Big Bill est mort

Section destinée aux lecteurs de BD franco-belge
Avatar du membre
shinob
Retired Zombie Cat
Messages : 5176
Enregistré le : 20 sept. 2004, 19:57
Localisation : τό ὅλον

Big Bill est mort

Message non lu par shinob » 13 déc. 2010, 17:08

Big Bill est mort

W. Antunes & W. Taborda / Paquet / One shot


Image


Résumé:
Un noir qui ne marche pas la tête baissée se fait beaucoup d'ennemis dans une ville comme Rockwell Town, et du coup, Big Bill n’avait pas beaucoup d'amis. Des maris trahis, des amants abandonnés, des joueurs truands, d’anciens amis et de nouveaux ennemis, tous avaient des raisons pour le tuer. Tous rêvaient de l'assassiner. Et ce qui devait arriver, arriva… quelqu'un l'a tué. Son corps est pendu dans un arbre en face de la maison de sa mère. Ses deux frères tentent de découvrir l’identité du tueur, par déduction. Mais qui donc a tué Big Bill?


Avis:
Derrière une couverture très attractive, le One shot Big Bill est mort nous plonge au cœur de l'Amérique profonde, gangrénée par le racisme et traumatisée par la crise économique et le maccarthisme.
Le récit commence sur une scène de crime, celle de Big Bill, un noir qui a vécu sa vie comme il le souhaitait, sans jamais courber l'échine. Et une telle attitude, à cette époque et lorsqu'on est pas blanc, ça n'attire pas la sympathie... C'est ainsi qu'on découvre dès la première page notre héros pendu à un arbre. Ses deux frères Buck et Jim; attendant la venue d'un shérif qui se fiche éperdument qu'un noir soit lynché dans le secteur; s'interrogent... Qui a tué Big Bill?

Quand on commence notre lecture, tout laisse à croire que nous avons droit à une enquête policière, qui se construit au gré du dialogue des deux frères de Big Bill. En effet, les deux fermiers vont passer en revue les derniers évènements marquants de la vie de leur frère, cherchant à découvrir les coupables de ce crime odieux. C'est l'occasion pour nous de faire connaissance avec le héros du récit, tout en découvrant une galerie de personnages tous plus affreux les uns que les autres... A ce sujet, on a d'ailleurs l'impression que nos deux auteurs, Wander Antunes et Walther Taborda, tombent dans un manichéisme primaire, en opposant un Big Bill "valeureux et libre" à de "méchants blancs sanguinaires et complètement stupides".

Mais vers la deuxième moitié de l'ouvrage, tout change. L'arrivée d'un mystérieux homme en ville va enfin donner les réponses à toutes les questions soulevées dans la première partie du titre. Le récit perd alors son statut de genre policier, se durcit petit à petit, pour finalement mettre en scène la vendetta sanglante du frère de Big Bill, qui va punir tous les responsables de la mort de son frère.

Si les graphismes retranscrivent bien l'ambiance du titre, ils sont parfois un peu figés et peinent à nous satisfaire lors des scènes d'action... L'édition est quant à elle de qualité.

Si Big Bill est mort risque de nous désarçonner avec une deuxième partie en totale rupture avec la première, il n'en reste pas moins un récit bien ficelé qui remplit honnêtement son rôle de distraction. Nos auteurs retranscrivent avec brio l'Amérique des années 50, même si certains personnages secondaires auraient gagné à être moins caricaturaux...
Don't dream it... Be it !

Répondre