Tsumitsuki

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9762
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Tsumitsuki

Message non lu par Koiwai » 03 déc. 2015, 11:55

Image

La fiche sur le site


En quelques années, Hiro Kiyohara est un artiste qui a su se tailler une petite réputation grâce à son trait aussi ténébreux que mystérieux, fin et élégant, et 2015 l'a prouvé mieux que jamais. Nous avions pu le découvrir en France en 2012 chez Soleil avec son intéressante adaptation manga de Mad World, mais c'est bien cette année qu'il fait surtout parler de lui, puisqu'on le trouve au character design original de Q Mysteries chez Kana, et surtout aux dessins sur la version manga du populaire Another. Et c'est justement dans la foulée de la sortie du quatrième et dernier tome d'Another que Pika Edition nous propose de découvrir Tsumitsuki, un one-shot dessiné en 2008 par Kiyohara, et qui est sa toute première oeuvre originale.

Très vite, on se pose donc forcément une question en découvrant Tsumitsuki : Hiro Kiyohara sera-t-il aussi bon scénariste qu'il peut être talentueux sur le plan visuel ? La réponse est mitigée...

Et cela, on le sent assez rapidement, ne serait-ce qu'à travers un pitch on ne peut plus banal : les Tsumitsuki, des démons, prennent possession des humains rongés par la culpabilité et font peu à peu disparaître leur âme pour les transformer en monstres... Face à eux, le jeune Kuroe est le seul à pouvoir leur faire face. Mais est-il vraiment motivé par le sauvetage des victimes ?

Un récit de lutte contre des démons, voila ce qui nous attend au fil de ce court récit dont chacun des 4 chapitres met en scène une situation similaire : une lycéenne se retrouve prise d'un sentiment de culpabilité pour x raison, Kuroe commence à lui tourner autour tandis qu'un tsumitsuki s'immisce en elle, jusqu'à ce qu'arrive ce qui doit arriver à la fin... Sur ce schéma répétitif, Hiro Kiyohara peine à intriguer et à intéresser, car il lève très vite l'énigme autour de Kuroé, se limite trop dans son univers et ses personnages (toujours le même lycée, toujours des lycéennes et pas lycéens... à croire que les démons n'officient que dans un seul bâtiment - ça a beau être un one-shot, il y a avait sans doute moyen de faire moins limité que ça) et propose des rebondissements très linéaires. Le mangaka se permet néanmoins une petite boucle en mettant en scène dans le dernier chapitre un personnage secondaire de la première histoire, mais bien que c'est idée soit sympathique, elle manque d'impact. Idem pour l'abord de quelques thématiques un peu sulfureuses autour du milieu scolaire (brimades, relations prof-élève) qui manquent totalement de consistance et ne sont finalement là que pour entretenir une atmosphère pseudo-dark.

Et les limites se ressentent aussi sur le plan visuel : si le design des personnages laisse déjà entrevoir le talent de l'auteur sur ce point, on regrette un travail largement moins convaincant sur les démons, ainsi qu'une narration peu inspirée qui peine à entretenir le suspense.

Quant à l'édition, elle n'est pas déplaisante grâce à son papier assez épais, mais on pourr ay regretter quelques bulles coupés. Du côté de la traduction, on a affaire à un travail très honnête, mais certains ne pourront s'empêcher de tiquer sur certains choix. Par exemple, pourquoi laisser tel quel le terme "sensei" à quelques reprises ?

Au final, il n'y a pas grand chose à retenir de Tsumitsuki. La lecture n'est pas désagréable, mais ne comporte rien de très intéressant, reste dans une intrigue basique et trop limitée et un schéma sans ambition. Vite lu, vite oublié.
Image

Répondre