Ushijima: l'usurier de l'ombre

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Wang Tianjun
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Wang Tianjun » 30 août 2012, 20:40

Il aura fallu dix-huit tomes pour savoit quelque chose sur le héros de la série, hourra ! :mrgreen:


Ushijima 18

Alors que sa série est rentré dans une routine propice à quelques facilités, Shohei Manabe nous propose de découvrir dans ce dix-huitième volume une nouvelle aventure au titre fort alléchant : "le yamikin". Après quelques pages où l'on croisera quelques destins dans ce quartier déchu, le récit confirme nos soupçons et nos espoirs : eh oui, Kaoru Ushijima est enfin personnellement au centre de l'intrigue ! Et ce, par le biais de Takemoto, un de ses anciens camarades de collège qui viendra lui demander de l'argent... Mais Ushijima a pour principe de ne jamais prêter à ses amis ! Se faisant rembarrer, Takemoto part donc vers une autre solution encore moins reluisante...

Par le regard de Takemoto, l'auteur nous présente une nouvelle facette très obscure de la société, avec l'exploitation de démunis dans un travail de misère qui n'est pas bien loin de l'esclavagisme. Une société recrute ainsi des clochards en leur prêtant de l'argent et en leur demandant de bosser pour elle afin de le rembourser, en étant logés, nourris, blanchis. L'arnaque se resserre très rapidement sur ces êtres désespérés, regrettant même leur vie de SDF face aux atroces conditions qui leurs sont imposées. En quelques pages, Shohei Manabe nous décrit une réalité crasse et implacable, qui ne manque pas de faire froid dans le dos...

Et Ushijima dans tout cela ? Notre créancier poursuivant ses prêts et ses récupérations de crédits, nous présentant au passage une foule de clients aussi écorchés les uns que les autres. Mais peu à peu, le voile se lève sur le passé de l'anti-héros, par le biais de ses assitants, qui ne sont autres que des anciens camarades eux aussi ! Le temps d'un ou deux chapitres, Ushijima prend des allures de furyo, tandis que l'adolescent rebelle s'impose par la force dans son nouvel établissement, avec un style déjà très marquant ! Mais loin d'aller dans la simple violence, le récit décrit aussi une horreur qui pourrait bien rattraper aujourd'hui notre protagoniste....

En remettant son héros et ses lapins (vous les aviez oublié ?) sur le devant de la scène, Shohei Manabe redonne un grand souffle à sa série, qui est loin d'avoir dit son dernier mot ! Entre passé et présent, Ushijima nous jette au visage une vision toujours aussi insupportable de la société, bien loin des modèles lisses et propres de la concurrence. On frémit d'avance à la suite (et fin ?) de ce nouvel épisode glacial...
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Rogue Aerith
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Rogue Aerith » 14 juil. 2013, 15:32

Ushijima 20

Ce vingtième tome est composé de deux parties : la première conclut l'arc centré sur son héros et la vengeance suscitée par ses actions passées, la seconde entame un nouvel arc centré sur un nouveau personnage, suivant les codes établis par la série.

Nous avions laissé Ushijima dans une posture inédite à la fin du dix-neuvième tome : oui Ushijima, intouchable depuis le début de la série, semblait en difficulté ! Ses collègues de Buybuy Finance capturés et séquestrés, la question était de savoir comment le yamikin allait réagir. Ce tome 20 ne fait pas de chichis : les premières pages nous lancent directement dans le vif du sujet. Les frères Gakuto font chanter le yamikin et réclament une rançon...mais surtout, torturent les membres de Buybuy finance. Les séquences de supplices et souffrances physiques, on y avait déjà eu droit à petites doses au cours de la série, mais dans ce volume, l'auteur franchit encore un cap dans le malsain. Les châtiments et les tourments infligés sont difficilement supportables, et rapprochent de plus en plus la série d'un Ichi the killer. L'importance prise par le personnage de Takemoto, seule lueur d'espoir et d'humanité vue dans ce manga, ancien camarade de collège d'Ushijima, constitue la seule vraie surprise de cette partie. On pouvait espérer une conclusion digne de ce nom pour un arc qui nous en a (enfin) appris plus sur Ushijima, mais il n'en est rien : cet arc se termine assez rapidement, et de façon plutôt décevante. L'auteur s'enfonce dans un parti-pris où l'espoir n'a pas sa place, et tout ce qu'a fait Takemoto pour aider autrui n'a aucun sens. L'auteur nous montre ainsi que face au reste des seinen violents, Ushijima est décidément le plus noir d'entre eux. De plus, le personnage d'Ushijima apparaît réellement comme intouchable, puisqu'au final, il parvient de nouveau à s'en tirer à bon compte, même si une case jette l'ambiguïté sur sa personnalité, puisqu'on le voit s'essuyer le visage après tous les événements...

La deuxième partie du volume est consacrée à un tout nouveau personnage, qui croise subrepticement la route de notre yamikin. Ce personnage est un trendy, homme mûr branché, salaryman solitaire, ne supportant pas le désordre et la saleté et les gens ayant un mode de vie précaire. Il est aussi et surtout un mari infidèle ayant de fortes envies de luxure, et adepte des pratiques sadomasochistes, lui se plaçant du côté du sadique. Sur un pari avec son seul ami, il s'intéressera à une femme plus âgée que lui : une cinquantenaire paraissant 20 ans de moins, travaillant pour une chaîne de cosmétiques. Ce nouvel arc donne lieu à des scènes de sexe nombreuses et encore une fois très crues. Cependant, les nouveaux personnages n'ont rien de franchement original : pire, ils font craindre que la série tourne vraiment en rond.

Maintenant qu'on en sait un peu plus sur Ushijima (mais pas trop non plus), l'auteur va sans doute continuer sur la même ligne suivie pendant les 15 premiers tomes : des arcs s'étendant sur 2 tomes maximum consacrés à des personnages secondaires, qui finissent tous par se ressembler plus ou moins, précaires financièrement (sans emploi, petits boulots mal payés, ou endettés suite à des comportements à risque), psychologiquement (obsédés par l'argent, le sexe, la mode) et physiquement (obèses, difformes, sales). Quand on sait que la série fait désormais 28 tomes au Japon, on en vient à se dire que le mangaka aurait mieux fait de s'arrêter avec ce vingtième tome, à la fin de la première partie concluant l'arc centré sur son anti-héros. Celle-ci aurait effectivement constituer une fin assez parfaite : un Ushijima ne changeant pas, un ton extrêmement pessimiste à travers le destin de Takemoto, seul personnage refusant la violence et aidant son prochain. Repartir sur le même schéma avec des personnages quasi-identiques est une vraie crainte, surtout lorsqu'on voit que l'auteur a, durant 20 tomes, fait le tour de toutes les formes de violences extrêmes sévissant dans le Japon urbain et pauvre.

Ce vingtième tome n'est donc pas mauvais en soi, mais pose réellement la question de la redondance de la série. La note n'est donc pas sévère, mais les prochaines risquent fortement de l'être vu l'évolution prise...
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Rogue Aerith
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Rogue Aerith » 27 avr. 2014, 18:40

Ushijima 22

Après les nombreux déboires connus par Ushijima et ses collègues il y a quelques tomes, qui s'étaient conclus sur une note plutôt satisfaisante, l'auteur avait décidé de se lancer dans un nouvel arc alors qu'il aurait très bien pu en rester là. Pari extrêmement risqué, puisque la répétitivité des situations est une véritable épée de Damoclès pesant sur la série. Ce volume ne fait que confirmer les craintes : pas désagréable, mais proposant du vu, revu et archi-vu.

L'ensemble de ce volume est consacré au passé de Ruito avant qu'il soit recruté par Ushijima (ce que nous avions pu voir au tout début de la série, rappelons-le). Nous avons là un gigantesque flash-back, en somme, lors duquel Ushijima n'intervient d'ailleurs quasiment pas. Avant de devenir usurier, Ruito était un host, jeune homme travaillant dans un bar, chargé de distraire les femmes et de les faire boire. Une situation professionnelle débordant largement sur la vie privée, puisque l'intérêt du host étant de pousser les femmes à la consommation maximale, il cherche à fidéliser ses clientes, donc à les voir en-dehors du « travail », ce qui finit par faire de lui un vrai maquereau. Sexe, alcool, bling-bling (avec des champagnes et des vins à plusieurs milliers d'euros), tout est là. La souffrance, évidemment, est omniprésente, comme dans chaque volume. Ici, la petite amie de Ruito, qui est aussi, malheureusement pour elle, sa principale cliente, subit la violence de plein fouet...sans que cela n'émeuve le lecteur plus que cela, tellement cette jeune ado paraît naïve et idiote. Alors que le host lui demande d'aller toujours plus loin, celle-ci s'engouffre dans le chaos, le point de non-retour. Alors certes, on pourrait penser que l'auteur a voulu montrer une situation de domination psychologique et affective de Ruito sur sa petite amie, mais on ne peut pas dire que les personnages d'Ushijima brillent par leur complexité psychologique depuis quelques tomes.

Ni bon, ni mauvais, mais très clairement lassant, Ushijima continue de s'enfoncer dans le train-train, la routine, le déjà-vu. Pas sûr que tous les lecteurs lui laissent sa chance, surtout quand l'on sait que la série en est à 30 volumes au Japon, alors même que la fin avait été annoncée en 2010. Est-ce que le manga peut encore connaître un regain d'intérêt ? Les plus patients le sauront...ou pas.

Hors Chronique :


J'hésite très franchement à revendre la série. C'est difficile, parce que celle-ci m'a vraiment plu pendant une quinzaine de tomes, mais elle a atteint ses limites depuis longtemps déjà. Je ne comprends vraiment pas pourquoi l'auteur a continué après la semie-conclusion proposée il y a 2-3 tomes. Et quand je vois 30 tomes au Japon :shock: , je me dis qu'il faudrait que l'auteur sorte de son chapeau l'un des plus gros revirements qu'il m'ait été donné de voir en manga pour changer mon sentiment. Je pense que je vais acheter les deux prochains tomes, et s'ils sont du même acabit, zou. Ou alors si quelqu'un est susceptible de me donner des infos sur la tournure que prend la série au Japon... mais j'en doute :?
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Wang Tianjun » 27 avr. 2014, 19:28

Je sais pas quel est la teneur de la publication au Japon, mais avec la sortie d'une nouvelle série télé et d'un nouveau film, je pense qu'il reste encore assez populaire.

Après oui, de mon côté c'est généralement le manga que je garde pour la fin de ma pile de nouveauté ^^" j'hésite aussi à arrêter, mais après tant de tomes passés ça me gêne un peu.
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Koiwai » 28 avr. 2014, 01:14

Je suis un peu dans le même cas : la sensation que l'auteur a fait le tour depuis déjà un paquet de volumes, qu'il n'y a plus rien à apporter, que les situations se répètent... et pourtant, je continue de passer du bon temps à la lecture, à défaut d'y trouver encore un vrai intérêt.
Ce n'est même pas que la lecture me lasse, c'est plutôt qu'elle est devenue très routinière. Quand un nouveau tome d'Ushijima sort, désormais je l'achète sans rien en attendre de spécial, je le lis sans mal, je passe un bon moment, mais je l'oublie vite. Juste parce que la lecture reste divertissante je n'arrête pas la série, mais il est clair que j'aimerais aussi que ça se termine, là ^^" Shôhei Manabe se serait-il laissé bouffer par le succès de sa série ?
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Kiraa7 » 28 avr. 2014, 10:19

En tout cas Rogue, si tu te décides de vendre la série au final, pense a moi car elle m'intéresse malgré ce qu'elle semble devenir dans les derniers volumes :mrgreen:
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Rogue Aerith » 28 avr. 2014, 18:01

Kiraa7 a écrit :En tout cas Rogue, si tu te décides de vendre la série au final, pense a moi car elle m'intéresse malgré ce qu'elle semble devenir dans les derniers volumes :mrgreen:
J'attends encore 2 volumes... et je penserai à toi :wink:
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Rogue Aerith » 22 août 2014, 19:32

Double post... pas vraiment étonnant.

Est-ce que quelqu'un suit encore la série ? Si oui, pourrait-il ou elle me dire ce qu'il se passe dans le tome 23 ? Ayant été particulièrement refroidi par les derniers tomes, je pensais lire le 23ème en librairie avant de me décider à revendre ou non la série... et bien je n'en ai même pas l'envie. Mauvais signe.

Alors, ce tome 23 ?
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Koiwai » 06 sept. 2014, 15:20

J'ai enfin lu ce tome 23, et franchement Rogue, c'est pas ce volume qui te réconciliera avec la série. Je dirais même que c'est celui qui m'a le plus ennuyé depuis le début de la série.
Shôhei Manabe n'a plus rien d'intéressant à raconter, et du coup, quand il ne répète pas des descriptions sociales déjà vues, il se perd dans des intrigues poussives où la tentative de suspense prend le dessus sur le portrait de la misère sociale, comme c'est le cas avec ce volume. Le problème, c'est que je lui trouve peu de talent dans ce domaine : j'ai eu le sentiment qu'il passait sans cesse du coq à l'âne et j'ai décroché. Pourtant, il y a une volonté de toujours faire ressortir certains traits d'Ushijima et d'approfondir certains personnages, en tête Takada et ses regrets vis à vis de la défunte Aika, mais c'est trop succinct et peu limpide. Ainsi, Hayato, Yoshitsugu, Cobra, Ezaki et les autres sont peu intéressants.
Bref, c'est la première fois que je me fais vraiment chier sur la série :?
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Re: Ushijima: l'usurier de l'ombre

Message non lu par Rogue Aerith » 06 sept. 2014, 22:11

Koiwai a écrit :J'ai enfin lu ce tome 23, et franchement Rogue, c'est pas ce volume qui te réconciliera avec la série. Je dirais même que c'est celui qui m'a le plus ennuyé depuis le début de la série.
Shôhei Manabe n'a plus rien d'intéressant à raconter, et du coup, quand il ne répète pas des descriptions sociales déjà vues, il se perd dans des intrigues poussives où la tentative de suspense prend le dessus sur le portrait de la misère sociale, comme c'est le cas avec ce volume. Le problème, c'est que je lui trouve peu de talent dans ce domaine : j'ai eu le sentiment qu'il passait sans cesse du coq à l'âne et j'ai décroché. Pourtant, il y a une volonté de toujours faire ressortir certains traits d'Ushijima et d'approfondir certains personnages, en tête Takada et ses regrets vis à vis de la défunte Aika, mais c'est trop succinct et peu limpide. Ainsi, Hayato, Yoshitsugu, Cobra, Ezaki et les autres sont peu intéressants.
Bref, c'est la première fois que je me fais vraiment chier sur la série :?
Oulalalala... Bon allez, je stoppe la série. S'il restait que 4 ou 5 tomes, je dis pas, mais là... Merci beaucoup Koiwai, tu me fais économiser 7€ et quelques. Quel gâchis, alors que la série aurait très bien pu s'arrêter au tome 20 :roll:
Je la mettrai en vente dès que je retrouverai ma collection (ben oui, je repars à Rennes demain et je reviens pas en Gironde avant décembre :( )
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