Cesare

Rubrique consacrée aux seinen, c'est à dire des séries se destinant à un lectorat adulte.
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Koiwai
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Re: Cesare

Message non lu par Koiwai » 27 mai 2014, 19:52

Tome 9 :

La visite de Cesare et Raffaele Riario à Lorenzo Médicis a confirmé au jeune Borgia la forte dégradation de santé de leur hôte, ce qui risque fort de faire volet en éclat les fragiles alliances de la péninsule italienne, à commencer par celle liant Florence et Milan à Naples, cette dernière, menée par le roi Ferrante, ayant décidé de rompre la paix pour s'allier à la Curie Romaine, sous l'impulsion du calculateur Giuliano Della Rovere...

Le fil rouge de l'histoire, désormais pleinement immiscé dans les intrigues et alliances géopolitiques, avance globalement peu dans ce neuvième tome, qui, de ce côté-là, se contente surtout d'approfondir ce qu'implique la traîtrise de Naples. Géographiquement, ce coup savamment orchestré par Della Rovere affaiblit la Florence de Lorenzo, principal soutien des Borgia, mais aussi la Milan des Sforza qui, tout au Nord, risque de se retrouver isolée en plus de devoir faire face à ses soucis internes, et risquerait alors de se tourner vers une alliance avec la France...
Dans le fond, il n'y a ici quasiment rien que l'on n'avait déjà cerné avec le précédent volume, mais l'application de Fuyumi Soryo et Motoaki Hara à dépeindre le contexte avec minutie et exactitude reste un régal.

On retient toutefois, avant tout, les nombreux petits apartés historiques, artistiques et plus personnels qui viennent animer le récit. La mangaka, depuis le début de sa série, a toujours su nous régaler en évoquant ses personnages et l'époque sous toutes leurs facettes, pour une immersion totale. Cette fois-ci, on découvre avec plaisir en début de tome un petit focus sur Miguel, puis d'un point de vue plus historique on retrouve avec un certain intérêt, même si brièvement, les grandes figures que sont Michel-Ange et Léonard de Vinci, ce dernier étant alors chez les Sforza où il développe son fameux Cheval de Léonard. Petite anecdote amusante, l'évocation du conflit entre Scipion et Hannibal, conflit étant depuis peu l'objet d'un autre manga historiques des éditions Ki-oon, Ad Astra. Avec aussi la prise d'importance de Savonarole et le nouveau rôle que s'apprête à prendre Angelo auprès de Giovanni, Fuyumi Soryo n'oublie rien et, même si son récit principal avance lentement, nous offre une oeuvre toujours aussi minutieuse, intéressante et enrichissante.
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Koiwai
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Re: Cesare

Message non lu par Koiwai » 28 août 2014, 21:03

Tome 10 :

La cité de Pise s'enflamme pour l'événement qui va bientôt avoir lieu : le grand oral de Giovanni de Médicis, à l'issue duquel, en cas de réussite, il terminera ses études et accèdera au rang de cardinal. Autant dire que sa réussite est primordiale, afin d'avoir un poids à la Curie romaine...

Après un tout début de tome permettant de revoir Michel-Ange, les choses sérieuses reprennent avec l'examen oral de Giovanni, pour lequel le principal concerné a lui-même souhaité voir dans la foule certains opposant du peuple pisan, et où Cesare figure en tant que jury. Au programme de cet examen, quatre questions prêtant au débat, afin de juger des capacités oratoires et des connaissances de Giovanni. Les thèmes abordés, principalement religieux et philosophiques, coulent de source, tant les argumentations et la dialectique paraissent claires. Mais le cou du spectacle provient évidemment de Cesare, qui, en tant qu'auteur de la quatrième question, amène Giovanni sur un argumentaire à même de convaincre le public opposant, et basé sur de pertinentes questions liées à l'argent et au pouvoir.

L'examen a un aboutissement qui est évidemment sans grande surprise, mais il est réellement bien mené, et il faut alors, une nouvelle fois, souligner la grande qualité de la traduction de Sébastien Ludmann, parfaitement limpide. Mais l'issue de l'examen amène la fin d'une époque dans la série. Sur demande de Cesare, Angelo a accepté de devenir l'homme de confiance de Giovanni une fois à Rome, et il faut alors préparer le départ, ce que Fuyumi Soryo prend le temps de faire pendant tout le reste du volume.
De ce fait, il ne se passe pas grand chose pendant une grand partie du tome, qui prend simplement le temps de boucler l'arc pisan et de préparer la suite. Entre un passage sur le navire de Christophe Colomb qui s'apprête à partir, et une dernière chevauchée à cheval, la mangaka fait ressortir la relation de confiance qui s'est installée entre Angelo et Cesare, confirmant que même si le Borgia utilise un peu à ses fins politiques Angelo, il s'est réellement attaché à lui. Plusieurs adieux se font successivement, à Cesare bien sûr, mais aussi à l'amante d'Angelo, ou à Lorenzo de Médecis qui est plus affaibli que jamais. EN filigranes, Soryo n'oublie pas non plus de bien préparer la suite, en évoquant à nouveau Savonarole mais aussi la prise de confiance du frère de Giovanni, et en annonçant la couleur quant à ce qui attend Angelo à Rome, cité aux règles autrement plus strictes que Florence et sa liberté de pensée. Le tome est aussi l'occasion d'apprécier toute l'évolution d'un Angelo devenu moins Naïf et plus rusé. Enfin, quelques légères réflexions, notamment sur les limites de la République romaine, sont esquissées, affirmant un peu plus les idées qui feront de Cesare Borgia l'importante figure historique que l'on connaît.

Fuyumi Soryo a beau prendre tout son temps et effectuer quelques écarts, elle conclut de bonne manière cette partie, tout en préparant habilement la suivante. Il va toutefois désormais falloir s'armer de beaucoup de patience pour découvrir la suite, la publication japonaise étant cette fois-ci bel et bien rattrapée, et le rythme de parution étant très lent...
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Re: Cesare

Message non lu par Koiwai » 30 sept. 2015, 08:52

Tome 11 :

Les années à l'Université sont désormais derrière, et Giovanni de Médicis a reçu ses insignes cardinalices. Après une fête en son honneur dans sa cité de Florence, sa route va se poursuivre à Rome, à la Curie. Sur demande de Cesare, Angelo par avec le nouveau cardinal afin de le seconder et de rapporter au jeune Borgia ce qu'il observe. Quant à Cesare, c'est à Pise qu'il se rend, afin de soutenir son père.

L'étape suivante de la stratégie des Borgia est simple : il leur faut désormais s'arranger pour que Giovanni devienne un légat du Pape, tout en espérant que le Prince Lorenzo de Médicis, son père rongé par la maladie, tienne encore au moins trois ans. C'est pourtant une tout autre direction que prennent les choses, avec la disparition d'un importante figure qui va redistribuer les cartes et menacer de briser les alliances.

La mort qui frappe dans ce tome est rendue de façon forte et sobre par Fuyumi Soryo, qui s'applique ensuite à en décortiquer toutes les possibles conséquences, à commencer par le risque que l'alliance tripartite entre Milan, Florence et Naples se brise, ce qui signifierait forcément la mise à mal des alliances entre les familles Borgia, Médicis, Sforza et Orsini, entre autres. Pour Rodrigo Borgia, il faut donc impérativement chercher à créer de nouvelles alliances en vue du prochain conclave, se confronter plus que jamais à son rival Giuliano Della Rovere... et se préparer à une autre mort imminente qui va lancer la dernière ligne droite avant le prochain Conclave.

Relativement discret dans ce volume, Cesare reste surtout au service de son père, notamment en allant s'assurer des désirs de Piero de Médicis et en se rapprochant de Giovanni Gonzague. Mais le jeune Borgia, à plus d'une repris,e affiche à nouveau ses forte convictions et son inquiétude pour le peuple, surtout lors d'une conversation très bien huilée avec Piero.
En parallèle des importants bouleversements de ce volume, Soryo continue de développer petit à petit de nombreux autres aspects. On découvre notamment toute l'importance du Castel'Angelo à cette époque, on reste curieux et inquiet quant à la nouvelle ville de Florence qui se dessine et au rôle que vont y avoir Piero et Savonarole, et l'on aime les petites informations comme celles sur l'Histoire de la "Forteresse des Borgia" ainsi que les instants de beauté pure qu'apporte la jeune Lucrezia.

Fuyumi Soryo nous avait préparés habilement au bouleversement de ce tome, l'heure est enfin venue d'en jauger toute l'importance et les conséquences : un tome-clé passionnant à suivre, dans lequel l'auteure, comme à son habitude, décortique avec minutie et clarté les événements.
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