Superman

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Luciole21
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Re: Superman

Message non lu par Luciole21 » 04 juil. 2013, 14:40

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Glass Heart
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Re: Superman

Message non lu par Glass Heart » 03 nov. 2013, 21:45

Revu Man of Steel !

Honnêtement, je suis très partagé sur ce film. Le scénario est franchement maladroit. Il y a plein de bonnes idées mais le traitement est vraiment maladroit, et au final l'histoire n'accomplit pas grand chose. Et cette histoire est portée par une réalisation qui me laisse des impressions très contrastées. Ce film est un orgasme visuel plus qu'autre chose. On en prend plein la vue, l'univers est incarné visuellement et on retrouve là tout le savoir-faire de Zack Snyder en terme d'action. Ca procure les mêmes sensations qu'un tour de grand huit. Mais derrière ça, il n'y a aucune âme derrière ce film. L'univers est incarné visuellement mais il n'y a aucune vie, ce n'est qu'un décor. Le film passe d'une scène d'action à une autre comme si c'était sa seule priorité. A l'exception de Superman, les personnages n'ont pas d'âme particulière et se contentent le plus souvent de remplir des fonctions. Et souvent, la réalisation de Zack Snyder se révèle très mal à l'aise avec les scènes plus calmes, c'est un réalisateur qui aime quand ça bouge dans tous les sens mais qui est particulièrement maladroit avec les émotions (la scène de l'école: ridicule, la scène de la tempête: grotesque, les errances: Lois qui remonte en une ou deux minutes le fil de toute une existence à travers le monde).

Et quand il arrive justement à faire passer de l'émotion, il faut voir aussi à quoi la scène ressemble:

http://www.youtube.com/watch?v=qGWmCKTZlPo

Je ne déteste pas ce film, je l'apprécié avec ses atouts comme avec ses défauts. Mais, en le revoyant, je n'imagine pas du tout Snyder traiter un personnage comme Batman. Batman est un personnage porté avant tout par la psychologie et la profondeur, le "persona" est le thème principal de son univers. Déjà qu'il n'arrive pas à traiter Superman correctement quand il ne fait pas tout péter autour...

Glass Heart
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Re: Superman

Message non lu par Glass Heart » 25 juin 2014, 20:11

Superman

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Réalisateur: Richard Donner.
Année: 1978.
Durée: 2h23 (version cinéma), 2h31 (version longue).


Casting: Marlon Brando (Jor-El), Christopher Reeve (Superman/Clark Kent), Gene Hackman (Lex Luthor), Margot Kidder (Lois Lane), Ned Beatty (Otis),
Valerie Perrine (Eve Teschmacher), Jackie Cooper (Perry White), Marc McClure (Jimmy Olsen), Glenn Ford (Jonathan Kent), Phyllis Thaxter (Martha Kent),
Jeff East (Clark Kent adolescent), Susannah York (Lara Lor-Van), Terence Stamp (Général Zod), Sarah Douglas (Ursa) et Jack O'Halloran (Non).


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Chronique

A des milliards d'années-lumière de la Terre, il existe une planète du nom de Krypton sur laquelle vit une civilisation avancée. Une menace à l'encontre des habitants de Krypton vient d'être déjouée: le coup d'état fomenté par le Général Zod a échoué et le général est condamné avec ses partisans à un exil éternel dans la Zone Fantôme, une dimension à travers laquelle ils dériveront dans l'espace pour l'éternité. Mais toute menace n'est peut-être pas encore écartée: Jor-El, un scientifique renommé, prédit la disparition prochaine de leur civilisation par un impact avec leur soleil rouge. Nul n'y survivra, la catastrophe est inévitable mais l'orgueil des membres du conseil les pousse à se prendre pour invulnérables et de penser que leur civilisation est amenée à perdurer. Incapable de les raisonner, Jor-El se résout à envoyer secrètement Kal-El, son nouveau né, vers la Terre afin de lui octroyer une chance de survie et de perpétuer l'héritage des kryptoniens.

Pendant les trois années qui suivirent la destruction de Krypton, le vaisseau dans lequel Kal-El fut envoyé peu de temps avant la catastrophe continua à dériver dans l'espace jusqu'à atteindre la lointaine planète Terre où le garçon est recueilli par les Kent, un couple de fermiers âgés du Kansas. Jusqu'à ses 18 ans, le jeune Clark Kent grandit auprès des terriens, frustré de devoir se cacher et de ne pas pouvoir mettre ses incroyables pouvoirs en valeur pour se démarquer, un orgueil que son père adoptif Jonathan tente de canaliser de son mieux avec sa sagesse. Lorsque l'heure de Jonathan Kent survient, le jeune Clark réalise son impuissance à sauver les personnes qui lui sont chères de leur destin en dépit de ses formidables pouvoirs. Il entame alors un voyage initiatique à travers le monde à la recherche de ses origines et de la raison de sa venue sur Terre. Découvrant un vestige kryptonien authentique dans le Grand Nord, la Forteresse de Solitude, Clark fait la connaissance de son père Jor-El via une projection holographique. Ses origines et sa mission sur cette Terre lui sont alors révélés et son père le forme pendant les douze années qui suivirent pour préparer l'être qu'il est amené à devenir.

Réintégrant la société en tant que journaliste maladroit pour le prestigieux quotidien Daily Planet, Clark mène secrètement une double-vie en tant que héros volant de la ville de Métropolis, Superman, qui devient vite la nouvelle sensation des médias. Il suscite ainsi l'intérêt de sa collègue de travail, la talentueuse Lois Lane, mais aussi de personnes mal intentionnées qui voient son arrivée sur Terre comme un défi à relever tel que Lex Luthor, génie du mal auto-proclamé dont le seul objectif est d'accomplir le crime du siècle pour entrer dans les livres d'histoires. Luttant pour aider ses concitoyens et enrayer la vague de crime, Superman est toutefois limité par une seule et unique règle qui lui est imposée par Jor-El: il ne doit en aucun cas interférer avec le cours de l'histoire humaine...

Réalisée en 1978 par le réalisateur Richard Donner (L'Arme Fatale), Superman est le film précurseur du genre comic-book tel que l'on connait aujourd'hui. Il fut l'une des premières tentatives sérieuses de transposer les aventures d'un super-héros de comics sur grand écran, après quelques serials dans les années 30 et 40 et quelques films dérivés de séries télévisées populaires. Mais dans l'ensemble, les adaptations les plus mémorables eurent lieu sur le petit écran avec une première série Superman très populaire dans les années 50 avec George Reeves dans le rôle-titre ou encore la cultissime série Batman des années 60 avec son ton résolument kitsch qui marqua l'esprit du grand public sur les comic-books depuis. Dans son approche du projet, le réalisateur Richard Donner avait la ferme intention de faire un film qui fasse honneur au personnage et qui lui rende justice, voulant réinventer la manière de concevoir ce type d'adaptations pour raconter une grande odyssée épique et lyrique.

Superman nous raconte ainsi la vie de son héros depuis ses origines et durant sa jeunesse afin de mieux cerner les questionnements existentiels qui l'habitent une fois qu'il est devenu adulte et les doutes qui l'assaillent quant à son rôle de super-héros. Son père biologique le voyait comme une sorte de guide pour l'humanité, un exemple que Superman va tenter de suivre de son mieux, aidant les habitants de la Terre par esprit de compassion pour les pousser ensuite à dévoiler ce qu'ils ont de meilleur en eux. Pourtant, sa vie auprès d'eux et l'existence qu'il a vécu durant sa jeunesse ont forgé une mentalité qui clashe régulièrement avec son rôle attitré. En premier lieu, Clark Kent a grandi avec la frustration de ne pas pouvoir s'exprimer librement aux yeux du monde et il éprouve donc une grande fierté à dévoiler ses pouvoirs sous les yeux de citoyens admiratifs dans de grandes séquences spectaculaires. Si cet orgueil n'est pas incompatible avec sa compassion pour les humains, elle donne déjà une idée de la conception qu'il a de ses pouvoirs et qui ne va cesser de le tourmenter au cours du film. Jor-El ne lui a toujours imposé qu'une seule règle: de ne pas interférer avec le cours de l'histoire humaine, mais Clark a vécu les dernières années de sa vie avec le regret de ne pas avoir pu sauver son père adoptif de son sort funeste et le sentiment amer que ses pouvoirs n'auraient finalement aucun sens s'il n'est pas capable de les utiliser pour protéger les personnes qui lui sont chères.

Pour appuyer le côté humain du personnage et alimenter ce conflit intérieur, Clark passe une bonne partie de son temps à côtoyer ses collègues du Daily Planet. Bien qu'il passe son temps à leur cacher qui il est véritablement et à jouer le Buster Keaton timide et maladroit, il éprouve une profonde empathie pour ses amis. Cette affection va progressivement l'amener à défier les interdits qui lui ont été imposés par la volonté de son père, acceptant finalement sa part d'humanité et ses désirs plus égoïstes qui font aussi partie de lui et qu'il ne veut pas sacrifier car ils sont ce qui le rattachent aux terriens. Ses origines sont kryptoniennes mais il a été élevé et a grandi sur Terre et cette partie de lui existe aussi. Il en revient ainsi à braver les interdits et à défier la volonté de son père, découvrant l'être qu'il est véritablement et trouvant sa voie entre ces deux héritages.

L'histoire de Superman est donc celle d'une quête existentielle se dessinant à travers la double-vie permanente du héros, parfois homme volant charismatique qui fait rêver les gens, parfois sosie maladroit de Buster Keaton dans son identité civile, le tout appuyé par le jeu formidable de son interprète Christopher Reeve qui aborde le personnage comme un véritable rôle de composition. L'histoire concoctée par le scénariste Mario Puzo (Le Parrain) met avant tout l'accent sur ses origines et sur tout ce qui forge la mythologie du personnage, en livrant une véritable interprétation qui est d'une grande beauté lyrique et tragique. Que ce soit entre les scènes de comédie pure avec Clark Kent ou dans les moments de grandeur ou de poésie avec Superman, le film nous définit brillamment le personnage et, en même temps, le stéréotype même du super-héros qui s'étendra ensuite à de nombreuses autres adaptations (on pense notamment à la trilogie Spider-man de Sam Raimi qui s'inspire grandement du travail de Richard Donner et de son équipe sur ce film).

A cela s'ajoute un cocktail de scènes de romance avec le personnage de Lois Lane, reporter intrépide qui n'a jamais eu autant de chance avec les hommes qu'avec sa carrière. Rencontrant ainsi l'incarnation fantasmée de l'homme idéal, elle partage avec lui quelques moments uniques teintés de poésie et de tension érotique telle que la très poétique séquence du vol dans les airs accompagnée par les magnifiques compositions de John Williams (Star Wars, Indiana Jones). L'alchimie entre les deux personnages et leurs interprètes Christopher Reeve et Margot Kidder passe admirablement à l'écran et leurs échanges comportent de nombreux sous-entendus érotiques qui apportent un humour sensuel subtil à ces séquences, quelque chose qu'on ne trouve plus du tout dans ce genre d'adaptations de nos jours (soit ça reste trop gentil, soit ça se veut trop direct et ça met les deux personnages direct dans le même lit, mais plus trop de ce genre de subtilité mi-humoristique mi-gentiment érotique).

Jusque là, le film est une réussite totale, malgré un ton campy propre à l'époque (le même que dans les films de James Bond de la période Roger Moore) qui plaira ou non à certains mais qui apporte un contrepoids plutôt bienvenue à une histoire assez dramatique dans le fond. De nombreux éléments de ce film sont devenus aujourd'hui de grands classiques du genre mais, à l'époque, ils apparaissaient comme une approche novatrice et jeune de ce genre de films émergent. Et il est surprenant de voir qu'alors qu'il a été copié un nombre incalculable de fois, le premier Superman demeure encore et toujours une référence du genre par sa sincérité et par une certaine subtilité encore inégalée dans son approche.

Reste alors un élément qui est peut-être le seul aspect réellement peu convaincant de ce premier opus: la menace du film. Bien évidemment, l'histoire trouve à l'homme d'acier un ennemi attitré en la personne de Lex Luthor (interprété par Gene Hackman), un bouffon qui se prend pour un génie criminel des temps modernes entouré de son laquais totalement benêt et d'une bimbo blonde idiote. Ce trio comique fomente un grand complot terroriste diabolique pour se faire un maximum d'argent et, bien évidemment, l'arrivée récente de Superman constitue un obstacle sérieux à leurs plans (alors même qu'ils ne se sont encore jamais rencontrés et que ça n'arrivera pas avant le dernier acte du film). Si Luthor constitue la principale menace dans la pure tradition des méchants de James Bond avec leurs grands complots mondiaux, ce personnage est une parodie de ce stéréotype: il n'est jamais pris au sérieux, toujours traité avec beaucoup de dérision, et on ne peut pas vraiment parler de rivalité entre les deux personnages vu qu'ils se croisent peut-être dix minutes dans tout le film, histoire de se dire "je suis le méchant, tu es le gentil, essaies de m'arrêter". Il faudra attendre le deuxième film pour voir enfin l'émergence d'un adversaire digne de ce nom capable de rivaliser avec l'homme d'acier. Pour l'heure, on devra se contenter du cabotinage d'un Gene Hackman qui prend beaucoup de plaisir à faire son show dans le rôle du méchant, entouré de ses deux faire-valoirs pour lui renvoyer la réplique, mais qui n'impose pas de réelle impression de danger.

Enfin, l'un des aspects les plus importants du film, et ce fut l'un des grands défis techniques à l'époque, était de mettre en scène un homme volant. Pour ce faire, l'équipe des effets spéciaux expérimenta de nombreuses techniques sur le tournage, engloutissant énormément d'argent de la production, jusqu'à finalement aboutir à un résultat très convaincant par le biais de techniques révolutionnaires pour l'époque mais aujourd'hui très répandue (les câbles et les écrans verts). Mais si l'illusion de l'homme volant parait aussi tellement crédible, c'est aussi grâce à l'acteur principal Christopher Reeve qui apporte une telle conviction de jeu dans ses mouvances qu'il arrive à donner l'impression que ces déplacements sont naturels pour son personnage. Techniquement révolutionnaire pour l'époque, Superman a certes pris un sérieux coup de vieux au niveau des techniques employées (les câbles, les écrans verts) qui ne font pas le poids aujourd'hui face aux effets visuels crées par ordinateur, mais ils n'en demeurent pas moins que ce film a marqué son temps et que l'emploi de ces techniques fonctionne toujours bien à l'écran. Surtout, on ressent aussi vraiment la passion et l'âme apportée par les acteurs et par l'équipe pour les faire fonctionner, quelque chose qui a aussi son effet quand on voit le rendu final. Ce n'est peut-être plus du grand spectacle comparé à ce que l'on peut voir aujourd'hui, mais les artifices fonctionnent toujours et servent surtout la vision que le réalisateur Richard Donner voulait porter du personnage. Son héros est un personnage empreint de magie, un Peter Pan moderne que l'on peut voir voler à l'écran avec toute la beauté poétique et lyrique qui se dégage de ces instants, le tout porté par l'aura inimitable et la sympathie dégagées par Christopher Reeve et accompagné par les splendides compositions de John Williams.

Dans l'ensemble, Superman s'affiche aujourd'hui comme un film précurseur du genre comic-book et comme l'un des chefs d'oeuvre du genre, en dépit de quelques défauts. Il a en très grande partie façonné le genre tel qu'on le connait aujourd'hui et, si le film a vieilli techniquement, sa magie demeure intemporelle et le spectacle qu'il offre au spectateur demeure toujours d'une grande puissance émotionnelle. Si cet opus fondateur est un peu oublié du grand public de nos jours, son influence se ressent tellement dans le genre tout entier que, pour peu qu'on soit fan de ce style de films, on ait tous une part de Superman en nous. Ce film fut le premier à nous faire croire qu'un homme pouvait voler et il fut le seul à nous le raconter avec autant de beauté et lyrisme, le tout accompagné par une mythologie riche et dramatique. Un de ces moments de cinéma imprégnés de la magie du 7ème Art !

Verdict: Excellent (18/20).

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