinquantaine ! Mais les choses se compliquent, car tout en découvrant avec horreur que son satané paternel, qui l'a tant humilié et est à l'origine de tous ses problèmes, pourrait devenir un allié de George, Kôzô finit par se faire attraper par les ennemis, déterminés à tous passer dessus. Et comme si ça ne suffisait pas, George est loin d'avoir dévoilé tous ses objectifs, et le président mafieux, rendu furieux par les actes de l'eunuque qui mettent à mal sa vengeance, décide de faire le déplacement jusqu'à l'île pour régler tout ça...

Tenez-vous bien, car le final de Ladyboy vs Yakuzas est évidemment explosif, et les explosions n'ont pas lieu au fin fond du corps de Kôzô comme l'espéraient tant les nombreux pervers : dans un final riche en rebondissements, tout le monde finit par se retrouver, pour un résultat complètement fou et tendu, où les morts sont plus légion que jamais et bénéficient de toute l'imagination de Toshifumi Sakurai en la matière. Entre une arme aussi improbable que ravageuse et les "jeux" de George façon parodie de télé-réalité d'aventure à la Koh-Lanta, l'auteur sort l'artillerie lourde pour la dernière phase de son invraisemblable et jouissif massacre, auquel il faut aussi ajouter la traduction toujours aussi inspirée avec ses jeux de mots et clins d'oeil malicieux (le président taxant George de "sans-bite"... faut-il y voir une référence d'un formidable mauvais goût assumé ?), les dégaines toujours aussi délicieusement comiques des personnages, ou encore la stupidité totale de ce qui arrive au président à la fin (ce qui lui colle à merveille tant il fut pathétique d'un bout à l'autre !).

Mais dans cet amas de violence et d'humour se dessine également une portée plus dramatique et un brin sociétale, autour de la rédemption d'un père prêt à tout pour sauver son fils pour qui il n'a jamais été présent de façon positive... On voyait venir cet aspect de très loin, et il s'avère bien mené, dans le mesure où l'auteur parvient à faire ressortir cette leçon sans trop en rajouter.

Sérieusement ravagé, le final de Ladyboy vs Yakuzas tient donc ses promesses. Toshifumi Sakurai a su éviter les rallonges et a pondu cinq tomes globalement maitrisés, pour un résultat indispensable à tout amateur d'humour gras, de mauvais goût et trash.

Pour refermer comme il se doit ce dernier opus, les éditions Akata nous proposent de découvrir une longue et riche interview de Toshifumi Sakurai, réalisé fin juillet 2015 par le magazine Mad Movies... et il faut absolument la lire ! Toshifumi Sakurai nous y apprend beaucoup de choses sur lui, sur son parcours et sur ses expériences, et l'on peut dire qu'il a vécu des choses complètement folles, qui expliquent sans doute en partie son style si atypique !
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