Kings of Shôgi

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Koiwai
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Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 05 mai 2011, 16:57

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La fiche sur Manga-news


Tome 1:

Jouissant déjà d'une petite réputation grâce, notamment, à son adaptation animée, Shion no Ou débarque enfin en France sous le nom de Kings of Shôgi, emmenant dans ses bagages, plusieurs années après le go de Hikaru no Go, un autre grand jeu de stratégie japonais: le shôgi.
Pour cela, tandis que les dessins sont confiés à Jirô Andô, jusqu'à présent inconnu dans nos contrées, nous retrouvons au scénario Masaru Katori, une ancienne joueuse de shôgi, avide de faire découvrir en douceur ce jeu, tout en présentant la chose sur fond de thriller.

La jeune Shion n'a que quatre ans lorsque ses parents sont sauvagement assassinés sous ses yeux. Depuis, la petite fille, retrouvée en pleurs au beau milieu d'une mare de sang, est devenue incapable de prononcer le moindre mot et ne communique guère plus qu'à l'aide d'un carnet. Suite au drame, elle est recueillie et élevée avec tendresse par ses voisins, dont le père est joueur professionnel de shôgi. Sept ans plus tard, la jeune Shion, qui a appris le shôgi auprès de son père adoptif en y révélant de grands talents, est sur le point de faire son entrée dans la cour des grands de ce sport cérébral. Rapidement, elle fait la connaissance de grands noms de ce jeu, mais aussi de nouvelles arrivantes comme elle, et finit par se faire une petite réputation.
Mais une ombre plane sur Shion. Des cauchemars où elle se revoit enfant à l'époque du drame la hantent de plus en plus, et elle finit par comprendre que tout ce qu'elle voit en rêve a vraiment eu lieu, et que la pièce de shôgi du roi retrouvée sur le front de son père assassiné prouve que l'assassin de ses parents est lui aussi un joueur de shôgi. Et bientôt, alors qu'elle continue de progresser dans ce sport, des menaces de mort viennent planer au dessus de la jeune fille... Le shôgi pourrait-il être un moyen pour Shion de démasquer l'assassin de ses parents ?

Il faut bien avouer que mélanger un jeu comme le shôgi a une ambiance de thriller a de quoi étonner. La sauce prend-elle ? Il faudra encore attendre pour le savoir vraiment, car ce premier volume n'est, avant toute chose, qu'une introduction, plantant le décor et les personnages. Et de ce côté-là, les choses se mettent rapidement en place.

Nous découvrons donc très vite, autour de notre héroïne, une palette impressionnante de personnages, dont le nombre déjà assez conséquent empêche de retenir tout de suite tous les noms, mais où il se dégage d'emblée quelques visages qui ont déjà droit à un petit approfondissement. On retiendra évidemment le personnage d'Ayumi, qui cache un secret et des raisons bien précises de faire du shôgi, que l'on ne révèlera pas ici, pour laisser la petite surprise au lecteur. D'autres personnages, comme Hisatani, senpai de Shion, ou Saori, élégante adversaire, parviennent eux aussi à tirer leur épingle du jeu. En ajoutant l'omniprésence des parents adoptifs de Shion et quelques autres protagonistes, on se retrouve rapidement dans un univers rendu assez familier par des personnages tous assez différents et naturels. Quant à notre héroïne, sa gentillesse, sa détermination dans le jeu et ses fragilités dues au souvenir du drame la rendent rapidement réellement attachante, d'autant que cette gamine possède une bouille la rendant assez irrésistible auprès de son entourage, qui l'apprécie beaucoup, à l'image de Saori qui ne manque pas une occasion de la serrer dans ses bras.

En ce qui concerne les deux thèmes principaux de l'oeuvre, ceux-ci s'avèrent pour l'instant assez peu développés.
Si le shôgi est omniprésent pendant tout le volume, on ne peut que constater que les parties restent très brièvement représentées, sans réelles explications pendant celle-ci, si ce ne sont quelques notes de traduction. Le manque d'explications pendant les parties fait que le lecteur aurait pu se retrouver perdu face à un sport qu'il ne connaît pas, mais ce côté assez artificiel de leur représentation empêche finalement toute incompréhension. On pourra trouver un peu dommage que les auteurs n'aient pas choisi d'intégrer les explications sur le jeu dans l'histoire en elle-même, mais au final, ce choix permettra à n'importe quel lecteur, y compris ceux n'ayant pas la moindre intention d'en savoir plus sur le shôgi, de profiter de la lecture en tant que simple divertissement. Pour ceux souhaitant en savoir plus sur ce jeu, ils pourront se rabattre sur les explications de parties présentes entre les chapitres, souvent intéressantes, mais assez complexes à appréhender pour tout néophyte. Il sera donc sans doute indispensable de commencer par lire les pages bonus présentes à la fin du volume, bien conçues, expliquant les origines du shôgi, ses règles, ses différentes pièces et sa notation.
Quant à l'aspect thriller, il n'en est qu'à ses balbutiements. Dans ce premier volume, Shion prend à peine conscience que le shôgi pourra lui permettre de démasquer l'assassin, les menaces sur sa tête ne font que commencer, et l'enquête de la police reprend tout juste.

Visuellement, le trait de Jirô Andô s'avère très agréable. Le trait est fin et précis, les fonds et éléments de shôgi représentés efficacement, le design des personnages est expressif et attachant, et le tout, pour l'instant, dégage plus une atmosphère chaleureuse, familière, qu'une réelle ambiance de thriller, exceptées les quelques courtes scènes où le drame et l'assassin sont mis en avant. Ainsi, on peut noter la sanglante page en couleurs au début (quasiment l'une des seules pages sanglantes du tome), ou encore la bonne idée, dans les rêves de Shion, de représenter l'assassin en crayonné.

Avec ce premier volume, Kings of Shôgi ne semble pas destiné à nous présenter en profondeur le jeu de stratégie qu'il met en scène, comme avait pu le faire Hikaru no Go pour le go. Quant à l'aspect thriller, il reste pour l'instant très discret. Et pourtant, la jolie palette de personnages et l'ambiance assez familière que dégage l'ensemble font de ce premier volume une lecture agréable, qui donne envie de voir de quoi la suite sera faite.

Du côté de l'édition, Pika offre une copie correcte, portée par six premières pages en couleurs et une traduction convenable. Il faudra toutefois être prêt à débourser 7,90€ pour un volume qui n'a pas grand chose de plus que les titres de l'éditeur à 6,95€, si ce ne sont ces quelques pages bonus intéressantes sur le shôgi.
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Wang Tianjun
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Wang Tianjun » 06 mai 2011, 09:17

Je ressors aussi assez divisé de ma lecture de Kings of Shogi.

Il faut dire que, comme beaucoup de monde à mon avis, j'espérais y trouver quelque chose de beaucoup plus didactique. Une sorte de Hikaru no Go bis (la comparaison sera sans doute inévitable...), mais avec un aspect seinen/thriller en plus. Et la série déçoit sur les aspects où on l'attend.

Du côté de la progression dans le shogi, on est déjà au moment où l'héroïne passe pro, donc adieu la progression classique. Le déroulement des parties se fait très discret, et les quelques notions abordées sont incompréhensibles pour le néophyte... De même que les parties commentées en fin de chapitre. Seules les notions sur le type de jeu (aggressif, sou)ple,...) peut être bien perçu.

Quant à l'aspect thriller, il est également encore bien timoré. Le début de l'enquête se met en place bien tardivement dans ce premier volume, les auteurs insistant d'avantage sur le traumatisme de Shion, puis mettant en place les protagonistes de l'histoire. Mais là encore, j'ai eu l'impression de rentrer dans une série à son quatrième ou cinquième volume. Les personnages semblent déjà bien se connaitre et certains évènements auraient plus d'impact si nous les connaissions déjà depuis quelques temps. Pour l'instant, il y a un aspect artificiel dans tout ça qui me dérange un peu. Seule Shion sort du lot, en étant touchante sans être trop pathétique. Ouf !

Quant à l'adaptation, il y a aussi pas mal de choses à redire... d'autant que je n'avais pas fait gaffe au prix, mais effectivement, il ne se justifie pas énormément ! Le guide de fin de volume est encore assez léger, même si on peut espérer en apprendre plus sur le shogi au fur et à mesure s'il continue. Les termes spécifiques sont traduit sous la case à leur première apparition mais je n'aurais pas été contre un petit lexique en plus à la fin.
Pour pinailler, il y a deux détails qui me dérangent :
- La traduction du titre : "Shion no Ô" veut normalement dire "Le roi de Shion" ("roi" au sens de la pièce de shogi, et de la fameuse pièce laissée par l'assassin de ses parents). En français c'est devenu "les rois du shôgi", ce qui laisse à penser que "roi" se rapportent plus aux joueurs. Or, il est surtout question de shogi féminin, alors pourquoi ne pas avoir pris "Queens of Shôgi" ?
- Le calepin de Shion : c'est tout con, mais a priori, quand quelqu'un écrit sur calepin, on s'attend à une écriture calligraphié, pas à des caractères d'imprimerie, non ? :roll:


Bon, j'insiste sur les défauts, mais c'est loin d'être mauvais quand même ! Mais je pense que la série devra rapidement se révéler dans les prochains volumes, sinon ça risque de rester assez fade.
"Ah.. je suis en train.... de tomber en morceaux..."
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Koiwai
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 06 mai 2011, 12:46

Wang Tianjun a écrit :Seule Shion sort du lot, en étant touchante sans être trop pathétique. Ouf !
[Mode fanboy on] Et elle est trop choupi ! Je veux la même en petite soeur ! *-* [/quote]
- La traduction du titre : "Shion no Ô" veut normalement dire "Le roi de Shion" ("roi" au sens de la pièce de shogi, et de la fameuse pièce laissée par l'assassin de ses parents). En français c'est devenu "les rois du shôgi", ce qui laisse à penser que "roi" se rapportent plus aux joueurs. Or, il est surtout question de shogi féminin, alors pourquoi ne pas avoir pris "Queens of Shôgi" ?
Il s'agit peut-être d'un titre international imposé par les Japonais. En tout cas personnellement, le titre de "Kings of Shôgi" ne me choque pas du tout. Ce ne serait pas la première fois qu'un titre français dévie du titre original, et sur ce coup-là, je trouve le choix plutôt judicieux. "Le roi de Shion" en titre n'aurait pas été très parlant. Quant au choix de "Kings" au lieu de "Queens", s'il ne s'agit pas d'un titre imposé par les Japonais, je dois dire que je préfère "Kings" quand même. Le shôgi féminin est au premier plan, mais on fait quand même la connaissance de pas mal de joueurs masculins (dont un cas particulier), et tout laisse penser que le shôgi masculin aura un rôle important en ce qui concerne l'assassinat (ça reste à confirmer). Bref, non, je le trouve bien, ce titre.
- Le calepin de Shion : c'est tout con, mais a priori, quand quelqu'un écrit sur calepin, on s'attend à une écriture calligraphié, pas à des caractères d'imprimerie, non ? :roll:
Là par contre, je suis d'accord. Ca ne m'a pas choqué sur le coup car ce n'est qu'un détail, mais c'est vrai qu'un travail sur l'écriture aurait été appréciable.
Bon, j'insiste sur les défauts, mais c'est loin d'être mauvais quand même ! Mais je pense que la série devra rapidement se révéler dans les prochains volumes, sinon ça risque de rester assez fade.

C'est là tout le problème de ce tome 1, en effet. Pour l'instant, c'est agréable à suivre grâce aux personnages et aux dessins assez classique mais soignés, mais ce n'est pas ce qu'on attendait en premier lieu. Il va vraiment falloir que ça décolle d'un côté ou de l'autre dès le tome 2, que ça quitte cet aspect un peu trop propret, sinon la série va vite montrer ses limites.
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Koiwai
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 14 juil. 2011, 18:01

Tome 2:

Shion, Ayumi Saito et Saori Nikaido se retrouvent dans le dernier carré de la ligue féminine. Et s'il ne fait aucun doute que Saori atteindra la finale, Shion et Ayumi doivent s'affronter...

Alors que l'on nous annonçait avec Kings of Shogi un savant mélange entre sport cérébral et thriller, le volume 1 laissait entrevoir un certain déséquilibre dans ce mélange. Avec ce deuxième tome, c'est simple, l'aspect thriller disparaît totalement ! En effet, ce volume se consacre dans sa quasi intégralité aux finales et demi-finales de la ligue féminine. Le principal combat reste celui opposant Shion à Ayumi, qui occupe un bon tiers du volume. Et très vite, les lacunes vues dans le premier volet réapparaissent, plus fortes que jamais: pas question ici d'en apprendre vraiment plus sur les techniques de jeu, en dehors des informations laissées entre chaque chapitre et qui ne permettent pas vraiment d'appréhender au mieux ce jeu. Là où un titre comme Hikaru no Go avait à coeur de proposer un récit réellement initiatique pour les lecteurs, Kings of Shogi ne propose, pour le moment, absolument pas cela. On se retrouve plongé dans les parties sans comprendre vraiment toutes les règles, et c'est bien dommage.

Pourtant, la lecture reste plaisante. Cela, on le doit non seulement au trait fin et agréable à l'oeil de Jirô Andô, mais aussi et surtout au travail apporté aux personnages, dont les motivations ressortent assez bien, et aux nombreux commentaires effectués par les spectateurs pendant les matchs, qui permettent de mieux appréhender les différentes situations dans lesquelles se retrouvent les deux adversaires pendant la partie.

En dehors du shôgi, ce volume est également l'occasion d'approfondir un peu plus quelques personnages, comme Hani et sa relation avec Saori, ou encore le père adoptif de Shion et son passé de joueur de shôgi.

En somme, avec ce deuxième volume, Kings of Shôgi reste un lecture agréable grâce à une sympathique palette de personnages, mais l'on ne peut s'empêcher de trouver que le tout reste encore très lisse. On attend plus de la suite.
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 11 sept. 2011, 11:52

Tome 3:

Satoru Hani, jeune homme d'affaires et petit frère du Meijin Hani, a décidé de s'appuyer sur le budget de son entreprise pour lancer et financer un grand tournoi de shôgi un peu particulier, puisqu'il s'agira du tout premier tournoi ouvert à tout public. Ainsi, professionnels et amateurs, hommes et femmes vont se mélanger et se rencontrer lors d'une compétition sans limites de niveau, d'âge ou de sexe.

C'est dans l'optique de ce tournoi que chacun se prépare, à sa manière. Ainsi, si Shion ne se bouscule pas et reste avant tout heureuse de pouvoir se consacrer une nouvelle fois à sa passion, d'autres protagonistes intriguent volontiers. Tandis que Ayumi Saito voit là une nouvelle occasion d'espérer empocher l'argent qui lui permettra de soigner sa mère, on constate également chez lu une lente évolution, au contact de Shion, puisqu'au-delà de son simple besoin d'argent, il semble prendre de plus en plus de plaisir au jeu. Mais celui qui intrigue le plus est Satoru Hani, l'organisateur du tournoi, qui va lui-même participer en tant qu'amateur. Pourtant, lorsqu'il se confronte à Saori lors d'un match, Ayumi et Shion comprennent bien qu'il possède un niveau bien plus élevé qu'il ne le laisse penser... Mais pourquoi s'est-il écarté du jeu ? Et quel est son objectif via ce tournoi ? C'est ce que nous allons découvrir, via quelques révélations sur le passé des deux frères Hani.
Les choses bougent donc un peu plus dans le développement de certains personnages, mais malgré tout, rien ne fait vraiment bondir au plafond dans ce qui est révélé, car il ne s'y dégage rien de vraiment intense ou qui semble très important, si ce n'est le sentiment de rivalité que Satoru a nourri envers son grand frère pendant des années. A part ça, d'autres personnages viennent semer la confusion. En fin de tome, c'est surtout le cas de Kamizono, bien décidé à écraser la protégée du Meijin Hani, envers lequel il semble nourrir un profonde amertume... Pour quelle raison ?

L'aspect enquête policière reste à nouveau en retrait, mais semble destiné à enfin décoller par la suite. En effet, le tournoi paraît être une bonne opportunité pour les enquêteurs de trouver l'identité de l'assassin des parents de Shion, car après les menaces de mort qu'il a transmises à notre héroïne, nul doute qu'il se manifestera pendant le tournoi. Peut-être même s'y est-il déjà manifesté... On pourrait le croire, au vu de certaines répliques lâchées par certains personnages, qui sèment le trouble chez le lecteur quant à l'implication que pourraient avoir certains premiers rôles du manga dans la sordide affaire.

En ce qui concerne le tournoi en lui-même, ne vous attendez pas à y trouver un quelconque aspect didactique. Une nouvelle fois, les termes-clés sont posés sans explications suffisantes pour vraiment tout saisir de l'aspect stratégique des parties. Des parties qui, de toute façon, sont souvent brèves. A l'instar des deux premiers tomes, il n'est donc ici pas question de découvrir en détail le shôgi. On se contente alors, une nouvelle fois, de suivre le tout de manière linéaire, en profitant du trait toujours aussi fluide et agréable de Jirô Andô, auquel on reprochera toutefois, notamment, des visages en SD ou caricaturaux assez ratés et pas foncièrement nécessaires, que ce soit pendant le tournoi ou pas. Quoi qu'il en soit, on se retrouve là avec un tournoi bien plus riche en surprises que prévu, où certains amateurs se montrent capables d'égaler ou de battre des pros renommés. On retient notamment l'apparition d'un redoutable gamin de CM2, dont on attend de voir s'il jouera un rôle par la suite.

Si le ton général de l'oeuvre ne change pas, que l'ambiance plutôt posée ne cherche pas vraiment à faire ressortir une quelconque trace de tension ou de suspense, la lecture de Kings of Shogi reste à nouveau tout à fait agréable, mais il faut bien admettre qu'on en attendait un peu plus. Toutefois, à défaut de se montrer via les matchs de shôgi qui restent peu développés, ce plus semble commencer à arriver avec le début du grand tournoi, qui permet de mettre un peu plus en avant certains personnages, leurs motivations, leur caractère, en en rendant certains très intrigants, et nul doute que la suite va continuer dans cette direction.



Au sujet de l'identité de l'assassin:

[spoiler]Je sens bien le Meijin Hani depuis le tome 1 et ça semble se confirmer via quelques détails, comme le fait que son frère Satoru avoue avoir perdu une pièce du roi, ou le caractère en deux temps qu'il montre par moments (genre à la dernière page de ce tome). Peut-être avait-il peur de se faire surpasser par les parents de Shion et qu'il les a tués pour rester le meilleur. Mais quand même, les indices sont gros, et si c'est ça, ça aura quand même été très prévisible. J'espère donc me tromper et que les auteurs proposent là une fausse piste. Bon, on n'est pas encore à la moitié de la série, donc des surprises, j'espère qu'il y en aura ^^"[/spoiler]
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 24 nov. 2011, 09:37

Tome 4:

Elles sont trois kishi à avoir noué des liens de sympathie à travers le shôgi, malgré leur statut social différent, et elles sont à présent toutes trois engagées dans le grand tournoi organisé par l'homme d'affaires Satoru Hani, petit frère du meijin. Saori Nikaidô, Ayumi Saitô et Shion Yasuoka n'ont pas fini de prouver leur talent.

Dans l'immédiat, on retrouve la partie laissée en suspens à la fin du tome 3, opposant Saori au redoutable Kamizono, maître d'Ayumi. Un combat à la conclusion peu surprenante, mais qui a le mérite de développer un peu plus l'intrigant Kamizono, qui dévoile ici une facette différente de son caractère jusque là plutôt effrayant. Ce petit développement fait plaisir à voir mais reste malheureusement survolé, mettant également en avant quelques idées à peine esquissées, comme l'arrivée d'une nouvelle génération de joueurs face auxquels les anciens ne pourront peut-être bientôt plus rien.

Le match suivant oppose Shion au jeune Suo Honma, élève de primaire amateur qui a créé la surprise en éliminant au précédent tour un professionnel. Un match qui s'annonce donc intéressant entre deux joueurs n'ayant pas connu les mêmes apprentissages, Honma ayant tout appris via des parties sur internet. Une idée qui aurait pu permettre d'exploiter un autre sujet lié au shôgi, à savoir le développement du jeu sur le net, mais il n'en sera finalement rien, et on a une fois de plus l'impression que les auteurs ne font qu'esquisser leur idées, sans aller au bout. Les sujets évoqués sont nombreux mais abandonnés avant d'être un minimum approfondis.
Du côté de la partie en elle-même, elle ne possède elle non plus rien de bien surprenant, reste plaisante à suivre grâce au trait de Jirô Andô, mais dans le fond, on comprend toujours aussi peu les coups joués tant le tout manque d'explications.
Là où ce match se révèle largement plus intéressant, c'est dans l'amorce effectuée vers l'aspect thriller de la série, qui tend à se faire plus prononcé ici. En effet, afin de déstabiliser Shion, Honma dessine sur son front le signe du roi, comme conseillé par un mystérieux joueur en ligne déclarant savoir comment battre Shion. Un geste loin d'être anodin pour Shion, qui voit alors ressurgir devant elle les fantômes de son passé et l'ombre de l'assassin de ses parents...
Ainsi, en plein coeur du match, l'aspect thriller prend le dessus pour ensuite occuper le reste du volume. Entre quelques discussions autour du shôgi et des scènes de vie quotidienne de nos personnages, l'ombre de l'assassin se profile à plusieurs reprises et fait monter la pression sur la jeune Shion, qui est de plus en plus en danger. Le cocktail entre shôgi, quotidien des personnages et thriller prend ici plutôt bien, et l'aspect thriller prenant le dessus, l'heure pour la police d'émettre de premières hypothèses sur l'identité de l'assassin est venue. Ce qui, au vu de la fin du tome, annonce un cinquième volume très intéressant.
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 18 janv. 2012, 21:09

Tome 5:

Au vu de la fin du précédent volume, on s'attendait à voir le récit gagner en tension autour de Satoru Hani et de la menace pesant sur Shion... Que nenni ! Dans ce cinquième tome, le shôgi reprend entièrement ses droits, et le tournoi se poursuit tranquillement... ou presque.
Shion contre Satoru Hani, Ayumi contre le père adoptif de notre héroïne, et Saori contre le meijin, son propre maître. Trois affiches que l'on suivra en parallèle pendant les premières pages. Trois matchs difficiles, où ces demoiselles risquent fort de ressortir perdantes... Mais pas d'inquiétude, il suffira aux auteurs d'une petite entourloupe assez facile pour permettre à leurs héroïnes de continuer leur route, ou pas. Le tour suivant arrive donc sans grand chambardement (hormis une élimination intéressante mais malheureusement expédiée), mais la couleur est néanmoins annoncée : les frères Hani ne sont définitivement pas à sous-estimer, surtout l'énigmatique Satoru.

C'est d'ailleurs bel et bien Satoru qui intrigue le plus dans ce volume, de par ses paroles et sa façon d'être pendant son duel contre Shion, mais également via ses agissements en douce entre les matchs, dont un amenant un rebondissement qui aurait pu être important et marquant s'il avait été mieux exploité, et un autre étant à l'origine d'un duel prometteur. Le jeune homme cache quelque chose, et est clairement le protagoniste le plus intrigant.

A part ça, l'aspect thriller et les menaces restent totalement au second plan (si l'on excepte une horrible et violente lacération de lacets de chaussures... hem...). Ici, le shôgi est roi (sans mauvais jeu de mots), et les duels occupent, comme déjà dit, une grande partie du tome. De ce côté-là, la recette reste la même : le plaisir basique pris pendant les matchs doit plus aux dialogues assez rythmés qu'aux explications sur le jeu, beaucoup trop succinctes pour qu'on y comprenne réellement quoi que ce soit. Au fil des duels, on constate toutefois une volonté de mettre en avant les relations entre certains personnages, par exemple entre Saori et son maître, ou entre Shion et son père adoptif, mais tout ceci reste beaucoup trop lisse pour marquer.

Une nouvelle fois, la lecture de Kings of Shogi est loin d'être déplaisante, mais peine à vraiment captiver. Le ton reste trop monotone, les relations entre les personnages mises en avant de manière basique, le mélange shôgi/thriller bancal. Toutefois, au vu de la fin annoncée du tournoi pour le prochain tome, on peut espérer que les choses décollent un peu plus. Mais il faudra prendre son mal en patience pour découvrir ça, la série passant désormais à un rythme d'un tome tous les quatre mois. Patientons donc en conspuant intérieurement l'éditeur, qui plombe une autre de ses séries à trois tomes de la fin.
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 17 mai 2012, 18:39

Tome 6:

Après quatre mois d'attente dus à un ralentissement du rythme de parution à seulement trois tomes de la fin, nous retrouvons Shion en plein duel contre son père adoptif. L'un et l'autre se donnent à fond, mais tous pourront se rendre compte que Shion, nourrie par une détermination sans faille, continue de progresser à bonne vitesse. Ainsi se poursuit le tournoi, autour de différents matchs parfois assez vite expédiés (Hisatani vs Makoto Hani), parfois plus développés. De manière générale, une nouvelle fois, le plaisir de lecture pendant les matchs vient plus des dialogues rythmés que des coups, auxquels on ne comprend toujours pas grand chose. Mais là où les auteurs s'en sortent mieux qu'avant, c'est en profitant des différents duels pour réveiller chez plusieurs personnages des douleurs passées qui permettent de mieux les cerner.

Ainsi, c'est principalement les frères Hani, personnages les plus intrigants, qui sont également les deux principaux suspects aux yeux du lecteur depuis le début, qui se voient plus développés, et c'est en premier lieu Satoru qui gagne beaucoup ici. Très inquiétant depuis deux tomes, le jeune homme a droit ici à un lever de rideau sur un événement tragique de son passé, celui-là même qui le pousse à tourner de près autour de Shion, et à s'intéresser de près à la mort de ses parents. C'est également la relation entre les deux frères qui gagne beaucoup dans ce tome, où l'on cerne encore un peu plus un passé qui fut chamboulé à partir de la mort de leur mère. On ressent bien les déceptions et coups durs passés, la rivalité teintée de fraternité unissant les deux hommes.
De manière générale, bien des choses se dévoilent dans les relations entre les différents personnages, que ce soit le Meijin Hani, Ayumi, Kamizono ou encore Hisatani. Et si certains éléments, comme ceux sur Hisatani, restent abordés de manière très basique, on retient certains faits passés reliant plusieurs personnages de près ou de loin, surtout autour du trio Ayumi/Kamizono/Hani.

Et les auteurs de faire répercuter les faits passés sur le présent. Sur ce point-là, c'est principalement le personnage d'Ayumi qui a droit aux honneurs : le jeune homme doit faire face à un drame qui risque d'effacer son envie de jouer au shôgi, à moins que...
Et derrière, c'est Makoto Hani qui, dans sa décision vis à vis d'Ayumi, intrigue toujours plus.

Avec ce sixième volume, on trouve donc la série comme on aimerait la voir plus souvent : si les matchs restent encore et toujours basiques et peu compréhensibles, les auteurs trouvent ici le bon équilibre entre le shôgi et le développement des personnages, et c'est l'aspect policier qui y gagne également : même si l'enquête reste encore en retrait, l'un des principaux suspects semble pouvoir être définitivement écarté de tout soupçon, de nouvelles pistes s'ouvrent, et ce coup-ci on a réellement hâte de découvrir la suite, d'autant que le match qui s'annonce promet beaucoup.
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 18 sept. 2012, 19:19

Tome 7 :

Dans les demi-finales, Shion est opposée à l'énigmatique et inquiétant Satoru Hani, organisateur du tournoi et frère du Meijin. Le match est tendu, chacun ayant de bonnes raisons de vouloir gagner. Le duel ne fait que commencer, et pourrait bien réveiller des douleurs passées...

Kings of Shôgi avance, mais la recette ne change pas : au fil de rencontres auxquelles on ne comprend pas grand chose à cause d'un aspect didactique absent, mais qui tiennent malgré tout un minimum en haleine grâce à des dialogues maintenant le rythme, les personnalités se dévoilent, et ici, il sera de nouveau question de Satoru, bien décidé à lever le voile sur la mort de sa chère et tendre, quitte à attirer les soupçons sur sa propre personne. Le problème, c'est que le focus sur Satoru revient ici sur des choses que l'on a déjà comprises. La sensation de lassitude se fait alors sentir, d'autant que la suite a bien du mal à nous garder pleinement éveillés, puisqu'une nouvelle fois, il ne s'y passe pas grand chose : en attendant la finale du tournoi, le focus est fait sur l'enquête, qui avance à son rythme, au détour de grosses ficelles un peu mal fichues. Ainsi, difficile de s'intéresser aux suspicions de la police sur Satoru alors que le lecteur sait déjà qu'il n'est pas le coupable. De même, pourquoi avoir attendu 8 ans avant d'analyser ces satanées photos ? Et surtout, pourquoi, malgré les avancées de certains personnages sur le chemin de la vérité, a-t-on encore et toujours l'impression que l'enquête piétine ?

Reste que ce que l'on se demande surtout, c'est comment les auteurs parviennent encore, après 7 tomes, à nous donner envie de connaître la suite et fin de la série ? Car oui, malgré des faiblesses évidentes, malgré l'aspect bancal et peu développé du côté thriller autant que du côté shôgi, on continue de prendre un certain plaisir à la lecture. Est-ce grâce au côté tranche de vie rendant les personnages assez attachants ? Aux dessins agréables de Jirô Andô ? A la narration suffisamment fluide ? A tout ceci à la fois ? Quoi qu'il en soit, l'ensemble reste toujours aussi mal équilibré et peu développé, et pourtant, la lecture n'est pas déplaisante, et on attend le fin mot de l'histoire avec le huitième et dernier volume.
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Re: Kings of Shôgi

Message non lu par Koiwai » 16 janv. 2013, 23:05

Tome 8 :

L'heure de la grande finale du tournoi est arrivée pour Shion, qui affronte Makoto Hani, le meijin en personne. La partie s'annonce rude, chacun des deux joueurs semblant par moments prendre le dessus sur l'autre. Mais petit à petit, Shion se sent mal à l'aise face au meijin, pour des raisons qui finissent par lui paraître évidentes... De son côté, Satoru Hani, alors qu'il se sait poursuivi par la police, poursuit son enquête, bien décidé à enfin découvrir le secret se cachant derrière la mort de sa petite amie et des parents de Shion. De fil en aiguille, un conviction s'empare de lui, et l'heure de découvrir qui est l'assassin est enfin venue...

Cette découverte, il faut bien avouer qu'elle ne passionne guère dans les faits-mêmes, les auteurs tombant en plein dans la plus prévisible des solutions, celle qu'on voyait arriver dès le premier volume. Mis en avant de manière trop bancale pendant toute la série, le côté thriller/enquête en prend encore un sérieux coup. Toutefois, tout n'est pas à jeter, car voir se rejoindre les quelques pièces du puzzle est plutôt intéressant, même si prévisible, car cela permet de cerner au final la mentalité et le mobile inquiétant du tueur. les choses pourront toutefois paraître assez caricaturales, et certaines vagues petites surprises auraient mérité d'être plus mises en avant, notamment autour de la petite amie défunte de Satoru.

L'aspect enquête reste donc bancal, beaucoup trop prévisible, sans grosse surprise, et n'est guère rehaussé par l'aspect shôgi du titre, qui conserve ses qualités et ses défauts : la finale, longue, et rendue assez prenante grâce aux commentaires des spectateurs qui font bien ressortir l'aspect équilibré, où chacun des deux joueurs pourrait l'emporter à tout moment. Mais en ce qui concerne le jeu lui-même, on n'y comprend toujours rien, l'aspect pédagogique étant inexistant dans les pages et étant à peine aidé par les explications entre les chapitres, toujours trop succinctes.

Finalement, les principales qualités du récit restent jusqu'à la fin un trait clair et une narration fluide, ainsi qu'une bonne exploitation des différents personnages qui, mine de rien, sont devenus plutôt attachants. D'Ayumi à Satoru en passant par le père Yasuoka, le maître Kamizono ou même l'inspecteur Yokoyama, chacun des principaux personnages secondaires trouve plus ou moins sa place.

Trop convenu d'un bout à l'autre dans son côté enquête et manquant cruellement de pédagogique dans tout ce qui est lié au shôgi, Kings of Shôgi est en partie sauvé par un rendu visuel et narratif agréable et par une sympathique palette de personnages.
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