Wonder Woman - l'odyssée

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titali
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Wonder Woman - l'odyssée

Message non lu par titali » 10 mars 2012, 16:30

Wonder Woman - l'odyssée tome 1


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Voici l’une des premières séries que nous propose le tout jeune label de comics de Dargaud : Wonder Woman – l’odyssée.

Le tome commence par introduire la Wonder Woman que l’on connaît, et une image qui a toujours principalement été véhiculée par les différents auteurs qui cherchaient à utiliser le personnage de la princesse guerrière dans de nouvelles aventures. Donc ici, Straczynski and Co veulent-ils faire la même chose que tant d’autres auteurs ? Et bien non ! Car ils savent ô combien que le personnage mythique de l’amazone fascine, mais que les gens ont peur d’utiliser cette belle poupée en boîte car ils se disent qu’ils pourraient l’abîmer. Cependant ces mêmes-auteurs ne se sont pas rendus compte que c’est à force de laisser cette belle poupée dans sa boîte qu’on finit par la sous-estimer, et pour finir la briser dans son honneur. Nos auteurs de Wonder Woman – l’odyssée s’en sont bien évidemment rendus compte, et c’est en introduisant une Wonder Woman qui a basculé dans un autre monde ; un monde où notre amazone n’est pas devenue la super héroïne tricolore que l’on connaît si bien. On retrouve juste une amazone, qui, dès son plus jeune âge, a été arrachée à l’île de ses origines, la mythique Themysceria. Pourchassées et persécutées par des hommes aux mauvaises intentions, le peu d’amazones survivantes tentent de survivre tant bien que mal dans le monde cruel et paternaliste des hommes, et plus particulièrement dans les bas-fonds de New York. Et dont le seul espoir réside dans la fille d’Hippolyte.

Ainsi les auteurs entament un pari fort risqué car ils vont reprendre sans gêne cette poupée en boîte toute poussiéreuse, et l’utiliser à leur gré ; un pari où soit la belle poupée se brisera ou soit sortira libre et avec les honneurs. Il ne faut donc pas croire qu’on assiste à une énième histoire/remake de Wonder Woman, mais belle et bien une histoire où c’est une Wonder Woman « vide » qui devra retrouver ce qu’elle était, ses galons perdus et prouver une bonne fois pour toute au lecteur qu’elle n’est pas cette magnifique poupée fragile qu’on a peur d’utiliser et de briser. C’est un super héros qui se bat sur deux plans : dans l’histoire et dans notre réalité qui lui a collé cette image de « poupée en boîte ».

Ainsi on retrouve une simple femme, plongée comme tout un chacun, dans la dure vie des ghettos. Tout comme nous, elle aime la musique de notre époque, et tous ses dérivés inimaginables. Mais c’est surtout comme tant d’autres, une personne qui recherche avant tout qui elle est et quelle est sa place dans ce monde qui ne pardonne pas. Bien sûr, il s’agit avant tout d’une histoire en lien avec Wonder Woman, donc même si elle a vécu dans notre monde, elle est aussi le dernier symbole de la culture amazone. Et c’est justement là que Diana devra trouver le juste équilibre.

Maintenant le tout sera de savoir si ce pari insensé portera ses fruits. Et bien, avec grand soulagement, c’est le cas. Les auteurs ne tournent pas autour du pot, et nous offrent un scénario efficace qui mêle habilement culture mythologique et culture de notre époque. Un entrechoc des cultures au cœur de la violence et de l’action, et c’est dans ce milieu-là que notre héroïne devra se retrouver. Les auteurs ne craignent pas de nous montrer une Wonder Woman torturée, pouvant éprouver comme tout humain ce qu’on appelle la haine ; une Wonder Woman imprégnée de l’odeur du sang et de la mort au milieu de la bataille ; reflétant ironiquement ce visage de la réalité que l’on connaît au XXIe siècle. Pourtant, ce sont dans ses moments et ses émotions intenses, qu’elle finira par construire ses propres valeurs/idéaux et qu’elle verra que le monde est parsemé de fleurs comme de pourritures.

Du côté du dessin, que le lecteur se réjouisse puisque Don Kramer and Co nous proposent un trait efficace et joli, qui met à l’honneur le relookage et le personnage de Wonder Woman. On voit qu’ils ont médité autant sur l’histoire que sur le dessin. Les phases d’action sont de manière générale bien présentées, et fourmillant de détails. Toutefois, on pourra reprocher de vouloir mettre, à certains moments, dans une seule planche, sans découpage, tout un enchaînement d’action, ce qui donne un rendu où l’action est peu claire, même si loin d’être pour autant brouillon. Néanmoins, fort heureusement, on ne retrouve cette technique que de façon minime. L’encrage, quant à lui, varie bien les couleurs selon les situations, comme la brillance du lacot quand elle est utilisée, le feu, le sang, les détails des yeux exprimant d’intenses émotions, etc.

Pour ce qui est de l’édition, Urban comics nous remet un travail correct. Il nous présente, tout comme les comics de Delcourt, un ouvrage cartonné, pour certains ce choix leur conviendra, pour d’autres ils préféreront un support plus souple. Toutefois peu importe les avis, la couverture est magnifiquement mise en avant, avec un logo Wonder Woman simple et visible qui met parfaitement en valeur la prestance et les coloris de l’illustration de Wonder Woman relookée en couverture. Tout cela accompagné d’un papier de bonne facture et d’une traduction bien adaptée selon les situations, de même que les phylactères qui soulignent bien quelle est la personne qui parle, ou qui pense, et ce même dans l’action. Ce qui est très important pour éviter toute confusion dans les dialogues.

En conclusion, on pourra féliciter l’éditeur d’avoir tout d’abord choisi de proposer au lecteur cette œuvre, avant de s’attaquer aux œuvres plus classiques de Wonder Woman. Car Wonder Woman – l’odyssée permet de casser l’image de poupée en boîte et un peu vieillote de la super héroïne, et ainsi de montrer tout le charisme et la force de la princesse guerrière, qui devra aller jusqu’à se battre dans les tréfonds de la réalité et de la nature humaine pour pouvoir trouver son identité et montrer qu’elle mérite ses galons. Et ce, tout en restant fidèle aux origines mythologiques instituées. Si on rajoute à cela que la série est seulement en deux volumes, on se demandera alors qu’est ce que vous attendez pour acheter l’œuvre en question ?
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