Hanako et autres légendes urbaines

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Koiwai
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Hanako et autres légendes urbaines

Message non lu par Koiwai » 28 avr. 2010, 22:17

Hanako et autres légendes urbaines
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La fiche sur Manga-news


Tome 1:

Derrière sa couverture peu accrocheuse, Hanako cache le tout premier manga professionnel de Sakae Esuno, l'auteur de Mirai Nikki. Et pour sa première oeuvre, Esuno choisit de faire pénétrer ses lecteurs dans le folklore horrifique underground japonais, en s'appuyant sur diverses légendes urbaines.

L'homme à la hache sous le lit, la femme défigurée, les hommes-poissons: trois légendes urbaines prenant vie et se mettant à hanter quiconque commence à y croire un peu trop. C'est ce qui arrive à Kanaé Hiranuma, qui se retrouve hantée par la légende de l'homme à la hache sous le lit, et pour s'en défaire, elle décide de s'adresser à une agence spécialisée dans ce genre d'affaires, dirigée par Daisuké Asô et son assistante pour le moins particulière: la mystérieuse Hanako...

On entre assez vite dans le vif du sujet avec ce premier volume de Hanako, qui, dès la première histoire (qui occupe entre trente et quarante pages), met en place les principaux éléments. Ainsi, à travers le personnage de Kanaé, qui deviendra par la suite assistante de Daisuké et poursuivra donc son rôle de "miroir" pour le lecteur, on découvre rapidement ce qu'il faut savoir sur les deux membres de cette étrange agence. Qu'est-ce qui permet à Daisuké d'affronter ces fameuses légendes urbaines ? Qu'est réellement la petite Hanako ? Autant de questions qui trouvent rapidement une réponse simple mais suffisante.

On sent d'ores et déjà dans cette oeuvre ce que Sakae Esuno développera plus profondément dans Mirai Nikki: premièrement, un goût prononcé pour les rebondissements haletants et une certaine instabilité permanente, ce qui se ressent notamment à travers le fameux hoquet mortel de Daisuké qui vient ajouter une certaine tension. Deuxièmement, un goût pour les personnages décalés, à l'image de la petite Hanako, sorte de petite geek vivant dans les toilettes de son hôte, sans parler de ces nombreux monstres des légendes urbaines prenant vie sous le trait de l'auteur. Troisièmement, le trait de l'auteur, justement, déjà fortement basé sur les expressions faciales et sur un découpage brut mais efficace, mais pour lequel on notera néanmoins quelques inégalités encore plus flagrantes que sur Mirai Nikki.

Au niveau du fond en lui-même, ce premier volume ne propose rien de vraiment extraordinaire. Les différentes histoires de légendes urbaines représentées ici se suffisent à elles-mêmes, mais il se pourrait bien, au vu de certains éléments, que Sakae Esuno instaure par la suite une corrélation de plus en plus palpable entre les différentes histoires, qu'il mette plus ou moins en place une sorte de fil rouge, et qu'il propose quelque chose d'un peu plus poussé sur ses personnages principaux. Affaire à suivre.

Globalement divertissant, ce premier volume de Hanako n'est sans doute pas le meilleur moyen de découvrir l'univers de Sakae Esuno, mais devrait plaire sans mal aux amateurs du style si particulier de l'auteur.

Du côté de l'édition, pas grand chose à noter: la couverture assez laide renferme un travail correct sans être excellent. En fin de tome, la petite page d'explications sur les trois légendes urbaines de ce premier volume, bien que succincte, est bienvenue.
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EdenA
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Re: Hanako et autres légendes urbaines

Message non lu par EdenA » 29 avr. 2010, 11:19

La couverture est cauchemardesque d'amateurisme (déformation professionnelle désolé, c'est mon côté graphiste qui s'insurge :mrgreen: ) : plus inadéquate tu meurs, j'ai failli passer devant sans même la regarder, tant cela me semblait être une série française tentant maladroitement de reproduire du manga, et dédié à des 10/14 ans.
La typo Stencil utilisée est d'ailleurs un peu le summum, dans le style contresens graphique (pour rappel, cette typo connote avant tout militaire ou commerce/immigration des années 40 puisqu'elle était apposée au pochoir sur les caisses de fourniture, entre autre, qui voyageaient par bateau). Ajoutons à ça un horrible contour de type halo Photoshop, déjà présent malheureusement sur la version originale, et le fait que Sakka a enlevé le reste qui caractérisait la couv dans sa version originelle, pleine d'éléments bizarres qui meublaient un peu mieux le tout...
http://www.mangaverse.net/html/hanakocouvjap.htm

Bref, un vrai massacre qui augure de biens mauvaises ventes à un truc déjà pas vendeur. J'ai peur pour les couvs suivantes, d'ailleurs.
C'est d'autant plus dommage que le contenu n'est pas si inintéressant, et augure quelque chose de moins con que la moyenne des productions dans ce domaine (type Mail).
A voir pour la suite, mais on sent déjà un peu que l'auteur a du répondant, et ça n'étonne du coup que peu de voir que c'est son œuvre précédant le très sympathique Mirai Nikki.

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Koiwai
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Re: Hanako et autres légendes urbaines

Message non lu par Koiwai » 31 mai 2010, 16:27

Tome 2:

Au programme de ce deuxième tome, quatre nouvelles affaires où Asô, Hanako et Kanaé devront se frotter aux incarnations de légendes urbaines.

Dans la première, on retrouve une Kanaé possédée par le diable des miroirs, qui lui propose d'exaucer n'importe lequel de ses voeux... en échange de sa vie. Comment Asô et Hanako pourront-ils la sauver ? A moins que ce ne soit le diable des miroirs lui-même qui vienne demander de l'aide à nos deux héros, histoire d'être débarrassé de l'insupportable demoiselle ?
Qu'on se le dise, on a donc droit ici à un chapitre plutôt amusant, où toute la superficialité de Kanaé éclate quand on découvre le voeu idiot qu'elle a fait. Cela dit, on découvre également en cette jeune femme une demoiselle capable de retourner une situation mal engagée à son avantage, mais surtout, il semblerait qu'un début de romance apparaisse entre elle et Asô. Divertissant sans être exceptionnel, ce chapitre, de par le traitement qu'il fait de Kanaé, nous laisse un peu sceptique quant au charisme-même de la demoiselle.

Fort heureusement, la deuxième histoire vient apporter l'originalité et la verve qui manquaient dans la première: nos héros se retrouvent face à une série de meurtres de collégiennes, qui seraient provoqués par la fable Téké Téké, une jeune femme dépourvue de jambes poursuivant ses proies pour les pousser sur les rails... Mais Téké Téké a-t-elle vraiment quelque chose à voir avec cette affaire ? Asô, Hanako et Kanaé vont vite découvrir la vérité, dévoilant une réalité bien plus sordide que prévue... Bien qu'elle reste très caricaturale, cette histoire permet néanmoins à Sakae Esuno de nous offrir ici une intrigue foncièrement sombre, plus profonde que d'habitude, dans laquelle il évoque l'un des gros problèmes de la société japonaise contemporaine.

Dans la troisième histoire, Asô, grâce à Hanako, se retrouve dans l'inconscient d'une fillette dont les cinq sens ont été ligotés par la fable du fil blanc. Un chapitre sympathique, qui est surtout l'occasion pour le mangaka de nous offrir un peu plus d'émotion que d'habitude, à travers une fillette qui s'est recroquevillée sur elle-même, persuadée à tort de ne pas être aimée par ses parents. On retrouve donc ici une histoire qui se base sur la même idée que la précédente: évoquer un problème de société. Cela dit, ici aussi, l'ensemble reste assez caricatural.

Enfin, la quatrième histoire ne voit se dérouler que sa première partie dans ce tome, et cette fois-ci, les choses s'aggravent face à Kokkuri-san, le démon des prévisions, qui annonce la future mort d'Asô. Et Kanaé, grâce à Hanako, de découvrir l'un des terribles secrets de notre détective. Une révélation qui annonce un fil rouge qui devrait grandir et gagner en intérêt par la suite, et qui ne tardera pas à se concrétiser dans le récit, permettant aux toutes dernières pages du volume de nous laisser sur un certain suspense.

Abordant quelques sujets délicats, révélant le secret d'Asô, nuançant vaguement Kanaé, et insistant un peu plus sur le malheureux statut de Hanako, le tout toujours de manière succincte et maladroite, ce deuxième tome continue de rendre l'univers de cette première oeuvre de Sakae Esuno plus attachant, toutefois sans jamais briller, et annonce déjà, de par le style-même de l'auteur, sa série suivante, le succès Miria Nikki. Au final, le divertissement est assez inégal, mais devrait séduire la plupart des fans du style du mangaka.
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ShadO
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Re: Hanako et autres légendes urbaines

Message non lu par ShadO » 24 août 2010, 14:46

Vol. 3:

A l'image du volume précédent, ce troisième et avant-dernier tome d'Hanako se montre plutôt inégal. Néanmoins, quelques éléments font que le titre gagne malgré tout en intérêt et se montre de plus en plus prenant !

Tout d'abord, nous aurons droit à la fin de l'histoire concernant Kokkuri et ses prévisions. Est-ce parce que l'intensité est retombée suite à l'attente de ce troisième tome ou est-ce tout simplement dû à un manque de maitrise de la part de l'auteur ? Toujours est-il que l'on a bien du mal à rentrer dans la seconde moitié de ce récit. Les éléments s'imbriquent mal les uns les autres et c'est globalement un peu trop tordu, même pour les fans d'Esuno. Et au final il est un peu dommage que la transformation d'Asô en fable tourne court de manière fort peu convaincante.

Ensuite, ce sont deux histoires de transition qui nous attendent. La première met en scène une prise d'otage à laquelle se mêle la "femme des interstices". Alternant entre ambiance haletante et ton résolument humoristique, elle permet surtout de vraiment lancer ce troisième opus. Qui plus est sa conclusion se montre pour le moins inattendue et apporte une certaine originalité à l'ensemble. Le tout nous offre un agréable moment de lecture à défaut d'être véritablement renversant.
La seconde histoire, elle, nous présente un mystérieux individu qui s'en prend aux femmes tandis qu'elles sont aux toilettes. Relativement peu intéressante en ce qui concerne la légende urbaine qui en découle, elle permet cependant de creuser la relation entre Kanaé et le détective mais aussi d'en révéler davantage sur le passé de ce dernier. Qui plus est, elle permet aussi d'introduire un nouveau personnage qui aura sans doute beaucoup d'importance dans la dernière partie de la série et à mettre en place un véritable fil conducteur qui commençait à se faire attendre.

La dernière histoire qu'il nous est donné de découvrir dans ce tome, Mary la poupée, est, elle, beaucoup plus développée et longue que les précédentes. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant qu'il s'agisse là de la dernière véritable fable digne de ce nom. Elle nous permet notamment d'en découvrir davantage sur Kanaé. Cette dernière ayant décidé de retourner habiter chez son grand-père dans une luxueuse maison en campagne. De nombreuses révélations tombent et Sakae Esuno gère très bien sa narration et sa mise en scène, conférant une ambiance horrifique et oppressante au récit qui lui sied à merveille.

Seul bémol, cela reste parfois trop prévisible. Et pour quelqu'un comme l'auteur de Mirai Nikki qui a fait de l'imprévisibilité son domaine de prédilection, c'est tout de même un peu dommage, voir frustrant. C'est là que l'on sent qu'il n'en était encore qu'à ses débuts lorsqu'il a réalisé Hanako.
Il en va de même pour les dessins qui restent assez inégaux. Esuno tente notamment de réaliser quelques gros plans du faciès d'Hanako mais ceux-ci nous apparaissent particulièrement hideux quand on sait de quoi il est capable aujourd'hui.

Malgré quelques maladresses compréhensibles et pardonnables, Hanako remonte la pente après plusieurs chapitres en demi-teinte et se relance même complètement grâce à sa dernière histoire dans laquelle on retrouve l'intensité haletante propre à Mirai Nikki. Finalement, ce tome nous laisse une meilleure impression qu'on aurait pu le croire et met Hanako sur de bons rails pour finir de belle manière.
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ShadO
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Re: Hanako et autres légendes urbaines

Message non lu par ShadO » 08 nov. 2010, 20:03

Vol. 4:

Voici donc la conclusion de la série qui aura permis à l'auteur de Mirai Nikki de se faire connaitre. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire après un troisième volume de bonne facture, la fin n'est pas foncièrement mauvaise, pas du tout même, mais n'est pas mise en valeur comme elle aurait dû l'être. Dommage.

Kanaé est à l'hôpital suite aux récents évènements qui ont eu lieu dans sa demeure. Tandis que Asô et Hanako sont à son chevet, c'est l'occasion pour eux deux de se souvenir de leur première rencontre qui a eu lieu alors qu'Aso n'était encore qu'un petit enfant. Par la suite, c'est Mafuyu Tachibana, la conteuse de fable, qui refait son apparition et qui est bien décidée à conclure son histoire, avec toutes les conséquences que cela implique...

A l'instar de ce qui s'était passé dans le tome précédent avec Kokkuri-san, la fin de Mary la poupée n'arrive pas vraiment à convaincre. La tension est à nouveau retombée, et les évènements qui se déroulent dans ce chapitre ne passionnent pas, loin de là. Pourtant, on retrouve bien ce petit grain de folie qui fait le charme de Mirai Nikki. C'est juste nettement moins maitrisé et attrayant dans le cas présent. Mais tout cela a au moins pour intérêt de lancer la dernière partie de la série, et c'est ce qu'on attendait.

Ensuite, on a droit au long flashback qui éclaircit la relation entre le détective et la fable qui le hante. Finalement, ce sera davantage pour la forme qu'autre chose car ce qu'il s'y déroule n'est pas vraiment surprenant et n'apporte rien de bien intéressant par rapport aux évènements prenant place dans le présent et ne sert en fait que d'introduction à la suite de l'intrigue qui marque le retour de la conteuse de fables, personnage que l'on avait découvert il y a peu et qui semblait avoir un rôle important à jouer dans l'histoire. C'est en effet le cas, puisqu'elle s'annonce comme le grand méchant, si l'on peut dire, de la série.

Il faut bien avouer que l'histoire et l'évolution de celle-ci ne manquent pas de charme mais, encore une fois, on ressent terriblement fort les imperfections qui parsèment le récit et le manque de fluidité dont fait preuve Sakae Esuno dans sa narration. Tout s'enchaine assez mal, on ne ressent pas d'intensité dans l'action, pas d'émotions dans le chef des personnages mis en avant. C'est d'autant plus dommage qu'au final ceux-ci auront été pas mal développés et rendus attachants. Malheureusement, on reste trop spectateur de ce qui se déroule et l'auteur ne nous donne pas l'occasion de nous imprégner de son oeuvre pour en profiter comme il le faudrait.

Malgré tout, comme on a déjà pu le voir à travers les volumes précédents, les bonnes idées sont là et font que Hanako reste une lecture agréable à défaut d'être indispensable. La série est avant tout à conseiller à ceux qui ont aimé Mirai Nikki et qui veulent découvrir les débuts de l'auteur. Les autres risquent de ne pas y trouver entièrement leur compte.
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