Love in the hell

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9878
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Love in the hell

Message non lu par Koiwai » 30 juin 2015, 16:58

Image

La fiche sur le site


Tome 1 :

Tout commence par une mort stupide. Celle de Rintarô, jeune homme qui, après une soirée arrosée, succombe de façon grotesque en faisant une chute et en se cognant la tête. Son fantôme, lui, ne s'inquiète pas plus que ça. Après tout, sa vie était plutôt minable, et il faut bien mourir un jour. Le voici donc prêt à atteindre les portes du Paradis... Sauf qu'en lieu et place de celui-ci, il se retrouve en Enfer ! Mais l'Enfer est bien différent de l'image que l'on s'en fait : là-bas, il se retrouve à la charge de Koyori, une jeune démone sexy qui va lui faire découvrir le monde infernal, où il devra expier ses péchés... en subissant toutes sortes de tortures de la part de sa petite démone !

Après les déceptions Minimum et Nude, la collection érotique de Glénat se relance avec un titre bien différent, puisqu'il donne avant tout dans l'humour ! Et c'est une mise en bouche tout à fait plaisante qui nous attend grâce avant tout à un duo de héros plutôt fun. Jeune démone encore novice (Rintarô est son premier humain attitré), Koyori attire facilement l'oeil par sa tenue sexy et sa tendance à être blessée ou énervée par les dires de celui dont elle a la charge. Quant à Rintarô, dire de lui qu'il est un crétin est un euphémisme : pas très malin, un brin pervers au point de fantasmer sur toutes les jolies filles et démones qui passent devant lui, se faisant avoir comme un bleu par certains autres pécheurs des Enfers, il a également un don pour se retrouver dans des situations improbables qui lui valent finalement d'accumuler toujours plus de péchés, alors qu'il est censé être en Enfer pour les purger ! Dans une moindre mesure, ce duo de personnage rappelle un peu les héros d'Urusei Yatsura (Lamu en vf), de par le manque de tact, l'imbécilité et la perversité digne d'Ataru de Rintarô, et le look sexy couplé au caractère façon Lamu de Koyori. Mais cette dernière est sans aucun doute plus bourrine que Lamu, car en Enfer il est aisé pour les démons de faire souffrir et de tuer les humains, puisque ceux-ci reviennent à la "vie" chaque jour ! La moindre contrariété trop forte vaut donc à Rintarô de se faire joyeusement décapiter à coups de batte cloutée par sa mignonne démone dans une immense giclée de sang... Avis aux fans de la comédie animée trash Dokuro-chan pour ceux qui connaissent !

C'est donc aux côtés de ces deux personnages et de leurs frasques que l'on découvre, au fil des chapitres, le fonctionnement de l'endroit, qui ressemble à une petite ville avec ses magasins de vêtements, ses tatoueurs, ses restaurants... Dans ce cadre, on découvre petit à petit une véritable petite société, où les tatouages personnalisés (notre héros se retrouve avec un joli coeur tout mimi) servent de GPS, et où une forme d'argent existe à travers des tampons et la Rancune, la monnaie locale qui s'acquiert en... se faisant torturer par sa démone pour expier ses péchés ! Très vite, Rintarô rencontre également d'autres personnes, comme Momoné, amie démone de Koyori ayant pour particularité d'avoir une paire de seins de rêve, et son humain attitré Yukihiko, qui est l'occasion de voir que dans ce monde les masochistes sont les plus riches ! Et c'est ainsi tout au long du volume, qui distille des idées qui auront peut-être leur importance plus tard (le fait qu'il existe des Enfers plus terribles pour les pires criminels) et d'autres qui prêtent simplement à sourire (Amazombie, la version infernale d'Amazon).

Bref, on suit sans déplaisir cette nouvelle "vie" de Rintarô, Reiji Suzumaru parvenant facilement à croquer un petit univers qui ne manque pas d'idées farfelues et qui parvient à mettre en place des personnages bien campés, même si niveau intrigue ça reste pour l'instant assez maigre (on se demande simplement quels sont les péchés faisant que Rintarô s'est retrouvé en Enfer, et ce qu'est le "vieillard aux yeux rouges" évoqué) et que la narration légère n'amène pas toujours très bien les situations. Et le tout est bien porté par un coup de crayon franchement pas désagréable : au-delà de décors assez bien fichus, l'auteur parvient à croquer une galerie de protagonistes expressifs et aux physiques bien différents. Le trait reste plutôt léger mais, à quelques reprises, s'offre quelques petites variations de style bienvenues (comme pour le vieillard dupant Rintarô, ou pour la scène sur la place des pénitents). Et si le physique un peu trop juvénile de Koyori pourra en rebuter certains, il faut avouer que Suzumura sait croquer sans problème des filles mignonnes et sexy à souhait. Notons toutefois que même si la série est classée dans la collection érotique de Glénat, cet érotisme est pour l'instant tout relatif par rapport à Minimum et Nude (pas de scènes de sexe, mais simplement des corps nus, des tenues un peu Sm sur les bords et des héros pervers). Enfin, comment ne pas évoquer les scènes de torture ? De ce côté-là, l'auteur se fait plutôt plaisir : entre les décapitations à la batte cloutée, les stations thermales qui dissolvent les corps et autres "joyeusetés", il y a de quoi s'amuser plus d'une fois de façon sadique face à tout ce que les personnages se prennent.

Entre érotisme léger et humour trash et débile, Love in the hell met en place son petit univers de plaisante manière, et constitue une bonne petite surprise franchement inattendue. Vous avez toujours rêvé de vous faire malmener par une jolie petite démone ? Ce titre est fait pour vous !

On appréciera également les pages bonus parsemant le tome, dans lesquelles l'auteur offre des croquis de son univers.
Image

Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9878
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Re: Love in the hell

Message non lu par Koiwai » 30 sept. 2015, 08:47

Tome 2 :

Rintaro Senkawa, 27 ans et mort bêtement, n'imaginait sûrement pas l'Enfer ainsi ! En tout cas, pour expier ses péchés, le voici contraint de subir jour après jour les supplices de la mignonne démone Koyori, tandis qu'il découvre petit à petit les spécificités de ce monde infernal.

Ainsi, son quotidien en Enfer, dans ce deuxième volume, l'amène à faire de nouvelles rencontres, parfois sans grande importance comme celle du grand couturier Ed Gein, et parfois plus drôles ou intrigantes, à l'image de celles avec le faiblard démon Kurio, ou avec Yoji, un démon ayant des vues sur Koyori. Bien sûr, il continue aussi de croiser des têtes déjà connues, comme cette chère Momoné et sa nouvelle tenue en cuir ultra sexy, ou Mako, ce travesti plus mignon qu'une fille, pour lequel les supplices avec sa démone sont plutôt un délice...
Et de fil en aiguille, certaines règles de l'Enfer se dévoilent encore à lui, notamment sur ce que représente la tenue pour les démons, sur la brièveté des emplois et leur réelle utilité... ou sur l'encéphalophagie, seul moyen de tuer définitivement un pécheur, dont on découvre l'horrible nature et les conséquences tragiques dans un chapitre étrangement plus dramatique que le reste.

Avec tout ça, l'humour trash est donc toujours de la partie via les tortures que subissent les humains, et les notes comiques plus discrètes restent elles aussi présentes, notamment via les quelques jeux de mots moisis que place l'auteur (après Amazombie, voici H&L). De même, les différents personnages restent bien campés (le côté "gamine candide" de Koyori alors qu'elle est une démone, le côté un peu idiot de Rintaro) et notre duo-vedette voit sa relation évolue tranquillement). Et la question de la raison pour laquelle notre héros est en Enfer refait un peu surface... Bref, il y a donc toujours, dans ce deuxième tome de Love in the hell, tout ce qu'il faut pour satisfaire celles et ceux qui ont aimé le premier volume.

Et pourtant, le bât blesse sur certains points, à commencer par une inventivité qui commence déjà à s'essouffler. Hormis 2-3 scènes très brèves, les tortures infligées sont beaucoup moins marquantes voire répétitives. L'univers infernal ne dévoile pas de grandes nouveautés ni de nouveaux lieux marquant. Quant à l'humour, il assume un mauvais goût encore plus prononcé, qui demandera parfois de vraiment prendre la lecture au trouzième degré comme on peut le faire avec un tome de Ladyboy vs Yakuzas. Mais au contraire du titre d'Akata qui profite de son mauvais goût pour développer d'autres choses, ici Reiji Suzumaru se contente de brèves scènes qu'il n'emboîte pas vraiment les unes aux autres, le récit manquant alors de consistance.
De ce manque de fil conducteur découle d'ailleurs l'autre gros problème : l'aspect trop indépendant des chapitres et, surtout, leur brièveté, font que l'auteur a une forte tendance à ne pas exploiter ses idées à fond et à les enchainer de façon basique. Plus d'une fois, certains gags semblent à peine esquissés, comme balancés à la va-vite. Certains chapitres se terminent un peu en queue de poisson. Et l'ambiance ainsi que l'impact de certains moments sont aux abonnés absents. En tête, le chapitre assez dramatique sur l'encéphalophagie, qui est bouclé beaucoup trop rapidement pour ne plus jamais être évoqué après. Comme si les personnages n'avaient jamais vécu ce drame.

Pour tout amateur d'humour de (parfois très) mauvais goût, de scènes un peu trash et d'érotisme léger, la lecture restera plaisante. Mais concrètement, la bonne surprise du premier tome s'estompe déjà en partie, la faute à un univers qui ne s'approfondit pas assez et à une inventivité moins présente.
Image

Avatar du membre
Koiwai
Rider on the Storm
Messages : 9878
Enregistré le : 18 avr. 2008, 11:52
Localisation : Lille

Re: Love in the hell

Message non lu par Koiwai » 19 nov. 2015, 19:40

Tome 3 :

Rintaro Senkawa, loser, égoïste et pervers invétéré, c'est bien habitué à sa vie en Enfer aux côtés de Koyori, sa petite démone attitrée avec laquelle il alterne moments agréables et instants de boucherie où il se fait sauvagement tuer pour expier ses péchés. Mais quand il croise dans la rue une jeune femme qui lui donne de l'argent sans raison, il ne sait pas encore jusqu'où ce petite événement va l'amener. Car de fil en aiguille, le voici sur les traces d'un passé qu'il avait préféré oublier, et l'heure est peut-être bel et bien venue pour lui d'expier ce pécha dont il ne se souvient plus et qui l'a conduit tout droit en Enfer...

En partant d'un petit événement anodin qu'est la rencontre avec la femme en début de tome, Reiji Suzumaru amène au fil du volume la conclusion de son récit, qui s'avère étonnamment assez satisfaisante puisqu'on a une vraie fin plutôt cohérente. Et pourtant, avant d'en arriver à cette fin de volume où tout se rejoint, on peinait à croire à la possibilité d'une conclusion satisfaisante ! On partait en effet sur le schéma devenu habituel de la série, avec un Rintaro enchainant les petits boulots, les nouvelles rencontres, les situations improbables et les événements malchanceux, pour un résultat faisant constamment dans un humour idiot et en dessous de la ceinture plutôt efficace.
Au bout du compte, on arrive pourtant sur une dernière ligne droite où Rintaro découvre enfin son péché (au demeurant profondément dramatique) et connaît un certain aboutissement dans son évolution mentale (exit le loser), dans sa situation en Enfer et dans sa relation avec la mignonne Koyori. Les quelques pistes sont fermées, aucune frustration à l'horizon.

Aucun frustration, hormis la sensation que tout va pourtant très vite dans la dernière ligne droite (surtout dans l'ultime danger menaçant Koyori, qui est réglé très vite... Et comment le monstre a-t-il pu sortir de l'Abîme ?), et que plusieurs pistes auraient pu être explorées sur la longueur pour enrichir un background qui, une fois le tome 1 passé, n'a finalement jamais décollé. Quel dommage de ne pas en voir plus sur l'Abîme, sur les autres villes de l'Enfer...

Le dernier volume de Love in the hell offre donc un mélange de satisfaction et de frustration. Frustration car le final apparaît quelque peu expéditif et l'univers aurait pu être exploré beaucoup, beaucoup plus. Satisfaction parce qu'on a malgré tout une vraie fin et que l'humour reste globalement efficace dans son genre.

Et si vous vous demandez toujours si la série vaut sa classification dans la collection érotique de Glénat... la réponse est non. On reste dans une comédie où l'aspect un peu coquin sert avant tout l'humour et l'univers général (un peu comme dans Prison School, s'il faut comparer à une autre série), à la différence d'un titre comme Minimum (pour citer un autre manga de la collection) où ça couche réellement.
Image

Répondre