Là où la mer murmure

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Koiwai
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Là où la mer murmure

Message non lu par Koiwai » 11 mars 2010, 00:12

Là où la mer murmure
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Keiko Ichiguchi n'en est plus à son coup d'essai. Déjà auteur, entre autres, de 1945, America et Pourquoi les japonais ont les yeux bridés, tous parus en français chez Kana, l'auteur connaît plutôt bien la culture occidentale puisqu'elle est installée depuis plusieurs années à Bologne, en Italie. Et c'est d'ailleurs en Italie que débute son nouveau récit, Là où la mer murmure, et plus précisément dans un petit village situé au bord de la mer.
Marina, notre héroïne, fait régulièrement le même rêve: en train de se noyer dans la mer, elle est sauvée par sa mère. Et pour cause, cette dernière est décédée en tentant de la sauver de la noyade lorsqu'elle avait trois ans. Ou du moins, c'est ce que lui a toujours raconté son père. Mais est-ce réellement ce qu'il s'est passé ?
Les certitudes de Marina vont être remises en doute quand elle fait la connaissance de José, un jeune étudiant français qui, après avoir vu une photo de la mère de Marina, est persuadé qu'il s'agit là d'une ancienne idole française de la chanson et qu'elle n'est pas morte. Face à ses dires, le père de Marina reste on ne peut plus mystérieux. C'en est trop pour Marina: aidée par José, la jeune femme part mener l'enquête en France et, de fil en aiguille, parvient à retrouver sa mère. Mais hélas pour elle, cette dernière a perdu la raison...

Récit poignant que ce Là où la mer murmure, qui se peut se diviser en deux parties. La première moitié du récit est construite comme une sorte d'enquête pendant laquelle Marina cherche à retrouver sa mère. Et petit à petit, tandis qu'elle se rapproche de son but, les différentes personnes qu'elle croise lui en apprennent plus sur qui était réellement cette femme, ancienne idole obligée de sacrifier sa famille pour sa courte carrière ayant connu une fin brutale.
La suite du récit se fait plus subtile encore, en abordant la relation mère-fille sous un angle peu abordé et avec beaucoup de sensibilité. La mère de Marina a perdu la raison... mais dans quelles circonstances ? C'est ce que va découvrir Marina en écoutant ses proches, mais aussi en observant sa mère.

L'objectif de Keiko Ichiguchi est clair: la découverte d'une mère qu'elle n'a jamais vraiment connue permettra à Marina d'évoluer, de se débarrasser de ses cauchemars en se remémorant certains évènements passés, mais également de s'émanciper et de gagner en maturité, notamment au contact de José. Car l'histoire passe aussi par là: au fil de l'histoire, des découvertes, des réactions inattendues et parfois très cruelles de sa mère, Marina sera plus d'une fois sur le point de craquer, mais le soutien du jeune étudiant français l'aidera à tenir le coup.
Quant à la conclusion du récit, elle prouve à elle seule la volonté de la mangaka de ne pas trahir son souci de réalisme: aucun miracle n'aura lieu. La mère de Marina ne retrouvera pas la raison en voyant sa fille, qu'elle ne reconnaîtra même jamais, mais l'évolution de notre héroïne au fil de cette enquête sur les traces de celle qui l'a mise au monde lui permettra indéniablement d'évoluer.

Le style d'Ichiguchi ne tombe jamais dans la surenchère. Ici, que ce soit dans le fond ou dans la forme, pas d'esbrouffe. La narration coule tranquillement, et le trait de l'auteur fait passer des émotions jamais exagérées, souvent retenues. Le ton général n'en est que plus juste, d'autant qu'à tout ceci viennent s'ajouter des scènes d'un onirisme discret qui collent parfaitement à l'ensemble.

Là où la mer murmure est une belle histoire bourrée de sensibilité et d'humanité sur la relation mère-fille, sur le souvenir, mais aussi sur l'amitié, dans laquelle Ichiguchi trouve le ton juste. Peut-être la meilleure oeuvre de l'auteur à ce jour.

Pour découvrir cet ouvrage, il vous faudra néanmoins mettre le prix fort: 15€ pour même pas une centaine de pages de lecture. Néanmoins, l'édition est soignée: le grand format (17cm x 24cm) est appréciable car il permet de profiter au mieux du trait de la mangaka. L'impression est correcte, le rendu graphique très convaincant, et aucune grosse coquille n'est à signaler. Il est seulement dommage que le papier soit un peu trop fin, certains effets de transparence étant présents.
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Luciole21
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Re: Là où la mer murmure

Message non lu par Luciole21 » 04 mars 2012, 20:03

Je n'ai pas lu cette œuvre mais si le porte feuille me le permet, j'y jetterai un œil :mrgreen:

En fait je cherchais un topic sur America qui n'a pas l'air d'exister.

Je met ma "critique" sur cette page pour éviter de créer des topics à la pelle (un pour l'auteure devrait suffire) :

America est un one shot à priori très peu connu, ce pourquoi je m'y suis intéressé, à ma recherche d’œuvres méconnus, mais avec un peu de chance, géniales.
Première constatation, les dessins sont laids (enfin moi je les aimes pas du tout, mais ici c'est une question de goût). Je commence quand même ma lecture et dans un premier temps, j'ai trouvé l'histoire confuse en raison de la ressemblance que les personnages ont entre eux.
C'est donc l'histoire d'une bande de jeune qui, comme tout les jeunes, ont des rêves pleins la tête, parmi lesquels celui en commun de vouloir allez en Amérique. Ce qui leur tiens le plus à cœur sera régulièrement remplacé par « Amérique », ce qui nous donne des réplique du type : « Tu est mon Amérique ». Il est nécessaire de préciser que si le manga est désigné comme un Seinen, il fait surtout la part belle aux histoires d'amours entre les personnages.
Pour le reste, on verra le parcours de chaque protagoniste ainsi que leurs relations évoluer plus ou moins avec succès.
Si la première partie de l'histoire est assez laborieuse et que l'on peine à rentrer dans l’œuvre, la seconde moitié se veut bien plus intéressante. Après avoir fini par faire la différence entre les protagonistes, on deviens curieux de connaître le reste de leurs aventures.
Je ne raconterai pas le final, mais il est intéressant ; ni optimiste, ni pessimiste : réaliste.
Au final, une lecture intéressante bien que non indispensable. L'édition est de bonne qualité et nous bénéficierons d'un format plus grand que la moyenne.
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