Reversible Man

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
Avatar du membre
Heiji-sama
Messages : 98
Enregistré le : 31 mai 2009, 03:40

Re: Reversible Man

Message non lu par Heiji-sama » 11 avr. 2014, 06:37

De mon coté, l'éditeur Japonais m'a dit que le 3e volume était prévu dans la 2e partie de l'année, et qu'il ne sait pas encore si ce sera le dernier volume ou pas.
Même dans les profondeurs de l'enfer
La fleur de l'amitié peut toujours s'épanouir
Laissant derrière elle, ses pétales comme souvenir
Elle se balance au gré des vagues
Puisse-t-elle un jour...s'épanouir de nouveau

Avatar du membre
cicipouce
Messages : 44
Enregistré le : 22 mai 2009, 04:06
Localisation : Martinique
Contact :

Re: Reversible Man

Message non lu par cicipouce » 25 févr. 2015, 15:17

Un manga trop écœurant pour moi (c'est un comble vu ma passion pour les films d'horreur) mais je n'ai rien trouvé de bien plaisant !! Je passe mon tour !!
.(¯`•¸·´¯) * ƇιƇιǷѻμƇε *(¯`·¸•´¯).

Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9958
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Re: Reversible Man

Message non lu par Koiwai » 24 mars 2015, 18:58

Tome 2 :

Un an s'est écoulé depuis que l'existence des retournés a été rendue publique. Le ministère de la santé commence à s'intéresser à ce problème, et ce qui était autrefois considéré comme une légende urbaine est désormais vu comme une sorte de maladie.
C'est dans un climat où l'angoisse collective s'est installée que des crimes persistent. Des criminels sexuels en liberté conditionnelle disparaissent les uns après les autres, tandis que des meurtres atroces ont lieu. En tête, un corps de foetus retrouvé dans un sac poubelle par des lycéennes. Quant à Ayaka, adolescente de 17/18 ans enceinte, elle a vu son petit copain tué au couteau à la sortie du métro, et ne sait que faire entre avorter ou garder l'enfant, au risque de mettre hors d'elle sa mère névrosée...
Roku et Hachi, eux, poursuivent encore et toujours leur traque des retournés. En allant abattre une poignée d'entre eux, ils découvrent une piste liée à une secte et à une clinique, et décident de la remonter. Quand il s'infiltre là-dedans, Hachi est loin de se douter de ce qui l'attend, des horreurs qu'il est sur le point de découvrir... Les différentes affaires seraient-elles liées ?

Dès le début, la réponse à cette dernière question ne fait aucun doute : dès que l'on voit se mettre en place certains personnages comme Ayaka et la procureure Kajii, il n'est vraiment pas difficile de tout relier et de deviner largement à l'avance les réponses aux mystères autour des meurtres de foetus, de la mort du copain d'Ayaka, de la raison faisant que Kajii a une vision de la justice toute personnelle...
Est-ce que cet aspect très prévisible, encore plus prévisible que dans le volume 1, est dérangeant ? Hormis pour le classicisme des desseins du docteur de la clinique, pas vraiment, car Nakatani D. ne montre jamais de réelle volonté d'entretenir le suspense (sinon, il ne dévoilerait pas si vite le "sens de la justice" de Kajii, entre autres). L'intérêt de son récit est ailleurs, à l'instar du tome 1 : il réside surtout dans la très bonne exploitation d'une ambiance toujours aussi crade, malsaine et sombre. Névrose, troubles de l'identité, viols, adolescente enceinte, cancer, secte... l'auteur exploite les pires tréfonds de l'âme humaine pour nous croquer un récit qui met à nouveau très mal à l'aise, malgré quelques notes d'humour de temps à autre et des idées délicieusement nanardesques assumées (aaaah, les corps-machines de nos héros). Pourtant, concrètement, on pourra trouver ce deuxième volume visuellement un peu moins gore que le premier... mais rassurez-vous, il y en a quand même un bon paquet, entre cadavre de foetus, pénis déchiqueté, membres et corps tronçonnés, langue tailladée, et bien sûr viscères à l'air libre... Il y a de quoi se régaler (ou pas) !

C'est au fil de cette nouvelle affaire que Roku et Hachi se dévoilent un peu plus, petit à petit, tous deux dévoilant des facettes de leur douloureux passé, et par la même occasion les raisons qui les poussent à traquer les retournés. Une histoire de vengeance certes classique, mais qui installe un fil rouge assez intéressant et permet d'offrir un peu plus de consistance aux deux hommes.
Egalement, on retient l'arrivée d'un nouveau protagoniste aussi branque que prometteur, "Lucifer", qui se met en place au fil du tome.
La petit déception est, pour l'instant, plutôt à placer du côté des deux femmes "vedettes" de ce tome, Ayaka et Kajii, pas assez mises en avant là où la délicieuse Runa perçait les pages dans le premier volume. Mais là-dessus, il faudra visiblement juste prendre un peu son mal en patience, la fin du tome 2 annonçant du lourd pour le troisième volume...

Un peu moins de retournés (mais l'intrigue reste directement liée à eux), un petit peu moins de gore (mais c'est très relatif), une intrigue très classique autour de la clinique, mais une ambiance horrible et malsaine toujours au top : le tome 2 de Reversible man s'avère presque aussi plaisant que le tome 1 dans sa catégorie, et annonce surtout un troisième volume très prometteur !
Image

Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9958
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Re: Reversible Man

Message non lu par Koiwai » 25 mars 2015, 17:51

Tome 3 :

Derrière les disparitions de criminels sexuels se cachait la procureure Marie Kajii, une retournée qui, dans sa vision toute personnelle de la justice, exerçait ses sentences dans la torture et la violence. Désormais démasquée, elle fait face à la dernière personne qu'elle estime devoir faire disparaître : sa propre fille, Ayaka, qui a décidé de garder son bébé. Mais pour en arriver à de telles extrémités, à de tels troubles psychologiques qui l'ont amenée à se retourner, qu'a donc vécu de si terrible Marie Kajii ? L'heure de le découvrir est venue, et tout commence en 1995 par une séquestration de 20 jours, faite de nombreuses tortures et de viols par une centaine de jeunes...

De 1995 à nos jours, D. Nakatani retrace dans ce volume l'ensemble du parcours chaotique de la jeune femme. Une fois de plus, il n'épargne absolument rien, et ce dès le début du volume, qui nous fait vivre de l'intérieur l'horreur de la séquestration qu'a vécue Kajii à l'époque où elle était étudiante. Viols répétés en groupe, sac sur la tête, brûlures de cigarettes sur tous le corps, organes génitaux déformés et ensanglantés... Les visuels sont atroces, les descriptions de ce qui ne peut être vu le sont encore plus, et il paraît impossible de ne pas être horrifié et dégoûté par ce que propose l'auteur, un étalage des pires horreurs dont est capable l'homme.
Dès lors, on commence à mieux comprendre la haine viscérale de la jeune femme envers les criminels sexuels. Et l'on finit de cerner ce qui l'a poussée à se retourner en découvrant les méfaits d'une mère qui ne l'a jamais soutenue comme elle aurait dû le faire. Constamment oppressée moralement par une mère castratrice obsédée par la lignée d'avocats de sa famille, la jeune Marie Kajii a été totalement lobotomisée par une certaine vision de la justice, mais le drame qu'elle vient de vivre la contraint à remettre en cause ce en quoi elle a été obligée de croire. Limites de la loi sur les mineurs délinquants, droits des victimes... A travers un terrible et immersif portrait de son évolution psychologique, D. Nakatani offre un portrait de Kajii aussi brutal que juste, où la notion de justice bascule complètement.

Ce sont là les premiers pas de la vengeance justicière de la Kajii retournée. Une vengeance qui durera plus d'une quinzaine d'années, et dont nous suivrons les grandes étapes dans le reste du volume : la naissance dans d'horribles circonstances d'Ayaka, la folie puis les regrets de la mère de Marie... Au fil de ses meurtres, Kajii se retrouve bientôt secondée par un étrange homme, trapu et au crâne défiguré, adepte des pires tortures possibles.

"L'agonie est une sorte de feuilleton qui s'achève avec la mort. Chacun de ses épisodes doit être construit intelligemment... Avant de trancher les bras, ampute les doigts. Mais avant d'amputer les doigts, arrache les ongles..."

Cette citation représente bien la mentalité du dénommé Yotsuya, qui va tout offrir à Kajii pendant 10 ans... mais dans quel but ? Nous le découvrirons en toute fin de volume, l'auteur en profitant pour dépeindre une autre vision chaotique de la relation parent-enfant. Entre les deux, le parcours de Kajii et de Yotsuya est ponctué de scènes de torture plus horribles que dans aucun autre volume de la série. Plus d'une fois, cela pourra paraître gratuit pour quiconque n'est pas amateur de ce type de récit, mais Nakatani en profite pour accentuer toujours plus l'horreur de son univers, où de nouvelles limites semblent sans cesse franchies.

On reste donc horrifié par ce qu'on lit, par le destin de Marie Kajii, tandis que se dessine une vision extrêmement sombre de notre monde (les limites de la justice, les liens de parenté bafoués, les médias qui se contentent de relayer les grands événements... et, bien sûr, les pires affres humains). Tout cet étalage d'horreurs n'empêche pas l'auteur rendre son récit cohérent par rapport aux événements du tome 2, et d'offrir d'intéressants points de liaison avec la trame principale qui s'est dessinée autour de Roku et Hachi( qui sont quasiment absents du tome).

Il ne reste plus qu'à attendre très patiemment la suite de la série (puisque la série, contrairement à ce qui avait été annoncé au départ, fera finalement plus de 3 volumes). En attendant. D. Nakatani nous offre ici l'une des lectures les plus éprouvantes qu'il nous ait été donné d'avoir, et il fait ça à merveille.
Image

Répondre