JIN

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.

JIN c'est :

Une résurrection (trés bon)
5
83%
Un sauvetage (bon)
0
Aucun vote
Un pied dans le platre (bof)
0
Aucun vote
Un coma (mauvais)
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Une mort violente et brutale avec du sang et des boyaux (trés mauvais)
1
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Koiwai
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 18 nov. 2015, 15:21

Tome 2 :

S'habituant peu à peu à sa nouvelle vie en plein Edo de 1862, le médecin Jin Minakata a fait la connaissance de Rintaro Katsu, directeur du centre d'entrainement naval du shogunat qui deviendra plus tard le célèbre Kaishu Katsu. C'est grâce à lui qu'il a l'occasion de s'entretenir avec William Willis et Hepburn, importants médecins occidentaux de leur époque... et d'appréhender la montée de tension entre Occidentaux et Japonais. L'incident de Namamugi est un premier signe lorsque des membres du fief Satsuma tuent des marchands britanniques, et les choses s'enveniment encore lorsqu'un soldat étranger est blessé après avoir tenté de violer une femme japonaise. Sa mort signerait l'amplification des querelles... Jin saura-t-il sauver cet homme grâce à ses techniques de médecine des années 2000 ?
La réponse se dessine sans trop de surprise et met à nouveau en avant la virtuosité des techniques modernes de Jin, qui étonne et éblouit forcément ceux qui l'observent. Pour autant, Motoka Murakami évite habilement le surplus dans la mise en valeur de son héros, et en profite surtout pour décortiquer à nouveau avec beaucoup de précision l'opération chirurgicale et, surtout, une certaine histoire de la médecine en présentant la méconnaissance à cette époque de beaucoup de techniques apparues plus tard : la respiration artificielle, la suture, la bactériologie...

Forcément, cette nouvelle démonstration crée chez tous un intérêt pour Jin : certains lui demandent plus d'explications et lui proposent même de donner des cours, mais d'autres sont beaucoup plus circonspects et montrent des signes d'opposition face à cette homme pratiquant une médecine inconnue... C'est dans ce contexte qu'apparaît une nouvelle menace, une épidémie plus terrible encore que la rougeole : le choléra, qui menace de décimer Edo. Dans son rôle de médecin, Jin, même s'il sait bien qu'il ne pourra sauver qu'une poignée de vies, s'applique dès lors à soigner le plus de monde possible... Et, qui sait, peut-être que cela lui permettra de gagner la confiance de certains détracteurs ? Mais avant de penser à tout ça, notre héros reste un héros profondément humain dont la priorité est de sauver des vies... quitte à se retrouver lui-même malade !
Murakami délivre une deuxième partie de tome aussi passionnante que la première, car en plus d'expliquer tout le contexte (la façon dont le choléra se propage, les terribles symptômes que cette maladie provoque...) et d'évoquer des solutions avec les moyens du bord pour la contrer, elle place Jin dans une situation tendue puisqu'il se retrouve lui-même gravement malade, et finit par mettre en avant une Saki décidément délicieuse dans son rôle d'assistante, la jeune fille se montrant attentive, appliquée dans son rôle, et également suffisamment forte dans son désir d'apprendre et dans son opposition à sa mère ou à son frère. L'occasion pour le mangaka d'aborder en filigranes la place de la femme à cette époque, mais cet aspect reste pour l'instant très succinct... Sera-t-il développé plus tard ?

A l'aspect médical finement et richement retranscrit, s'ajoute un aspect historique passionnant et rigoureux, évoquant des événements qui ont bien existé comme l'incident de Namamugi, présentant des personnalités réelles comme Willis, Hepburn, Koan Ogata puis Ryoma Sakamoto qui s'avère très bien mis en place, évoquant toute l'importance des relations conflictuelles entre les Occidentaux et certains Japonais à quelques années seulement de la fin du Shogunat, présentant des dessins travaillés de l'époque (la baie de Tokyo bien différente d'aujourd'hui, Yokohama et ses bâtisses, le quartier de Nihonbashi...) ... Dans ce contexte, quel rôle tiendra Jin ? Ne risque-t-il pas de sauver des gens qui ne devaient pas l'être et, ainsi, de modifier l'Histoire ? Cette interrogation, parmi tant d'autres, continue de le travailler...

Murakami trouve vraiment un équilibre impressionnant entre ses différentes thématiques, qu'il décortique avec beaucoup de clarté et de richesse et qui, couplée à l'aspect humain de son héros, contribuent à faire une lecture captivante.
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Koiwai
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 23 nov. 2015, 14:16

Tome 3 :

Cela fait bientôt 6 mois que Jin est arrivé en pleine fin de l'époque Edo, en 1862, et nombre de choses lui sont déjà arrivées. S'il a dû assister impuissant à la mort de malades qu'il n'a pu sauver, il a aussi pu soigner bon nombre de personne et intriguer ses congénères de l'époque au point de désormais donner des cours de médecine et de rencontrer des grandes personnes de cette époque. Parmi les dernières rencontres en date, il y a Ryoma Sakamoto, le célèbre ronin avec lequel il sympathise peu à peu, si bien que Ryoma finit par l'emmener en un lieu qu'il ne pensait pas fréquenter un jour : le quartier des plaisirs de Yoshiwara ! A peine arrivés sur place, les deux hommes font la connaissance de Nokazé, la plus haute courtisane de la maison Suzu, qui les accueille assez froidement... jusqu'à ce que que nouveaux événements obligent Jin a reprendre son travail de médecin. Il lui faudra d'abord soigner un grave hématome chez le patron de la maison, avant de tenter l'impossible : limiter les dégâts de la plus horrible et répandue maladie des quartiers de plaisir, à savoir la syphilis...

Après trois volumes, on connaît désormais le schéma de Jin, chaque nouvelle rencontre de notre héros le mettant finalement à contribution avec l'arrivée opportune d'un malade. Ici, la recette ne change pas avec tout d'abord les soins prodigués à l'hématome du patron de la maison Suzu, puis la tentative de contrer la terrible syphilis. Ce schéma opportun est-il gênant ? Donne-t-il une impression de trop grande linéarité et de répétitivité ? Hé bien, pour l'instant pas du tout, car à chaque foi, en plus de détailler très précisément les maladies et les soins prodigués (ici, par exemple, on en apprend énormément sur la syphilis, sur la façon dont elle se répand, sur la manière dont on peut essayer de la limiter, ou sur une méthode d'obtention de la pénicilline qui ne sera normalement découverte que 60 ans plus tard par Alexander Fleming), Motoka Murakami délivre un portrait d'époque ô combien immersif et précis. Ainsi découvre-t-on notamment, parmi d'autres richesses, le fonctionnement d'un quartier tel que celui de Yoshiwara : les différents types de courtisanes et leur hiérarchie ainsi que leur éducation, les lieux emblématiques où elles sont divisées, les rites de l'époque comme les dents noircies (critère de beauté) ou la façon de mourir une fois l'horrible maladie contractée, et bien sûr les décors toujours aussi riches. Mais ce n'est pas tout, car tout cela permet également à Jin de mieux découvrir Ryoma Sakamoto, et de faire connaissance d'une nouvelle figure importante en la personne de Nokazé, courtisane aussi belle qu'élégante qui deviendra pour lui une nouvelle alliée. Enfin, malgré tous ses efforts, notre médecin devra à nouveau se confronter à son incapacité à sauver tout le monde...

La dernière partie du tome, elle, vient concrétiser un peu plus l'une des pistes doucement mises en place auparavant : l'opposition des autres faction médicales, qui voient en Jin une possible menace de leur propre médecine. En tête, Gen-en Taki, superviseur en chef de l'école shogunale de médecine chinoise, et son assistant Genko Fukuda. Pour ces hommes ayant consacré de nombreuses années de leur vie à la médecine chinoise, la médecine inconnue de Jin peut devenir un péril... Mais quand Genko, atteint d'un mal délicat au péritoine, devra être soigné par Jin, quel sera la réaction du malade et de Taki ? Tout en nous régalant toujours sur le plan visuel avec les vues du château d'Edo et du quartier des concubines, et en offrant des éléments médicaux toujours aussi précis que ce soit dans l'opération ou dans les repères médicaux (l'impact de la méthode de la vaccine, l'intervention de Graham"...), Murakami expose des personnages intéressants en Taki (tiraillé entre sa crainte de voir la médecine chinoise décliner et son désir de voir son assistant sauvé) et Genko (lui qui ne jure que par la médecine chinoise peut-il accepter de se laisser ouvrir le ventre ?), et soulève subtilement les craintes que peut susciter notre héros, médecin qui reste pour beaucoup de monde énigmatique, comme venu d'ailleurs... On appréciera l'indéfectible soutien que devient Saki pour notre héros face au danger, ainsi que les interrogations quant à la nature du danger, car les ennemis ne viennent pas forcément uniquement du milieu de la médecine chinoise...

Malgré son schéma presque linéaire, Jin ne lasse aucunement tant Motoka Murakami sait aborder comme il se doit les nombreuses richesse médicales et historiques de son oeuvre, tout en croquant des personnages dignes d'intérêt. Il faut aussi saluer la qualité d'une traduction très claire dans ses nombreuses références médicales et historiques, ainsi que l'effort fourni par Tonkam via la présence de petit glossaire en fin de tome sur les courtisanes.
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 02 déc. 2015, 14:39

Tome 4 :

Remarqué peu à peu pour ses techniques chirurgicales remarquables et novatrices et pour la mise au point de la pénicilline, Jin, même s'il ne recherche aucunement la gloire et se contente de sauver tous ceux qu'il peut, suscite l'admiration et l'intérêt des uns... mais attise aussi la haine des autres, notamment des partisans de la médecine chinoise et de certaines personnes du centre médical. Aussi, quand il entreprend sur une jolie marchande d'Asakusa une greffe de la peau, il ne sait pas encore dans quelles circonstances délicates il devra finir cette opération. Car un soir, un incendie loin d'être accidentel se déclare au centre médical et réduit à néant les stocks de pénicilline, or cette dernière est primordiale pour la réussite de la greffe...
Dans un début de tome qui nous fait profiter de quelques décors et costumes magnifiques des marchands d'Asakusa, c'est donc une nouvelle opération délicate qui attend notre héros, et celle-ci est à nouveau passionnante ne serait-ce que pour sa richesse sur le plan médical : comme à son habitude Motoka Murakami aborde la chose sous de nombreux angles : l'aspect historique de la greffe (déjà existante sous l'Inde Antique, mais aussi sous une forme primaire dans l'Angleterre et l'Allemagne de l'époque), les détails de l'opération chirurgicale, l'importance de la pénicilline sur cette opération... Le danger tournant autour de Jin, quant à lui, ne ressemble ici qu'à un premier avertissement car cela se résout assez vite, néanmoins c'est l'occasion d'aborder la pénicilline naturelle et de mettre en avant les tourments d'un Yamada devenu très fidèle à notre héros. Il y a également l'apparition d'un nouveau personnage, Gihé Hamaguchi, à l'attitude intrigante... Allié ou ennemi ? le suspense ne dure pas très longtemps et la réponse arrive vite. Mais à côté de cette arrivée, Jin devra aussi composer avec la perte d'un soutien de poids, et l'auteur nous démontre à nouveau la maîtrise de son sujet en restant ici fidèle à l'histoire, l'homme concerné étant bien décédé en juillet 1863.

Cette étape importante passée, pas question pour Jin ne se reposer, déjà arrive une nouvelle opération difficile : guérir une courtisane amie de Nokazé d'une septicémie contractée suite à un avortement. Et pour pouvoir sauver la dénommée Hatsune, c'est un nouveau problème que devra régler Jin : celui du financement. Ici, l'aspect médical reste intéressant mais est un peu moins poussé, et on se régale surtout grâce à tout ce qu'il y a autour : les questions d'argent et des possibles arnaques (un problème finalement résolu un peu facilement), un portrait immersif et assez dur de certains aspects de la condition de vie des courtisanes (la possibilité de tomber enceinte, les techniques d'avortement terribles pouvant avoir des conséquences sur la santé... sans oublier les tourments intérieurs de ces femmes perdant l'enfant), et une échappée visuellement superbe vers le milieu du théâtre, du plus spécifiquement du kabuki. Bâtiments et costumes sont croqués avec détails et précision, et c'est avec intérêt que l'on part à la rencontre de l'une des grandes figures historiques de ce milieu, Tanosuke Sawamura, acteur de rôle féminin un brin arrogant et très... théâtral.

Le dernier chapitre, lui, enclenche doucement de nouvelles choses, que ce soit dans la relation de Jin avec la courtisane Nokazé, ou dans l'arrivée d'un nouveau personnage qui aura sans nul doute son importance : Tatsugoro Shinmon des pompiers d'Asakusa, partisans du shogunat, opposé à la médecine occidentale, mais pas non plus étroit d'esprit...

Les deux opérations de ce tome ont beau offrir quelques rebondissements qui semblent se résoudre trop facilement/rapidement, on continue de se régaler devant les nombreuses richesses que Motoka Murakami offre à sa série. Et la traduction a le mérite de rester très claire malgré quelques fautes dans les dernières pages.
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 22 déc. 2015, 18:15

Tome 5 :

Voila un an et demi que Jin a atterri dans le passé, et à force de rencontres et de soins, il s'est résolu à rester vivre à cette époque et poursuit son travail de médecin au gré des difficultés, menaces et soutiens. Et tandis que se poursuit la construction de son futur cabinet à Asakusa, il voit le petit monde d'Edo continuer d'évoluer, et fait de nouvelles rencontres. Ainsi, deux nouvelles d'importance lui parviennent. Nokazé, la belle courtisane égérie du quartier des plaisirs, devrait prochainement quitter ses fonctions suite à son rachat à la maison Suzu par un ancien Daimyô. Quant à Saki Tachibana, la jeune fille qui fut pour Jin son plus grand soutien depuis qu'il est arrivé à cette époque, voici qu'elle reçoit une demande de mariage arrangé avec un bon parti qui redorerait le nom de sa famille. Deux événements qui, forcément, résonnent en Jin, mais notre médecin des temps modernes n'a guère le temps de trop s'en soucier, car son travail de médecin continue de l'accaparer : il lui faudra d'abord, sous l'oeil méfiant de Tatsugoro Shinmon, soigner un pompier asphyxié lors d'un incendie, puis résorber le pneumothorax d'un jeune médecin, Saburi, qui a fait une grave chute sur un bateau...

Ainsi le schéma de Jin reste-t-il ici très similaire à celui des précédents volumes, avec de nouvelles opérations qui arrivent toujours au bon moment, puisque la première opération permettra à notre héros de trouver un soutien d'importance en la personne de Shinmon, et que la deuxième lui permettra de rencontre le jeune médecin Saburi qui aura son importance dans la suite du volume. Pourtant, ce schéma, qui aurait pu commencer à devenir lassant, ne l'est toujours pas, tant Motoka Murakami l'utilise avec pertinence et richesse. Les opérations, en plus d'être variées (une asphyxie et un pneumothorax), sont en plus décortiquées avec minutie (comme toujours) et permettent de bien mettre en place les personnages de Shinmon et Saburi. Et la tension reste assez bien entretenue, dans le premier cas par les menaces du méfiant et strict Shinmon (qui sait néanmoins reconnaître sans mal la valeur des hommes), et dans le deuxième cas par l'isolement sur un bateau, qui contraint Jin à opérer avec le matériel à disposition. De plus, l'arrivée de Saburi permet d'évoquer avec beaucoup d'intérêt la médecine d'un nouveau personnage historique : celle de Saishû Hanaoka (1760-1835), chirurgien de l'époque Edo réputé pour avoir été le premier à effectuer une opération de chirurgie sous anesthésie générale, qui plus est pour réaliser la première opération sur un cancer du sein.

Et cette évocation de Hanaoka est loin d'être anodine, car elle aura une importance capitale dans la dernière partie du tome, mettant en scène une opération qui nous captive plus que jamais puisqu'elle concerne la belle Nokazé. Au fil du tome, Murakami entretient un petit fil conducteur autour de la belle courtisane, devant passer un contrôle de santé avant d'être vendue au daimyô, et si le premier contrôle, effectué en commun par Jin et par le médecin du daimyô nommé Misumi, ne révèle rien, la suite s'avèrera pourtant autrement plus grave... Il faut avouer qu'on sent très vite arriver l'affaire du cancer du sein, et que tout est à nouveau réglé dans le temps de trop belle manière (l'arrivée de Saburi qui arrive pile quand il faut, le cancer du sein qui se déclare juste quand Nokazé va être vendue, l'opération qui doit se dérouler pile le jour où le mariage Saki doit s'arranger...). De plus, le danger supplémentaire qui arrive via Misumi est on ne peut plus prévisible et se résout (pour l'instant) très facilement. Et pourtant, une nouvelle fois, ça fonctionne du tonnerre, que ce soit grâce à l'opération elle-même qui est suffisamment détaillée, ou pour tous les à-côté qu'elle implique : l'impact que cela va avoir sur Nokazé dans son rachat, le choix d'une Saki enfin déterminée à orienter sa vie vers ce qu'elle souhaite quitte à s'attirer la colère de sa mère... et en filigranes, Murakami met ainsi un peu plus en avant ce que pouvait être la condition féminine de l'époque.

On est donc à nouveau sur une lecture qui, en dehors de son schéma un peu linéaire, reste captivante tant elle se veut riche.
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 22 déc. 2015, 18:18

Tome 6 :

Les nombreuses rencontres de Jin lui ont permis de bâtir son centre de soins, "Chez Jin". Il a le soutien financier de Hamaguchi, ainsi que l'assistance de Saburi, dont l'héritage de l'école Hanaoka est important, et de Fukuda, exclus de l'école de médecine chinoise. De son côté, Yamada continue de gérer les stocks de pénicilline. Attendant de pouvoir se réconcilier avec sa mère, Saki y a élu domicile en tant qu'infirmière, tandis que Nokazé s'y occupe des tâches domestiques. Et c'est en servant de modèle au dénommé Unsen Sakuragawa que cette dernière permet à Jin de rencontrer ce peintre d'ukiyo-é autrefois renommé, mais dont la réputation s'est considérablement affaiblie suite à son goût trop prononcé pour l'alcool et à sa main menaçant de le lâcher... Serait-ce là un symptôme du syndrome du canal carpien ?

Une nouvelle opération attend donc Jin dans un début de tome assez intéressant, au sein du nouveau centre de soins qu'il a fait construire. Une opération des mains qui n'est pas la plus passionnante de la série, d'autant qu'elle est réputée peu compliquée, mais elle reste présentée avec détails et offre surtout une confrontation intéressante avec le vieil Unsen, peintre un peu aigri et refusant d'abord d'écouter Jin. Pour lui ouvrir les yeux, il faudra toute l'attention de sa fille Shizu, dans une relation père-fille plutôt joliment dépeinte et, surtout trouvant un écho chez Saki dont la situation familiale est actuellement délicate. Enfin, certaines paroles d'Unsen dans son sommeil rappellent à nouveau à Jin l'époque d'où il vient... Y aurait-il une connexion avec le Japon des années 2000 ? La question et brièvement relancée.

Reste que c'est la suite du tome qui nous intéresse le plus, en relançant quand il faut la série autour d'une nouvelle partie amenant Jin jusqu'à Kyôtô sur demande de Ryoma et Katsu. Il doit laisser derrière lui le centre de soins, Saki et les autres au moment même où la gestion financière du centre commence à poser problème, et que les doutes sont de plus en plus forts sur une possible traîtrise de Fukuda (le lecteur en aura vite la confirmation, pas Jin). Tout cela, pour partir au coeur d'une cité kyotoïte plus que jamais mise à mal par le conflit entre partisans de l'Empereur et partisans du Shôgun. Et en même temps que Jin, l'auteur plonge son lecteur dans une ville sombre, en proie à la violence, pour un rendu où l'aspect historique prend cette fois-ci le dessus sur l'aspect médical. Bien sûr, il y a toujours quelques opérations au programme, et des détails intéressants comme l'impossibilité de faire des transfusions sanguines puisque les recherches sur les groupes sanguins ne commenceront qu'au 10ème siècle, mais ici Murakami s'applique surtout à expliquer tout le contexte historique qui commence sérieusement à s'emballer à partir de la célèbre affaire Ikedaya. Ainsi, notre héros assiste à nombre d'événements violents, de confrontations sanglantes et mortelle, voit même se propager l'incendie de Kyôto, pour un résultat qui expose certes un peu trop linéairement les choses,mais qui reste immersif et permet à Jin de faire bon nombre de rencontres historiques, allant de Shôzan Sakuma aux plus célèbres figures du Shinsengumi. Et parmi toutes ces rencontres, un événement très intrigant le replongera plus que jamais dans ses interrogations sur la possibilité d'une connexion avec les années 2000.

Très riche sur le plan historique, et continuant d'intriguer autour des autres pistes, ce tome ouvre efficacement une nouvelle partie amenant Jin dans une ville de Kyôto déchirée par le conflit entre fidèles de l'Empereur et partisans du Shôgunat. Cela promet une suite très intéressante !
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 04 janv. 2016, 09:34

Tome 7 :

Pour soigner Shozan Sakuma, Jin est parti avec Ryoma et Yamada au coeur de Kyôto, alors en proie à la violente opposition entre partisans de l'Empereur et fidèles du Shogun. De fil en aiguille, il rencontre plusieurs grandes figures des deux camps, comme Soji Okita du Shinsengumi, et surtout Kichinosuke Oshima, futur Takamori Saigo dont il souhaite guérir l'appendicite... alors même qu'il se trouve au coeur d'une résidence du clan Satsuma et peut sentir tout autour de lui leur hostilité à son égard !

En réalité, l'opération de l'appendicite de Kichinosuke est assez rapidement passée en revue, et il en est de même pour l'opération suivante, où Jin doit soigner un chat qui rappelle son défunt grand frère à Kogiku, une jeune maiko de 11 ans de quartier de Gion. Rien de vraiment passionnant cette fois-ci sur le plan médical... et pour cause, cet arc à Kyôto sert avant tout à nous exposer le contexte historique très tendu d'alors, et à faire entrer en scène plusieurs personnages qui auront sans doute leur importance, que ceux-ci soient visiblement inventés comme Shusuke ou Kogiku, ou historique comme le futur Takamori Saigo, Soji Okita, Oryo l'épouse de Ryoma, ou Yoshinobu Hitotsubashi, futur dernier shogun avant la fin du shogunat des Tokugawa. Et de ce côté-là, l'objectif est réussi : Motoka Murakami expose de façon un peu linéaire mais très claire ces différents protagonistes, tous aisément identifiables, et c'est avec curiosité que l'on attend de voir leur rôle dans la suite de l'oeuvre.
A part ça, cette partie à Kyôto est également intéressante pour les interrogations que Jin est contraint de se poser quant à son rôle. Sa volonté de soigner Saigo Takamori est-elle née parce qu'il sait qu'il jouera un rôle primordial dans la Restauration ? Lui qui connaît le futur, doit-il prendre celui-ci en compte dans son rôle de médecin ? Notre héros se forge peu à peu son avis.

La partie à Kyôto est finalement moins longue qu'on aurait pu le croire et, bien qu'assez linéaire, elle pose efficacement contexte et nouveaux personnages. A son retour à Edo aux deux tiers du tome, Jin retrouve Saki, Fukuda (dont le rôle de possible traître continue d'intriguer sans plus, mais n'est pas oublié), Saburi et les autres, mais à peine est-il rentré qu'il doit déjà faire face à une nouvelle situation délicate. Et celle-ci concerne Ei Tachibana, son ancienne bienfaitrice, atteinte du béribéri... Tout en exposant de façon très scolaire mais claire le contexte d'apparition de cette maladie (une alimentation trop pauvre et trop basée sur le riz blanc) et les conséquences qu'elle a pu avoir (par exemple, l'affaiblissement de soldats nippons pendant la guerre russo-japonaise au début du 20ème siècle), Murakami expose un cas intéressant, non seulement parce qu'il concerne une proche de Jin, mais aussi parce que Dame Ei conserve encore sa rancoeur auprès de sa fille... au point de préférer se laisse mourir. La solution imaginée par Jin pour essayer à la fois de guérir Ei et de la réconcilier avec Saki s'annonce intéressante, d'autant qu'elle permet de revoir brièvement des personnages des tomes précédents : Unsen, Kiichi, Akané.

On reste sur une très bonne lecture, bien qu'un peu trop scolaire et linéaire par certains aspects. L'oeuvre ne perd aucunement en intérêt.
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Re: JIN

Message non lu par Koiwai » 11 janv. 2016, 16:13

Tome 8 :

Atteinte du béribéri, Dame Ei ne souhaite ni revoir sa fille Saki ni se soigner, attendant alors la mort. Mais son entourage ne l'entend pas ainsi, et c'est avec la volonté de lui ouvrir les yeux et de la soigner que Jin a mis au point un gâteau s'apparentant au donut, et comportant à la fois les bienfaits nécessaires à la guérison d'Ei et une saveur à même de lui plaire.

A vrai dire, l'issue de ce passage est assez facile et rapide et déçoit légèrement tant on s'attendait à un problème plus poussé, mais la décision d'Ei concernant sa fille reste intéressante, et la conception du gâteau a des conséquences assez impactantes sur la suite du tome, puisque très vite, grâce à l'aide directe ou indirecte d'Unsen, de Nokazé ou de Tanosuké Sawamura, le gâteau devient un succès commercial à travers Edo et fait un peu plus connaître le cabinet "Chez Jin" !
Mais cela est-il totalement de bon augure ? A force de voir sa renommée grandir, Jin se voit adresser une tâche étonnante, qui le pousse droit devant une nouvelle personnalité historique : la princesse impériale Kazu-no-Miya, que l'on découvre avec intérêt mais un peu trop brièvement, même si son apparition est également l'occasion d'entrevoir la visions dégradante du théâtre de kabuki, ou encore les conventions de la cour des concubines.
Mais l'apparition de Kazu-no-Miya est surtout le point de départ de problèmes plus graves que jamais : celle-ci se retrouve empoisonnée par un ennemi mystérieux (ou non... car le lecteur a vite fait de se faire son idée de la chose), et bien que Jin aide indirectement Ryojun Matsumoto à la soigner (l'occasion pour l'auteur de décortiquer la technique de lavage d'estomac, ce qu'il fait avec précision même si cette opération n'est guère très passionnante), lui et Saki font partie des premiers suspects...

La fin du tome permet d'évoquer quelques éléments de magistrature de l'époque comme le recensement, et amène le lecteur tout droit dans un nouveau cadre de vie qui commence très mal pour Jin et qui promet des péripéties difficiles : le quartier des prisonniers de Kodenmacho. On reste curieux de voir ce que va donner la suite de cette affaire dans le prochain tome... Mais en attendant, la lecture, bien qu'elle soit toujours assez riche par plusieurs aspects, donne cette fois l'impression d'être un peu trop basique et linéaire et de s'égarer légèrement de ses approfondissements médicaux et historiques (ces deux aspects se limitant au minimum ici). Un très léger coup de mou qui pourrait très bien disparaître dès le prochain volume.
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bimaloy30
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Re: JIN

Message non lu par bimaloy30 » 28 sept. 2018, 16:31

La petite trappe aux tons rouges [Critique contenant des spoilers] Dans un Japon uchronique et totalitaire, c’est du sein d’émeutes fluides et parfaitement montées que surgit l’être qui Audacity Find My iPhone Origin va tout changer. Ce petit chaperon rouge au regard comme seuls les mangas savent les dilater va être la réponse au casque intégral et aux yeux rouges électriques du soldat qui la tient en joue. De ce face à face originel découle la double direction du récit, plutôt habile dans sa première moitié. D’un côté

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