Macross

Pour nous faire découvrir un animé, un film asiatique ou donner des informations relatives à ces univers.
Glass Heart
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Macross

Message non lu par Glass Heart » 26 janv. 2015, 20:30

Super Dimension Fortress Macross

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Studio: Studio Nue.
Editeur: Déclic Images.
Année: 1982-1983.
Episodes: 36.


Casting: Arihiro Hase (Hikaru Ichijo), Mari Iijima (Lynn Minmay), Mika Doi (Misa Hayase), Akira Kamiya (Roy Fokker), Noriko Ohara (Claudia LaSalle), Michio Hazama (Bruno J. Global),
Sho Hayami (Maximilian Jenius), Katsumi Suzuki (Hayao Kakizaki et Warera Nantes), Eri Takeda (Millia Fallina), Hirotaka Suzuoki (Rin Kaifun), Run Sasaki (Vanessa Laird), Hiromi Tsuru (Kim Kabirov),
Sanae Miyuki (Shammy Milliome), Ryusuke Obayashi (Exedol Folmo), Eiji Kanie (Britai Kridanik), Kosuke Meguro (Quamzin Kravshera et Conda Bromco), Yoshino Otori (Moruk Lap Lamiz),
Osamu Ishikawa (Golg Boddole Zer) et Tsutomu Fujii (Loli Dosel).



Chronique

Nous sommes en 2009. Le gouvernement des Nations Unifiées de la Terre célèbre le vol inaugural du Macross, un gigantesque vaisseau extraterrestre qui s'est écrasé sur une île du Pacifique dix ans auparavant et qui a été entièrement restauré par l'armée. C'est le moment que choisissent les zentradis, un peuple de guerriers de l'espace ressemblant à des géants, pour lancer l'assaut sur la planète. Afin de les éloigner, le capitaine Global décide de déclencher un "fold" le plus loin possible de la Terre. Malheureusement, "le plus loin possible" les entraîne bien au-delà qu'ils ne le pensaient, aux abords de la planète Pluton. Pour empirer encore davantage les choses, ce fold raté a téléporté non seulement le vaisseau mais aussi avec lui toute l'île et ses habitants, protégés dans des abris. Portant secours aux réfugiés, l'équipage les accueille au sein du Macross durant le long voyage de retour vers la Terre. Ici, l'humanité recrée les conditions de son environnement terrestre, rebâtissant les bâtiments puis toute la ville et reprenant le cours de leur vie normale, du moins aussi normale qu'elle puisse l'être à l'intérieur d'un vaisseau ciblé par les assauts incessants de la flotte zentradi.

Hikaru Ichijo, un jeune pilote prometteur, rejoint l'escadron de Valkyries de combats mené par son ami et mentor, le charismatique commandant Roy Fokker. Cette nouvelle existence au sein de l'armée et de ses règles commence difficilement tandis qu'en parallèle il voit son amie intime, la ravissante Lynn Minmay, démarrer une carrière d'idole à bord du vaisseau peu après l'inauguration de leur propre chaîne télévisée de divertissement. Donnant désormais des concerts, participant à des films, Minmay devient une figure du monde de l'entertainment, très éloigné de l'environnement militaire dans lequel évolue désormais Hikaru. Alors que la carrière de son amie va florissante, le jeune homme la sent s'éloigner de plus en plus de lui, passant beaucoup moins de temps ensemble, alors que son quotidien de pilote l'amène aussi à son lot de rencontres et de séparations, de relations de camaraderie qui évoluent en amitié sincère et de morts tragiques qui le laissent marqué. Mais surtout, Hikaru, comme le reste de l'équipage, est en quête de réponses au sujet de leurs mystérieux ennemis zentradis: qui sont-ils, d'où viennent-ils, pourquoi les attaquent-ils, ont-ils vraiment la puissance de détruire la Terre, et surtout pourquoi hésitent-ils à les détruire s'ils l'ont ? A mesure que les événements se succèdent, les héros du Macross découvrent les réponses, souvent surprenantes, qui viennent remettre en cause tout ce qu'ils pensaient savoir sur leur compte, et surtout les rapports qu'ils entretiennent avec eux et qui pourraient s'avérer déterminants sur l'issue de la guerre.

Malgré son ton relativement léger en apparence, Macross est ainsi une série beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y parait, notamment d'un point de vue narratif. Produite en plein boom du genre "real-robot" inauguré avec le succès historique des films de Mobile Suit Gundam, le concept s'inspire grandement de ces derniers à la base: l'histoire de l'odyssée spatiale d'un vaisseau lors de son voyage retour vers la Terre avec de nombreuses batailles de méchas. L'originalité de Macross est d'avoir su alterner avec une dimension sociale amenée de manière originale et qui devient vite la marque de fabrique de la franchise: le Macross n'est pas seulement un vaisseau spatial de guerre, c'est aussi un environnement de vie où plus de 50 000 personnes ont rebâti leur monde. A l'intérieur, les militaires peuvent ainsi côtoyer régulièrement des civils, faire du shopping ou aller voir le dernier concert de la star en pleine ascension Lynn Minmay dont les chansons empreintes d'innocence et d'espoir charment l'intégralité du vaisseau. Et si terriens et zentradis ne cessent de se combattre sur le terrain militaire, la bataille s'avère tout autant d'ordre culturel lorsque cette race guerrière découvre une culture qui lui est totalement inconnue, qu'elle a du mal à comprendre mais qui la touche cependant avec ses messages de paix et d'amour. La culture, véhiculée par les chansons de Minmay, devient ainsi la plus puissante des armes et incarne une forme de colonisation traitée à la fois de manière légère, humoristique et pourtant perspicace. Car si on dénombre un certain manichéisme, voire même un certain chauvinisme, dans le traitement de la thématique du choc des cultures, l'intrigue réussit néanmoins à rebondir dessus pour planter le décor d'un autre conflit encore plus philosophique qui démarre sur la fin de la série et qui se poursuivra au cours des séries suivantes de la franchise.

La force de la série est aussi d'avoir construit un casting de personnages attachants et souvent émouvants dont les évolutions sont souvent très intéressantes et servent l'histoire. On s'intéresse tout autant à suivre leurs développements et les relations qu'ils partagent au quotidien qu'à voir le conflit avec les zentradis évoluer, les intrigues sur la guerre et sur le showbiz finissant même par devenir directement liés à un stade avancé de la série. Hikaru et Minmay démarrent en tant que jeunes adolescents perdus à bord d'un vaisseau sans savoir quoi faire. Tout semble les rapprocher alors, et pourtant les événements qui suivent les engagent dans deux voies radicalement différentes qui se croiseront de moins en moins fréquemment et où de nombreux malentendus viendront empêcher leurs retrouvailles. Cela les rapproche d'autres personnages appartenant à leurs univers respectifs, de l'antimilitariste convaincu Rin Kaifun qui se sert de la carrière de sa cousine Minmay pour faire entendre sa voix politique contestataire, à la jeune lieutenante Misa Hayase, une boulimique de travail froide et détachée en apparence, qui n'a pas fait le deuil de la mort tragique de son ancien amant soldat et avec qui les relations avec Hikaru sont souvent compliquées, ces différences portant cependant les racines d'une relation personnelle et professionnelle sincère entre les deux. A cela s'ajoutent aussi le très charismatique commandant Roy Fokker, un pilote d'élite et véritable bourreau des coeurs qui sert de mentor à Hikaru aussi bien sur le terrain du pilotage de chasse que sur celui de la conquête des filles, voulant voir son jeune protégé s'épanouir dans sa vie privée et s'entourer de camarades de confiance sur la route qui le mènera à devenir un pilote d'élite capable de lui succéder si le pire devait arriver, ou sa compagne Claudia LaSalle, la séduisante navigatrice du vaisseau qui tente d'aider au mieux son amie Misa à profiter un peu plus pleinement de la vie, gâchant sa jeunesse dans le souvenir d'un défunt. Ces personnages, entourés de quelques autres davantage relégués au rang d'éléments comiques habituels, forment le coeur de cette série et c'est à travers toutes leurs histoires que cette grande odyssée spatiale trouve sa force humaine, particulièrement riche avec une foule d'ambiances et d'émotions différentes. Sans personnages clairement caractérisés pour vivre ce conflit et sans une Lynn Minmay correctement développée dans sa vie privée, dans l'évolution de sa carrière et dans ses chansons, dans ses moments d'innocence et dans ses doutes sur ses choix de vie lors d'une deuxième partie la voyant décliner personnellement et professionnellement, la série n'aurait eu aucune cohérence mais le travail derrière s'avère tellement bien pensé, tellement bien développé et tellement abouti que Macross s'impose comme un véritable monument de la SF, un chef d'oeuvre dont les maigres défauts ne tarissent en rien l'efficacité imbattable de l'ensemble et le génie derrière.

Diffusé pour la première fois au début des années 80, Macross n'a pas à rougir de sa réalisation qui, si elle a vieilli visuellement, reste néanmoins toujours très efficace et prenante. L'animation était superbe pour l'époque et l'ensemble reste toujours spectaculaire à sa façon encore aujourd'hui, avec le charme rétro qu'il dégage. Seul un épisode présente un certain laisser-aller avec des séquences qui ne sont de toute évidence pas achevées mais cela reste bien mineur en comparaison du niveau du reste. Le travail sur le son est également impeccable, notamment par l'emploi magistral des bruitages qui crée toute une atmosphère dominant la série, ainsi que les musiques qui sont très présentes, notamment avec les chansons de la belle Minmay. On doit saluer aussi le travail de l'éditeur Déclic Images: la remasterisation de la série est somptueuse, l'image et le son sont de top qualité et on peut dire que la série est complètement dépoussiérée par ce travail d'orfèvres. L'éditeur a par ailleurs fait le choix de ne proposer dans ce coffret que la série Macross originale et non son adaptation "réinventée" Robotech qui est certes beaucoup plus connue en Occident mais qui n'est au final qu'une série très différente crée à partir de trois animés distincts et sans aucun lien narratif direct entre eux. Une édition collector qui s'adresse donc en priorité à ceux qui voudraient découvrir l'oeuvre originale et aux allergiques des adaptations libres occidentalisées qui ont contribué à faire connaître de nombreux animés à l'époque mais qui sont aujourd'hui sujets à d'interminables controverses. En l'état, la version japonaise qui nous est proposée en exclusivité est excellente et, ne connaissant pas la version française pour ma part, je ne peux pas établir de comparaison directe pas les deux. Je me contenterais simplement de dire que le Macross qu'on nous propose de découvrir ici est réellement top-rate et que je ne peux que conseiller aux néophytes de la découvrir sous cette forme car c'est ainsi qu'elle a été pensée et conçue, et non dans une version occidentale réputée pour être censurée avec un humour très contesté.

Du côté de l'édition, chapeau bas encore une fois à Déclic. Le coffret est somptueux et de très bonne qualité avec un choix d'illustrations assez classes. Les 36 épisodes qui composent la série sont proposés sur six disques dont l'interface des menus est excellente et surtout animée en permanence avec des animations 3D sympathiques. Le tout est accompagné d'un septième dvd de suppléments contenant des dossiers comme des articles ou des interviews (qui auraient certainement davantage trouvé leur place dans le livret que sur un disque cependant), des vidéos promotionnelles comme un reportage ou des bandes-annonces, et surtout des extraits de l'OST de la série correspondant aux chansons de Lynn Minmay, interprétées par la chanteuse et comédienne Mari Iijima qui double le personnage. Si l'interface de ces bonus est très similaire à celle des épisodes de la série, on regrettera cependant des animations un peu longues lorsqu'on passe d'un menu à l'autre, même si on reconnait le travail et les bonnes intentions de l'éditeur. Enfin, comme d'habitude avec Déclic, on trouve un petit livret contenant un certain nombre d'informations générales sur la série et sur son adaptation occidentale "Robotech" susceptibles d'intéresser essentiellement les néophytes, les fans connaissant certainement déjà tout cela.

Derrière ce coffret collector magnifique se trouve une série d'animation culte qui a contribué à l'essor du genre mécha "real-robot" au même titre que la sacro-sainte franchise Gundam, un chef d'oeuvre de la SF connu par beaucoup et pourtant encore trop méconnu sous sa véritable forme tant l'adaptation occidentale est réputée pour être très éloignée de l'esprit de l'oeuvre d'origine. C'est ce retour aux sources, au mythe original, que nous propose aujourd'hui l'éditeur Déclic Images avec cette édition de collection qui ravira à n'en point douter les fans de Macross, de ceux qui regardaient "Youpi! L'école est finie" sur La Cinq aux petits nouveaux qui découvriront pour la première fois ce mythe de l'animation japonaise. Macross est aujourd'hui une franchise importante qui, sans rivaliser avec l'increvable franchise Gundam, comporte un bon nombre de séries dont plusieurs n'ont malheureusement pas eu les honneurs d'une sortie en France et qui tirent toutes leurs origines de ce joyau de la SF, symbolisant bien l'impact que cette saga continue d'avoir dans son pays natal avec une nouvelle série déjà programmée pour les prochaines années, près d'une décennie après la dernière incarnation en date (Macross Frontier en 2008).

Verdict: Excellent (19/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 28 janv. 2015, 17:02, modifié 1 fois.

Glass Heart
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Re: Macross

Message non lu par Glass Heart » 27 janv. 2015, 16:40

Macross: Do You Remember Love ?

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Studio: Studio Nue.
Année: 1984.
Durée: 1h55.


Casting: Mari Iijima (Lynn Minmay), Arihiro Hase (Hikaru Ichijo), Mika Doi (Misa Hayase), Akira Kamiya (Roy Fokker), Noriko Ohara (Claudia LaSalle), Michio Hazama (Bruno J. Global),
Sho Hayami (Maximilian Jenius), Katsumi Suzuki (Hayao Kakizaki), Hirotaka Suzuoki (Rin Kaifun), Eiji Kanie (Britai Kridanik), Ryusuke Obayashi (Exedol Folmo), Eri Takeda (Millia Fallina),
Run Sasaki (Vanessa Laird), Hiromi Tsuru (Kim Kabirov), Sanae Miyuki (Shammy Milliome) et Yoshino Otori (Moruk Lap Lamiz).


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Critique

Nous sommes en 2009. Le Macross, gigantesque vaisseau transportant 50 000 vies à son bord, entame son voyage de retour vers la Terre après s'être téléporté au loin dans l'espace au cours de l'attaque menée par la flotte zentradi. Au cours d'une des nombreuses batailles, le pilote Hikaru Ichijo sauve la vie de Lynn Minmay, une jeune star de la chanson. C'est le début d'une belle romance entre les deux adolescents, mais le destin va les séparer lorsqu'un rencart dans l'espace s'achève sur leur capture par l'armée ennemie. Parvenant à s'enfuir avec le lieutenant Misa Hayase, sa supérieure hiérarchique, Hikaru ne parvient cependant pas à secourir Minmay et il dérive jusque sur une lointaine planète inhabitée à l'environnement hostile où Hayase et lui deviennent les seuls êtres vivants au monde. Parviendront-ils à rejoindre le Macross et à sauver Minmay des griffes de ceux qui voudraient détruire la culture humaine ?

Ce film de Macross, "Do You Remember Love ?", est une adaptation ambitieuse de l'oeuvre originale. Loin de se contenter de résumer la série, ce qui n'aurait eu guère de sens vu la richesse de cette dernière et le nombre d'éléments qu'il aurait fallu sacrifier, le film préfère ainsi raconter l'histoire de manière différente, reprenant les grandes lignes de l'intrigue, les personnages et certaines scènes phares pour créer une toute nouvelle histoire à partir de ces éléments. Le fond reste le même, les thématiques sont similaires, les personnages remplissent les mêmes rôles mais le déroulement est simplifié de manière à être toujours plus direct dans ses développements tout en racontant une histoire complète. Cela se ressent notamment au niveau des personnages principaux dont la rencontre est très différente. Au stade où le film commence, Hikaru fait déjà partie de l'escadron de Valkyries du vaisseau tandis que Minmay est déjà une gloire de la chanson. Pas d'évolution progressive dans leurs carrières respectives, pas de seconde partie de l'histoire sur le déclin de la carrière de Minmay et sa quête identitaire, les personnages restent à peu près les mêmes d'un bout à l'autre, ils ne sont pas envahis par les mêmes doutes que dans la série et l'intrigue se focalise essentiellement sur leur romance et sur le triangle amoureux qui se noue avec le lieutenant Hayase. Certains événements phares de l'histoire sont également repris mais abordés de manière très différente par rapport à la série, parfois mieux (la scène du baiser entre Hikaru et Minmay, l'approche est bien meilleure que dans la série), parfois moins bien (les deux morts principales, amenées sans subtilité), mais ils arrivent à retrouver dans l'ensemble la même portée émotionnelle et la même poésie que dans la série.

Les musiques de Minmay tiennent par ailleurs une place particulièrement importante dans le film, plus encore que dans la série même. Cette fois, on est face à une vraie comédie musicale où les chansons accompagnent nombre d'événements et cela en appuie d'autant plus son absence pendant la demie-heure qui s'apparente, tant narrativement qu'esthétiquement, à une traversée du désert pour le héros Hikaru, séparé de celle qui était devenue son âme. Les chansons sont pour l'essentiel reprises de la série mais on a aussi droit à quelques nouvelles compositions. On retient tout particulièrement le magnifique "Do You Remember Love ?", thème phare du film, qui offre à Mari Iijima sa plus belle prestation vocale de la franchise Macross. On doit noter à ce titre aussi la mise en scène poétique et bourrée de trouvailles visuelles qui accompagne ces musiques, contribuant à leur donner encore plus de magnificence là où la série restait relativement light de ce côté là.

Loin de reprendre les extraits de la série, la réalisation de "Do You Remember Love ?" a été complètement retravaillée. Les gros moyens ont été mis du côté de l'animation qui est absolument somptueuse pour un film de 1984, tandis que l'esthétique visuelle a été complètement retravaillée et les designs des personnages améliorés (on notera au passage que les zentradis ont désormais un aspect beaucoup plus extraterrestre). Surtout, la mise en scène est parfaitement maîtrisée, audacieuse, ambitieuse, bourrée d'idées et de trouvailles visuelles en tout genre. Prenez n'importe quelle scène déjà vue dans la série, elle perd peut-être un peu en développement narratif mais elle gagne en revanche énormément en terme de mise en scène, d'exécution. Plus qu'une réinvention efficace et intelligente (bien que plus synthétique) de la série d'origine, ce film de Macross est surtout un magnifique spectacle visuel qui permet de retrouver les personnages et l'univers tout en en prenant plein la vue pendant deux heures avec une mise en scène virtuose et des séquences musicales magistrales.

Loin d'être la traditionnelle adaptation allégée de la série que l'on aurait pu craindre, "Do You Remember Love ?" s'impose comme une véritable célébration du mythe Macross, un cadeau destiné à ceux qui ont aimé cet univers et ses personnages et qui voudraient en profiter une nouvelle fois avec un film qui ne soit ni un résumé de la série ni une adaptation libre bancale mais une toute nouvelle histoire qui retrouve tout l'esprit et toute la force de l'original dans le respect le plus profond et avec la volonté de parvenir à un résultat qui soit tout aussi abouti, à la fois fidèle et différent, mais surtout qui soit "Macross" avec cette grande odyssée spatiale, les chansons de Lynn Minmay et tout ce qui a fait de cette oeuvre une histoire tellement acclamée et aimée des spectateurs. "Do You Remember Love ?" est une reprise, un encore qui prend les airs d'un véritable clou du spectacle et qui s'impose comme une grande oeuvre d'animation, compagnon indispensable de la série elle-même et quasiment l'égale de cette dernière, mais surtout comme une véritable déclaration d'amour des créateurs à cette oeuvre magistrale et à tous ceux qui l'ont aimé. Les craintes sont donc dissipées, ce film de Macross s'avère tout aussi incontournable que la série dont il est adapté et les fans retrouveront sans problème toute la magie de cette oeuvre sans pareille.

Verdict: Excellent (19/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 28 janv. 2015, 17:06, modifié 2 fois.

Glass Heart
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Re: Macross

Message non lu par Glass Heart » 27 janv. 2015, 17:17

Macross: Flashback 2012

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Studio: Studio Nue.
Année: 1987.
Durée: 30 mn.


Casting: Mari Iijima (Lynn Minmay).


Critique

Année 2012. Lynn Minmay tient son concert d'adieu sur Terre, entourée de spectateurs humains et zentradis venus l'acclamer et vivant désormais en harmonie dans leur nouveau monde qui commence enfin à revivre trois ans après la catastrophe. Tout le long de ses chansons, elle se remémore les aventures du Macross et sa romance courte, intense et éphémère avec le lieutenant Hikaru Ichijo. Le lendemain, l'heure du départ est enfin arrivée pour celle qui avait promis à Hikaru et à Misa Hayase de partir les rejoindre dans l'espace à bord du vaisseau de Misa, devenue capitaine, une fois qu'elle sera redevenue la star de la chanson qu'elle a toujours rêvé d'être, et de partir ensemble à la découverte de nouveaux mondes encore inconnus, marquant le début d'une nouvelle ère de colonisation spatiale.

Ce moyen métrage musical, parfois diffusé comme un épilogue au film "Do You Remember Love ?", fait ainsi office de conclusion à l'histoire du Macross original, aussi bien la série que le film. Il s'agit d'un concert reprenant l'ensemble du répertoire de Lynn Minmay (chanté par sa seiyu Mari Iijima) et accompagné de séquences mêlant des images de la série animée, du film et même des images d'archives réelles liées aux deux grandes guerres mondiales avec une mise en scène appuyant le parallèle avec les événements de la série et l'idée centrale de la saga que la musique est une forme d'art ultime permettant de réconcilier les peuples au-delà de leurs différences pour faire cesser les guerres et bâtir un monde en paix durable.

Magnifiquement réalisé et interprété, ce véritable hommage aux chansons phares de la série et au personnage de Lynn Minmay était à l'origine une sorte de bouquet final, d'adieu émouvant des créateurs de Macross à leur univers et à la culture qui l'entourait, pensant alors être arrivés au terme de leur franchise et organiser cette grande célébration afin de conclure l'aventure en beauté. L'émotion est très présente, la tristesse aussi et il est évident que ce concert était censé marquer les adieux définitifs avec le départ des héros vers d'autres mondes inconnus. Malgré le fait que la saga se soit finalement poursuivie avec de nouvelles aventures tournant autour de nouveaux personnages, l'émotion reste toutefois très forte car cet oav est toujours le dernier contact des spectateurs avec les personnages emblématiques que sont Lynn Minmay, Hikaru Ichijo et avec toutes ces chansons qui ont marqué l'inconscient populaire, et aussi tout simplement parce que cette collection de séquences musicales est en soi un magnifique joyau d'émotions accompagné d'une mise en scène brillante. Certainement la plus belle des conclusions qui pouvait mettre le point final à l'aventure originale: un véritable hymne aux chansons qui ont fait le succès de cette série, véritable monument de l'animation SF qui est toujours aimée par des générations entières de fans plus de 30 ans après sa diffusion originale.

Verdict: Excellent (18/20).
Modifié en dernier par Glass Heart le 28 janv. 2015, 17:06, modifié 5 fois.

Glass Heart
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Re: Macross

Message non lu par Glass Heart » 27 janv. 2015, 22:58

Macross Zero

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Studio: Satelight.
Année: 2002-2004.
Episodes: 5.


Casting: Kenichi Suzumura (Shin Kudo), Sanae Kobayashi (Sara Nome), Yuka Nanri (Mao Nome), Naomi Shindo (Aries Turner), Akira Kamiya (Roy Fokker), Minami Takayama (Nora Polyanski),
Ryuzaburo Otomo (D.D. Ivanov), Tamio Oki (Nutouk), Sousuke Komuri (Edgar LaSalle) et Nachi Nozawa (Dr. Hasford).



Critique

Année 2008. La guerre d'unification fait rage entre l'armée des Nations Unifiées de la Terre et celle des forces Anti-Union. Le conflit a commencé près d'une décennie plus tôt, en 1999, avec le crash d'un gigantesque vaisseau à la technologie extraterrestre sur une île du Pacifique. Depuis, la science a fait un grand bond en avant et les scientifiques semblent sur le point de pouvoir répondre aux grandes questions sur les origines de l'humanité. L'éminent Dr. Hasford a consacré sa vie à une étude selon laquelle l'humanité serait issue de manipulations génétiques orchestrées par une ancienne civilisation, la "protoculture", sur les autochtones. Une théorie que sa disciple, le Dr. Aries Turner, est partie vérifier dans le sud du Pacifique à la recherche de l'île où son mentor a élaboré sa théorie en étudiant les ruines et les légendes locales au sujet de l'Homme-Oiseau, une divinité qui serait à l'origine de la naissance de l'humanité. Mais le voyage lui réserve quelques surprises par la présence de Roy Fokker, un pilote d'élite des forces des Nations Unifiées et son ancien amant.

Au cours d'une bataille aérienne acharnée entre les deux armées, le Valkyrie de Shin Kudo est abattu et le jeune homme échoue sur la plage d'une petite île où il est secouru et soigné par les habitants du village local. Mais tous ne se réjouissent d'avoir un étranger dans les parages, surtout un soldat risquant d'amener la violence et le conflit sur leur visage paisible. C'est notamment le cas de la prêtresse locale Sara qui tente de préserver les coutumes conservatrices du village et qui voit l'arrivée de Shin et l'aide qu'il apporte au villageois pour réparer les vieilles machines d'un mauvais oeil. Selon elle, les villageois devraient renoncer à la civilisation des grandes villes pour vivre en harmonie avec la nature et avec leurs croyances. Elle voit en Shin les germes de temps sombres à venir. Malheureusement pour elle, sa soeur Mao s'entiche vite du nouvel arrivant capable d'assouvir sa curiosité sur le monde extérieur. Alors que Shin est retrouvé par son armée et rejoint l'escadron Skull du commandant Fokker, l'île Mayan tombe sous le radar des scientifiques des deux armées. Très vite, les militaires débarquent et l'île devient un champ de bataille, les deux camps cherchan "l'Homme-Oiseau", la divinité locale qui serait en fait une divinité extraterrestre liée à la théorie de la protoculture.

Annoncé comme un préquel à la légendaire série télévisée Super Dimension Fortress Macross, Macross Zero a de quoi surprendre. En effet, cette série d'oav s'avère ne pas avoir grand lien avec la série originale et raconter essentiellement une histoire annexe à l'intérêt tout relatif au sein de la mythologie générale. L'esprit Macross est celui d'une grande odyssée spatiale sur fond de batailles de méchas contre des extraterrestres et de musiques J-pop chantées par des héroïnes "idoles" des séries. Ici, on a affaire à une série très différente qui parait initialement aborder la thématique de la guerre sous un angle plus réaliste (pas d'armée extraterrestre ici mais deux camps tout ce qu'il y a de plus humain) pour finalement basculer dans le fantastique et le mysticisme avec l'apparition d'une divinité locale "extraterrestre" qui fait davantage penser à un Ange d'Evangelion qu'à quoique ce soit qu'on ait pu voir dans la franchise Macross. La série se veut une oeuvre plus sérieuse et plus violente avec les airs d'une fable écologique: la guerre représente une menace pour la tranquillité d'un petit village paisible du bout du monde et pour la nature qui l'entoure. Un jour, tout le monde vit tranquillement loin des soucis du reste du monde, un soldat débarque de nulle part, et le lendemain l'île devient un champ de bataille ravagé où règne la destruction et la mort. Tout cela sur fond d'une intrigue de recherche archéologique étudiant le mythe d'une divinité locale afin de retrouver une forme de vie extraterrestre qui détiendrait la clé de la vie sur la Terre, rien que ça. Quelque part, ce genre de thématiques tirées par les cheveux ressemblerait bien au côté décalé de la saga Macross, encore faut-il que cela soit assumé. Or ici, pas de grande épopée SF, pas d'idole japonaise, pas même de musiques J-pop capable de mettre fin aux guerres et d'amener deux peuples à vivre en harmonie et en paix (les musiques de Macross Zero sont des chants de prêtresse et ne tiennent pas du tout le même rôle que dans les autres séries). Macross se prend TRES (beaucoup trop) au sérieux et si le côté décalé est bien présent, le traitement affiche une certaine prétention, se prenant pour une grande oeuvre à la Evangelion sans pour autant afficher la même maîtrise que cette dernière dans le traitement de son histoire et de ses thématiques.

L'histoire de Macross Zero ne se montre pas particulièrement originale, tellement peu inspirée en fait que l'on peut même anticiper de nombreux développements tant ça reste de l'ordre du classique. Les personnages ne sont guère plus inspirés, se contentant de stéréotypes connus (le soldat lambda qui échoue sur une île et qui va tenter de la protéger de la guerre, la prêtresse qui voit l'arrivée du soldat comme un mauvais présage mais qui finit par tomber sous son charme, et la traditionnelle gamine agaçante de RPG japonais qui s'éprend du héros et qui l'accompagne partout où il va en servant d'élément comique de la série), et même le parallèle mythologique entre leur triangle amoureux et les légendes de l'île ne suffit pas à en faire des personnages intéressants. Les autres personnages tentent de se montrer plus ambigus mais c'est tellement mal traité qu'ils restent unidimensionnels. L'exemple le plus parlant est celui du Dr. Aries Turner qui est censé être un personnage complexe et torturé mais qui ne suit en fait qu'une seule ligne de conduite sans la moindre ambiguité: poursuivre ses recherches en dépit de l'éthique. Pas de doute, pas de scrupule, son âme est déjà vendue et elle n'affiche aucun remord. Quant aux "méchants" (car oui, on parle bien de méchants, il y a bien un camp complètement pourri jusqu'à la moelle), ils sont ultra-caricaturaux et le coeur des fans de Macross risque de saigner à ce niveau tant c'est un massacre. Pour ne rien arranger, la série fait même revenir le personnage de Roy Fokker, l'un des plus classes et des plus populaires de la série originale, sans que sa présence ne soit justifiée autrement que par une romance bidon avec le Dr. Turner.

L'un des problèmes de Macross Zero vient de sa réalisation. Rien à redire du côté de l'animation qui est magnifique ou des séquences de batailles aériennes qui sont magistralement chorégraphiées et mises en scène et qui s'imposent sans conteste comme les moments forts de cette série d'oav, mais pour le reste on ne peut pas dire que le travail de réalisation soit une franche réussite. Qu'elle tente de faire de la poésie visuelle ou de soulever l'horreur de la guerre avec des passages violents, la série tombe souvent à côté de la plaque, se contentant de raconter son histoire sans jamais vraiment réussir à transmettre les émotions voulues. Les moments poétiques ne fonctionnent qu'à moitié (on salue l'effort, disons) et les scènes de violence ont un effet plus que médiocre. On suit le déroulement de l'histoire mais à aucun moment celle-ci ne parvient à nous plonger dans son ambiance, sauf lors des moments de batailles aériennes qui parviennent à sauver un peu le tout par leur virtuosité et leur mise en scène imbattable. Et la narration elle-même se révèle souvent confuse, engendrant un flot incalculable d'informations qui sont déjà assez difficiles à suivre pour les habitués de la franchise et qui risquent de perdre complètement les néophytes (autant pour le préquel !). Le problème à ce niveau est que la série jongle sans cesse sur deux niveaux de lecture, le premier sur les mythes locaux à des divinités, le second sur les théories scientifiques et les formes de vie extraterrestres, et la narration n'arrive pas à alterner avec fluidité entre ces deux niveaux de lecture qui s'opposent sans cesse, perdant le spectateur qui cherche à comprendre ce qu'il se passe, la vérité se situant sans cesse quelque part entre les deux. Macross Zero est le type même de la série où il faut être très attentif pour arriver à suivre le scénario mais qui, contrairement à un Evangelion (dont elle s'inspire de toute évidence), ne prend jamais le temps de se poser pour développer tout ça de manière un peu plus compréhensible.

Au bout du compte, on trouve là une série plutôt moyenne, qui se regarde sans trop de problème mais qui n'est pas du tout à la hauteur des attentes placées en elle. Macross Zero n'est pas du tout digne de son statut auto-revendiqué de préquel, l'histoire étant même carrément incompréhensible pour ceux qui n'auraient pas vu Super Dimension Fortress Macross auparavant, et elle ne constitue pas non plus une introduction idéale à l'univers Macross tant son esprit est radicalement différent de l'ADN habituel de la franchise. C'est une histoire annexe qui se déroule un an avant la série originale mais qu'il vaut mieux ne pas voir avant d'avoir terminée cette dernière. Surtout, la série a bien du mal à convaincre: l'histoire n'est pas particulièrement originale, les personnages ne sont guère intéressants, les rebondissements donnent l'impression qu'on connait déjà par coeur le déroulement de l'intrigue, les musiques ne convainquent pas plus que ça, la magie habituelle de la saga Macross est absente pour laisser la place à un ersatz d'Evangelion, et surtout la réalisation est un demi-échec qui ne réussit presque jamais à créer les effets voulus même si elle reste regardable. Cette série vaut peut-être le coup d'y jeter un oeil une fois qu'on a vu la série originale, par curiosité, mais elle n'est pas suffisamment mémorable et comporte beaucoup trop de défauts pour arriver à s'imposer comme un incontournable de la franchise, sa contribution à la mythologie étant elle-même très relative, le comble pour une série qui tente de se poser comme un préquel. Là pour le coup, il ne faut pas attendre vraiment de réponses sur les mystères de la série originale mais plutôt une foule de nouvelles questions qui relèvent plus ici de l'incapacité des scénaristes à nous raconter leur histoire de manière claire qu'autre chose, c'est dire à quel point ce Macross Zero est passé complètement à côté de son objectif.

Verdict: Bon (12/20).

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