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Le Marécage

Posté : 27 janv. 2009, 13:14
par Blacksheep
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De CHOI Kyu-Sok, One shot édité par Casterman.

Résumé : A travers Le Marécage, plusieurs scènes de leurs vies quotidiennes nous plongent dans la promiscuité étouffante de ces étudiants coréens en bandes dessinées. Dans cette chambre minuscule, où ils sont obligés de vivre à cinq, vont naître les situations les plus irréelles, mais aussi les plus drôles. Le mystérieux Choe-kun, étudiant boursier qui dénonce la société, contraste parfaitement ave la démence de Jae-hon, coupe au bol, tee-shirt rayé et rire nerveux. Alors que le sympathique Jeong-kun se voit livrer la totalité des tâches ménagères, Mong-chan, obnubilé par le travail scolaire vit carrément à l'intérieur de son ordinateur. Pour compléter le tableau, un cinquième coloc fait son apparition, un cerf opportuniste et squatteur dont le cynisme n'est pas sans rappeler celui de Cho Kyu-sok.

Attention chef d'œuvre !

Cette bande dessinée n'a l'air de rien et pourtant... D'abord il ne faut pas se fier à la couverture. Si le trait est beau, réaliste et la colorisation réussie, les deux personnages qui évoquent une romance ne sont absolument pas significatifs de ce que vous trouverez à l'intérieur. De même que le titre qui peut évoquer un récit fantastique. Non, quoi que vous pensiez vous feriez fausse route.
Le Marécage raconte la vie quotidienne de 4 étudiants dans leur chambre (au sens de pièce unique). Plus d'une cinquantaine d'histoires tenant sur 4 pages et tout en couleurs reprennent des morceaux choisis de la vie réelle de l'auteur avec beaucoup d'humour. Un peu de tout et de n'importe quoi : des moments de galère, des espoirs amoureux, des rêves éveillés. Le prologue donne le ton : 2 téléphones portables à forme humaine – et mâles- se disputent le cœur d'un chargeur femelle... Ou encore cette théière à sifflet présentée comme un super-héros, ou cette commode qu'un personnage drague... ? Et parlons des personnages. Quatre personnalités différentes, entre le rageux perpétuel (l'auteur), le gentil serviable ou le souriant un peu fou. Et au centre de tout ça on retrouve un cerf qui personnifie les études, le doute, la peur du lendemain.
Le style graphique de l'auteur évolue au fil du récit : plutôt stylisé et caricatural, il sait se faire réaliste comme sur la couverture, pour donner un cachet sérieux dans les moments de doute mais aussi pour appuyer un effet comique. Même chose pour la superbe colorisation qui se fait plus dense ou plus légère selon l'effet voulu.
Le tout reste cohérent ! Une petite réussite qui se révèle terriblement drôle malgré les différences culturelles. On rit vraiment et on a du mal à quitter les personnages.
La fin du volume nous apporte quelques bonus : l'auteur y fait la part des choses entre réalité et fiction, il y présente ses amis qui ont servi de modèles et l'origine du titre.

Le Marécage est sans aucun doute l'une des meilleures productions coréennes qui nous soient parvenues. Il n'a qu'un seul défaut : il est trop court malgré ses 250 pages. Un indispensable !