Ares

Cette rubrique est consacrée à toutes les séries qui ne sont pas issues du Japon mais qui s'apparentent au manga. Vous y retrouverez donc les manwhas (Corée), les manhuas (Chine), mais aussi les séries appartenant au "Global manga" (courant qui regroupe notamment des auteurs français).
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Koiwai
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Ares

Message non lu par Koiwai » 12 févr. 2012, 17:30

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La fiche sur le site


Tome 1:

Avec Ares, les éditions Booken nous proposent leur première série-fleuve, la saga de Ryu Geum-Chul s'étendant sur 26 volumes.
C'est précédé d'une belle réputation que débarque la série, et l'heure est venue de voir si les avis plus que positifs sont fondés. Mais autant le dire tout de suite : juger Ares sur un seul volume sera impossible, ce premier tome n'étant qu'une introduction pour le moins énigmatique.

En une seule page, l'auteur commence par poser de manière très évasive l'univers de son récit, qui se déroule dans un monde d'inspiration médiévale, mais pas que, puisqu'on se rendra compte au fil du tome que les influences de Ryu Geum-Chul sont nombreuses, s'étendant de la mythologie grecque pour le nom des personnages (rien que le nom d'Ares est une référence évidente au dieu grec de la guerre) à l'architecture occidentale pour les bâtiments, en passant par des vêtements parfois modernes. Le mélange se fait rapidement intéressant et unique, d'autant que le coup de crayon est, en lui-même, particulièrement personnel, l'auteur nous offrant des personnages fins, élancés, très stylés, sous couvert d'un trait pourtant assez épais. L'ensemble est expressif, mais encore maladroit : les visages sont régulièrement assez inégaux, les protagonistes peuvent être facilement confondus, les quelques scènes de combat restent confuses, mais on sent que l'auteur cherche ses marques, veut offrir quelque chose de nouveau et se crée un style bien à lui.

Pour en revenir à l'univers du récit, on ne découvre pour le moment que peu de choses : en une page, Ryu Geum-Chul nous informe que l'action s'installe dans le royaume de Chronos, nation entourée d'autres pays en proie à la guerre, et ne servant guère que de vivier pour recruter de nouveaux combattants. Dans ce royaume, plusieurs garçons viennent postuler aux séances de recrutement particulièrement dures de l'Ordre du Temple, troupe de mercenaires proposant ses services au plus offrant.
Pour le moment, c'est à peu près tout ce que l'on sait, et l'on suit donc dans ce premier volume l'arrivée d'Ares qui va passer l'épreuve de l'ordre et faire la connaissance de quelques autres postulants dont certains vont se faire plus intrigants et présents que d'autres, et l'on devine la lente formation d'une petite équipe qui risque d'avoir fort à faire face aux épreuves futures. Ce qui se confirme dès leur première mission, encore assez simple, mais qui nous laisse deviner que la mort sera bel et bien présente dans l'oeuvre.

Ryu Geum-Chul prend donc son temps. Après un tome, on ne sait pas encore grand chose de ce qui nous attend, et l'on découvre lentement l'univers en compagnie des principaux personnages. Le rythme n'est pas encore tout à fait là, mais cela permet à l'auteur de construire tranquillement son récit, son univers, de peaufiner son style graphique unique et aux multiples influences. On suit les choses sans déplaisir, conscient que l'oeuvre, de par son monde encore très nébuleux mais à même de cacher de nombreuses richesses, pourrait se développer autour de grandes ambitions.
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VpourViennetta
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Re: Ares

Message non lu par VpourViennetta » 12 févr. 2012, 20:58

Après avoir lu l'extrait en ligne, ça me rappelle C [si:] de Yuko Osada. Pourtant, en y regardant de plus près, rien à voir.

Hâte de voir ce que donnera Muryeong du même auteur (au dessin seulement).

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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 13 févr. 2012, 17:21

J'attends aussi Muryong avec beaucoup de curiosité, plus par intérêt pour l'époque des Trois Royaumes :)


Tome 2:

A la fin du premier tome, les mercenaires de l'Ordre du Temple devaient faire face à un ennemi de taille en la personne de Karnival. Qui est-il ? Sous les ordres de qui agit-il ? Nous découvrirons tout ceci au fil de la lecture de ce deuxième opus, qui propose en Karnival un protagoniste intéressant, et perce très (très très) légèrement le voile total de mystère entourant le monde où se passent les choses, via les raisons de se battre des ennemis et quelques détails du passé.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce qui domine avant tout ce deuxième tome, c'est bel et bien l'action, omniprésente d'un bout à l'autre. Karnival, ses acolytes et son chef se présentent comme autant d'ennemis redoutables et charismatiques, et le tout confirme que Ryu Geum-Chul ne fera pas semblant dans son manhwa : les morts sont bel et bien présentes, soudaines, brutes, ou alors un peu plus théâtrales via de jolies mises à mort.

Le tout est surtout l'occasion de voir enfin nos héros en action, principalement Ares et Mikael. Les nouvelles recrues de l'Ordre n'hésitent pas à braver les ordres et à attirer sur eux les foudres de certaines personnes, pour le simple plaisir d'aller combattre, et l'effet est double : en plus de personnalités combattives intéressantes, l'auteur offre ici la part belle aux aptitudes d'Ares et de Mikael, qui ont alors tout le loisir de montrer leurs incroyables talents au combat, chacun ayant son style, qu'il soit assez acrobatique du côté d'Ares, ou plutôt orienté technique chez Mikael.

Le coup de crayon, quant à lui, continue de trouver doucement mais sûrement ses marques, alternant l'excellent et le moins bon, des pages d'une fluidité exemplaire rendant les combats prenant, et d'autres moments plus confus et simplistes montrant que tout n'est pas encore pleinement maîtrisé. Dans tous les cas, le trait, lui, reste toujours aussi stylé et séduisant, même si parfois un peu trop vide dans les expressions des personnages, que l'on a d'ailleurs toujours un peu de peine à reconnaître pour certains.

Que ce soit du côté des dessins ou de l'univers, Ares continue ici de prendre petit à petit ses marques. Les informations sont finalement encore très peu présentes, l'action est encore assez inégale, mais une patte unique est en train de s'installer. L'oeuvre est plaisante à suivre, intrigue fortement et possède une marge de progression immense.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 19 févr. 2012, 13:06

Tome 3:

Après deux premiers tomes qui ne révélaient pas grand chose du monde d'Ares, Ryu Geum-Chul enclenche ici la vitesse supérieure en nous faisant lentement entrer dans les choses sérieuses. Ainsi apprenons-nous que le royaume de Cronos, dominé par un souverain dont la maladie mentale le rend de plus en plus tyrannique, s'affaiblit petit à petit. Les royaumes alentours en profitent pour piller le pays, y compris la petite île de Minos, au nord. Mais le jeune et talentueux général Icarus est là pour tenter de protéger le pays, et décide d'organiser l'assaut contre Minos. Pour cela, il peut compter sur deux aides : l'alliance avec le royaume de Silonika à l'est, et l'embauche de nos héros mercenaires de l'ordre du Temple...

Les choses sérieuses pointent donc le bout de leur nez. La guerre s'annonce, mais ne vous attendez pas à déjà la trouver dans ce tome, qui n'est encore qu'un volume de transition, notamment chargé de mettre en avant les intérêts de chacun et de présenter les forces qui devront faire équipe sur ce coup.
Ainsi découvre-t-on en Icarus un général stratégique et charismatique, tandis que, du côté de Silonika, nous pouvons observer plus en détails certaines figures combattives qui auront sans doute leur importance pour la suite. L'auteur met en place des oppositions entre des figures fortes des différents camps de l'alliance, oppositions qui trouveront sans doute toute leur importance par la suite, peut-être quand l'heure sera venue pour l'ordre du Temple et Silonika de s'opposer.
Car en effet, on se doute qu'un jour ou l'autre, ces deux forces s'affronteront, même si elles sont pour l'instant alliées. C'est la guerre, les alliances ne durent pas toujours, et Ryu Geum-Chul évoque déjà cela, en s'attardant sur les principales motivations que pourrait trouver Silonika en apportant son aide à Cronos.

Ce troisième volume est également l'occasion d'apporter ce qui manquait encore à la série : une touche féminine, avec l'arrivée d'Ariane, jolie jeune fille ne supportant plus d'être surprotégée par sa famille, qui va réserver quelques surprises dans son envie de découvrir le monde. Le personnage est sympathique mais on ne peut plus cliché, jusque dans sa relation avec Ares, puisque ce dernier va bien évidemment avoir le coup de foudre pour elle... A vrai dire, l'arrivée de cette jeune fille, tout aussi plaisante soit-elle, donne un peu l'impression de tomber comme un cheveu sur la soupe, mais attendons de voir ce que cela donnera.

Graphiquement, le trait de Ryu Geum-Chul alterne encore entre un rendu très stylé et un design des visages beaucoup trop pauvre pour reconnaître d'emblée chaque personnage (heureusement que les vêtements sont là pour nous aider parfois).

Avec ce troisième volume, on sent donc que les choses sérieuses s'installent, doucement mais sûrement. Ce tome prépare le terrain pour la guerre, parfois maladroitement en s'étirant un peu trop autour du personnage d'Ariane ou des oppositions de caractère, et le volume 4 s'annonce très mouvementé. La lecture est à nouveau plaisante et intrigante, et essayer de retrouver toute les références à la mythologie grecque dans les noms est un petit plus sympathique.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 26 mars 2012, 18:02

Tome 4:

En route pour affronter Minos, l'alliance de Cronos faite autour du général Icarus avance d'un pas déterminé. Du côté de l'Ordre du Temple, qui fait partie de l'alliance, Ares est sur le point de découvrir, en compagnie de la charmante Ariane, un premier affrontement face aux Chevaliers sans nom, qui arrivent à leur rencontre, menés par un redoutable combattant, véritable légende à Minos...

Cette fois-ci, ça y est ! Après des premiers volumes qui posaient le décor, les choses sérieuses démarrent réellement dans ce volume, qui nous offre les premiers affrontement de la guerre contre Minos. Une guerre dominée ici par un combat contre la légende des guerriers de Minos, qui semble invincible et confirme que Ryu Geum-Chul n'hésitera pas à faire tomber des têtes, sans pour autant tomber dans le gore. Tandis que la bataille fait rage, c'est bel et bien le duel face à ce géant sur son cheval qui attire l'essentiel de l'attention, et c'est une nouvelle fois Mikael qui sera à l'honneur, tandis qu'entre deux affrontements, Barouna ne cesse d'intriguer quant à ses origines. De son côté, Ares, entre quelques jolis coups d'éclat, donne tout ce qu'il a pour préserver Ariane des horreurs de la guerre, horreurs qu'elle n'imagine sans doute même pas...

Ryu Geum-Chul nous offre enfin un grand goût de la guerre telle qu'elle nous attend dans son oeuvre, et entre les avancées de nos héros, les premiers duels et les batailles de siège, il s'écarte volontiers d'un quelconque réalisme pour offrir à ses héros quelques jolis moments de gloire, et, surtout, dresse en arrière-plan des enjeux bien plus grands, certaines contrées voisines de Cronos commençant à élaborer leur stratégie avant, sans doute, de passer à l'action.

Visuellement, Ryu Geum-Chul a imposé sa patte, de plus en plus séduisante, même si celle-ci est encore inégale, les coups de génie alternant avec des problèmes de proportion ou de dynamisme beaucoup trop flagrants. Mais ces points évoluant en bien depuis le début de la série, gageons que cela continuera.

Stratégies de guerre, batailles, duels, courts instants de focalisation sur les personnages... l'auteur continue de mettre en place tout un univers, tout en nous faisant entrer dans le vif du sujet. La série est, à présent, assurément sur de bons rails, et tout annonce une suite qui devrait encore gagner en intérêt.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 16 juil. 2012, 14:39

Tome 5 :

Alors qu'ils sont en train d'assiéger le château royal de Minos, les mercenaires de l'Ordre du Temple sont séparés, et chacun se retrouve face à de redoutables ennemis. D'un côté, Mikaël et Barouna font face à la garde du Roi, menée par un certain Bélisque, plus puissant combattant de Minos. Quant à Ares, il va devoir en découdre avec les assassins de Nebuzzar s'il souhaite protéger Ariane, mais aussi Helena arrivée à la rescousse...

Mikaël et Barouna contre les troupes de Bélisque, et Ares face aux assassins de Nebuzzar : dans ce cinquième volume qui se partage clairement entre ces deux combats importants, l'action bat son plein, et Ryu Geum-Chul, malgré un découpage pas encore au point par moments, continue de faire des progrès dans la représentation de l'action, rendue toujours aussi stylée par son trait élancé, et qui gagne à chaque fois un peu plus en fluidité.
Surtout, l'auteur parvient à dégager beaucoup de choses de ces affrontements : d'un côté, le duel entre Mikaël et Bélisque met en avant le relatif manque de dignité de ce dernier, pourtant censé être le plus grand guerrier de Minos. Quant à Ares, le voici obligé de dévoiler non seulement l'identité de son maître, ce qui vient expliquer ses talents de combattant, mais également sa nature plus sauvage, barbare, aux yeux de la douce Ariane... Leur amitié pourra-t-elle résister quand Ariane découvrira la barbarie dont est capable son ami ? Le salut sur ce point pourra peut-être venir de Helena, qui parvient, en quelques phrases, à mettre en valeur l'admirable sens du sacrifice d'Ares, qui gagne ici en charisme.

Voici donc un volume plaisant, qui confirme de nouveau la lente montée en puissance de la série. Encore très perfectible dans l'action et peu expressif au niveau des visages des personnages, Ares continue de se bonifier doucement mais sûrement, ici grâce à un tome rythmé, qui parvient à mettre en valeur ce qu'il faut chez les différents guerriers.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 08 mars 2013, 01:54

Tome 6 :

L'invasion de Minos par Cronos atteint son point culminant. Makël et Barouna ont pénétré dans la forteresse, et se retrouvent désormais face à des hordes d'ennemis. Les choses s'annoncent délicates, d'autant que Mikaël se retrouve bientôt confronté à Bélisque, un geom-seong, l'un des légendaires et redoutables gardes du royaumes de Minos...

Dans la première partie de ce volume, place à la conclusion intense et épique de la guerre contre Minos, au fil de scènes d'action à couper le souffle ! Toujours doté d'un design élancé et taillé à la serpe offrant à l'oeuvre un cachet unique, Ares profite ici des combats les plus prenants depuis ses débuts, notamment grâce à un duel Mikaël vs Bélisque très bien orchestré. La mise en page va à l'essentiel tout en découpant habilement et clairement les coups portés par les combattants, dont on cerne bien les techniques, c'est très vivant, sans temps mort, et d'autant plus prenant que l'auteur prend le temps de s'attarder un petit peu sur le personnage de Bélisque, faisant par là-même ressortir quelques traits de Mikaël. Ainsi assiste-t-on d'un bout à l'autre à un duel prenant entre deux hommes charismatiques et dignes jusqu'au bout. Mais u bout du compte, Ryu Geum-Chul n'enjolive pas les choses, et nous prouve à quel point Mikaël peut être sans pitié. Personne n'est tout noir ni tout rose, et Mikaël, s'il est dressé comme un charismatique héros de guerre, n'en reste pas moins un guerrier, sombre et à la limité de la barbarie.

S'en suit alors une conclusion habile pour l'arc de Minos, où l'auteur prend le temps de revenir un peu aussi sur Ares et Ariane, et dresse avec clarté les conséquences de cette guerre pour les deux royaumes rivaux.

Après une première parie de tome très prenante, Ryu Geum-Chul ne baisse pas de niveau dans une deuxième partie surprenante et dévoilant enfin toutes les ambitions de l'auteur, qui part dans une nouvelle partie sur tout autre chose, enrichissant de façon importante et claire l'univers de sa série avec une plongée dans un autre pays, Darak, défait dix années auparavant dans une guerre contre Cronos, et désormais prêt à se venger grâce notamment à sa redoutable nouvelle armée d'élite, les Chevaliers Noirs.
Enfant de Darak, Cygnus est orphelin et vit dans un bidonville nauséabond depuis que son père a été tué dix années auparavant lors de la guerre contre Cronos. Avant de s'éteindre, sa mère n'a eu de cesse d'entretenir sa haine pour le Royaume de Cronos, et le jeune homme ne vit désormais plus que pour assouvir une intense soif de vengeance. Ryu Geum-Chul nous invite ici à découvrir Cygnus, garçon charismatique, aussi désabusé qu'arrogant, ne faisant pas forcément grand cas de sa vie. Mais sa destinée risque de changer quand il croisera violemment la route des Chevaliers Noirs. Et dès lors, on découvre un véritable virtuose du combat, aussi agile qu'un félin, au fil de nouveaux combats stylés qui ne perdent rien en clarté.

Cette fois-ci, c'est sûr, Ares est bel et bien lancé. Plaisante à suivre depuis ses débuts, la série décolle enfin totalement, nous offrant une fin d'arc contre Minos intense et brutale, avant de partir ambitieusement sur une tout autre piste venant enrichir toujours plus l'univers de la série.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 26 juin 2014, 18:18

Tome 7/8 :

Ares - The Vagrant Soldier est une série qui revient de loin. Victime des soucis financiers de Booken Manga, la série fut mise en pause en 2012, revint brièvement en mars 2013 avec son tome 6, puis connut à nouveau une longue pause de 15 mois, le temps que l'éditeur trouve la solution afin de ne pas abandonner la série. Cette solution, c'est celle du volume double, et c'est donc une double ration de la série de Ryu Geum-Chul que l'éditeur nous servira régulièrement (du moins l'espère-t-on). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette longue attente valait largement le coup, car à la lecture de ce volume 7/8, le sentiment qui règne est que si Ares a toujours été une série sympathique depuis ses débuts, elle décolle réellement maintenant.

Nous laissions nos mercenaires de Cronos quelque temps après leur conquête de Minos, mais ils n'ont guère le temps de se reposer, car les Chevaliers Noirs et la 7ème légion de Darak en ont profité pour reconquérir la cité de Conrinthe, qui était devenue la propriété de Cronos. Affaibli par la haine du peuple pour le Roi et par cette attaque, Cronos décide de réagir en tentant de jouer la diplomatie, et c'est accompagné de Mikaël, Barouna, Gogh et Ares que le général Icarus est chargé de partir négocier avec le leader des Chevaliers Noirs. Mais rien ne va se passer comme prévu, car cette mission profite au ministre Antonis et à Balder qui préparent un coup d'état, et l'arrivée d'Ares face au leader des Chevaliers Noirs va réveiller en lui ses plus profondes blessures, issues d'un passé chaotique...

L'auteur gère à merveille son récit, et cela se ressent dans la grande limpidité de ses rebondissements politiques et diplomatiques. 15 mois ont beau s'être écoulés depuis la sortie du tome 6, on replonge immédiatement dans l'histoire sans se perdre, et l'on suit avec grand intérêt la façon dont le danger s'installe au dessus des têtes de nos héros, avec d'un côté la menace des Chevaliers Noirs et la Fédération Ladink, et de l'autre les prémisses d'un coup d'état où toute opposition supposée devra être éliminée...

Bref, côté diplomatie, alliances et politique ça commence à beaucoup bouger, mais l'auteur profite surtout de la tension qui s'installe pour nous happer dans un long flashback occupant l'essentiel du tome : les yeux rouges du leader des Chevaliers Noirs et une escale mouvementée dans les ruines de la ville de Torino réveillent en Ares ses plus terribles fantômes du passé et, par la même occasion, la soif qui l'a toujours animé, celle d'une vengeance dont nous découvrons enfin tous les tenants et aboutissants.
Pendant plus de 250 pages, Ryu Geum-Chul nous plonge enfin dans le passé de son personnage principal. Un passé turbulent, triste, fait de la douleur de la perte des êtres chers et de la solitude. Enfance brisée, adolescence en solitaire sans recevoir l'amitié d'autres personnes de son âge, pour une vie qui, jusque là, n'a pu s'épanouir qu'à travers les entraînements et le combat auprès d'un maître autoritaire mais bienveillant. Avec, au bout du chemin, une personnalité qui jusque là s'était révélée assez mystérieuse, solidaire, pas extrêmement sociable... Mais Ares a désormais des compagnons, des amis, et c'est avec eux qu'il pourra poursuivre sa longue quête.

L'auteur nous offre à nouveau quelques combats bien orchestrés, fluides et assez techniques, dont un long duel en fin de tome où se mêlent joliment l'action pure et les stratégies sournoises de l'ennemi. Le design élancé des personnages offre toujours un rendu très stylisé à l'ensemble, et certains décors, quand sils sont présent, sont très immersifs.

L'attente est donc amplement récompensée : si la série de Ryu Geum-Chul a toujours su monter petit à petit en puissance, elle passe ici un véritable cap, lance sérieusement des ambitions plus grandes, et captive plus que jamais en annonçant une suite encore plus passionnante.

L'édition double de Booken possède, en plus, un rapport qualité/prix honnête, où l'on signalera juste quelques fautes d'inattention et des bulles malheureusement placées dans la reliure centrale.
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Re: Ares

Message non lu par Koiwai » 27 oct. 2015, 17:02

Tome 9/10 :

Booken Manga connaît des difficultés mais ne lâche rien : 14 mois après le tome double 7-8, la suite nous parvient enfin dans une édition double qui reste facile à prendre en main grâce à sa souplesse, mais qui est malheureuse toujours entachée de nombreuses coquilles de français.

Quoi qu'il en soit, on retrouve nos héros là où on les avait laissés. Les félons Antonis et Balder ont profité des événements à Minos pour assassiner le roi de Cronos et s'emparer du trône. Organisée autour d'Icarus, la résistance est peu à peu réduite à néant, jusqu'à ce que le général soit considéré comme mort. Dernier bastion de la résistance, le château de Nelly subit à son tour l'attaque des troupes de Balder. La mort ou la fuite semblent être les dernières solutions pour les résistants... à moins qu'un dernier plan ne permette de faire tomber les traitres.
La suite et fin du conflit contre Balder et Antonis se dévoie dans une première partie de volume rondement menée, où le travail de mise en scène de Ryu Geum-Chul reste très efficace et où l'on suit avec beaucoup d'intérêt l'ultime stratégie menée par Icarus pendant la "fuite". L'auteur a bien pensé le plan, et en profite pour offrir encore et toujours de bonnes petites mises en lumière des principaux combattants de sa série.

Conséquence de tout ceci : de nouveaux mouvements dans la direction du pays... mais aussi une autre menace qui se concrétise : les chevaliers noirs darakiens profitent de chaos pour enfin passer à l'action et entamer leur invasion, et cela se traduit par l'arrivée d'un nouveau conflit étonnamment bien rangé, laissant la part belle aux plus réputés guerriers de chaque camp, en tête Uranos. Si la lecture reste prenante, l'auteur adopte d'abord un schéma très linéaire et beaucoup trop prévisible (on sait exactement ce qui attend les premiers combattants, surtout quand ils sont aussi clichés que le chevalier noble très hautain et trop sûr de lui), jusqu'à ce que Barouna entre en scène. Après en avoir dévoilé un peu plus sur Mikaël, Ryu Geum-Chul poursuit dans cette voie en profitant d'un duel bien mené pour révéler plusieurs éléments du passé de Barouna.

On apprécie toujours autant la façon dont l'auteur apporte des informations sur ses héros tout en entretenant un rythme soutenu et de l'action efficace. Quant aux dernières pages, elles annoncent une suite très prometteuse, qui devrait enfin mieux mettre en avant Cygnus...
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