Iris Zero

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
Sorrow
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Iris Zero

Message non lu par Sorrow » 18 févr. 2012, 10:37

Iris Zero
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Dessin : Hotaru Takana
Scénario : Piro Shiki
Éditeur VF : Doki Doki
Traducteur : Michel Le Bras
Nombre de volumes en VO : 5 (en cours)
Nombre de volumes en VF : 2 (en cours)
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Après des années de lecture intensive, il apparaît parfois difficile de garder intact sa passion pour la BD japonaise. La répétition des schémas joue beaucoup dans cet état de fait, tout comme le traitement souvent bien trop superficiel des situations de base par rapport à leur potentiel. Une question légitime se pose alors : pourquoi poursuivre dans l’achat de nouveautés et ne pas se contenter de nos séries en cours ?
Fort heureusement, certains titres viennent nous remémorer ce qui nous a attiré en premier lieu dans le média, et savent ranimer cette flamme en lui conférant une chaleur nouvelle et sincère. Ainsi, derrière ses airs de manga scolaire classique, Iris Zéro appartient à ces titres aux multiples qualités, qui ne manquent pas de nous faire réfléchir et de nous émouvoir.

Iris Zéro, c’est l’histoire d’un jeune garçon ordinaire du nom de Tôru Mizushima. Il fait partie d’une nouvelle génération d’humains dotés naturellement dès la naissance d’un pouvoir de perception spécial, dénommé « iris ». Certains peuvent percevoir les mensonges, d’autres les vies antérieures, les liens amoureux, etc. Malheureusement pour lui, Tôru fait partie de l’infime pourcentage qui ne possède aucun iris, un « iris zéro ». Dans un monde où la normalité telle que nous la connaissons est maintenant devenue l’exception, il se retrouve l’objet de brimades et de persécutions à cause de sa différence. Pour survivre, Il décida alors d’opter pour une politique « d’exposition minimale » et de mener sa vie dans son coin, sans se mêler aux autres. Il était parvenu à se faire oublier, jusqu’à l’irruption dans sa morne routine d’une jeune fille, Koyuki Sasamori, une pétillante et adorable jeune personne qui requiert son aide. Celle-ci possède en effet de voir les personnes « qualifiées » pour accomplir une tâche spécifique. « Maudit » par la normalité dès sa naissance, Tôru a-t’il finalement son rôle à jouer dans une société où on lui fait sans cesse comprendre qu’il n’y a pas sa place ?

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Iris Zéro fait partie de cette catégorie de titres « feel good », en d’autres termes des séries abordant des sujets souvent lourds de sens d’une manière sérieuse et engagée, mais contrebalançant par une ambiance plus lumineuse ainsi que des personnages et des sentiments qui nous réchauffent le cœur.
Et en effet, cette nouveauté de Doki Doki, un éditeur qui a décidément le chic pour nous dénicher des perles ne payant pas de mine mais sortant pourtant de l’ordinaire, aborde quantité des thèmes variés et intemporels : exclusion, peur de la différence, mensonge, besoin de sociabilité pour vivre pleinement, etc. Si on part sur un univers composé d’enfants aux pouvoirs spéciaux, les auteurs d’Iris Zero prennent le contre-pied du genre en faisant de l’extraordinaire la norme. Retourner la situation est une jolie prémisse, qui fait bien davantage réfléchir par rapport à un héros « surhumain ». Personne ne veut être ordinaire au fond de lui, même si c’est rassurant par moment, raison pour laquelle le personnage principal dans la plupart des séries est souvent quelqu’un sortant de la « normale » dans un sens spectaculaire. Avec un personnage sans aucun pouvoir, notre identification au héros devient biaisée, et nous oblige à revoir notre définition de « héros de manga ». Une situation intéressante et qui nous change agréablement du schéma de base habituel.

Le thème du regard que nous portons sur le monde revête également ce quelque chose de fascinant, qui interpelle notre intellect. Chacun voit le monde à travers le prisme de son éducation, de sa culture, de ses convictions, pour le meilleur comme pour le pire. Mettre ce principe en action à travers des pouvoirs plus fantaisistes est une excellente façon d’illustrer ce propos, car chaque enfant doit apprendre à envisager le monde et le comprendre par l’intermédiaire de son iris propre, qui bouleverse la façon dont il doit concevoir ses relations avec les autres. Par exemple, quelqu’un qui voit les mensonges doit apprendre à faire la différence entre les mensonges qui blessent et les mensonges qui protègent, très différents dans leur intention et dans la façon dont ils doivent être considérés.
Bref, Iris Zero est riche en thèmes, bien traités de surcroît, et impossible à mentionner d’une manière qui leur rendrait justice dans une simple chronique. Affaire à suivre dans les prochaines, donc.

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Du côté des personnages, le manga promet beaucoup à ce niveau. Tôru nous apparaît immédiatement comme immensément sympathique, grâce à la force tranquille qu’il dégage face à sa situation. Il en est certes blessé psychologiquement, mais il ne déteste pas le monde pour autant, et fait simplement tout pour rester à l’écart. On est très loin de la victime larmoyante et qui s’apitoie sans cesse sur son sort. Si sa position n’est guère enviable, on voudrait avoir autant de force psychique que lui pour faire face à nos tracas quotidiens, et on ne peut que l’admirer dans la façon dont il voit les choses, sa capacité à se remettre en question, et la façon dont il ne reste pas non plus insensible aux appels des autres. Sans non plus trop occulter le propos de l’exclusion, les auteurs nous montrent la mise à l’écart de Tôru sous un jour non-fataliste, dans ses bons comme dans ses mauvais côtés, et la force qu’il pourra en tirer pour le futur.
Une autre flamme qui éclaire le manga, c’est bien sûr Koyuki, personnage qui a tout de la potiche parfaite mais on se rend rapidement à l’évidence qu’il n’en est rien. La bonne humeur, la sincérité et la sensibilité qu’elle dégage est ce qu’il y a de plus authentique et crédible, et on ne peut que l’adorer. C’est d’ailleurs vrai pour tous les personnages qui nous sont présentés jusqu’à maintenant, et c’est ce qui confère à Iris Zero une aura qu’on ne retrouve que trop peu ailleurs. Un sens du dialogue qui sonne juste, une excellente mise en scène, une personnalité bien cernée et originale des personnages, ainsi qu’une ambiance aigre-douce un rien mélancolique à laquelle on ne peut rester insensible si on apprécie le genre.

Côté dessin, on reste dans ce que je désignerais comme le style manga classique, un peu type animé. Si ce genre de graphisme n’a pas ma préférence (un peu trop lisse à mon goût), il est néanmoins indéniable qu’il est efficace dans Iris Zero, de par la chaleur qu’il dégage et le soin apporté aux cadrages et à la mise en scène du découpage. Il colle aussi très bien au style des personnages et tout simplement à l’ambiance de l’histoire. De plus, malgré le style graphique et l’univers qui se prêtent à ce genre d’histoires, le titre ne contient pas une once de fan-service, et les auteurs mettent même un point d’honneur à ne jamais tomber dedans, dans leur bonus de fin de volume. Un argument décisif qui conforte mon affection en devenir pour la série. Sex-appeal zero powaa ! En d’autres termes, pervers qui voulez vous rincez l’œil, passez votre chemin.
En ce qui concerne l’édition, Doki Doki reste une valeur sûre, chez qui on peut acheter les yeux fermés ou presque. La traduction est excellente dans ses registres de langage et son naturel, la qualité d’impression ne souffre d’aucun défaut, et le travail sur le logo est très bon par rapport à l’original. On sent aussi que l’éditeur croit en ce titre, et le pousse au maximum à travers une bande-annonce, des marques pages, etc. Et il a bien raison, tant la série mérite une place en pleine lumière.

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Qu’ajouter de plus ? Iris Zero fait partie de ces titres qui fonctionnent énormément à l’affect, capable de nous envoûter dès les premières pages si on est le public visé et si on est sensible aux thèmes développés. La série joue la carte du divertissement, de la tranche de vie, de l’émotion et part un peu dans le manga d’enquête par moment (style qui s’y prête bien avec les iris), tout en abordant des sujets fascinants et profonds. Les personnages sont attachants et proche de nous, et surtout, l’ambiance qui se dégage du titre est particulière, authentique tout en restant idéalisée. Bref, le mélange est particulier, banal tout en étant extraordinaire. Un peu à l’image de son héros ? Très certainement.
Difficile en réalité de condenser ma pensée sur ce que j’ai ressenti à la lecture de ce premier tome d’Iris Zero, œuvre qui nous ouvre nombre de pistes de réflexion au-delà du simple divertissement tout en demeurant très simple dans sa construction. Souhaitons simplement à la série de rencontrer son public, et d’être appréciée à sa juste valeur. Parce que ce sont des titres de cet acabit qui font du bien à la réputation du manga et pour lesquels je suis heureux d’avoir découvert cet univers.

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Modifié en dernier par Sorrow le 20 avr. 2012, 09:12, modifié 2 fois.
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Re: Iris Zero

Message non lu par Koiwai » 18 févr. 2012, 14:05

Message rapide, mais faisons vivre un peu le topic : en gros, je me retrouve pleinement dans la très belle chronique de Sorrow.

Une série qui commence de très belle manière, très loin des clichés que l'on pouvait attendre, il y a tout un propos sur le regard des autres, l'acceptation de soi, notamment, le tout étant traité sous un oeil plutôt novateur. Le concept de ce pouvoir qu'est l'Iris offre en filigranes une infinité de thèmes à aborder, comme c'est déjà le cas ici pour le mensonge, qui peut être salvateur dans certains cas. Les caractères sont tous bien différents et bien exploités. Le coup de crayon est trèèès agréable, clair, certaines bouilles sont irrésistibles. L'héroïne aurait pu tomber dans le cliché mais est vraiment attachante, franche et sans préjugés, elle est vraiment rafraichissante, ça fait plaisir de voir un personnage comme ça. Et j'aime beaucoup la bouille de la petite nouvelle avec ses longues couettes vers la fin du tome ^^

Bref, un début très attachant, frais et subtil, à tester sans hésitation. Je me demande si les auteurs comptent instaurer une vraie histoire de fond, mais j'avoue que pour l'instant je ne l'espère pas, tant il y a la possibilité d'aborder de jolie manière de nombreux thèmes via des petits arcs.
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Sorrow
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Re: Iris Zero

Message non lu par Sorrow » 20 avr. 2012, 09:11

Iris Zero 2


Comment définir le mieux Iris Zero en trois mots :

"Crédible". Les préoccupations des personnages, leurs réactions, leurs interactions… Tout sonne très vivant, ancré dans la réalité et dans ce que pourraient réellement ressentir ces jeunes dotés d’un pouvoir spécial, qui est souvent loin de leur faciliter la vie, à tel point que certains souhaiteraient peut-être même être né iris zero.
Ils ne cherchent pas à changer le monde, ni à faire régner la justice. Ils ont des pensées de leur âge, de lycéens, et il s’agit d’une période suffisamment difficile pour ne pas y inclure un drama supplémentaire.
L’épisode de la fête culturelle, grand classique des titres prenant place dans un lycée, est ainsi traitée par les auteurs d’un point de vue très simple, très réel, où seules les relations entre les personnages suffisent à nous rendre le titre intéressant, et même passionnant à suivre si on s’est attaché à eux.
L’aspect romantique, qu’on pressentait depuis le début, fait surface tout en douceur, dans une parfaite logique de liens qui se créent et de jeunes qui se découvrent. Il s’agit d’un passage obligé, non pas dans le but de créer une histoire, mais parce que les personnages ont déjà pris vie dans notre esprit et possèdent une existence propre, que nous prenons grand plaisir à vivre à leurs côtés.

"Profond". Apprendre à s’accepter comme on est et trouver une raison de vivre. Voilà déjà une quête d’une vie, pour ceux qui ont absolument besoin de comprendre pour avancer. Chacun des héros, à sa manière, se cherche une place et une utilité dans ce monde. Si Tôru a connu (et connaît toujours) la misère pour être né différent, c’est aussi en partie le lot de tous ceux dont nous suivons le quotidien dans la série, même s'il s'agit davantage d'une peine cachée.
Hijiri, derrière ses airs insouciants, possède un iris qui lui vaut une vie particulièrement difficile, lui rappelant sans cesse la fragilité de la vie et à quel point elle est éphémère. L’épisode de son flash-back est assez touchant dans sa mise en scène simple et vivante, porté par la narration du garçon, sans envolées lyriques exagérées, simplement un garçon qui raconte son expérience à une amie. Et qui a trouvé une réponse satisfaisante dans l’instant et qui lui permet de mieux supporter le poids de son pouvoirs. Crédible, à nouveau.

Et chacun apprend l’un de l’autre, se remet en question, face aux révélations et à leurs interactions. Koyuki par exemple, qui se pose des questions sur sa façon de vivre et d’interagir avec les gens, parfois un peu contre leur gré et leur envie de partager. Néanmoins, certaines personnes sont parfaites comme elles sont, et tenter de changer ou de s’abstenir d’agir et de comprendre leur ferait perdre tout ce qui constitue leur être profond. Quelque chose de parfaitement exprimé par Tôru à sa charmante amie. Une amie qui doit aussi maintenant apprendre à gérer ses propres sentiments naissants envers quelqu’un qui s’est toujours vu reléguer au plus bas de la hiérarchie sociale, et qui n’osera peut-être pas lui retourner ses sentiments dû à sa politique d’exposition minimale. De nouveau, pas besoin de grands méchants, de menaces terribles, ou bien de quiproquos et de terribles difficultés à surmonter pour créer une histoire dont on s’impatiente de connaître la suite. Simplement une bonne histoire et des personnages attachants et dont nous sommes concernés de façon empathique par leur avenir ensemble.

"Touchant". Iris Zero s’est toujours focalisé sur l’essentiel, n’essayant jamais de détourner le lecteur par des artifices sensés créer un suspens ou une situation comique juste parce que c'est dans le planning des charges. Les auteurs reviennent d'ailleurs sur le sujet en fin de volume : Iris Zero ne contiendra pas de ecchi. Jamais. Au point que les auteurs et leur responsable semblent avoir du batailler avec les dirigeants pour asseoir leur point de vue. Une telle intégrité fait plaisir à voir, et s’en ressent drastiquement dans l’affection qu’on porte à la série et l’atmosphère qu’elle dégage.

La série ne tente pas d’être. Elle est, tout simplement. À la manière d’un Yotsuba, l’émotion vient d’un subtil dosage de crédibilité, de réflexion de la part des auteurs, et d’une envie de divertir et de raconter simplement l’histoire de personnages humains. Une tâche bien plus difficile que de s’imaginer un héros au destin extraordinaire et aux pouvoirs surdimensionnés. Iris Zero s’adresse davantage à notre empathie et à notre capacité à nous attacher aux angoisses et aux désirs simples des personnages. Certains passages sont superbes par leur sincérité ; l’humour qui parsème cet univers n’a pas pour but de nous faire rire aux éclats mais simplement de créer un climat plus léger et de nous faire sourire jusqu’aux oreilles ; et les dialogues entre les héros et héroïnes suffit à faire passer une émotion qui nous reste longtemps en mémoire. L'ambiance qui se dégage du titre est vraiment chaleureuse, et constitue un excellent médicament pour l'âme.

Iris Zero n’est pas un titre qu’on lit pour se plonger dans une histoire haletante, aux multiples rebondissements mettant en scène une variété d’iris afin de créer un climat fantastique. On lit ce titre pour sa substantifique moelle, pour sa narration, pour passer un moment aux côtés de personnages terriblement attachants et vrais.
Iris Zero est un titre à lire pour être ému, pour se rappeler que la vie n’est pas facile, que nous avons tous notre croix à porter. Néanmoins, la série nous rappelle sans cesse que la vie est aussi remplie de petites joies simples et sincères, si on est dans le bon état d’esprit et qu’on ne cherche pas à combler le vide par des artifices superficiels et passagers.
Plus simplement, Iris Zero est l’un des meilleurs représentants d’une autre facette du manga, qui a su créer sa propre ambiance et sa propre personnalité, refusant le conformisme de ce genre de productions, et qui pour cette raison, vivra très longtemps, voire à jamais, dans la mémoire de ceux qui ont pris le temps de s’y essayer.
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Re: Iris Zero

Message non lu par Theranlove2_Olaya » 02 juin 2012, 11:11

Une série absolument superbe, mon coup de coeur seinen de ce début d'année j'imagine :mrgreen:
Les critiques sont justes et franches, tout ce qu'on aime. Concernant le manga j'adore le fait qu'il n'y ai aucun préjugé. Le fait qu'il y est zéro scène ecchi dans le manga est très appréciable aussi. Le coup de crayon est magnifique, les uniformes superbe au point que j'hésite à faire un cosplay de l'uniforme d'été des filles.
Enfin c'est du tout bon pour moi et j'attend la suite avec impatience ^^
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Re: Iris Zero

Message non lu par Sorrow » 17 févr. 2013, 17:43

Iris Zero 5

Un tome, un chapitre, une page… Parfois, certains instants dans une série l’élève à un tout autre niveau dans notre cœur. La concentration de ce qui nous a attiré dans le titre prend tout son sens en seulement quelques pages, et dans le cas de ce volume, peut-être juste quelques images.

Au premier abord, Iris Zero apparaissait comme un étrange mélange de tranche-de-vie, d’enquête et de fantastique, enrobé dans une bonne dose de tendresse et mené par des personnages qui respirent l’authenticité et le naturel, en passant de façon subtile et légère par le commentaire social sur la vie en société et l’acceptation de nous-mêmes et des autres. Cependant, comme tous les titres qui laissent leur marque sur leur lecteur, elle a su encore dépassé nos attentes.
Sincèrement, Iris Zero compte parmi l’un des très rares titres de ma bibliothèque où le destin de ses personnages m’importe réellement. Non pas en tant que simple acteur d’un titre de divertissement, mais quelque chose de plus profond, qui a su prendre vie dans mon esprit et à travers les pages de l’œuvre. Les mots, les attitudes, la narration, la sincérité derrière, le naturel des réactions, des interactions. Un véritable coup de cœur qui a su sonné de manière très juste en moi.

La série ne se définit pas qu’à travers le drama et les situations difficiles, au contraire, elle prend tout son sens dans les moments joyeux et plus légers après la tempête. Des moments qui constituent la majorité de ce tome, le dernier avant un bon moment, l’une des auteures ayant pris une pause à cause d’un heureux évènement.
Le premier chapitre et ses dernières pages font partie de ces moments en littérature qui resteront à jamais gravé dans mon esprit. Non pas en tant que tel pour la profondeur de leur propos, mais pour la chaleur sublime qui se dégagent de la narration de l’auteur et du trait du dessinateur. De ma vie, je n’ai jamais assisté à un moment à la fois aussi idéal et aussi réaliste en même temps, pratiquement la consécration des efforts et du rapprochement entre ces jeunes gens et des efforts de l’auteur pour nous y emmener. Et ce moment a été rendu possible uniquement par le fait que les auteurs ont su faire dépasser à « leurs enfants » le statut de héros de manga, et à simplement en faire de réels êtres vivants à travers leurs pages.

La série est en pause depuis un bon moment maintenant, et peut-être ne reprendra-elle pas, qui sait. Son existence même n’est que le fruit d’un heureux hasard éditorial si on en croit les bonus des auteurs. Néanmoins, si jamais cela s’avérait être le dernier tome, je n’ai absolument aucun regret à avoir commencé le titre et sans hésitation, je continuerai à recommander la série. Tout simplement parce qu’elle fait partie de ses rares œuvres qui se démarquent nettement par la passion et la tendresse de ses auteurs de faire vivre réellement leurs personnages dans notre monde, et à nous faire croire en leur existence. Elle parvient à réellement nous investir dans la vie de ces jeunes gens le temps de quelques pages, à nous faire réfléchir sur ce que signifie réellement « voir ». Pas seulement avec nos yeux, mais bien avec tout notre être et toute notre âme.

Âme, cœur, joie, intelligence, sincérité, espoir, chaleur, c’est tout cela, Iris Zero. Exceptionnel et indispensable aussi. Et là, tout est dit.
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Re: Iris Zero

Message non lu par Koiwai » 05 nov. 2014, 23:26

Tome 6 :

Il est enfin là ! Après de nombreux mois de pause, Iris Zéro a repris au Japon il y a quelques mois, et les éditions Doki Doki n'auront pas trop traîné pour nous amener le sixième volume de la série, qui nous arrive tout de même 21 mois après le tome 5 !

Heureusement, les attachants et si justes personnages de la série ne sont jamais vraiment sortis de notre mémoire, et l'on replonge très facilement dans leur quotidien, qui démarre par l'arrivée d'une nouvelle : Rei Hoshimiya, jeune fille dont l'Iris lui offre la capacité de jauger les gens selon un pourcentage... et il s'avère que Tôru est apte à 100% pour l'aider ! La mission du jeune garçon : retrouver le pendentif que Rei a perdu, et qui compte plus que tout pour elle. Seulement, Tôru acceptera-t-il ? Tourmenté par les remarques d'Asahi qui lui reproche d'ignorer volontairement les sentiments pourtant bien visibles de Koyuki, le jeune garçon habituellement si serviable ignore la demande de Rei, ce qui n'est pas sans conséquence. Koyuki, qui a observé les choses, se demande ce qui arrive à son ami, mais finit par s'enfuir en pleurant après une réplique cinglante de notre héros...

Talentueux pour croquer des personnages très justes, le duo d'auteurs Piroshiki/Hotaru Takana nous offre en Rei Hoshimiya une nouvelle venue qui ne change aucunement la donne. Vive et très naturelle, la demoiselle nous intrigue très rapidement, et amène avec elle une intrigue qui semble très classique avec la recherche d'un pendentif perdu. Mais qu'est-ce que cette affaire cache réellement ? Plus, beaucoup plus de choses qu'on pourrait le croire. Et la découverte progressive des tenants et aboutissants de l'affaire, principalement base sur l'esprit de déduction t d'observation de Tôru, va de nouveau pousser chacun des personnages à se révéler un peu plus.
Il y a, en premier lieu, la découverte du personnage de Rei, qui nous marque rapidement de par son absence de préjugé envers notre Iris Zéro. Mieux que ça, elle semble lui accorder une bienveillance dépassant la simple absence de préjugé. Mais pour quelle raison ? Nous découvrons cela avec intérêt, car en plus de révéler les tourments du passé profondément enfouis en la jeune fille et la raison faisant qu'elle tient tant en son pendentif, cela met en avant un cas d'Iris inédit et normalement impossible. Mais la vérité au sujet de l'Iris de Rei pourrait bien être plus cruelle que prévu...
Il y a, ensuite, l'autre nouveau personnage du tome, Misaki, amie d'enfance de Rei qui semble cacher bien des choses. Pourquoi agit-elle comme elle le fait, au risque de s'attirer la rancoeur de certains ?
Quant à Koyuki, quelle est la véritable raison l'ayant poussée à s'enfuir en pleurant ? Est-ce uniquement, est-ce réellement parce que Tôru lui a crié dessus ? N'y aurait-il pas une raison plus forte encore ?

Dans un récit habilement huilé, on découvre petit à petit les véritables réponses à ces énigmes, le résultat nous offrant une sorte d'enquête sublimant surtout les liens forts unissant chacun des personnages. De Misaki à Koyuki en passant par Rei et par Tôru, chacun a des raisons bien précises d'agir comme il le fait, et cette raison peut tenir en quelques mots, dont confiance et amitié. Les auteurs nous rappellent d'ailleurs, avec beaucoup de sens, la valeur réelle de ces mots et ce qu'ils impliquent.

Et c'est donc avec émotion et attachement que l'on découvre la vérité sur l'Iris de Rei, sur les actes de Misaki, et sur l'indéfectible et naturelle loyauté de notre chère Koyuki. Les auteurs continuent d'exploiter avec brio les liens forts de leurs personnages (Hijiri et les autres ont beau être ici plus discrets, ils ont néanmoins un vrai rôle à jouer, eux aussi), pétris d'une amitié forte et d'une bienveillance les uns envers les autres qui sonnent avec beaucoup de justesse. De même, le concept des Iris reste utilisé avec beaucoup d'intelligence pour révéler chacun des personnages. Enfin, il y a toujours notre Iris Zéro, Tôru, qui, bien que ne possédant aucun pouvoir, s'avère être le plus observateur de tous, nous rappelant l'importance de porter attentivement notre regard sur les autres pour mieux les comprendre.

Les mois d'attente ont beau avoir été nombreux, Iris Zéro n'a rien perdu de sa superbe. La série revient toujours aussi belle, utilisant son concept avec brio, amenant son lot d'émotions et de personnages naturels et bienveillants, aptes à nous toucher directement là où il faut.

Assez bref, le tome est complété par deux histoires (très) courtes amusantes à parcourir.
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